Saint Georges Patrimoine

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Augustin Gournay

Augustin Gournay

1748-1803

signature du curé gournay

La signature d’Augustin Gournay (ADML)

Augustin Charles François de Paule Gournay est né à Mayenne le 4 octobre 1748. Son père était juge. Son frère, François-René, avocat au parlement à Mayenne puis juge de Bourgnouvel, fut député aux états généraux, membre de l’Assemblée Constituante et maire de Mayenne.  

Augustin Gournay entre dans l’Eglise le 4 septembre 1768 à Saint Geneviève à Paris. Il est étudiant en théologie à la Roë en mayenne avant d’être ordonné diacre puis prêtre en 1774. Son premier poste est à Saint-Georges sur Loire comme vicaire où il arrive le 25 novembre 1774. En 1781, il est nommé curé de Mée. Il résigne son poste de Mée pour revenir à Saint Georges comme prieur de l’abbaye, le 2 janvier 1784 succédant à Antoine Panay de Champotier, devenu prieur -curé de Saint Augustin des Bois. Mais son retour ne va pas être bien accueilli : les chanoines de l’abbaye lui reprochent des travaux à Mée payés par la mense conventuelle de l’abbaye de Saint Georges et non pas par ses ressources personnelles. Un procès débute.

Au printemps 1789, Pierre Simon prieur de Geneston, est missionné par l’abbé de Saint Geneviève dont dépend l’abbaye de Saint Georges depuis 1658, pour examiner les comptes de Gournay. Le commissaire va éplucher les comptes depuis 1784 et la nomination de Gournay comme prieur.  A son arrivée, celui-ci trouve une abbaye fortement endettée (plus de 21 000 livres de dettes) et ayant besoin de lourdes réparations qu’il évalue alors à 40 000 livres. Il va lancer de grands chantiers financés par des emprunts. En 1789, quand le commissaire arrête les comptes de l’abbaye, il acte des dettes de plus de 70 000 livres, bien au-dessus des moyens de l’abbaye. Devant les charges retenues contre lui, Gournay abandonne sa charge de prieur en août 1789, mais reste curé de Saint Georges

Il quitte la maison conventuelle et s’installe dans un logement individuel du bourg. Le chapitre ne reproche pas tant les emprunts réalisés par Gournay que leurs usages : engagement de domestiques qui coûtent 950 livres par an, achat d’argenterie, de toile… D’autant plus que le couvent a toujours besoin de réparations : un procès-verbal de 1788 évalue le montant à 27 716 livres. La Révolution va certainement sauver Augustin Gournay d’une situation juridique plus que délicate.

Contraint de suspendre ses fonctions ecclésiastiques en 1794, il prête serment à la République comme les deux derniers vicaires de l’abbaye, François Coudroy et Antoine Vallée. Il devient agent municipal et rédige les actes de l’état civil pendant la Révolution avec l’ancien vicaire Coudroy, devenu son adjoint. Il démissionne le 20 pluviose de l’an IV selon le calendrier révolutionnaire, c’est-à-dire le 20 février 1796. Dans sa lettre de démission, il estime ne pas être compétent pour remplir les missions qui lui incombent. Le citoyen Oger, administrateur du canton de Saint Georges appuiera sa demande auprès du département, estimant que “c’est un brave homme, fort juste et incapable de faire le mal”. A la même période Coudroy lui est emprisonné car il est soupçonné d’avoir rétracté son serment et d’être en contact avec les armées vendéennes stationnées dans les Bois de Saint Augustin. Gournay va donc reprendre le culte à Saint Georges mais comme le signale le citoyen Pierre Gourdon dans son rapport au département en 1798, “dans le respect des valeurs de la Révolution” et faisant preuve de “soumission aux lois républicaines”. Le 4 août 1798, la municipalité invite le curé Gournay “à faire usage de l’ère républicaine, à annoncer les décades et les fêtes nationales à ses fidèles”.   Il finit par quitter la commune et se retire au château de Glaintin chez une de ses sœurs, à Saint Fraimbault de Prières, en Mayenne. Après le concordat, en 1803, il sera nommé curé de Notre Dame de Mayenne où il meurt le 4 novembre 1804.

signature de l'officier public Gournay 1793

La signature de Gournay en 1793 alors qu’il devient officier d’état civil

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Luc de Salles

Luc de Salles

1709-1786

signature de luc de salles

Signature de Luc de Salles (Registre de 1776, ADML)

lithographie du 19eme de l'abbaye de saint orens

Lithographie du prieuré de Saint-Orens en Lavedan, datée de 1833, et réalisée par Louise-Joséphine Sarazin de Belmont.

