Saint Georges Patrimoine

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Urbanisation

Urbanisation

Retrouvez les étapes de l'urbanisation de Saint Georges sur Loire

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Le chemin de fer

L'arrivée du chemin de fer

1850 Des la Restauration à la Belle Epoque

Croquis du tracé de la ligne de chemin de fer sur la commune

Croquis du tracé de la ligne de chemin de fer sur la commune

En 1849, est inaugurée en grande pompe la gare ferroviaire d’Angers par le président Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon et futur Napoléon III qui déjeunera pour l’occasion au château de Serrant.  En 1851, c’est celle de Nantes. Entre ces deux dates, la portion saint-georgeoise de la nouvelle voie est réalisée, sur le coteau, à 20 m d’altitude, parallèle à la Loire, et à l’abri des inondations. Pour la construire, il faut des terrains, et on procède donc à des expropriations. Bien entendu, les contestations vont bon train, chaque propriétaire estimant que sa parcelle de terre lui est indispensable, ou bien qu’elle n’est pas achetée à un prix suffisant. Mais la loi du 3 mai 1841 a prévu pour l’État la nécessité d’acquérir pour cause d’utilité publique.

C’est le hameau du Port Girault qui est le plus touché par ces travaux. D’abord parce que la ligne nouvellement créée n’est pas très éloignée, que les matériaux nécessaires à la construction et qui arrivent par la Loire y sont débarqués, que les agriculteurs qui le composent en majorité doivent céder des terres, et que certains louent des chambres aux différents employés de la compagnie. Il y a soudain un afflux d’hommes et le problème de leur logement dans le hameau qui compte, selon le recensement de 1861, 78 maisons pour 83 ménages et 286 personnes.

carte postale de la gare en 1905

La Gare en 1905

Les ouvriers viennent des Ateliers Nationaux, créés par le ministre Louis Blanc en février 1848, pour essayer de réduire le chômage, trop important et générateur de troubles sociaux. Organisés quasi militairement, ils sont « prêtés » aux compagnies de chemin de fer. Leur vie de travail est rude, 12 heures par jour, leur salaire bas et le prix du pain élevé. On ne connait leur nom qu’en consultant les registres d’état-civil, car les décès des ouvriers du chemin de fer sont nombreux le temps du chantier :  1 en 1848, 10 en 1849, 6 en 1850. Exerçant la dure tâche de terrassier, ils sont presque tous morts à «l’hôpital de Saint-Georges», structure temporaire créée par la compagnie chargée des travaux. Ces malheureux, la plupart du temps célibataires, venaient de divers départements, souvent éloignés : le Vaucluse, le Cantal, le Puy de Dôme, la Seine, la Meuse… 

La présence de ces gens venus d’ailleurs suscite des inquiétudes. On craint le comportement de ces célibataires , et les réactions politiques de ces ouvriers acquis à la République, parfois turbulents. La quiétude des lieux risque d’être mise à mal. Alors, on assigne la troupe dans le bourg. Le mécontentement de la population locale, ou d’une partie d’entre elle est aussi liée à l’état des chemins, défoncés par le charroi des matériaux, amenés dans des charrettes attelées de 2 ou 3 chevaux. Certaines maisons comme la ferme de Rogeard dont Jacques Jubin a été exproprié, ont été démolies pour le passage du chemin de fer.

 

 

Enfin, la gare est construite, avec un débarcadère pour les voyageurs et un quai d’embarquement pour les marchandises, notamment le charbon.
Elle va desservir deux localités : Saint-Georges sur le territoire de laquelle elle est construite, et Chalonnes.

La première liaison Angers-Nantes a lieu le 25 mai 1851. Le convoi se compose d’une locomotive et de deux wagons.


Il faut désormais mettre en place un service de voitures attelées pour que les voyageurs des deux villes puissent se rendre à la gare ou en revenir. Les entrepreneurs, comme Louis Audureau font circuler des omnibus couverts de 8 ou 14 ou  23 places. Le chemin de fer qui permet le transport des voyageurs, celui des marchandises, et l’acheminement des animaux vers des marchés éloignés, devient un élément de la vie quotidienne.

