Saint Georges Patrimoine

Catégories
portraits

Lucien Magne

Lucien Magne

1849-1916

portrait de lucien magne par felix henri giacomotti

Portrait de Lucien Magne par Felix Henri Giacomotti

Lucien Magne fait partie d’une illustre famille d’architectes. Son grand-père, Pierre Magne, a assuré les fonctions d’architecte de la ville d’Etampes dans l’Essonne. Il y réalisa notamment une prison, la sous-préfecture, le collège… Son père, Auguste-Joseph Magne sera nommé inspecteur des travaux de la ville de Paris par le baron Haussmann et il réalisera plusieurs marchés couverts de la capitale dont les grandes halles parisiennes. Le fils de Lucien Magne, Henri-Marcel s’illustrera, lui, comme peintre et décorateur notamment de la basilique du Sacré Cœur de Montmartre. Lucien Magne va, quant à lui, restaurer et moderniser, à la fin du XIXème, l’un des plus beaux monuments de Saint Georges sur Loire : le château de Serrant.

Lucien Magne naît à Paris le 7 décembre 1849. Il est formé à l’Ecole des beaux-arts sous la tutelle de son père. Il fréquente également l’atelier d’Honoré Daumet, architecte du Palais de Justice de Paris. Sa formation est interrompue par la guerre de 1870. Il s’engage alors dans l’artillerie de la Garde Nationale mobile de la Seine. Il y croise Eugène Viollet-le-duc, célèbre architecte qui a conduit la restauration de Notre-Dame de Paris au milieu du XIXème. C’est une rencontre marquante qui va influencer la carrière de Lucien Magne qui s’illustrera par la suite dans la restauration de monuments religieux.

En 1873, Lucien Magne rencontre Lucile Le Verrier, fille d’Urbain Le Verrier, célèbre astronome, découvreur de la planète Neptune. La jeune fille, élève du compositeur César Franck, tombe amoureuse. Ils se marient et ont un fils en 1877, Henri-Marcel.

Lucien Magne va débuter sa carrière aux côtés de son père à la ville de Paris, d’abord comme conducteur de travaux puis comme inspecteur en 1875 avant de devenir architecte en 1885. Lucien Magne va parallèlement œuvrer dans la restauration d’édifices religieux : dès 1874, il travaille pour le Comité des diocésains. En 1877, il est nommé architecte du diocèse d’Autun puis, en 1888, à Poitiers. Il va restaurer les églises de Montmorency et de Taverny dans le Val d’Oise, ou encore de Bougival dans les Yvelines.

Lucien Magne entre au service des Monuments historiques en 1878, d’abord dans le Maine et Loire et la Seine et Oise, puis, en 1892, pour Bordeaux. En 1894, il participe à la Commission internationale chargé de la conservation du Parthénon d’Athènes. Il devient membre de la commission des Monuments historiques en 1896 puis inspecteur général.

Lucien Magne va également chercher à transmettre ses connaissances : il est professeur d’histoire de l’architecture à l’école des beaux-arts de Paris à partir de 1891 et professeur d’art appliqué aux métiers au conservatoire des Arts et Métiers à partir de 1899. En 1899, il est l’un des organisateurs de l’Exposition Universelle de Paris. Il enseignera jusqu’à sa mort en 1916.

Lucien Magne a certainement connu l’Anjou dans sa jeunesse : son père, Auguste-Joseph est chargé de 1869 à 1871 de reconstruire le Grand théâtre d’Angers suite à son incendie de 1867. En 1878, Lucien Magne travaille au service des Monuments historiques du Maine et Loire. Il va alors faire de nombreuses campagnes de restauration : le logis Pincé, l’abbaye Saint Serge et la tour Saint Aubin à Angers, l’abbaye de Fontevraud, l’église du Puy Notre Dame à Doué la Fontaine, le château de Saumur…

C’est le duc Louis Charles de la Trémoïlle qui charge Lucien Magne des travaux au château de Serrant. Le duc vient d’hériter du château et il souhaite moderniser son intérieur et restaurer son faste d’antan. Il s’agit d’installer dans le château tout le confort moderne : chauffage, électricité, eau courante, le château doit entrer dans l’ère moderne ! Mais le duc est aussi féru d’histoire et Lucien Magne va travailler pour retrouver l’esprit initial du château cherchant à redonner son aspect originel conçu par Jean Delespine à la Renaissance. Dans le parc qui a été réaménagé de nombreuses fois, Lucien Magne va faire réapparaître les parterres symétriques des jardins à la française. Les travaux vont débuter en 1894 et se poursuivre jusqu’au début du XXème siècle.

En 1901, il devient inspecteur général adjoint des édifices diocésains de Paris. Il prend la suite des travaux de la basilique du Sacré Cœur de Montmartre, débutés en 1884, de 1904 à 1916. A sa mort, Il faudra encore 8 ans pour achever le chantier.

Il meurt à Eaubonne le 15 juillet 1916 et repose au cimetière de la ville.

