Saint Georges Patrimoine

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Roger d’Aumont

Roger d’Aumont

1605-1653

Portrait de l'abbé Roger d'Aumont

Portrait de Roger d’Aumont (parfois identifié comme étant Charles d’Aumont son neveu qui prendra sa suite à l’abbaye d’Uzerches et de Saint Aubin)

Roger d’Aumont, né en 1605, est le troisième fils de Jacques d’Aumont, baron de Chappes et prévôt de Paris. Son frère ainé, Antoine d’Aumont sera enfant d’honneur de Louis XIII et deviendra capitaine de la garde du roi. Après s’être distingué dans la bataille de Rethel, il sera nommé maréchal de France et gouverneur de Paris.

Roger d’Aumont lui est destiné très jeune à l’Eglise. En 1621, il devient abbé commendataire de l’abbaye Saint Pierre d’Uzerche dans le Limousin. Le roi nommait en effet des religieux ou parfois des laïcs qui en recevaient les revenus sans les habiter. En 1625, il devient aumônier du roi.

En 1638, Roger d’Aumont reçoit également les bénéfices de l’abbaye de Notre Dame de Barzelle dans le diocèse de Bourges en 1638, puis de l’abbaye de Beaulieu dans le diocèse de Boulogne. Les chanoines l’élise alors doyen du chapitre de Boulogne mais Roger d’Aumont qui ne souhaite pas résider à Boulogne et qui a certainement déjà des visées plus hautes, décline la charge le 16 février 1639 dans une simple lettre d’excuse. En 1645, il reçoit l’abbaye de Longvilliers en commende.

Roger d’Aumont est nommé évêque d’Avranches en 1644 par Louis XIV et consacré en mai 1645 à Paris. Si le peuple lui est plutôt favorable, l’évêque est en conflit permanent avec le clergé d’Avranches : les chanoines le surnomment « Rodomont »- autrement dit le fanfaron -, certains allant jusqu’à raturer la deuxième syllabe de de son prénom sur sa signature. Il faut dire que Roger d’Aumont est un prélat atypique n’hésitant pas à provoquer en duel les gentilhommes de son diocèse alors que cette pratique est formellement interdite depuis le Concile de Trente. Un jour, au beau milieu d’une procession, il quitte le cortège en habits pontificaux pour asséner des coups de crosse à un certain Monsieur Juvigny qu’il haïssait.

En mai 1647, Roger d’Aumont entre en conflit avec les moines du Mont Saint Michel. Il existait depuis longtemps une défiance de la communauté du Mont Saint Michel envers les évêques d’Avranches : les religieux revendiquaient une certaine autonomie et esquivaient les visites épiscopales. A la nomination de Roger d’Aumont, les moines semblent vouloir acheter cette liberté : le 13 mai 1646, ils lui font parvenir un esturgeon de 9 pieds et demi, met de choix. Mais l’évêque n’est pas dupe. L’absence du curé du Mont Saint Michel au synode est pour lui un affront qu’il ne peut tolérer. L’évêque déclare au synode du 2 mai 1646 que les religieux du Mont Saint Michel sont incapables d’entendre la confession du peuple.  Souhaitant marquer son autorité, il annonce une visite officielle. C’est donc accompagné de toute une procession qu’il se rend pour la première fois au Mont le 24 mai 1646. Le prieur concède l’accès à l’église de l’abbaye et à l’église paroissiale mais refuse l’accès aux lieux réguliers du monastère. Roger d’Aumont ne l’entend pas ainsi : il se présente à la porte de l’abbaye accompagné d’hommes armés d’épées. Les moines cèdent et accueillent l’évêque avec les honneurs de son rang. Roger d’Aumont s’arrête devant les confessionnaux et demande qui a approuvé les confesseurs. Le prieur se désigne et évoque une tractation passée avec les évêques d’Avranches. Roger d’Aumont déclare interdit les confesseurs. Une querelle éclate. Roger d’Aumont irrité, prononce contre les moines l’excommunication. La visite se poursuit dans un climat de plus en plus hostile : on refuse à l’évêque l’entrée du chapitre. Le prélat fait ouvrir par un serrurier venu d’Avranches les portes de l’église Saint Pierre du Mont et de toutes les portes du Sanctuaire. Il fait renvoyer le curé. Après ce coup d’éclat, il dîne dans une auberge avant de retourner à Avranches. Les bénédictins se plaignent du comportement de l’évêque auprès du Grand Conseil. Le scandale éclabousse l’évêque : il a permis à des hommes en armes de pénétrer dans des lieux saints ce qui est formellement interdit. En 1648, le Grand Conseil rend son jugement après pas moins de neuf audiences : si les églises et l’abbaye doivent être soumises à la visite épiscopale, il est défendu à l’évêque de se rendre dans les lieux réguliers de la congrégation. Le Grand Conseil donne ainsi raison au prieur du Mont Saint Michel. En revanche, le jugement réserve formellement l’approbation des confesseurs à l’évêque. Roger d’Aumont reçoit le prieur du Mont saint Michel le 3 juillet 1648 et tente de le rassurer de ses bonnes dispositions envers la communauté. La réconciliation est actée.

En 1650, Roger d’Aumont doit cependant de nouveau répondre de ses décisions devant la justice. Les moines de l’abbaye de Barzelle dont il est abbé commendataire l’accuse de négligence dans l’entretien : l’abbé touche en effet deux tiers des revenus et se doit de financer les réparations du bâtiment. Mais Roger d’Aumont juge insuffisant le bénéfice et l’état de l’abbaye est très dégradé. Sous la pression des moines, le Grand Conseil ordonne une visite. L’abbé de l’Etoile, Placide Petit, rend son verdict : l’abbé manque à ses devoirs. Roger d’Aumont conteste immédiatement cet avis. S’en suivent des mois de procès. Un an plus tard, une transaction est signée donnant en partie satisfaction aux moines. Si l’abbé de l’Etoile avait certainement noircit le tableau, Roger d’Aumont est contraint de payer des travaux importants.

Affaibli, d’une santé précaire, Roger d’Aumont n’est pas en capacité de faire face aux troubles de la Fronde, ce temps de révolte qui secoue la France entre 1648 et 1653. En 1651, il échange son siège avec Gabriel de Boylesve, abbé de Saint Georges sur Loire et de Saint Aubin des bois dans le diocèse de Saint Brieuc.

Roger d’Aumont se retire dans l’hôtel particulier de son frère à Paris, aujourd’hui le tribunal administratif, où il meurt le 25 mars 1653 à quarante-huit ans.

le tribunal administratif de Paris

L’actuel tribunal administratif de Paris, hôtel particulier dont les plans furent réalisés par Le Vau et où Roger d’Aumont mourut en 1653

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Gabriel de Boylesve

Gabriel de Boylesve

1595-1667

Gravure du portrait de gabriel de boylesve

Portrait de Gabriel de Boylesve

Gabriel de Boylesve de Malnoue nait le 1er mars 1595 dans une famille angevine de magistrats et de juges. Son père est Charles de Boylesve, conseiller aux parlements de Bretagne puis de Paris dont le frère Claude de Boylesve était un fidèle de Mazarin.