Le quartier de la gare s’agrandit. Une auberge s’y installe. Le curé Banchereau, curé de la paroisse et soucieux des âmes des voyageurs aussi bien que de celles de ses ouailles, fait édifier à la Croix Marie, près de la gare, une chapelle dont il ne reste aujourd’hui que des ruines envahies d’herbes.


Pendant plus d’un siècle, la gare sera le centre d’activités variées, et le cœur d’un hameau industrieux, vivant.

 

carte postale de la gare en 1920

La gare en 1920

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Oratoire du Moulin Bachelot

L'oratoire du Moulin Bachelot

1914-1918 Première Guerre Mondiale

Oratoire du moulin bachelot

L’oratoire devant le moulin Bachelot

Il a été édifié au début de la guerre 14/18 par Louise-Jeanne Bourrigault née le 24 juillet 1857 à Saint-Georges-sur-Loire et veuve de Joseph-René Mauget né à Villemoisan le 26 avril 1839 et décédé le 22 septembre 1895 au moulin Bachelot. Les deux étaient meuniers
Ils ont une fille, Jeanne-Louise (1878-1952) qui a épousé Mathurin Baranger (1873-1958), boucher originaire de la Guimeslière, le 27 septembre 1897.
Ils ont perdu un fils René-Emile (1880-1881) en bas âge.
Ils ont également deux autres fils :

  • Joseph-Aimé, né le 6 mars 1877 au moulin Bachelot était meunier et remplaçait son père décédé. Il a des cheveux bruns, des yeux marrons et mesure 1m67
  • Auguste-Jean-Marie né le 18 janvier 1882 au moulin a les cheveux bruns et les yeux châtains ; il mesure 1m64.

Ces deux hommes sont mobilisés en août 1914.

Page du registre de matricule militaire de Joseph Aimé Mauget

Registre de matricule militaire de Joseph Aimé Mauget

L’aîné a été placé dans les services auxiliaires à la conscription en 1897 en raison d’une cicatrice au bas du ventre et maintenu dans cet état jusqu’au 18 octobre 1915 où il a été rattrapé par la mobilisation générale. Il a été affecté à la poudrerie de Bassens (33) puis il est passé dans le 18ième escadron du train le premier juillet 1917. Il a enfin été mis en congé définitif de mobilisation le 26 février 1919, à 42 ans. Son âge et son état de santé l’ont placé loin des zones de combat.

Le cadet, au moment du conseil de révision en 1902, a été jugé bon pour le service mais exempté en tant que soutien de famille. Il a toutefois été incorporé dans le 135ième régiment d’infanterie le 14 novembre 1903 et nommé soldat de 1ère classe le 23 juin 1904 avant de retourner dans ses foyers, doté d’un certificat de bonne conduite, le 18 septembre 1904. Rappelé le 4 août 1914, il a été fait prisonnier le 27 septembre 1914 à Prosnes (51) et interné à Darmstadt (Hesse) puis à Merseburg (Saxe-Anhalt). Le 1er mars 1919 il revient à St Georges où il est mis en congé définitif de mobilisation. Il décède à Saint Georges sur Loire le 17 janvier 1949.

Les vœux de Louise-Jeanne Bourrigault avaient été exaucés.

dessin du moulin bachelot

Le moulin Bachelot

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Émeute à Serrant

Emeute à Serrant

18 octobre 1789 Révolution

Chateau de serrant au XVIIIème

Le chateau de Serrant au XVIIIème siècle

Que se passe-t-il donc au château de Serrant, ce dimanche 18 octobre 1789 ? Les alentours du château bruissent de vociférations, de menaces, lancées par des gens de peu qui sont rassemblés en nombre dans les cours.
Pierre François Oger, le notaire «royal a Angers résidant à St Georges» a été appelé en hâte par la châtelaine «haute et puissante dame Renée Anne Honorée de Choiseul, épouse de très haut et puissant seigneur Messire Antoine Joseph Philippe Walsh, comte de Serrant».
La formule est respectueuse, pleine de déférence et traditionnelle. Nous sommes encore sous l’Ancien Régime. Pourtant, une fracture vient de s’opérer.
Le notaire arrive, avec précipitation ; il n’est pas encore midi. Il trouve «dans la cour d’entrée beaucoup de monde armé de bâtons» et, poursuivant son chemin «une quantité de monde bien plus considérable qui…..faisait foule au devant de la porte d’entrée de manière qu’ils bouchaient absolument le passage» .