Dessin du projet d'aménagement de l'avant cour du chateau de serrant par lucien magne en 1901

Projet de Lucien Magne pour l’aménagement de l’avant cour du château de Serrant

dessin de lucien magne du complexe abbatiale (façade sud) à la fin du 19 ème siècle

Dessin du complexe abbatial de Lucien Magne (fin du XIXème)

Catégories
article

Restauration de Serrant

La restauration du château de Serrant à la fin du XIXème

1894-1898

Photographie de Louis Charles de la Trémoille

Louis Charles de la Trémoïlle

Depuis son achèvement au tout début du XVIIIe siècle, le château a connu de nombreux travaux d’entretien et d’améliorations.  Louis-Charles de La Trémoïlle hérite de Serrant en 1894 à la mort de son cousin germain Ludovic Walsh, comte de Serrant.

À partir de 1894, le duc et la duchesse de La Trémoïlle, Marguerite Duchâtel, entreprennent donc de très grands travaux pour transformer le château en demeure confortable et moderne. Ils font appel à l’architecte Lucien Magne pour coordonner les travaux ; Magne est connu pour ses restaurations d’édifices, notamment l’abbaye de Fontevraud, le logis Pincé ou l’abbaye Saint Serge d’Angers. Le duc souhaite rendre à Serrant son faste Renaissance, tout en intégrant les dernières avancées technologiques. Il est difficile de savoir qui de l’architecte ou du duc a donné l’impulsion historiciste des travaux, mais le choix de Magne indique sans aucun doute la volonté de recréer un château Renaissance idéal, en gommant les ajouts du XVIIe siècle et en incluant des éléments décoratifs qui n’ont probablement jamais existé à l’origine.

Pendant quatre ans, le château n’est qu’un vaste chantier : toitures, façades, pavillons, distribution des salles, décoration, jardins : tout est remanié.

Photographie de MArguerite Duchâtel

Marguerite Duchâtel

Pour l’extérieur, Magne reprend le parti pris des premiers bâtisseurs, la famille de Brie, au XVIe siècle : la balustrade supprimée au XVIIe siècle est rétablie sur la corniche supérieure, et la toiture est abaissée afin de créer des lucarnes au deuxième étage, comme cela pouvait l’être au XVIe siècle sur la partie centrale. Les tours sont coiffées de lanternons ajourés et la base des dômes en ardoises est remaniée pour leur donner une silhouette plus gracieuse. Les croisées des fenêtres, supprimées par les Bautru et les Walsh, sont rétablies, et la devise de la famille, « Jamais hors de l’ornière », vient orner la façade principale. Fidèle à sa passion pour l’histoire, le duc souhaite s’inscrire dans une continuité qui légitime sa présence à Serrant : il ajoute ainsi les armoiries des Brie et des Bautru sur les façades des ailes latérales, et conserve celles des Walsh sur le grand portail de la cour.

Pour aller avec les façades Renaissance de son château, le duc demande à son architecte d’aménager des jardins à la françaises sous les fenêtres, tout en conservant les pièces d’eau pittoresques du parc paysager. La fin du XIXe siècle voit le retour d’une mode de jardins réguliers, sous l’égide de paysagistes comme Achille Duchêne. Magne dessine donc un grand parterre à la française devant la façade arrière, délimité par une balustrade en pierre qui l’isole du jardin paysager et de l’étang. Pour rejoindre ce jardin depuis le château, l’architecte conçoit un monumental escalier enjambant les douves depuis le premier étage. De grands parterres de broderies sont également prévus devant le château vers la route nationale mais jamais réalisés.

parterre du château de serrant au début du 20ème siècle

Le parterre et la balustrade aménagé par Lucien Magne

À l’intérieur, le duc fait rétablir la distribution d’origine : le premier étage accueille les salles de réception (salon et bibliothèque), tandis que le rez-de-chaussée accueille des chambres. Néanmoins, en véritable homme du XIXe siècle, il ajoute des salles nouvelles : vestibule au rez-de-chaussée à gauche de l’entrée, salle à manger spacieuse à droite avec office et monte-plats depuis les cuisines au sous-sol, corridors permettant de distribuer les chambres en évitant les enfilades de pièces, et création de salles de bains dans chaque chambre. Le deuxième étage est entièrement repensé : des appartements composés de chambres jumelles et de leurs salles de bains respectives sont créés pour accueillir des invités, le tout desservi par d’immenses couloirs.

Les espaces domestiques reçoivent une attention particulière : des escaliers dérobés distribuent les étages, des entresols sont créés pour loger le personnel de chambre, les combles sont aménagés pour le reste des domestiques. Les sous-sols accueillent les espaces de travail : cuisines, boulangerie, boucherie, caves, etc… Comble de la modernité, un monte-charge est installé, permettant aux domestiques de monter les bagages et le bois de chauffage dans les chambres.