Destiné à une carrière ecclésiastique, Gabriel est ordonné prêtre très jeune. Il devient enseignant à la cathédrale Saint Maurice d’Angers. En 1623, il devient aumônier de Charles Miron, évêque d’Angers et deux ans plus tard chancelier de l’université d’Angers. En 1631, il est nommé conseiller au parlement de Bretagne, prenant la suite de son père. Il devient chanoine de la cathédrale de Vannes, obtient deux paroisses parisiennes et devient aumônier et lecteur du roi Louis XIII. En 1637, il reçoit les bénéfices du prieuré de Saint Catherine de la Coûture à Paris et de l’abbaye de Saint Aubin des bois dans le diocèse de Saint Brieuc. En 1638, il siège aux Etats de Bretagne pour l’ordre de l’Eglise.

A la mort du roi, il se démet de ses titres et de ses charges en gage de soumission à Mazarin qui le gratifie de la commende de l’abbaye de Notre Dame de Berdoue dans le diocèse d’Auch et du titre de conseiller clerc au Parlement de Paris en 1645.

Cette allégeance à Mazarin lui attire quelques désagréments. En 1649, alors qu’il s’offusque des propos tenus contre le cardinal par Jacques Carpentier de Marigny, poète et agitateur de la Fronde, Gabriel de Boylesve est violement giflé par ce dernier en public à la sortie du cloître. C’est un véritable scandale qui fait jazzer toute la cour ! Gabriel de Boylesve a bien peu de soutien face au célèbre pamphlétaire dont les bons mots sont appréciés si bien qu’il abandonne sa plainte, renonçant à un procès malgré l’injure dont il a été victime.

En 1650, il accepte malgré tout de céder son abbaye que Mazarin convoite pour un de ses partisans. En compensation, il obtient le bénéfice plus important de l’abbaye de Saint Georges sur Loire dont il devient abbé commendataire.

Rapidement, en 1651, Gabriel de Boylesve échange son titre d’abbé avec celui d’évêque d’Avranches de Roger d’Aumont. Il est sacré à Paris le 10 décembre 1651 et entre à Avranches le 25 août 1652. Mais Gabriel de Boysleve vit principalement à Paris jouissant de ses titres prestigieux. Gabriel de Boylesve a en effet une fortune considérable si bien que la légitimité de ses biens est mise en doute.

En 1657, par un échange avec la baronnie de Longny et Rémalard dans le Perche, il acquiert la baronnie d’Ancenis qu’il revend en 1660 à Armand de Béthune, marquis de Charost, gendre du surintendant Fouquet. Ce-dernier lui intente un procès en 1662 et l’accuse d’avoir touché de l’argent illicite de son frère cadet Claude, intendant des finances. Claude a été condamné et ses meubles ont été saisis, mais l’évêque d’Avranches est intervenu, prétendant en être le propriétaire. Gabriel de Boylesve est condamné à une amende de 12 000 livres et les meubles sont confisqués.

Gabriel de Boylesve meurt le 3 décembre 1667, emporté en cinq jour par une inflammation des poumons. D’autres sources nous disent que son médecin lui avait prescrit des pilules pour une purge, celles-ci devant être prise durant plusieurs jours de suite. Gabriel de Boylesve les aurait avalé en une seule et même fois et mourut empoisonné.  Il est inhumé dans l’église du couvent des Cordeliers à Angers. Sa succession donna lieu à de longs procès entre ses frères et ses neveux.

Portrait de Nicolas Fouquet par Charles le Brun

Portrait de Nicolas Fouquet par Charles le Brun

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Louis Joseph Adhémar

Louis Joseph Adhémar

1650-1722

Portrait de Louis Joseph Adhémar

Portrait de Louis-Joseph Adhémar de Monteil de Grignan par Hyacinthe Rigaud

Louis-Joseph Adhémar de Monteil de Grignan est né en 1650. Cadet d’une famille puissante de Provence, fils du comte de Grignan, il a pour oncles Jacques Adhémar, évêque d’Uzès et abbé de Saint Georges sur Loire de 1654 à sa mort en 1674 et François Adhémar, évêque de Saint Paul Trois Châteaux et archevêque d’Arles. C’est sous la protection de ces derniers que le jeune Louis-Joseph rejoint Paris et débute des études de théologie à la Sorbonne comme son frère, archevêque de Claudiopolis.

Le 28 janvier 1669, il assiste au troisième mariage de son frère, François de Castellane-Adhémar avec Mlle de Sévigné, fille de la célèbre Marquise. Dans ses lettres, celle-ci l’appellera « le plus joli abbé de France ».

En 1670, à peine âgé de 20 ans, Louis-Joseph reçoit le bénéfice du prieuré de Portes dans le diocèse de Saint Paul Trois Châteaux.

Distingué d’un diplôme de maître ès arts en 1671 et licencié de la Sorbonne en 1672, le jeune Louis-Joseph n’a pas les revenus suffisants pour survenir à ses besoins. L’abbé de Coulanges qui l’a pris d’affection fait agir son oncle, l’évêque d’Uzès auprès du roi pour lui obtenir le bénéficie de Livry. Louis XIV reste sourd à cette demande. En 1674, à la mort de son oncle, Louis Joseph reçoit du roi l’abbaye de Saint Georges sur Loire.

Louis Joseph abandonne le quartier de l’Université pour s’installer dans la rue Neuve Saint Honoré, le quartier à la mode de Paris, proche du jardin des Tuileries.

Louis-Joseph est ordonné prêtre le 29 mai 1675. Il représente la province d’Arles comme agent général à l’Assemblée générale du clergé de France, la même année. Louis Alphonse de Valbelle partagera cette tâche avec lui. Il ne s’agit pas là d’un simple titre honorifique. Les agents généraux sont responsables de la convocation des prélats de toute la France et de l’organisation des cérémonies religieuses pendant les trois ou quatre mois que durent l’Assemblée. Les agents généraux sont aussi de véritables diplomates qui vont présenter les demandes de l’Assemblée à la cour du roi et rendent compte de leur mandat de cinq ans devant l’Assemblée. Ces services sont très bien rémunérés. Louis Joseph tout comme l’abbé de Valbelle touche 27 000 livres de gratification puis un traitement annuel de 4 000 livres pour cette mission : une véritable fortune !

Les demandes de l’Assemblée que vont défendre Louis-Joseph et l’abbé de Valbelle sont avant tout des mesures contre les protestants. Ils obtiennent du roi des édits ordonnant la destruction de 32 temples, l’interdiction des rassemblements de protestants lors de la visite d’évêque, l’exclusion des protestants aux métiers municipaux ou dans le domaine de la finance, ect…

Alors que Valbelle est nommé évêque d’Alet en 1677, Louis Joseph, dont la réputation n’est plus à faire, attend à son tour qu’on lui propose un diocèse à son goût avec un revenu suffisant.  Une première occasion se présente en 1680. L’évêque d’Evreux, Henri Cauchon de Maupas du Tour, âgé de 80 ans, fait part au roi de son souhait de résigner son bénéficie. Il lui propose plusieurs successeurs mais Louis XIV choisit de nommer Louis  Joseph, fixant pour condition que ce dernier devra verser une pension de 10 000 livres à Maupas jusqu’à sa mort.  En 1680, le clergé de France, très satisfait de son travail, désigne Louis Joseph comme secrétaire. On félicite le futur évêque et la marquise de Sévigné fait part du plaisir qui inonde toute la famille. Louis Joseph qui doit d’abord terminer ses travaux pour l’Assemblée prévoit de se faire couronner par son oncle à Arles.