Actes notariaux réalisés lors des émeutes à Serrant en 1789

Actes notariaux rédigés lors des émeutes du 18 octobre 1789 à Serrant

Réussissant à pénétrer «après différentes tentatives» dans le château de Serrant, Pierre-François Oger trouve «dans un petit sallon» madame de Serrant, avec plusieurs personnes parmi lesquelles Ô Sullivan «prestre demeurant ordinairement au château».
Tout ce petit monde a peur, car «le tumulte de la menace augmente».

Le comte Antoine Walsh est absent. Dès le mois de juillet il a quitté le pays, pour l’Autriche. Il fait partie des premiers émigrés. La comtesse est donc seule responsable à faire face aux émeutiers. Elle a près d’elle un abbé Ô Sullivan, qui atteste de la présence irlandaise à Saint-Georges.

Si elle a demandé au notaire, c’est qu’elle veut dresser acte «du trouble que faisaient les particuliers qui sont dans les cours et …dresser quittance des sommes qu’ils exigeaient».

Car nous voilà bien au cœur du problème ! Cette foule  bruyante, injurieuse, réclame le remboursement immédiat d’amendes, payées parfois longtemps avant, et qui ont été ressenties comme autant d’injustices, profondes et humiliantes.

Alors «la dame de Serrant…effrayée…a dit au sieur assolivant de payer les particuliers pour éviter de plus grandes suites et malheurs»

A ce moment là, la comtesse s’éclipse et l’abbé Ô Sullivan reçoit chacun des plaignants pour le rembourser. Il verra ainsi défiler 28 personnes dans la journée.

Ce sont les mêmes raisons qui reviennent de manière constante : pacage dans les bois, coupe d’herbe, de lande, chasse avec parfois, circonstance aggravante, un fusil, pose de collets, abattage d’un chêne… Le braconnage était monnaie courante alors que la chasse n’était autorisée que pour les seigneurs. L’un d’eux se plaint qu’on lui ait tué un chien et demande le paiement du dommage.

En tout, l’abbé Ô Sullivan rembourse plus de neuf cent quarante huit livres, une somme rondelette si l’on songe au prix du blé, (20 sols le boisseau soit une livre les 17 litres à peu près) qui a doublé en un an.

Nous savons que le dimanche suivant, d’autres payements s’effectueront.
Nous savons aussi que madame de Choiseul Serrant mourra en 1793.

Le château ne souffrira pas de la Révolution et le comte de Serrant rentrera d’exil en 1802, après avoir épousé Louise Rigaud de Vaudreuil.

Portrait de Renée de Choiseul

Renée Honorée de Choiseul Beaupré (1742-1793)

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Modernisation

Saint Georges se modernise

1815-1914 De la Restauration à la Belle époque

Comme toutes les autres communes ligériennes d’Angers à Nantes, Saint-Georges connut une forte expansion jusqu’en 1860, liée aux grands travaux et au déclin du commerce triangulaire. 

Le village est d’abord profondément changé par d’importantes modifications de voirie. En 1830, la levée dite de Savennières fut édifiée et devint une route pour traverser la vallée. En 1841, on construisit le pont du Grand Bras, entre Chalonnes-sur- Loire et Saint-Georges. Vers 1850, la route Chalonnes – Saint-Augustin fut ouverte, ainsi que le carrefour central de l’agglomération.