Lucien Magne fait installer le chauffage central : deux énormes chaudières à charbon sont mises en place dans les sous-sols et permettent de chauffer toutes les salles du château, y compris les couloirs des combles. L’électricité est installée dans les années 1900 : un générateur Diesel alimente le château et les communs ; dès lors, tout le système d’éclairage et d’appel des domestiques est repensé en intégrant cette nouvelle technologie. L’eau courante est installée pendant les grands travaux : grâce à une pompe manuelle, l’eau du puits situé dans les sous-sols est montée dans des cuves en fonte installées sous les dômes des tours. Suivant le principe des châteaux d’eau, l’eau s’écoule ensuite par gravitation jusqu’aux nombreuses salles de bains du château.

l'escalier extérieur au desssus des douves du château de serrant au début du 20ème siècle

Escalier extérieur au dessus de la douve construit par Lucien Magne (aujourd’hui détruit)

Sur le plan décoratif, le duc et la duchesse souhaitent conserver un maximum d’éléments existants mais afin de les adapter aux nouvelles salles créées, un grand travail de réemploi a été menées. Les boiseries d’époque Louis XV et Louis XVI des salons aménagés par les Walsh au XVIIIe siècle sont ainsi démontées et remontées dans les nouvelles chambres. Pour la salle à manger, le duc demande à son menuisier de reprendre le modèle de pilastres existant dans l’escalier Renaissance. Les tapisseries déjà présentes dans les collections sont conservées et intégrées dans les boiseries de la salle à manger et du salon. La nouvelle bibliothèque conserve l’immense cheminée avec le portrait d’Antoine Walsh et du prince d’Ecosse aménagée au milieu du XVIIIe siècle pour la grande salle de réception du château.

Seul le grand salon fait l’objet d’une création totale dans un esprit néo-Renaissance à la mode : Lucien Magne fait abattre un épais mur du XVIe siècle pour créer une grande salle de 170m², une cinquième fenêtre est percée côté jardin. Un système de poutres en acier permet de renforcer la structure du bâtiment, habilement camouflé par un superbe plafond à caissons de bois inspiré des palais italiens du XVIe siècle. Une immense cheminée en tuffeau d’inspiration Renaissance est construite, avec la statue équestre de Louis II de La Trémoïlle, valeureux chevalier qui mena les armées royales pendant les guerres d’Italie. La statue, inspirée de celle du mausolée de Louis de Brézé à la cathédrale de Rouen, a été retirée quelques années plus tard pour être remplacée par les armoiries de la famille.

travaux au château de serrant à la fin du 19ème siècle

Les travaux dans la cour d’honneur (Archive du château de Serrant)

Grand Salon du château de Serrant vers 1900

Le Grand Salon vers 1900 (archive du château)

Le duc et la duchesse se font aménager de magnifiques appartements dans l’aile Sud : pour chacun d’eux, une chambre, un salon privé et une salle de bains sont créés, reproduisant ainsi le modèle des hôtels particuliers parisiens de l’époque. La duchesse souhaite réemployer d’anciennes boiseries d’époque Louis XVI datant des Walsh et ajoute une pièce remarquable : une rare tapisserie en laine et soie du XVIIIe siècle à motif asiatique.

Le couple ducal prévoit également un appartement indépendant dédié à leur fils ainé, prince de Tarente, et sa famille au rez-de-chaussée : une chambre pour le prince avec une curieuse salle de bains dans un placard, une chambre pour son épouse et surtout une suite de pièces pour leurs enfants : chambre, salon de jeux et chambre de gouvernante.

A l’issue des quatre années de travaux, le duc et la duchesse peuvent s’installer à Serrant avec leur famille. Ils viennent périodiquement au château, principalement à l’automne et au printemps, mais entretiennent un fort attachement à toutes les personnes qui travaillent de près ou de loin sur le domaine : régisseur, métayers, jardiniers, etc… Lorsqu’elle n’est pas à Serrant, la duchesse se fait envoyer par le train des caisses de fleurs et légumes frais du potager de son château angevin.

Aujourd’hui, le fruit de ces grands travaux est à admirer lors d’une visite du château : l’aménagement général des intérieurs, le décor des salles, le mobilier et les œuvres d’arts placés par la duchesse de La Trémoïlle n’ont quasiment pas bougé depuis 120 ans, précieusement entretenus par les descendants, le prince et la princesse de Ligne puis aujourd’hui le prince et la princesse de Merode. Comme une reconnaissance du travail menés par les générations successives, l’ensemble du mobilier est classé Monument Historique en 2001, illustrant la rareté de cette collection unique dans la région.

Source :

La restauration du château de Serrant entre 1894 et 1898 par le duc et la duchesse de La Trémoïlle de Geoffrey Chevalier

Dessin du projet d'aménagement de l'avant cour du chateau de serrant par lucien magne en 1901

Projet d’aménagement de l’avant cour par Lucien Magne en 1901

carte postale

L’avant cour au début du XXème siècle

Catégories
article

Parc de Serrant

Histoire du parc du château de Serrant

façade sud du château de serrant par gaignères en 1695

Façade sud du château de Serrant par François Roger de Gaignières en 1695 (BNF)

Au XIVè siècle, le domaine de Serrant appartient à la famille de Brie. Ponthus de Brie, chambellan de Louis XI obtient l’autorisation du Roi de fortifier la demeure. Il entoure le château de douves.  Son fils, Péan de brie entreprend l’édification d’un nouveau château à partir de 1539 sous la conduite de Jean Delespine, célèbre architecte angevin. Les travaux sont poursuivis par ses fils Madelon et Charles. Mais la construction n’est pas achevée.