Le 10 août 1680, alors qu’il revient de dire la masse à Saint Laurent près d’Evreux, l’évêque de Maupas a un accident de carrosse : le vieillard est projeté et est écrasé par une roue. Malgré la place devenue vacante, Louis Joseph n’est pas pressé d’occuper le siège et à la surprise générale, il est nommé évêque de Carcassonne au mois de mai 1681. Il s’y installe dans un hôtel qu’il loue à Pierre de Roux, syndic général de la province de Languedoc et qui devient le siège de l’évêché. Louis Joseph gagne les faveurs des habitants de Carcassonne en défendant leurs intérêts : ceux-ci sont accablés d’une forte taxe sur le blé et Louis Joseph va plaider leur cause jusqu’à Versailles ce qui va lui valoir une grande popularité. Louis Joseph cherchera régulièrement à obtenir des avantages pour les habitants de Carcassonne s’opposant à un intendant peu scrupuleux qui pratique des tarifs exorbitants, tâchant d’exonérer la cité de la dîme… L’évêque fait preuve d’un dévouement pour le bien public à de nombreuses occasions. On en vient à le nommer Monsieur Carcassonne. Il fait bâtir des écoles, fonde un hôpital et contribue à la construction d’une caserne. L’évêque semble montrer peu d’ambition au grand dame de Madame de Sévigné qui aimerait le voir faire rayonner sa famille et augmenter ses rentes qui ne couvrent pas son train de vie élevé, le couvrant de dettes.

En 1687, Louis Joseph échange le bénéfice de l’abbaye de Saint Georges sur Loire contre celui de Saint Hilaire dans le diocèse de Carcassonne avec Jean-Baptiste Lully, fils du célèbre musicien du même nom de la cour de Louis XIV.

Vieillissant et malade, la jambe droite rongée par la gangrène, Louis-Joseph choisit son neveu Louis Joseph de Rochebonne comme adjuteur. Ilmeurt le 1er mars 1722 à Carcasonne où il est inhumé dans la basilique Saint-Nazaire.

Source : Un évêque de l’ancien régime, article de Léon Charpentier

Portrait de Louis Joseph Adhémar

Portrait de Louis-Joseph Adhémar de Monteil de Grignan

Hôtel roux à Carcassonne

Hôtel Roux à Carcassonne où résida Louis Joseph Adhémar

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Les abbés

Les abbés de Saint Georges

Vers 1150, Macé du Plessis décide de construire une abbaye à Saint Georges sur Loire pour les chanoines régulier de l’ordre de Saint Augustin. Il fait don de terres, contigües à l’église paroissiale, plus ancienne, pour y faire bâtir maisons et jardins. Il offre aussi douze fermes situées dans un environnement proche. Les seigneurs locaux donnent également des bois et des domaines ainsi que des rentes et des collectages de dimes, impôts sur les récoltes et les productions. Les seigneurs de Brie et de Serrant vont également offrir des métairies. Au cours des années, les revenus de l’abbaye deviennent de plus en plus importants. Ces biens qui apportent les revenus à l’abbaye, forment le temporel de l’abbaye, les biens terrestres en opposition au spirituel.

gravure d'un genovéfain

Chanoine génovéfain en habit de choeur d’été

Les abbés, chefs de la communauté constituée d’une douzaine d’hommes, sont choisis par les religieux jusqu’en 1534. A partir de cette date, l’abbaye tombe en commende. Cela signifie que n’importe qui, un religieux et parfois même un laïc, gère l’abbaye sans être obliger d’y habiter. Les chanoines tenteront de résister à ce mode de gestion : ils constituent le petit couvent, ou petit chapitre, et acquièrent collectivement des biens afin de louer pour garantir une rente.

En 1624, la réforme de l’ordre de Saint Augustin est décidée afin de lutter contre les dérives mercantiles de la gestion des communautés religieuses. Le pape Grégoire XV missionne le cardinal de la Rochefoucault de moderniser les règles de vie des chanoines. Cette demande est motivée par la poussée du protestantisme qui prône des valeurs strictes et une rigueur religieuse. Un supérieur sera alors élu à la tête des réformés. On impose une tenue sobre aux religieux et une prudence sur le recrutement des novices. La réforme est actée le 27 avril 1624, à l’abbaye royale de Saint Geneviève à Paris.

Les Réformés vont alors parcourir la France, d’abbayes en monastères, pour introduire la Réforme. Celle-ci arrive à l’abbaye de Saint Georges le 9 juillet 1658. Jacques de Grignan, évêque d’Uzès et abbé de Saint Georges signe la transaction avec François Blanchard, abbé de Sainte Geneviève.

La transaction ne fait aucunement allusion à une réforme de la vie religieuse. Elle acte seulement une répartition des revenus et des charges. Jusqu’alors, les abbés percevaient la totalité des revenus de l’Abbaye. Les chanoines réguliers ne recevaient que les revenus de leur propre patrimoine, des biens du petit couvent et des chapelles claustrales. L’abbé reconnaît désormais l’existence du Petit Couvent et y affecte 2000 livres chaque année de ses propres revenus. Il paie également les religieux responsables des offices : le curé, le sous-sacriste et le chantre.

dessin du complexe abbatial en 1680

L’abbaye en 1699

 L’abbé garde tous les revenus des prieurés et des chapelles. Il se décharge de tout l’entretien courant des bâtiments, ne conserve que les réparations du gros œuvre. Les chanoines assurent collectivement l’entretien courant des bâtiments et les frais liés aux offices religieux. Tous leurs revenus doivent être mis en commun. Ils doivent donc renoncer aux revenus des chapelles claustrales et autres rentes.

Cette répartition va conduire à une lutte continuelle entre l’abbé et les chanoines. Par exemple, en 1672, l’abbé Jacques Adhémar de Grignan, décide de couper une partie des bois de Boyau pour en faire une terre labourable. Les chanoines perdent une source importante de bois de chauffage et négocient une compensation annuelle de 200 livres que l’abbé devra prendre sur ses propres revenus. Pour couvrir ces dus, l’abbé cède des propriétés aux chanoines : des métairies, des chapelles et des prieurés deviennent ainsi les biens de la mense conventuelle.

La transaction prévoit également que 10 chanoines habitent l’abbaye. En réalité, ils ne sont que sept ou huit ce qui contrarient les seigneurs du Plessis Macé qui ont fondés l’abbaye. Ainsi Guillaume Bautru, propriétaire du château de Serrant va exiger l’application de la transaction. Les religieux lui répondront que les revenus de l’abbaye sont insuffisants pour survenir aux besoins de 10 personnes.