Le chemin de fer reliant Nantes à Angers et passant par St Georges est inauguré en 1851 et la gare offre un nouveau moyen de transport aux habitants qui gagnent en mobilité.

Avec la Révolution le chœur de la vieille église avait disparu. La nef avait hébergé les troupes françaises et même les soldats prussiens qui occupèrent le pays en 1815 après la chute de Napoléon 1er. Totalement délabrée, elle ne pouvait abriter le culte. Les habitants demandent alors la construction d’une nouvelle église. Le conseil municipal favorable, décida de vendre 32 hectares de prés communs pour subvenir à une partie des frais occasionnés. Les agriculteurs s’y opposèrent. Ce n’est qu’en 1824, qu’un édit royal autorisa cette vente.

La construction d’une nouvelle église fut confiée à l’architecte Mathurin Binet, et la première pierre fut posée, en grande pompe, le 28 juin 1825. Mais en 1827, la façade toute récente s’écroula. Il fallut abattre et reconstruire. Le clocher ne fut édifié qu’en 1837.

 
 
 
Pont du grand bras

Pont du Grand bras au début du XXème siècle

Photographie des mines de charbon de la villette au début du XXème

Mine de la Villette

De nouvelles activités font leur apparition : un puits de charbon est exploité à la Villette. Un élevage de vers à soie voit le jour à la Magnanerie. Le comte de Jousselin achète le château de la Bénaudière  et entreprend de grands travaux de drainage de ses terres pour en faire une exploitation agricole moderne.

L’instruction se développe. Le 7 mars 1837, Etienne Harrault acheta la maison, dite aujourd’hui, « Maison des associations », pour y fonder une école laïque. Instituteur, il enseigna chez lui. Le conseil municipal vota la gratuité scolaire en 1850 en réponse à la création de l’école privée Saint-Joseph. Le 29 septembre 1861, le conseil municipal décida de construire une nouvelle école communale (aujourd’hui salle Jeanne de Laval).

Ces bâtiments furent sans doute, réservés aux garçons. En 1839, achat par le comte de Serrant de la maison des Chenambault, rue des Fontaines, et don à la Congrégation des Ursulines de Chavagnes-en-Pailler pour l’ouverture d’une école privée de filles. En 1859, s’ouvre un pensionnat de jeunes filles dans cette maison. En 1875, l’éducation devient gratuite pour les filles. En 1901,  la commune achète une maison située à l’angle des rues Nationale et des Parements, afin d’y établir une école communale et laïque de filles que réclamait une partie de la population.

Les nouvelles technologies et les innovations de l’ère industrielle arrivent à Saint Georges. Joseph Pageot installe son cinéma itinérant sur la place du champ de foire (aujourd’hui la place Monprofit). L’éclairage public d’abord à gaz est décidé en 1888. Il sera électrifié en 1912.

C’est le Saint-Georges d’aujourd’hui qui petit à petit prend forme.

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Beausite

Saint Georges devient Beausite

1789-1815 Révolution & premier Empire

Comme partout en France, une période très perturbée s’ouvre à Saint Georges au moment de la Révolution. L’abbaye va disparaitre, les bâtiments seront vendus. Le Château de Serrant a failli bruler. Le nom de Saint Georges disparait aussi.

Saint- Georges devient en effet une ville républicaine et  prend le nom de Beausite le 18 avril 1794, et cela pour 4 années uniquement, la Révolution ayant voulu supprimer toutes les références religieuses.
En 1789, à l’abbaye, il ne restait plus que 5 chanoines dans ce grand bâtiment de 18 pièces. Ils purent choisir entre prêter serment à la nouvelle constitution civile du clergé, ou revenir à la vie civile. Certains préférèrent la clandestinité.
 