Le château passe dans les mains de plusieurs propriétaires jusqu’à ce que Guillaume de Bautru, poète et diplomate de Richelieu, l’acquiert en 1636.En 1640, la construction du château est reprise et augmentée. A la fin du XVIIè siècle, on accède au château par une cour située sur le côté et donnant sur la façade Nord. La façade Sud s’ouvre sur quatre parterres de broderies implantés autour d’un bassin sur un jardin en île. Le parc est entouré de murs et de douves, vestiges des fortifications passées.

Après la mort de Nicolas Bautru, marquis de Vaubrun à la bataille d’Altenheim en 1675, son épouse Marguerite Bautru fait appel à Jules Hardouin Mansart pour édifier une chapelle à sa mémoire.  Elle est achevée en 1706 et fait pendant à une aile édifiée en symétrie. Deux pavillons d’angle cadrant la cour d’honneur sont construits ainsi qu’un nouveau porche et une grille d’honneur dans l’axe du château, soulignant la symétrie et la magnificence de l’architecture. Pour souligner la perspective, on aménage un découvert et une allée dans le bois au nord-ouest du château.

dessin de la façade nord du château de serrant en 1695

Façade Nord du château de Serrant par François Roger de Gaignières (BNF)

En 1749, Madeleine Diane de Vaubrun, duchesse d’Estrée, vend le domaine de Serrant à Antoine Walsh qui l’offre à son frère, François Jacques Walsh. Issu d’une famille irlandaise réfugiée en France suite à la révolution britannique de 1688, François Jacques reçoit le titre de comte de Serrant. Il fait construire à l’ouest du château, l’orangerie en 1771, bordée d’un plan d’eau et de parcelles potagères. Au sud-est du château des parterres et des allées d’arbres sont plantés.

plan du parc de serrant en 1762

Plan du projet de route passant devant le château de Serrant en 1762

dessin du chateau de serrant au XIXème siècle par Louise de Vaudreuil

Gravure de la façade nord du château de Serrant par Louise de Vaudreuil au début du XIXème siècle

Antoine Joseph Walsh hérite du château. Il s’exile durant la Révolution. Le château échappe aux dégradations et aux nationalisations du fait de l’origine irlandaise de son propriétaire. A son retour, en 1802, il retrouve le château. Sa nouvelle femme, Louise de Vaudreuil devient dame de palais à la cour de l’impératrice Joséphine. Le 11 août 1808, Napoléon séjourne quelques heures au château. Théobald Walsh hérite du château en 1817. Son mariage avec Sophie Legrand lui apporte une fortune considérable qui va permettre la restauration du château et des aménagements plus naturalistes du parc.

En 1820, le plan du parc montre clairement un premier tracé paysager. La pièce d’eau et l’avant cour sont encore composées de tracés réguliers. Les potagers sont toujours visibles à l’ouest du château. En revanche, les boisements ont été creusés de percées. La promenade glisse toute en sinuosité entre couverts et découverts. L’ancien carré en île attenant à la façade sud a été recomposé à l’anglaise et rattaché à la terre ferme à l’est. Un bosquet dont la lisière est courbe prend place dans l’ancienne perspective sud-est.

plan du parc du château de serrant en 1820

Plan du parc du château de Serrant en 1820

En 1822, Blordier-Langlois est chargé d’agrandir le parc, depuis la ferme du domaine jusqu’à la grande route et englobant l’étang de la Brelaudière situé à l’est du château. Le contour de l’étang est redessiné pour lui donner une forme plus sinueuse. On établit en son milieu une île « pour rompre la monotonie ». On construit des pavillons. De longues percées sont mise en place par le jardinier Bellanger et le paysagiste parisien Chatelain, architecte ayant transformé le parc de Thoiry. Le château conserve ses douves et son pont-levis, souvenirs de son passé féodal. Avec ses 300 arpents, le parc de Serrant devient un modèle de jardin anglais dont le joyau est l’orangerie.

Sur le tracé cadastral de 1835, on constate que le tracé paysager a été étendu à l’avant cour et vers l’est. On retrouve la majorité des bosquets et des tracés encore visibles aujourd’hui. Les communs ont été agrandis et forme désormais une cour carrée avec l’orangerie.