Les relations entre l’abbé et les chanoines se dégradent encore au début du XVIIIème siècle. En 1695, quand Jean Louis Caton de Court est nommé abbé, une expertise estime à plus de 20 000 livres les réparation nécessaires, somme que lui remet son prédécesseur Jean-Baptiste Lully qui a poursuivi la construction de la nouvelle maison conventuelle(l’actuelle mairie). Mais en 1715, Caton de Cour est ruiné et les travaux ne sont pas réalisés : il a fait construire le palais abbatial et a dépensé sans compter. Il organise une loterie, vente aux enchères pour combler ses dettes. Les chanoines obtiennent que seul un tiers des biens aillent à l’abbé. Un autre sera affecté à l’entretien des bâtiments et le dernier aux chanoines qui pourront en disposer librement. Quand Nicolas de Vaubrun devient abbé, les travaux sont encore estimés à près de 15 000 livres. L’abbé intente un procès à Charles Roger, héritier de Caton de Cour. Sans grand succès : à la mort de l’abbé de Vaubrun, le montant des réparations est estimé à 30 000 livres.

Yriex de Beaupoil de Saint Aulaire, son successeur nommé en 1746, traine au tribunal l’héritière de Nicolas de Vaubrun, la duchesse d’Estrée. Elle est condamnée en 1747 à financer les réparations. Peut-être est-ce pour cela qu’elle vend le château de Serrant à Antoine Walsh. En 1748, elle sera déchargée de sa condamnation.

En 1766, Luc de Salles devient abbé de Saint Georges. Il constate que la réforme de 1624 est loin d’avoir été appliquée : les abbés ont continué de percevoir l’ensemble des revenus de l’abbaye, les chanoines n’ont pas mis en commun leurs revenus notamment leurs chapelles claustrales. Vont s’en suivre de nombreux procès entre les chanoines et l’abbé. Mais Luc de Salles obtiendra l’application de la Réforme.

Les différends financiers se poursuivront cependant jusqu’à la Révolution, les chanoines accusant le prieur Gournay d’avoir détourné l’argent du couvent pour financer les réparations de son propre prieuré !

Source :Abbaye de Saint Georges sur Loire, Le temporel, Denis Mercier

La liste des abbés est difficile à établir. Les noms et les dates varient souvent selon les sources.

AbbéAnnée de nomination
Herbert1152
Jean1163
Daniel1177
Guillaume I1180
Guérin1189
Mathieu1202
Guillaume II 
Giraud 
Pierre1275
Robert Thomas1290
Nicolas de Aula ou de la Salle1334
Jean Mabier ou Mahier1347
Maurice Mernotte ou Mervotte1356
Nicolas de Chazé 
Hugues1363
Guillaume Guillopé1389
Pierre d’Andigné1400
Guillaume Brient1410
Pierre Bonhomme1439
Maurice de Saint Quentin 
Auger de Brie1445 ou 1468
Antoine de Brie1499
Payen ou Péan de Brie (meurt en mai 1504)1504
Louis Samson1517 ou 1522
Auger Samson1526
Mise en commende de l’Abbaye
Jean ou Jehan Chauderon1534
Guillaume Millet1547
Antoine Millet1574
Jean de Vassé1576
Silvin Thabault1594
Antoine Pot de Rodes1605
Nicolas Pot de Rhodes1610
Nicolas Tudert1613
Gabriel Boylesve de Malnoue1650
Roger d’Aumont1651
Jacques Adhémar de Grignan1654 à 1674
Louis Joseph Adhémar de Grignan1681
Jean Baptiste de Lully1687
Jean Louis Caton de Court1695
Nicolas de Vaubrun1732
Yriex De Beaupoil de Saint Aulaire1747
Luc de Salles1766
Jean François de Maillan1787
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La Libération

La Libération : les résistants de la Soulouze

1944 : Seconde Guerre Mondiale

Après le Débarquements des Alliés, le 6 juin 1944, les forces armées américaines arrivent dans le Maine et Loire dès le 7 août. Angers est libérée le 10 Août 1944 par les forces du général Patton. La rive Nord dont Saint Georges est rapidement libérée également. Un canon Allemand de 400 sur voie ferrée positionné sur la ligne de chemin de fer Angers-La Jumelière-Chemillé, tire depuis Chaudefonds sur Layon sur les Américains arrivés et positionnés à la Butte Sanson. Quelle est leur cible ?  Les ponts ont déjà été détruits. Chalonnes ? Rochefort ? Nous n’avons pas de précisions sur ce sujet. Dans la nuit du 15 août un obus d’un tir trop court est tombé dans une ferme celle de Mr Oger, située rue du Général Faugeron, ne faisant que des dégâts matériels : dégâts qu’il déclara en mairie le 16 aout 44. En mémoire de cet événement, il fut décidé quelques années plus tard, la paix retrouvée, de commémorer ce bombardement tous les 15 aout en tirant un coup de canon au réveil par le comité des fêtes de l’époque dans les jardins de l’abbaye avec une bombe de feux d’artifices. S’en suivait le défilé musical au réveil dans les rues par la fanfare de St Germain les Prés, pour ouvrir les festivités de la fête communale annuelle de St Georges.

ferme de la soulouze sur l'ile de Chalonnes

La ferme de la Soulouze sur l’île de Chalonnes avec la plaque commémorative posée en 2013

Le 18 Août 1944, les troupes allemandes évacuent l’île de Chalonnes pour constituer une zone tampon les éloignant des forces américaines. Alors qu’une partie de l’armée allemande se replie, des unités restent en position défensive sur la rive sud de la Loire réalisant régulièrement des incursions sur l’autre rive.

Les Américains chargent les Forces Françaises de l’Intérieur constituées de volontaires, principalement des Résistants, de sécuriser la rive nord. Ainsi Pierre Nédélec, jeune de 17 ans, s’engage dans les FFI. Il est né à Angers. Son père, issu d’une famille des Côtes d’Armor, est mort alors que Pierre n’est qu’un enfant. Depuis, il vie avec sa mère qui est commerçante à Angers.

Le 26 août 1944, peu après minuit, la section de Pierre Nédélec, quitte la caserne d’Espagne à Angers en direction de Saint Georges. L’objectif est de réaliser une patrouille sur l’île de Chalonnes pour repérer la présence des forces allemandes. Ils font une halte, au cœur de la nuit, dans une maison abandonnée du village non loin du Grand Bras.  Puis, au petit matin, un passeur les aide à traverser la Loire à la barque au lieu-dit du Boyau. Sur la rive Nord de la Loire, les troupes américaines ont installé une automitrailleuse multitubes afin de sécuriser la traversée.