Luc de Salles est le troisième fils de Joseph de Salles, baron de Hys, conseiller au Parlement de Toulouse et de son épouse Jeanne de Laffont-Mascaras.

Luc de Salles est docteur en théologie et conseiller au parlement de Navarre.

En 1755, Luc de Salles est nommé chapelain à des églises Saint Siméon et Chapelet de Bordeaux par Amanieu et Pierre du Freiche qui lui versent un bénéfice pour organiser des messes.

En 1762, il devient prieur commendataire de Saint Orens en Levadan affilié à Cluny dans les Hautes Pyrénées. Isolée, l’abbaye est en déclin et quasiment désertée : seuls trois moines y habitent. Le 23 Mars, 1763, la cours des comptes de Navarre demande à Luc de Salles un dénombrement des droits et propriétés du couvent. Les revenus du prieuré étaient modestes : quelques terres, un moulin et un droit de pêche sur le lac de Saint Orens. S’y ajoutaient de maigres recettes liées à la gestion du cimetière, des taxes dans les villages voisins et un supplément pour être enterré dans le cloître. On comprend aisément le manque de moyens pour restaurer les bâtiments et survenir aux besoins : l’abbaye va être abandonnée. En 1786, l’église abbatiale sera déconsacrée et son mobilier rejoindra l’église de Villelongue et tout le site sera vendu à la Révolution.

Il est chanoine théologal de l’église cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Lescar dans la banlieue de Pau. Il fonde une bourse au séminaire pour les ecclésiastiques les plus pauvres du diocèse. En 1764, Luc de Salles renonce à cette charge au profit de son neveu, Christophe Le Come.

A la mort de l’abbé de Saint Aulaire, Luc de Salles est nommé abbé commendataire de l’abbaye de Saint Georges sur Loire le 2 février 1766. Il propose alors un bail à vie aux chanoines dont le montant est le double de la pension perçue par son prédécesseur. Les chanoines refusent et engagent un bras de fer juridique contre l’abbé. Luc de Salles a la volonté de faire appliquer la réforme de Sainte Geneviève : depuis 1658, les chanoines devraient observer ces règles qui leurs imposent la mise en commun de leurs biens notamment et la possibilité de vivre uniquement des revenus des offices, l’abbé versant une pension annuelle. Luc de Salles soupçonne les chanoines de conserver des possessions ; il ordonne un état des lieux, obligeant les chanoines à justifier toutes leurs propriétés. Mais l’abbé remet en cause les conclusions de ses propres hommes, les jugeant de prendre parti pour les chanoines. Il se déplace sur place avec ses artisans. Suspicieux, l’abbé a des exigences. Cette fuie doit être remise en état : elle est en ruine depuis près d’un siècle. L’étang doit être curé : cette pratique n’a pas cours en Anjou. Il faut planter des asperges, artichauts, salsifis, betteraves et poireaux dans le jardin du logis abbatial. Cette chapelle doit être transformé en grange. Les chanoines tentent d’argumenter, étayant leur discours d’ouvrages sortis de leur bibliothèque : rien ne fait changer d’avis l’abbé autoritaire.

L’affaire s’éternisant, le Roi nomme trois avocats en 1770 pour clore l’affaire. Peine perdue ! Mr Case de la Bove, maître des Requêtes, est nommé par le grand conseil pour régler les derniers différents. L’évêque d’Angers, Jacques de Grasse, se propose comme médiateur. Les chanoines acceptent. Mais Luc de Salles publie un mémoire de 375 pages précisant les 174 objets de contestation ! En réponse, les chanoines éditent à leur tour un document de 410 pages qu’ils adressent à Mr Case de la Bove. L’abbé et les chanoines vont ensuite se répondre dans des publications régulières de précis et de mémoires. En tout ce sont quelques 1 124 pages qui seront échangées ainsi jusqu’en 1778 ! Les jugements ne sont pas connus. Pour les chanoines, le coût des procès de 1771 à 1789 s’élève à 12 565 livres, soit une année complète de recettes !

première page du mémoire des chanoines publié en 1772

Première page du premier mémoire des chanoines contre Luc de Salles

Pour couvrir les dépenses, Luc de Salles tout comme les chanoines ont considérablement augmenté les montants des fermages. Les loyers sont passés de 7100 livres en 1774 à 13 421 livres en 1786. Les fermiers ont payé ! Quelques « baux à ferme » se sont transformé en « baux à moitié », deux familles au lieu d’une, louaient la même ferme !