A cette période, le déplacement du potager est commandité au paysagiste André Leroy. Le nouvel emplacement, loin du château, se situe au sud-ouest du parc le long de la route allant de Saint Georges au château de Chevigné, au lieu-dit de la Noguette. A la mort de Sophie Legrand en 1872, c’est Valentine Walsh, sa belle-sœur, qui hérite du château. Elle a épousé en 1830 Charles Bretagne, duc de la Trémoïlle.

gravure du parc du château de serrant au 19ème siècle

Le parc du château de Serrant au XIXème

cadastre napoléonien du château de serrant

Le château de Serrant et son parc sur le cadastre de 1835 (ADML)

carte de 1840

Plan du parc du château de Serrant en 1820

l'escalier extérieur au desssus des douves du château de serrant au début du 20ème siècle

L’escalier au dessus des douves au début du XXème (aujourd’hui disparu)

Louis Charles de la Trémoïlle, fils de Valentine Walsh et de Charles Bretagne, hérite du château. Marié à la fortunée Marguerite Duchâtel, il va réaliser de grands travaux à la fin du XIXème siècle. Il fait appel à Lucien Magne, architecte des monuments historiques à partir des années 1870. Les lucarnes et chapiteaux sont restaurés ainsi que les dômes, une balustrade est ajoutée et on appose au-dessus de l’entrée principale le blason des La Trémoïlle. De grands travaux de modernisation sont aussi entrepris dans les intérieurs.

En matière d’aménagement paysager, l’art des jardins dit « à la Française » a gagné la mode répandant à nouveau le gout des structures formelles.  Après 1894, Lucien Magne propose le remaniement des abords sud du château vers l’étang sur un dessin géométrique. Le parterre donnant sur l’étang est nivelé et en partie redessiné.  Une balustrade le sépare désormais du jardin paysager et de l’étang. Pour rejoindre ce jardin, l’architecte conçoit un monumental escalier enjambant les douves depuis le premier étage.

parterre du château de serrant au début du 20ème siècle

Le parterre aménagé au sud du château au début du XXème

Trois serres génèrent l’admiration devant des végétaux exotiques. Lors d’une visite de la société d’horticulture d’Angers, on mentionne la production de près de 100 000 plants pour décorer le parc. A l’orangerie, on découvre les rosiers, coleus, bégonias, hortensias bleus et les chrysanthèmes qui valurent au jardinier chef Robineau une médaille de bronze en 1898. Après les parterres de l’étang, Lucien Magne propose des projets plus ou moins ornés pour les parterres de l’avant cour. L’allée qui rattache le château à la route va ainsi être bordé de quatre parterres symétriques.

Dans les années 1970, les quatre parterres de l’avant cour sont réduits au nombre de deux et leur composition est simplifiée pour des raisons d’entretien. Une dizaine d’années plus tard, les carrés jardinés de l’orangerie sont aussi abandonnés. Propriétaires depuis 2005, le Prince et la Princesse de Mérode s’attachent aujourd’hui à préserver ces lieux largement ouverts au public. Des replantations d’arbres ou de bosquets ont été effectuées pour perpétuer les grands tracés du parc. Des élagages permettent de préserver ces tracés qui ont tendance à se refermer. Un entretien important qui permet de rendre hommage à la somme de travaux menés par des générations successives.

SOURCES : Notice historique sur le parc du château de Serrant à Saint Georges sur Loire

Dessin du projet d'aménagement de l'avant cour du chateau de serrant par lucien magne en 1901

Projet d’aménagement de l’avant cour par Lucien Magne en 1901

photographie aérienne du château de serrant en 1949

Vue satellite du château et de son parc en 1949

vue aerienne du chateau et de son parc aujourd'hui

Le château de Serrant et son parc aujou’dhui

Catégories
portraits

Jean Delespine

Jean Delespine

1505-1576

Portrait de Jean Delespine

Portrait de Jean Delespine (Musées d’Angers)

On connaît l’arbre au fruit, l’ouvrier à l’ouvrage

Les tiens portent assez, Lespine, témoignage

De l’excellent esprit dont Dieu t’a pourvu,

Quand parmi les plus grands en crédit on t’a vu,

Pour très bien dessiner et palais et châteaux,

Donner pour ornement colonnes et chapiteaux,

Et tout œuvre qui vient de l’art d’architecture,

Garder de près les lois de l’antique structure.

Ces vers étaient gravés dans une plaque de cuivre sur le tombeau de Jean Delespine dans l’église du couvent des Carmes à Angers. Le maître-maçon reposait à quelque pas de sa propriété de la rue Beaurepaire. L’épitaphe témoigne de l’admiration pour celui qui fut le flambeau de la Renaissance en Anjou. On doit au génie de Jean Delespine des monuments magnifiques, ancrés dans l’identité de l’Anjou.

Jean Delespine ou Jehan de Lespine naît à Angers en 1505 dans un logis de la rue des Fille-Dieu. On ne sait rien de sa famille ni de sa formation. Il est cependant plus que probable, qu’il ait suivi un apprentissage corporatif, une formation professionnelle et artistique ordinaire au XVIème siècle. À ses débuts, il est l’élève de Jean Mariau, architecte de la ville d’Angers.