Les jeunes Résistants installent leur camp dans deux fermes abandonnées de l’île, la Soulouze et l’Orfraie : les habitants ont depuis longtemps quitté les lieux. Mais, depuis le clocher de l’église Saint Maurille, les Allemands ont repéré les FFI qui sont surpris par un groupe de soldats sur l’île. Les Allemands vont faire quatre prisonniers. Trois jeunes sont tués.

tombes dans le cimetière de saint georges

Les tombes des de Roger Perez Moreyra et Julien Ferté dans le cimetière de Saint Gerges

Roger Perez Moreyra, âgé de 18 ans, venait de Strasbourg. Sa famille, expulsée par l’administration civile, s’était réfugiée à Angers. Roger Perez Moreira n’a que 15 ans quand il s’engage aux côtés de ses parents dans le réseau de Résistance Honneur et Patrie, en 1941. Très engagé dans le scoutisme, il fut impliqué dans la libération d’Angers, les scouts servant de guide aux forces américaines.

Julien Ferté avait 19 ans. Il était originaire de Normandie. Sa famille s’était réfugiée à Angers en juin 1944 pour fuir les bombardements. Roger Perez Moreyra et Julien Ferté étaient placés en sentinelles à la Petite Soulouze. Ils furent tués d’une rafale d’arme automatique. Pierre Nédélec est mortellement blessé alors qu’il tente de retraverser la Loire à la nage. Son corps est emporté par le courant.

Roger Perez Moreyra et Julien Ferté furent inhumés dans le cimetière de Saint Georges deux jours plus tard. Le corps de Pierre Nédélec ne sera retrouvé qu’un mois plus tard, le 5 octobre 1944, à Montjean. Ils furent honorés du statut de morts pour la France et décoré à titre posthume de la Croix de Guerre.

Une plaque commémorative a été installé sur l’île de Chalonnes en 2013.

Les forces allemandes quittèrent la région le 29 août 1944. Les quatre prisonniers de la Soulouze embarqués vers Bourges pour y être fusillés réussiront à s’évader suite au mitraillage de leur train par des avions américains. Les autres membres ayant réussi à s’enfuir ce jour-là, rejoignirent la caserne et continuèrent de combattre. Il y eut une cinquantaine de morts dans ce régiment. La plupart était très jeunes comme les trois résistants tombés à Chalonnes.

 

Source : Serge Guillet, Geoffroi Crunelle

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La boule d’or

L'hôtel de la Boule d'or

Photographie de la maison rue tuboeuf, ancienne auberge

L’ancien hôtel de la Boule d’or

Le grand chemin royal reliant Paris à Nantes traversa Saint Georges sur Loire à compter du XVIIIème siècle. De nombreux voyageurs faisaient halte dans le village qui comptait de nombreuses auberges.

Dès 1675, on trouve dans la rue Tuboeuf des auberges comme l’enseigne du Chapeau Rouge appartenant à un certain Toublanc qui sera ensuite détruite pour construire le presbytère.

Le 3 juillet 1748 le prêtre et prieur (Matthieu Peyre) de l’abbaye de Saint Georges déclare la construction neuve d’un corps de logis composé de plusieurs chambres et d’un jardin sur la rue Tuboeuf. Son propriétaire, Pierre Hillaire TOUBLANC écuyer, conseiller du roi, auditeur de la chambre des comptes de Bretagne à Nantes décède ; leur fille Renée TOUBLANC, dame de Montreau, épouse de René-Pierre CASSIN DE LA LOGE, hérite de l’ensemble.

En 1837, par tirage au sort, leur fille Renée CASSIN DE LA LOGE épouse de Jean Louis LE TELLIER, conseiller à la cour d’Appel  d’Angers, en devient propriétaire. Elle loue cet héritage verbalement à Antoine Ducazeau tonnelier et Jeanne Augereau son épouse qui ouvrent le CAFE DU BON SOUVENIR.

En 1859,  la Veuve Renée LE TELLIER vend à Lucien FROGER, aubergiste grainetier et sa Dame Rose Desprès, le CAFE DU BON SOUVENIR et jardin dépendant, situés rue « Tuebeuf ». Voilà la description qui en est faite  :

– la maison: un grand et principal bâtiment distribué de diverses pièces au premier étage, avec greniers au-dessus

une cour vers ouest de ce bâtiment

au nord de ce dit bâtiment principal une ruelle ou couloir, et dans ce couloir puits commun avec les propriétés de MM Bréchet, Gaubert et Roulin

au rez-de chaussée, une grande salle et petit salon sur la rue, cuisine avec grenier au dessus et cave vers Nord, cinq chambres au premier étage et grenier mansardé au-dessus, cabinet d’aisance et puits, ledit puits commun avec Madame Portais

une écurie séparée de la maison par un couloir avec grenier,

– un jardin de l’autre côté de la rue avec volière, buanderie, hangar, cellier avec grenier, douve, pompe . »

détail du cadastre napoléonien du bourg

La rue Tuboeuf sur le cadastre napoléonien de 1835 (ADML)

Le CAFE DU BON SOUVENIR change d’enseigne et devient, l’hôtel de la BOULE D’OR .

En 1896, Lucien Froger et Rose Desprès vendent l’HOTEL DE LA BOULE D’OR  à Pierre CAILLEAU jardinier et son épouse Marie RETIF, lingère et aubergiste.

En 1918, la veuve Marie CAILLEAU et sa fille Marie Louise épouse PAVIE tonnelier, vendent à Alexandre PICHERIT, cultivateur, époux Marie BEHIER, qui transforme l’HOTEL DE LA BOULE D’OR  en maison à usage d’habitation.

Cette maison retrouve le calme de la rue Tuboeuf après ces cent soixante dix ans  d’occupation commerciale.

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Jean-Baptiste Lully fils

Jean-Baptiste Lully fils

1655-1743

signature de jean-baptiste lully fils

Signature de Jean-Baptiste Lully dans le registre de 1685 de Saint Georges (ADML)

Jean-Baptiste Lully est le deuxième fils du célèbre musicien de Louis XIV, Jean-Baptiste Lully, qui mit en musique notamment les pièces de Molière. Sa mère, Madeleine Lambert, était fille du compositeur Michel Lambert. Jean-Baptiste Lully souhaitait voir son fils aîné, Louis, prendre sa succession musicale. A l’âge de quatre ans, ce dernier reçoit du Roi, la survivance des charges de surintendant et de maître de la musique de Chambre, en 1668. Jean-Baptiste fils, est destiné à devenir ecclésiastique comme c’était souvent le cas à cette époque. Il entre au séminaire du Saint Sulpice. En 1678, il reçoit alors de Louis XIV le bénéfice de l’abbaye bénédictine de Saint-Hilaire, située dans l’Aude, près de Narbonne, alors qu’il n’a que douze ans. Ces abbayes sont alors en commende. Cela signifie que l’abbé n’est plus élu par ses pairs mais c’est un ecclésiastique parfois un laïc qui est nommé et qui perçoit personnellement les revenus de l’abbaye, que l’on appelle le bénéfice.

Le 19 juin 1684, Jean-Baptiste Lully démissionne de ses fonctions. Le roi lui accorde alors le bénéfice de l’abbaye de Saint Georges sur Loire. Il entre alors dans les ordres et devient aumônier du frère du Roi.