En 1766, quand il reçoit l’abbaye de Saint Georges en commende, Luc de Salles habite Pau. En 1668, il siège aux Etats Généraux de la province de Bigorre convoqués par ordre du Roi Louis XV afin de réviser les usages et coutumes de la Province : les ecclésiastiques se voient accorder le droit d’hériter et on accorde aux nobles la possibilité de choisir leur héritier. Ces décisions provoquèrent une forte opposition des seigneurs locaux qui y virent des revendications bourgeoises.

En 1771, Luc de Salles loge à Paris dans un monastère et a troqué son titre de conseiller au Parlement de Navarre pour celui de Paris. En 1776, Luc de Salles devient conseiller du Roi en son Grand Conseil et possède son appartement particulier à Paris. L’abbé a donc connu un rapide ascension sociale.

Luc de Salles est décédé à Saint-Georges, en son palais abbatial, le 9 septembre 1786. Il lègue par acte notarier passé le 25 avril 1786, une rente de 480 livres annuelles pour les pauvres de la paroisse.

acte de décès de Luc de Salles

Première page du premier mémoire des chanoines contre Luc de Salles

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Renée de Choiseul

Renée de Choiseul

1742-1793

Portrait de Renée de Choiseul

Renée Honorée de Choiseul Beaupré (1742-1793) tenant le portrait de son époux, Antoine Walsh

Portrait d'Antoine Walsh

Antoine Joseph Walsh (1744 – 1817)

Née en 1742 à Petite Anse à Saint Domingue, Renée Honorée de Choiseul-Beaupré était la fille d’Antoine Nicolas, né à Chartres, le 27 avril 1716. Capitaine de vaisseau du Roi, il avait épousé, pour son immense fortune, le 1er décembre 1737, à Saint Domingue la riche propriétaire d’une sucrerie de Petite Anse. Leur fils aîné, Charles Antoine Etienne, y était né le 10 juillet 1739, on le retrouvera plus tard.

Agée de 22 ans, Renée Honoré épousa à Paris, dans l’église Saint-Sulpice, le 25 juin 1766, Antoine Joseph Philippe Walsh de Serrant, deuxième comte de Serrant, né à Cadiz, le 17 janvier 1745.

Le couple eut 5 enfants tous baptisés à Saint Sulpice :  Gautier, né le 6 mars 1767, mort en bas âge – Charles Philippe François Marie, né le 31 juillet 1768 et décédé à 2 ans, le 13 octobre 1770 – Sophie Mélanie Françoise Charlotte, née le 12 juillet 1769 qui épousa en 1790 le comte Xavier César de Schomberg, sans postérité, elle décèdera à 31 ans, le 31 août 1800 – Alix Charlotte Adélaïde née le 28 septembre 1770 décèdera à Serrant le 4 octobre 1772, âgée de 2 ans et Edouard Gautier, né à Paris le 15 décembre 1771 qui, infirme, décèdera à Serrant, le 8 janvier 1825, âgé de 54 ans.

Le 16 mars 1770, le frère aîné de Renée, Charles, qui s’était marié avec Louise Raby,  le 11 août 1770 à Paris Sainte-Eustache et était décédée, sans postérité, le 15 décembre 1772 à Paris Saint Sulpice, épousera dans la chapelle du château de Serrant, Françoise Elisabeth Marie Josèphe Walsh de Serrant, née le 15 décembre 1758, sœur cadette d’Antoine Joseph, époux de Renée de Choiseul Beaupré.

En 1782, au décès de François-Jacques Walsh, Antoine Walsh hérite d’une fortune considérable. Reprenant la gestion du château de Serrant, il fait alors partie des 60 familles les plus fortunées de France et est le plus riche propriétaire de Maine et Loire. 

Antoine Walsh participe à la rédaction des cahiers de doléances en 1789 mais dès le 19 juillet, il quitte la France, fuyant les troubles révolutionnaires.