La première œuvre connue de Jean Delespine est la chapelle Saint-Anne dans l’église du vieux Baugé dont la construction lui est confié en 1532. Cette même année, un violent incendie ravage la cathédrale Saint Maurice d’Angers. Le Chapitre charge Jean Delespine, jeune architecte de 27 ans, d’estimer les dégâts et de réaliser un devis pour faire les réparations. Les travaux sont conséquents : il faut refaire la voûte et l’arc au-dessous du clocher, renforcer les deux clochers de la façade, reconstruire la flèche nord et restaurer les galeries. Jean Delespine estime le montant des travaux à 32 000 livres. Quatre autres devis sont réalisés par des maîtres-maçons de renom et un autre par le charpentier de Tours. On suppose que la proposition de Jean Delespine était plus intéressante car il signe le marché le 12 juin 1934. Les travaux de réfections durent cinq ans : Jean Delespine qui s’est lui-même charger de payer les ouvriers n’a dépensé que 15 000 livres pour un résultat remarquable.

Le 19 juin 1935, Jean Delespine succède à son maître Jean Mariau, comme « commissaire des œuvres et réparation d’Angers », un poste qu’il occupera jusqu’en 1571. Il réalise de nombreux travaux pour la ville : réfection de la fontaine du Pié-Boulet en 1536, de moulins et de ponts. Dans le cadre de ses fonctions, Jean Delespine entre en contact avec le contrôleur des Bâtiments de France, Philibert Delorme, grand Architecte des Tuileries.

Jean Delespine lancer de nombreux chantier : reconstruction du cloître de l’hôpital Saint Jean d’Angers, le clocher de l’église de la Trinité à Angers (1540), le portail de l’Hôtel de Ville (1541). Il est également chargé par la ville d’Angers de travaux de décoration des rues et des édifices publics pour la venue du roi Henri II en 1551 et pour l’entrée de Charles IX en novembre 1565. En 1556, Jean Delespine construit le Port Ayrault, en 1558, l’auditoire et la grande salle du Présidial et en 1562, la Porte Toussaint et la tour Guillon.

Jean Delespine va également travailler sur de nombreux autres projets, répondant à des commandes de religieux ou de seigneurs. C’est ainsi qu’il va réaliser son chef d’œuvre : l’hôtel Pincé d’Angers. Jehan de Pincé avait réalisé ce logis aux environs de 1530. C’est alors qu’il décide d’agrandir sa demeure qu’il va recruter Jean Delespine. Les travaux débutent vers 1535 et se terminent vraisemblablement en 1541. Cet ouvrage admirable d’une grande élégance permet, encore aujourd’hui, d’admirer le talent et l’originalité de Jean Delespine.

En 1552, Jean Delespine réalise le tombeau de Guy III d’Espinay dans l’église de Champeaux en Ile et Vilaine, témoin de ses talents de sculpteurs.

Le maître-maçon est très demandé : on le demande pour agrandir et embellir les châteaux de l’Anjou et des environs. Il dirige les travaux à Ancenis, la flèche, Valençay, offrant des fleurons de la Renaissance.

En 1539, Péan de Brie, seigneur de Serrant, dépêche l’architecte angevin Jean Delespine pour construire un corps de logis bâti autour d’un escalier à double volée contrariée. Les travaux seront poursuivis à la mort de Péan par son fils ainé, Madelon puis par son frère Charles. A la mort de ce dernier, en 1593, les travaux ne sont toujours pas achevés et la famille est ruinée.

En 1571, jean Delespine demande à être relevé de ses fonctions auprès de la ville d’Angers. Il meurt en 1576 à Angers. Son corps repose dans l’église du couvent des Carmes.

Tu as élaboré temples et sépultures,

Logis des ossements des nobles créatures ; (…)

De ton nom la mémoire autant continuera

Que ce monde mortel ici-bas durera.

Escalier du château de Serrant réalisé par Jean Delespine

Catégories
portraits

Eugène-Joseph Daviers

Eugène-Joseph Daviers

1815-1871

photographie du docteur daviers

Portrait du docteur Daviers

article de journal sur le docteur daviers

En 1863, le docteur Daviers prouve la culpabilité d’un mari (Le petit Journal 27/12/1863)

Eugène Joseph Daviers est né le 13 septembre 1815 à Jallais. Il est le fils de Julien Daviers, chirurgien et d’Eugénie Renou, fille de Jean Renou, maire de Saint Georges en 1800 et chirurgien également . Après une scolarité à Beaupréau, il s’engage dans les pas de son père en suivant des études de médecine. Il devient interne à l’Hôtel Dieu d’Angers. Le 16 août 1839, il soutient une thèse sur la bronchite capillaire, l’excision du col de l’utérus, l’évolution du fœtus et les préparations à base de soufre de Paris. A l’époque, la thèse ne porte pas sur un sujet choisi par l’étudiant mais sur une série de questions soumis par le jury. Il devient docteur en Médecine de l’Université. L’étudiant fait déjà preuve d’un véritable instinct chirurgical : dans son travail universitaire, Daviers envisage ainsi l’ablation partielle ou totale de l’utérus notamment en cas de cancer, une opération qui ne sera réalisée que plusieurs dizaines d’années plus tard.