Mais Louis, le fils aîné de la fratrie, présente une grande instabilité psychologique : il est interné à Charenton, dans un asile, en 1686. Jean-Baptiste Lully père le déshérite. A sa mort en 1687, c’est le benjamin de la fratrie, Jean-Louis qui va hériter de la charge de surintendant de la musique de Chambre. Mais Jean-Louis meurt brutalement en 1688 et la charge revient alors à Michel-Richard de Lalande. 

En 1690, Jean-Baptiste Lully fils aide son frère, Louis, à terminer une tragédie lyrique autour du mythe d’Orphée sur un livret de Michel du Boulay. Louis a déjà signé avec son frère Jean-Louis un opéra, en 1687, Zéphire et Flore. Mais le mince succès de l’œuvre fut entaché par le scandale qui s’en suivit : Pierre Vignon, compositeur, intenta un procès qu’il gagna aux deux frères pour non-paiement de son travail. Alors que les charges royales lui ont échappé, Orphée est comme une dernière chance pour Louis Lully. L’unique représentation a lieu le 21 février 1690 en présence du Dauphin. C’est un échec : le public commence à siffler. La police intervient pour interdire les sifflets. Le marquis de Dangeau note dans son journal où il inscrit quotidiennement les faits et gestes de la cour de Versailles : « Le sifflet défendu ! quelle horrible injustice !  Quoi donc ? Impunément un poète novice, Un musicien fade, un danseur éclopé, Attraperont l’argent de tout Paris dupé ; Et je ne pourrai pas contenter mon caprice ! » Louis Lully ne signera que deux œuvres après cette débâcle, Alcide en 1693, écrit avec Marin Marais, célèbre musicien de la cour de Louis XIV et Le ballet des Saisons, écrit avec Pascal Colasse, élève de son père, en 1695.

Pour Jean-Baptiste Lully fils, cette expérience dans la musique est un véritable révélateur. En 1695, Jean-Baptiste Lully cède le bénéfice de l’abbaye de Saint Georges à l’abbé Caton de Court et renonce à sa charge d’aumônier. Il abandonne toute carrière ecclésiastique, bien décidé à prendre la suite de son père. Le 7 février 1695, il devient surintendant de la musique du roi, titre qu’il portera jusqu’en 1719.

Il compose le triomphe des brunes en 1695, un divertissement musical joué à Toulon, puis en 1696, une pastorale en sept actes, Le Triomphe de la raison sur l’amour, qui est joué à Fontainebleau. L’accueil est semble-t-il bien meilleur que l’œuvre de son frère ainé, en témoigne la note du marquis de Dangeau dans son journal : « Le fils de Lully, surintendant de la musique, fit hier chanter devant le roi et toute la cour un divertissement dans le goût et la manière de son père ; le roi en parut très content et le loua fort. ».

En 1707, il obtient du roi, le privilège de réimprimer l’œuvre de son père. La même année, il compose son œuvre la plus célèbre : le Concert pour le souper du roi est une suite pour orchestre. Il accompagnera l’un des fameux soupers du roi, rituel caractéristique de l’étiquette de Versailles, véritable mise en scène du pouvoir royal lors d’un dîner accompagné en musique.

Jean-Baptiste Lully meurt en 1743 à Paris.

partition du triomphe des brunes de jean baptiste lully

La partition de Jean-Baptiste Lully fils de 1695.

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Prisonnier pendant la 2eme guerre mondiale

Prisonnier de guerre dans une ferme en Allemagne

1939-1945 : Seconde Guerre Mondiale

En 2011, Joseph Roynard, résidant à la Maison de retraite de Saint-Georges-sur-Loire, avait été interviewé pour le magazine municipal. Cet ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale avait reçu en mai 2010, le diplôme d’honneur d’ancien combattant 1939-1945. De manière à sauvegarder ce témoignage précieux,  Marie-Hélène Chevalier, responsable des témoignages oraux aux Archives départementales de Maine-et-Loire, avait guidé l’entretien et l’avait enregistré.

Photographie de Joseph Roynard

Joseph Roynard en uniforme

M-H Chevalier : Monsieur Roynard, pouvez-vous vous présenter ?

J. Roynard : Je suis né le 14 juillet 1909 à Beaucouzé. Mes parents étaient cultivateurs dans une ferme près de Saint-Jean-de-Linières. En 1913, nous sommes partis pour nous installer à Saint-Martin-du-Fouilloux, j’avais alors 4 ans. En 1914, la Première Guerre mondiale a éclaté. Mon père, mobilisé, a pris le Petit-Anjou pour rejoindre le 7ème Génie. En Belgique, il a été fait prisonnier et resté 4 ans en captivité en Allemagne. Moi et ma sœur, nous allions à l’école, mais comme je n’étais pas très bon, je suis devenu salarié agricole. J’ai fait mon service militaire dans le 5ème régiment de cuirassiers à Pontoise. Une aubaine pour moi, qui adore m’occuper des chevaux.

Après un an de service, je me suis marié, en 1933. A partir de là, j’ai travaillé chez un châtelain à Savennières. Ensuite, le temps a passé, et les événements se sont précipités…

 

M-H Chevalier : Vous souvenez-vous d’événements qui ont précédé la déclaration de guerre ?

J. Roynard: Hitler était un homme qui faisait du bruit. Il disait beaucoup de mensonges. En 1938, je me rappelle de la signature des accords de Munich (Les accords de Munich ont été signés entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie en règlement de la crise des Sudètes et marque la fin de la Tchécoslovaquie comme état indépendant, en échange de vagues promesses de paix d’Hitler) . Hitler ne respectait rien du tout, il voulait dominer l’Europe.

J’ai été rappelé chez les hussards, à Saumur… En 1939, il y a eu la mobilisation, et je me suis retrouvé dans la cavalerie, à Niort, avant de rejoindre Lunéville (en Meurthe-et-Moselle), où nous étions entre 300 et 400 hommes à nous occuper des chevaux de réquisition (la Remonte), c’est-à-dire des chevaux de labour… pas vraiment faits pour les courses à Longchamp !

Mon état d’esprit au moment de la mobilisation, je ne sais pas quoi vous dire. Au gouvernement, on n’avait que des patates. On n’avait pas de de Gaulle à ce moment là. On nous racontait que la Ligne Maginot était infranchissable, que l’Allemagne n’avait personne pour les commander, qu’on était les plus forts…

Au dépôt, il ne se passait pas grand-chose. Moi, je passais mon temps à m’occuper des chevaux, on les sortait, on les promenait. Et puis, j’ai eu une permission. Je me souviens que pour la première fois, j’ai assisté à une pièce de théâtre, jouée par des soldats qui étaient comédiens.

En mai 1940, Hitler envahit la France, il y a eu des bombardements, les gens de Belgique et les Français sur la frontière ne faisaient pas le poids face à des Allemands qui avaient des équipements incroyables, des avions… Très vite, les Allemands ont pris Paris, vers le 14 juin, je crois bien.

 

M-H Chevalier : Avez-vous vu des réfugiés

J.Roynard: Oui, des trains entiers. A Epinal, on leur donnait manger : des gosses qui n’avaient rien, des gens du nord qui allaient dans le sud… Certains sont passés en Suisse.