Le 2 novembre 1789, l’Assemblée Nationale décréta la nationalisation de tous les biens ecclésiastiques qui pouvaient être vendus pour renflouer des caisses de l’état, vides, et payer les membres du clergé.
Le nouveau palais abbatial, ainsi que l’ancien jouxtant l’abbaye, et le réfectoire furent acquis par le notaire Péan, l’un des premiers maires de Beausite.
La maison conventuelle (l’actuelle mairie), l’église et la Tête Noire furent vendues le 7 juillet 1795 à Puny, aubergiste et à Pierre Gourdon, marchand cultivateur, avec obligation de détruire le chœur de l’église.
Le mobilier de l’abbaye partit aux enchères le 31 août 1791.
 
En 1793, les révoltés Vendéens traversèrent Saint Georges, après avoir franchi la Loire à Saint-Florent et alors qu’ils allaient assiéger Angers. Après leur défaite en décembre 1793, des chouans resteront cachés dans les forêts du canton en particulier à Saint Augustin des Bois représentant une menace (les fermes sont pillées) et recrutant dans leurs rangs. Le vicaire Coudroy, ancien chanoine de l’abbaye, est accusé d’être l’un des leurs. Le bourg de Saint Georges est régulièrement pillé : pour se défendre, on érige des fortifications. Avant de disparaître, les chouans pillent Champtocé le 19 juin 1799 et attaque Saint Germain avant de fuir vers le sud.
 
 
 
Cahier de doléances de Saint Georges en 1789

Cahier de doléances de Saint Georges sur Loire

Portrait d'Antoine Walsh

Antoine Walsh, comte de Serrant

Au château de Serrant, en Octobre 1789, les fermiers du domaine manifestent. Depuis le mois de juillet, le comte Antoine Walsh, de nationalité irlandaise a quitté la France pour l’Autriche. C’est son épouse Renée Anne de Choiseul qui va gérer les doléances des manifestants. Le château et le domaine ont oscillé durant la fin du siècle, entre destruction et  saisies ne subissant finalement que peu de dégradations. Le comte récupérera son château à son retour d’exil en 1802.
 
En 1808, Napoléon rentrant de Nantes vers Paris, s’arrêta à Serrant pour rendre visite à Mme Louise de Vaudreuil, seconde épouse d’Antoine Walsh, et dame de compagnie de l’impératrice Joséphine. Bien qu’assombri ce jour-là, par l’annonce de la défaite de ses armées en Espagne, à Bailén, Il s’exclama en arrivant :« Je vois enfin un château en France ».
 
A la fin du premier Empire, le village sera occupé par les armées prussiennes.

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Grands changements

A l'aube de grands changements

1706-1789 le Siècle des Lumières

Plan de la commune en 1786

Plan de Saint Georges en 1786, archives de Serrant

Plan de l'abbaye au 18ème

Plan de l’abbaye au XVIIIème siècle

Au XVIIIe, l’abbaye voit ses dernières grandes constructions se réaliser. Dans la maison conventuelle, aujourd’hui la mairie, la plupart des cheminées ont une facture XVIIIe. Le billard, actuelle salle de musique, et le pavillon symétrique qui abrite  la maison départementale des solidarités, et anciennement la sellerie, datent aussi du XVIIIe.

Le 16 mai 1726, Nicolas Bautru de Vaubrun, comte de Serrant, autorisa les chanoines à annexer le chemin de Saint-Georges à Savennières et à construire l’actuelle rue de Chalonnes.

Les chanoines construisirent également une aile nord (abattue en 1970) qui contenait les cuisines, la boulangerie et, sans doute, les logements des domestiques ainsi que le presbytère (aujourd’hui le restaurant de la Tête Noire)

Saint-Georges était traversé par une allée royale de Paris à Nantes. Ce chemin allait depuis Angers jusqu’au lieu-dit Rochebreuil à Saint Jean de Linières pour traverser ensuite le village de Saint Martin du Fouilloux. Il s’engageait ensuite à travers les bois de Serrant, passait devant la façade du château pour ensuite rejoindre l’abbaye de Saint Georges.

En 1762, on construisit la route royale qui deviendra la RD723. Le chemin de Nantes passait sur la levée de l’étang de la Salle et cheminait au sud de la RD 723. La rue ne mesurait que 3,3 mètres de largeur dans sa partie la plus étroite. Les accidents de circulation, faisant des piétons les victimes, étaient fréquents.