Il s’installe à Angers où il est nommé chef de travaux anatomiques à l’Ecole de Médecine.  Dès 1940, il enseigne l’anatomie mais également la chimie et la clinique chirurgical. Reconnu pour son talent d’exposition et ses connaissances, il est nommé suppléant d’anatomie en 1847 et professeur de chimie et de pharmacie en 1849. En 1855, il est nommé chirurgien en chef de l’Hôtel Dieu d’Angers puis directeur de l’école de médecine d’Angers en 1865. Sous sa direction, de nombreux bâtiments sont construits ou agrandis.

En 1863, Eugène Joseph Daviers est le premier chirurgien à pratiquer avec succès une ovariotomie en France. Dans un article de 1907, paru dans le Petit Courrier, le docteur Leblois témoigne : « L’opération fut pratiquée à Châteauneuf-sur-Sarthe, au domicile de la malade, dans l’unique pièce du logement servant de cuisine, de salle à manger et de chambre à coucher. » C’est un véritable événement auquel assistent des médecins de renom dont les docteurs Nélaton et Denonvilliers, professeurs parisiens, venus tout spécialement de la capitale pour rencontrer le talentueux chirurgien angevin.

Eugène-Joseph Daviers va être influent dans de nombreux domaines. Ainsi, en 1843, tout jeune médecin, il présente un rapport sur l’opération de la cornée de la cataracte lors d’une réunion de chirurgiens à l’Hôtel Dieu. Il préconise l’utilisation d’instruments pour immobiliser le globe oculaire contre l’avis de ses collègues qui utilise leur doigt, estimant que le matériel est inadapté. Daviers n’est pas satisfait de cette position : cette méthode provoque trop souvent des complications, il ne renonce pas et cherche à améliorer la méthode. En 1868, messieurs Robert et Colin présente devant l’Académie de Médecine une nouvelle pince oculaire qu’ils ont fabriquée sur les indications de Daviers et qui répond aux exigences de l’opération.

Daviers va également s’illustrer dans la médecine légale, fréquemment appelé à témoigner comme expert tant de l’anatomie que de la chimie.

Parallèlement à sa carrière médicale, Eugène-Joseph Daviers s’engage en politique. Défenseur des valeurs bonapartistes, il fait partie de l’opposition aux élections municipales d’Angers de 1852 et est finalement élu conseiller municipal en 1865 puis en 1870.

En 1867, il succède au docteur Mirault à la chaire de clinique chirurgicale.

Il est décoré de la Légion d’Honneur par Napoléon III, le 14 août 1868.

Eugène Joseph Daviers meurt d’un cancer de l’estomac le 23 février 1871. Lors de son enterrement civil, la foule se rassemble en masse pour lui rendre hommage. Jacques Ambroise Monprofit, qui suivra ses pas à la fin du XIXème, témoigne dans un article du Petit Courrier de 1907 : « J’étais alors écolier au Lycée David d’Angers et je me souviens du bruit que fit sa mort et de son enterrement suivi par une foule énorme. » Si le futur docteur Monprofit fut touché par ce décès, c’est également que la commune de Saint Georges sur Loire le liait particulièrement à Daviers. « Daviers avait sa maison de campagne à Eculard près de Saint Georges sur Loire où j’ai été élevé et bien souvent, le nom du grand chirurgien angevin a frappé mes oreilles d’Enfant », témoigne encore Monprofit, fils de Louis Monprofit d’un maire de saint-georgeois. On comprend d’autant mieux l’émotion du docteur Monprofit à évoquer Daviers quand on sait qu’il prendra en charge le service de ce dernier à l’Hôtel Dieu d’Angers.

Eugène Joseph Daviers laissera le souvenir d’un homme charitable. Il fonda ainsi un lit perpétuel pour la commune de Saint Georges. Il était également reconnu pour sa droiture et ses engagements. Le Conseil Municipal de la ville d’Angers décida par la délibération du 28 mars 1881 de donner son nom au boulevard de l’hôpital en son honneur. La commune de Jallais donne également son nom à la rue dans laquelle il a vu le jour.

La veuve du docteur Daviers, Emilie Marie Moreau décèdera en 1900 dans sa propriété d’Eculard.

Sources : Wikipédia, Célestin Port (Dictionnaire de Maine et Loire), Jacques Ambroise Monprofit (La Chaire de Clinique Chirurgicale, Petit Courrier du 22/12/1907)

Tombe du docteur Daviers

Tombe de la famille Daviers dans le cimetière de l’Est d’Angers (Archives municipales d’Angers)

Faire-part de décès du docteur Daviers

Faire-part du décès du docteur Daviers

acte de décès de marie moreau

Acte de décès de Marie Moreau, veuve Daviers (ADML)

Catégories
portraits

Antoine Panay de Champotier

Antoine Panay de Champotier

1741-1794

Signature d'Antoine Panay de Champotier

La signature d’Antoine Panay de Champotier(ADML)

acte de mariage d'antoine panay de champotier

Acte de mariage d’Antoine Panay de Champotier et de Marie Perrine Bréchet (ADML)

Antoine Panay de Champotier est né dans l’Allier à Saint-Margerand-de-Brout le 30 avril 1741. Il est le fils de Claude Panay, seigneur de Champotier et de Marie-Anne Robert de Chambaraude.