 

M-H Chevalier : Pouvez-vous nous raconter comment vous avait été fait prisonnier ?

J.Roynard: Il y avait 2 millions d’hommes qui se tenaient derrière la Ligne Maginot, censée nous protéger. Moi j’étais dans les Vosges. On était installé dans une ancienne briqueterie, un bâtiment immense, ouvert à tous vents, sans porte ni fenêtre. On n’avait pas eu chaud pendant l’hiver ! Il faisait très froid.

J’ai été fait prisonnier un après-midi, nous étions une quarantaine. En très peu de temps, nous avons été ramassés comme des lapins ! Dans la forêt, ils ont tiré quelques coups de fusil, et on est sorti de nos planques. N’étant pas dans une unité combattante, on n’avait pas d’armes !

Sur les routes, il y avait beaucoup de prisonniers dans des camions. Au sommet du col du Bonhomme, on a passé la nuit dans un terrain vague. On était abruti, on n’avait pas dormi. On est reparti, et le soir nous étions à Colmar (situé en zone annexée).

Je suis resté à Colmar pendant 1 mois, d’où des convois de trains de prisonniers partaient pour l’Allemagne. C’était la période des moissons, et il leur fallait de la main d’œuvre.

C’est comme ça que je me suis retrouvé dans une ferme, quelques jours après mon arrivée au stalag (camp de prisonniers).

Le stalag VII A

Le Stalag VIIA de Moosburg

Les miradors du Stalag VIIA

Un des miradors du Stalag VIIA

Plaque de matricule du Stalag VIIA

M-H Chevalier : Comment se passait la vie au camp ?

J. Roynard: On a pris le train de nuit à Neuf-Brisach (Haut-Rhin), et le lendemain on arrivait à Munich. Là on nous a donné de l’eau, puis nous sommes partis pour le stalag (Stalag VII A, Moosburg, situé en Bavière Rhénane, au nord-est de Munich).

Ça, ce n’était pas drôle, je me souviens des rassemblements, et surtout des chiens… J’avais plus peur d’eux que des Allemands ! Le camp était drôlement organisé, très équipé, avec des miradors. C’était pas la joie. On nous a identifié et donné un matricule. Moi, j’étais le matricule 34.090, c’est dire s’il y en avait eu plein d’autres avant moi.

Ils ont formé un groupe de 25 hommes, on est partis en train, puis on a marché à travers la campagne jusqu’au village. Beaucoup se déclaraient cultivateur, pour aller en ferme plutôt qu’à l’usine. Ils pensaient qu’il y aurait plus à manger.

Au village, nous avons été accueillis par le Maire et un garde champêtre dans une salle des fêtes. Des paysans sont venus voir la gueule qu’on avait, et faisait leur choix. Il y en a un qui m’a tapé sur l’épaule pour me désigner. On était 2, j’étais avec un jeune instituteur.

 

M-H Chevalier : Comment s’organisait votre vie ?

J.Roynard: Notre kommando de travail était composé de 2 groupes de 12 hommes. Ça se passait bien, je n’ai pas eu d’histoires. Moi, j’ai eu de la chance, le patron où je travaillais était au-dessus de la normale, c’était « quelqu’un » ! Il ne m’a jamais embêté. C’est le rythme de la nature et le climat qui commandaient nos tâches à la ferme. Là encore, Je m’occupais des chevaux. Quelques temps plus tard, d’autres prisonniers, des Yougoslaves, nous ont rejoints. J’avais pour eux beaucoup d’estime. Par commodité pour l’administration, nous n’étions pas mélangés. Les relations entre prisonniers n’étaient pas mauvaises. On était là par la force des choses, mais on n’avait pas les mêmes idées.

 

M-H Chevalier : Vous avez une anecdote à ce sujet ?

J.Roynard: On recevait des colis de la Croix-Rouge, dont on n’avait pas vraiment besoin, car la nourriture qu’on nous donnait n’était pas si mauvaise. Les colis, c’était pour tout le monde. Après la distribution des boîtes de sardines, comme il en restait, on s’est demandé ce qu’on pouvait en faire. Moi, j’étais de ceux qui voulaient en donner aux Yougoslaves, qui ne recevaient pas encore de colis à ce moment là. Mais comme certains ne voulaient pas, alors on leur a rien donné.

Peu de temps après, ils ont eu aussi des colis, et l’un d’entre eux, un copain, a coupé du jambon fumé et posé un morceau sur chaque lit. Ceux qui leur avaient refusé les sardines, ils l’ont bien accepté et mangé ! Il y avait des égoïstes, c’est un mauvais souvenir…

 

M-H Chevalier : Y a-t-il eu des tentatives d’évasion ?

J.Roynard: Oui, 2. Mais elles ont échoué. Il y avait beaucoup de neige sur les Alpes bavaroises, et les passages étaient très surveillés. Mais je sais aussi qu’il y avait des Allemands qui s’en foutaient, qui aidaient des Français à s’évader. Des soldats nous proposaient aussi d’écrire des lettres à nos familles, des lettres qui ne seraient pas censurées comme à l’habitude. Je pensais « Si j’étais à leur place, est-ce que j’en aurais fait autant ? »

M-H Chevalier : Aviez- vous des informations sur ce qui se passait en France ou sur des événements qui vous ont marqué ?

J.Roynard: Au bout d’un certain temps, j’ai commencé à demander des nouvelles au patron du café devant lequel je passais tous les matins. Comme il avait confiance en moi, il me laissait écouter la BBC dans sa cuisine. Il fallait faire attention de ne pas se faire prendre ! Après ça, mon patron a accepté que nous ayons une radio. On avait alors une idée de ce qui se passait. Pendant longtemps, ça ne bougeait pas beaucoup, puis il y a eu la Russie. On a senti que c’était un coup dur pour les Allemands. Le jour où j’ai appris l’entrée en guerre des Etats-Unis, je me souviens que je plantais des betteraves ! Avec le débarquement de Normandie, beaucoup d’Allemands ont reçu des ordres et sont partis. Il y a eu du changement, on nous a demandé si on voulait être libres, sans surveillance du gardien. On a refusé, car cela libérait des soldats pour aller faire la guerre !

 

M-H Chevalier : Quel souvenir gardez-vous de l’avancée de troupes alliées ?

J.Roynard : Moi, je l’avais vécu, la déroute des troupes françaises. Et là, j’étais un spectateur de la déroute des Allemands ! Hitler s’est suicidé en avril, et j’étais libéré en mai. Ce sont les Américains qui nous ont libérés, sans un seul coup de fusil. Ils ont envoyé des imprimés dans les kommandos nous demandant de continuer à travailler, mais on s’en foutait. Pendant 15 jours, on ne faisait plus rien. Il était temps que ça arrive, on ne supportait plus l’autorité allemande. Je suis rentré en France par avion. On a mis 3 heures.

 

M-H Chevalier : Comment s’est passé votre retour en France ?