En 1749, l’héritière des Bautru, Madeleine Diane  de Bautru de Vaubrun, duchesse d’Estrées, vendit à Antoine Walsh, armateur nantais, le domaine de Serrant, pour 824 000 livres pour son frère François-Jacques. Les Walsh sont une famille d’immigrés irlandais enrichie dans le commerce triangulaire, et celui du « Bois d’Ebène », ou commerce des esclaves noirs. Ces armateurs irlandais ont beaucoup investi en Anjou et particulièrement à Saint-Georges.

De 1540 à 1761, le Château de Chevigné était la propriété de la famille Chalopin puis, par alliance, de la famille Racapé. Il fut profondément remanié à la fin du XVIIe siècle. En 1761, le Château de Chevigné devint la propriété d’Étienne Fortier, négociant à Saint-Domingue, avant d’être habité en 1773 par Antoine Walsh. En 1789, l’irlandais O’Diette, armateur à Nantes l’acquit, et la demeure resta dans la famille jusqu’au XXe.

Le château de la Bénaudière change également de propriétaire : Georges Lusson puis son gendre Julien Heurtelou prennent possession des lieux. Le château  est profondément remanié voire même reconstruit après 1796.

 

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Les années terribles

Les Années terribles

1914-1918 Première Guerre Mondiale

monument au morts du cimetière

Le monument aux morts dans le cimetière du village

Comme pour l’ensemble de la population, la Première Guerre Mondiale fut éprouvante pour les habitants du village.

Le 2 août 1914, le Dr Barrot, maire d’Angers, avait lu devant une foule émue et surtout anxieuse, l’annonce de la mobilisation générale. Les hommes allaient partir pour un conflit que tout le monde annonçait court. A Saint-Georges, un dernier mariage est célébré à la fin du mois de juillet. La vie du village est suspendue. Les mauvaises nouvelles arrivèrent trop vite. Le 23 août, dans les combats acharnés au cœur des Ardennes Belges, trois jeunes saint-georgeois de 23, 25 et 26 ans sont tués, ils étaient agriculteur, mineur et domestique agricole. Ils sont suivis par d’autres victimes : 7 en septembre, 3 en octobre, 6 en novembre et 2 en décembre. En cinq mois, 21 familles avaient été touchées dans un village qui comptait alors un peu plus de 2 200 habitants.

Dans le bourg, la vie est difficile aussi. Les femmes assurent tous les travaux de la ferme ou de l’atelier, afin de produire et de remplacer les absents. Pour faire les moissons, le préfet nomme quatre hommes de 45 ans qui n’ont pas été mobilisés. Le village est réquisitionné : l’armée s’était déjà emparée de presque tous les chevaux. Pour répondre à ses besoins de vivres, on prit également les animaux, les harnais, le foin, la farine, les légumes, le vin…. A saint Georges, c’est le quart de la récolte qui est acheminée vers les gares de Chalonnes et Champtocé en 1915. Les automobiles sont aussi recensées : il y en a alors sept dans la commune.

Photgraphie de soldats lors de la première guerre mondiale

Jean Gentilhomme, originaire de Saint Georges

cavaliers posant devant le chateau de serrant pendant la première guerre mondiale

Cavaliers devant le château de Serrant

En septembre 1914, le conseil municipal présidé par Louis Cotte de Jumilly vota des secours aux blessés et en décembre de la même année, un crédit pour le transport d’effets militaires confectionnés par les femmes de la commune. Les demandes d’assistance aux femmes seules, aux vieillards se multiplièrent au cours de ces longs mois de pénurie. Le village accueille de plus des réfugiés notamment du Nord.

L’hécatombe sur le front continua : 15 morts en 1915, 12 en 1916 et 10 en 1917. D’autres étaient portés disparus ou déclarés prisonniers.

Le docteur Monprofit, célèbre médecin angevin d’origine saint-georgeoise, avait équipé certaines zones de combat d’autochirs, sorte de blocs opératoires ambulants.