Il s’engage dans une carrière religieuse. Il fait vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, le 27 décembre 1759 à l’abbaye-mère Saint Geneviève de Paris, aujourd’hui le lycée Henri IV. Il poursuit ses études théologiques conduisant au sacerdoce. Il devient prieur-curé de Sougères-en-Puisaye, près d’Auxerre, en 1774 puis prieur de la petite communauté de Saint-Lô-la-Ville, dans la Manche en 1775.

Antoine Panay est nommé Prieur curé de l’abbaye et curé de Saint-Georges sur Loire en septembre 1777 après avoir été viaire à Villemoisan. C’est lui qui préside la sépulture de François Jacques Walsh, comte de Serrant, le 23 août 1782, entouré de « 40 curés et vicaires ». Il s’occupe également des bénéfices de l’abbaye Toussait d’Angers tenue elle aussi par les Génovéfains.

Il laisse sa place de prieur à l’abbaye à Augustin Gournay et devient curé de Saint-Augustin-des-Bois en 1784 succédant à Laurent Berthelot, décédé le 11 février 1784. Il fait reconstruire le prieuré-presbytère qui existe toujours : c’est aujourd’hui la maison des associations de Saint augustin des Bois.

A la Révolution, les ecclésiastiques doivent prêter serment de fidélité à la Nation, au Roi et à la Constitution, allant à l’encontre de leurs vœux d’obéissance à Dieu. Les cinq chanoines restés à l’abbaye prêtent tous serment. Sur les quatre curés rattachés à l’abbaye, deux deviennent assermentés : le curé Gournay et Antoine Panay de Champotier qui peuvent donc rester en fonction.

Contrairement à d’autres religieux qui prêtèrent serment par opportunisme pour conserver leur paroisse, Antoine Panay semble embrasser les idées de la Révolution comme de nombreux Génovéfains qui recrutaient largement dans la bourgeoisie sensible aux idées des Lumières. Ainsi, le 13 juillet 1790, il abandonne Champotier et signe Panay tout court. Il devient maire de la commune, durant une année puis officier public, prenant en charge les actes d’état civil.

Les biens du clergé sont nationalisés et vendus. Antoine Panay achète le prieuré de Saint Augustin des Bois le 17 mai 1791. Considéré comme l’un des plus vastes et agréables de l’époque, le presbytère était entouré de bois, de verger et de jardins. A partir du 27 novembre 1792, il signe Antoine Panay, officier municipal. Ayant renoncé à son sacerdoce, âgé de 52 ans, Antoine Panay se marie le 26 novembre 1793, avec Marie Perrine Bréchet, ouvrière âgée de 18 ans. Ce mariage provoqua un scandale qui perdura bien après sa mort. Dans une chronique, l’abbé Florent Pithon, curé de Saint Augustin de 1931 à 1971, écrira de lui qu’il était « un prêtre schismatique qui, mariée à une jeune fille de 18 ans, avait encore augmenté sa culpabilité en achetant à vil prix tous les biens constituants la mense curiale ».

Mais, le 8 prairial de l’an II du calendrier révolutionnaire, c’est-à-dire le 26 mai 1794, en revenant d’Angers, il est assassiné de plusieurs coups de fusil dans le corps et de coups de sabre sur la tête sur le chemin qui conduit à la forêt noire. C’est Jean-Baptiste Sortant, juge de paix du canton de Beausite, comme a été renommée la commune de Saint Georges qui établit avec les gendarmes le procès-verbal.  Il n’est pas la seule victime : on découvre également le corps de René Audouin, son beau-frère et également officier public de Saint Augustin, mort « d’un coup de fusil dans l’épaule droite qui lui a sorti à la poitrine ».

Les deux hommes revenaient d’un conseil révolutionnaire à Angers. Vers 7h du soir, ils sont arrêtés et exécutés par des chouans qui les attendent en bordure de la forêt de Bécon, sur le chemin conduisant de Saint augustin aux Essarts, à la limite de Saint Léger des Bois. Les assassins font partie d’une cohorte de l’armée vendéenne qui a franchi la Loire et est passée par Saint Georges, quelques mois plus tôt. Ces chouans vont rester vont demeurer dans les bois de Saint Augustin, semant la terreur par les pillages, les agressions et les assassinats.

Sa femme mit au monde une fille, Marie Antoinette le 6 janvier 1795, mais qui mourut le 14 juillet 1798 à Saint Georges où sa mère s’était retirée, avant son remariage avec Jean Delhoste en janvier 1797. Ce dernier est percepteur à Saint Georges. Il sera élu maire de Saint Augustin en 1808 et le restera jusqu’en 1841.

Sources : Les derniers chanoines, Denis Mercier

Entre Loire et Bocage de Robert Audouin

acte de décès d'antoine panay de champotier

Acte de décès d’Antoine Panay de Champotier, l’acte qui le précède est encore signé de sa main (ADML)

acte de décès de rené audouin

Acte de décès de René Audouin (ADML)