J.Roynard: Un bon accueil. Il y avait des formalités à remplir, et le train a mis un temps infini, à cause des ponts coupés…Je suis arrivée en Anjou le jour de la Pentecôte, au moment des communions. Personne ne m’attendait. A la gare, on nous a emmenés en camion et on nous a offert des gâteaux. Après, avec mon baluchon, je suis parti par la rue Saint-Jacques et j’ai fait du stop. Un homme qui allait à un repas de famille à Saint-Jean-de-Linières m’a pris en charge jusqu’à chez moi. C’était fermé. Sur la route, j’ai croisé ma fille en communiante. Le garçon, je ne le reconnaissais pas, même si j’avais eu des photos de temps en temps.

 

M-H Chevalier : Quelle est votre opinion sur cette guerre ?

J.Roynard: Elle est complètement inutile pour moi, mais ça devait être comme ça. Hitler est responsable, c’était un malin. On a donné notre jeunesse, mais il y en a qui ont donné encore plus que ça ! J’avais un copain qui, avec 2 ans de service, la mobilisation et sa captivité, qui a fait 8 ans d’affilée !

 

M-H Chevalier : Quels sont vos sentiments vis-à-vis de l’Allemagne ?

J.Roynard: Je ne sais pas quoi dire. Je n’ai aucune haine. Mais j’ai eu la chance de tomber dans un milieu exceptionnel. Mon patron avait du bon sens. Je n’ai pas de haine, la politique je ne sais pas ce que c’est.

La réconciliation ? Je suis pour. Ma grand-mère, elle a connu la guerre de 1870 ! Ils sont venus en Sarthe quand elle avait une quinzaine d’années. Moi, je n’ai entendu parler que de guerre : 1870, 1914, la Drôle de guerre, puis l’Algérie par mes enfants.

Moi, je voulais la paix.

Est-ce que je suis pacifiste ? Je crois que oui.

 

Photographie de Joseph Roynard en 2011 lors de l'interview

Joseph Roynard en 2011

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Jacques Adhémar

Jacques Adhémar 1615-1674

1615-1674

Portrait de Jacques adhémar

Portrait de Jacques Adhémar

Jacques Adhémar de Monteil de Grignan est né en 1615 dans une illustre famille originaire du Dauphiné. Il est dès son plus jeune âge destiné à faire une carrière ecclésiastique. Il fut un acteur de la réforme catholique ou contre-réforme entreprise au XVI et XVIIème siècle par l’Eglise. Il s’agit pour les prêtres de faire reculer le protestantisme et de reconquérir des régions où le catholicisme a perdu son influence.

En 1630, il fonde au couvent des Capucins avec Henri de Levis, Henri de Pichery (officier de Louis XIV)  et Philippe d’Angoumois, la Compagnie du Saint Sacrement. Cette société secrète avait pour but de protéger les intérêts de l’Eglise avec le soutien de Louis XIII. Opposée au protestantisme, elle encourageait une moralité chez les laïcs comme dans le clergé. Elle oeuvra également contre Mazarin. Poursuivant toutes les œuvres se moquant de la religion, elle fut la principale organisation à demander la censure du Tartuffe de Molière dont la version complète sera jouée seulement en 1669, trois ans après la dissolution de la Compagnie qu’un décret royal de Louis XIV aura rendu illicite après un scandale pour diffamation.

Le 28 septembre 1631, Jacques reçoit sa lettre de tonsure des mains de son frère aîné, François Adémar, évêque de Saint Paul Trois Château, dans l’église de Saint sauveur de Grignan.

Le 11 février 1641, à Mantes, il siège à l’assemblée générale du clergé de France pour l’assemblée provinciale d’Arles. A partir du XVIème siècle, elle se réunissait tous les cinq ans dans le but de suivre les rapports financiers entre l’Eglise et le Roi.  L’Eglise participait financièrement au remboursement de la dette de l’état à travers un don gratuit. En retour, le Roi garantissait la protection de l’Eglise. Ces réunions duraient de 3 mois jusqu’à un an et demi. Lors de cette assemblée, les débats furent particulièrement houleux. L’Archevêque de Toulouse, Charles de Montchal témoignait : « …il se dit alors des choses contre les droits de l’Église qui firent hérisser le poil de ceux qui avaient des sentiments vraiment ecclésiastiques.» L’accord sur le montant versé au roi ne fut obtenu qu’après l’éviction d’une opposition féroces : six évêques furent expulsés par la force et exilés dans leur diocèse !

Le 31 août, 1643, il devient évêque du diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme, succédant à son frère, François Adhémar qui devient archevêque d’Arles.

En 1648, Jacques Adhémar devient abbé commendataire d’abord de l’abbaye de Fontdouce dans le Saintonge puis en 1653, de l’abbaye de Saint Georges sur Loire : ces abbayes sont alors en commende. Cela signifie que l’abbé n’est plus élu par ses pairs mais c’est un ecclésiastique (parfois un laïc) qui est nommé et qui  perçoit personnellement les revenus de l’abbaye, en exerçant une juridiction sur la discipline des moines sans pour autant être présent.

En 1657, il rejoint Uzès et est nommé coadjuteur, c’est-à-dire évêque auxiliaire d’un évêque diocésain avec droit de succession immédiate. Il s’agit là de préparer la succession de l’évêque d’Uzès, sans interruption pour éviter tout recul de l’influence du catholicisme dans la région.

En 1658, Jacques Adhémar négocie avec François Blanchart, abbé de Saint Geneviève, l’entrée de l’abbaye de Saint Georges dans la congrégation génovéfine afin d’appliquer la réforme. L’abbaye, jusqu’alors occupée par des chanoines réguliers respectant la règle de saint Augustin, adhère désormais à la Congrégation de Sainte Geneviève dont le siège est à Paris.

En 1660, il succède à Nicolas de Grillié et devient le 59ème évêque d’Uzès.

En 1661, il offre le bénéfice du prieuré de l’Epinay de Saint Georges sur Loire à Antoine Sconin, vicaire d’Uzès. Celui-ci en fera don à son neveu, l’illustre Jean Racine.

Dans ses célèbres lettres, la marquise de Sévigné dont la fille a épousé le petit-neveu de l’abbé, évoque sa rencontre avec Jacques Adhémar :

« J’ai été une heure avec M. d’Uzès; mon oncle l’abbé y était aussi; nous avons fort discouru de toutes vos affaires; je suis plus satisfaite que jamais de la prudence et du bon esprit de ce prélat; vous n’avez qu’à lui envoyer vos pensées toutes crues; en deux heures de réflexion, il voit tout ce qu’il faut faire ou pas faire, etc. »

En 1663, il consacre la cathédrale d’Uzès dont les travaux viennent de s’achever.

En 1672, il visite l’abbaye de Saint Georges et fait construire le palais épiscopal à Fontdouce. Il meurt le 13 septembre 1674 au château de Grignan.

Portrait de François Adhémar, archevêque d'Arles

Portrait de François Adhémar, frère de Jacques Adhémar et archevêque d’Arles

les jardins de l'abbaye de fontdouce dans le

L’abbaye de Fontdouce dans le Saintonge