Durant la guerre, la misère et la faim augmentèrent : le pain manquait faute de blé, il fut rationné à partir de 1917. En 1917, il faut accueillir des réfugiés de Belgique, totalement démunis, et leur fournir le logement et l’indispensable pour survivre. La misère fait rage. En avril 1918, le Conseil municipal note : « la pauvreté et parfois la famine font perdre la tête à beaucoup de gens qui volent, et parfois tuent pour se nourrir ».

Afin d’endiguer un peu ce dénuement, une fabrication de vêtements militaires a été organisée dans la commune, pour le compte d’une entreprise d’Angers, la maison Quenion-Dureau. Et le Conseil municipal du 2 décembre 1914 vote un crédit de 150 francs pour que la femme Marie-Jeanne Pichaud (en religion sœur Jeanne-Marie) puisse centraliser, distribuer et diriger ces travaux de couture. Il faut aussi acheminer ces effets militaires jusqu’à Angers. La commune en aura pour 30 francs de frais.

Un autre fléau touche le village qui n’est pas épargné par l’épidémie de grippe dite espagnole à partir de 1916. Les enfants étaient les premières victimes : l’état civil montre ainsi que, parfois, dans une même semaine, deux enfants d’une même famille décédaient. En 1918, on enregistra 45 décès dont 9 de moins de 16 ans, morts pour la plupart en automne, au moment où l’épidémie était particulièrement virulente.

Au bout de quatre années terribles, dans le soulagement de la fin des combats, marquée par l’armistice du 11 novembre 1918, et dans la terrible et interminable (ou insupportable ?) attente du retour des hommes épargnés, avec le formidable espoir de paix définitive que suscite ce calme retrouvé, on décide de célébrer la victoire. Liesse et deuil se mêlent étroitement. Dès 1919, on plante un arbre de la Victoire, sur la place du même nom. Où était-elle, cette place de la Victoire ? Quel nom porte-t-elle aujourd’hui ? Plus personne ne s’en souvient…

Un monument aux morts a été édifié, comme dans tous les villages de France, avec une aide, modeste de l’État. C’est le symbole d’une mémoire, celle de tous ceux qui ont laissé leur vie dans ces affrontements tragiques, monument auprès duquel les familles pourront se recueillir et honorer leurs morts. 78 noms y sont gravés. Henri Renier y fut ajouté en 2018.

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La Nouvelle Abbaye

La Nouvelle Abbaye

1626-1705 Le Grand Siècle

abbaye 1692
Inscription datant 1691 sur le pignon ouest de l'abbaye

Inscription marquant la fin de la construction de la maison conventuelle en 1691 sur le pignon est

Ce siècle va voir une modification importante de Saint Georges sur Loire. A la fin du XVIIe, la physionomie du bourg telle que nous la connaissons va apparaître. Les constructions vont se multiplier tant à l’abbaye que dans les châteaux.

Les premières décennies du XVIIe siècle furent marquées par des disettes importantes et deux grandes épidémies, aggravées par une absence totale d’hygiène et d’eau potable. La peste frappa en 1626 avec 33 morts pour le seul mois d’octobre. La dysenterie survint en 1639 et entraîna 188 décès.

Le village poursuivit tout de même son développement : en 1637 par décision royale, trois foires et un marché hebdomadaire furent créés.

Après la mise en commende (usufruit d’une abbaye accordée par le pape) de l’abbaye, la décadence des mœurs monacales s’accentua. La réforme de Sainte-Geneviève en 1658, devait remettre de l’ordre dans la vie des chanoines, mais entraîna seulement la reconstruction du bâtiment. De nombreux architectes, maçons et sculpteurs angevins travaillèrent à la reconstruction de l’abbaye, mais aussi du Château de Serrant et de l’Épinay. Maurice Cellier dit « la Cave », maître maçon, commença les travaux, mais mourut avant leur achèvement, en 1684. Les chanoines gravèrent cette date sur le linteau de la porte d’honneur, au sud, côté terrasse.

Sébastien Simmoneau, Maître maçon termina l’ouvrage en 1691.

En 1695, Jean Louis Caton de Court devient abbé de Saint Georges. Il décide la construction d’un nouveau logis abbatial, réalisé également par Sébastien Simmoneau.

L’église est également agrandie à la fin du XVIIe siècle.

En 1636, un riche bourgeois angevin, Guillaume II Bautru acheta le château de Serrant, qu’il se mit aussitôt à agrandir et à embellir, imité par les autres châtelains de l’Épinay et de Chevigné.

A la même période, Jean Racine, le célèbre dramaturge, se pare du titre de « Prieur de l’Epinay ». Son oncle, l’abbé Antoine Sconin lui céda le bénéfice du prieuré de l’Epinay. Mais l’évêque d’Angers lui préféra un religieux, Valéran Leferron. Il s’ensuivit un long procès que le jeune auteur perdit. Racine tira de l’expérience la seule comédie de son œuvre : Les Plaideurs.

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Un renouveau architectural

Un renouveau Architectural

1540 - 1620 Renaissance

trace du cloitre

Traces des voutes du cloitres sur le réfectoire des moines

Cheminée du réfectoire des moines

Cheminée du réfectoire des moines

Au XVIe siècle, les abbés successifs entreprennent des travaux sur l’abbaye : Louis Samson, abbé en 1522, réalise les cloîtres dont il subsiste des traces sur le mur extérieur du réfectoire des moines. Jean Chaudron, premier abbé commendataire, fait faire les voûtes du chœur. En effet, en 1534, l’abbaye de Saint Georges tombe en commende. Une abbaye tombe en commende quand elle n’a plus de religieux comme abbé. L’abbé peut être un civil. Il recueille les fruits de la gestion de l’abbaye que l’on appelle le bénéfice. Bien entendu, être abbé commendataire d’une abbaye est une aubaine financière pour un civil. Ces abbés civils, ne vivaient pas à l’abbaye, certains n’y sont jamais venus. La direction du monastère est alors confiée au prieur.

De 1541 à 1575, l’abbé se nomme Antoine Millet. Cet abbé entreprit d’importantes modifications de la première église et du bâtiment attenant. La première église est transformée en réfectoire. Il installe un plancher intermédiaire. Le long du pignon est, il fait monter une grande cheminée, qui va écraser la fresque des vieillards de l’apocalypse. Au sud il ouvre une grande porte et une fenêtre à meneaux et aménage une petite porte en fenêtre pour éclairer le lecteur du réfectoire. Dans tout le bâtiment, il fait exécuter des décorations : les grosses poutres du plancher sont entièrement peintes et sur le manteau de la cheminée, il fait peindre une citation de l’évangile de Saint Matthieu en lettres d’or sur fond bleu : Jésus discumbebat cum discipulis et en dessous : Haec faciebat Antonius Millietus, divi Georgii abbas, anno Domini 1573.

Le premier palais abbatial est construit, contigu à la première église/réfectoire, le bâtiment est destiné au domicile de l’abbé. Une cheminée renaissance orne la salle du logement. Elle a été donnée vers 1889 au musée Saint Jean à Angers, où elle est toujours exposée.

Le château de Serrant fut agrandi et remodelé, vers 1540 par l’architecte Jean Delépine, architecte du Logis Pincé à Angers. Le château, alors propriété de Charles de Brie, aux allures médiévales est remplacé par les premières constructions de l’édifice actuel. A la mort de Charles de Brie  en 1593 épuisé par les dettes, le gouverneur d’Anjou fait occuper le château au nom du roi. Les terres sont alors vendues pour rembourser les créanciers.

En 1539, Pierre Poyet, frère du juriste angevin qui rédigea l’ordonnance de Villers-Cauterets pour François 1er, acheta le château de l’Épinay.

Dessin du complexe abbatial au XVIème Par Gaignère

Le complexe abbatial au XVIème siècle

Gravure du château de Serrant au XVIème siècle

À cette période