Renée de Choiseul, restée seule en France, doit assurer la gestion du château et du domaine de Serrant, avec l’aide de son frère Charles installé au château de Chevigné. Elle doit faire face à partir d’octobre 1789 à des émeutiers venus demander justice. Serrant, propriété d’Antoine Walsh, Irlandais, donc considéré comme étranger, échappa aux dégradations et à la vente de ses biens malgré des mises sous scellés. Les enfants d’Antoine, Mélanie et Edouard, secondèrent leur mère pour gérer Serrant.

Renée de Choiseul-Beaupré, 51 ans, est décédée le 12 mars 1793, à Saint-Quentin dans l’Aisne. C’est son gendre le comte Xavier de Schomberg, lieutenant général des armées du Roi qui signera son acte de décès. Son époux, Antoine, épousera en secondes noces, à Londres, le  27 janvier 1795, Louise Charlotte de Vaudreuil qui lui donnera 4 enfants. A son retour d’exil, il reprendra la possession du château de Serrant, écartant Edouard, son fils aîné, au profit de Théobald né de son second mariage.

acte de décès de Renée de Choiseul

Acte de décès de Renée de Choiseul à Saint Quentin dans l’Aisne.

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La première école

La maison de charité, la première école

1714

Le projet d’une Maison de Charité appelée aussi Maison Hospitalière est dû à la volonté d’un couple : Guillaume III Bautru et Louise Chalopin veuve René de Racapé. Cette dernière achète la maison qui deviendra la Maison Hospitalière le 13 juillet 1708, à Jeanne Turgot et Renée Blot. Celle-ci était située rue Nationale à proximité du carrefour central, à droite dans la direction d’Angers. Guillaume Bautru III, seigneur de Serrant, marié en deuxième noce à Louise Chalopin, indique dans son testament du 8 décembre 1703, qu’il donne une rente de 150 livres annuelles à cette future maison. Louise Chalopin meurt en 1709 et Guillaume Bautru en 1711. Leurs héritiers réaliseront le projet.de la paroisse.

première page d' l'inventaire du bureau de la charité de 1788

Page-titre du registre : «Inventaire général des titres et papiers… du bureau de charité de Saint- Georges-sur-Loire, dressé en l’année 1788.»

Marguerite Bautru, fille du seigneur de Serrant et veuve du marquis de Vaubrun, se charge de l’exécution du projet. Il faut d’abord une maison. Le 22 juillet 1714, l’assemblée paroissiale valide le processus. Le 7 août 1714, la fabrique, c’est-à-dire l’assemblée chargée de gérer les biens de l’église, vend pour la somme de 460 livres, une maison, que le testament de Jean Bain, prêtre de Villemoisan, lui a laissée en 1621. La somme obtenue servira à acheter la maison de charité, et le 20 août 1714, Marguerite Bautru acquiert pour 780 livres, de Félix de Racapé seigneur de Chevigné, la maison que sa mère, Louise Chalopin,  possédait depuis 1708. Selon l’acte rédigé par le notaire Valluche, elle donne la maison aux paroissiens de Saint Georges pour « servir de demeure a deux filles de charité qui feront la petite école et vaqueront au service des pauvres ».

Il faut maintenant assurer les ressources de fonctionnement. Dans l’inventaire des « Titres du Bureau de Charité », élaboré en 1788 et conservé aux archives municipales, on trouve la liste des dons principaux de 1700 à 1780 :

400 livres par René Binet, 1700.

30 livres/an Nicolas de Vaubrun, abbé de Cormery, 1712.

150 livres/an par Marguerite de Vaubrun, 1714.

25 livres/an par M Deniau, 1724.

23 livres/an par C Lemée aubergiste, 1763.

23 livres/an par J.Lemée aubergiste, 1780.

Rue nationale en direction d'Angers depuis le carrefour central en 1912

La maison de la charité devenu bibliothèque paroissiale en 1912

Le 22 février 1786, un Arrêt du Parlement acte la création d’un Bureau de Charité à Saint Georges sur Loire. Dans les attendus de l’arrêt, il est dit que la maison de charité a été administrée sans abus à la vérité, mais aussi sans aucune forme régulière et suivie. On trouve deux protagonistes connus pour leur exigence : l’abbé Luc de Salles et Antoine Walsh, seigneur de Serrant depuis 1782.

Un règlement en 18 articles est élaboré. On peut résumer ainsi ce document de 8 pages : le bureau est contrôlé par les notables ; le personnel est nommé ou destitué par le comte de Serrant ; les pauvres sont fichés et les « mauvais pauvres exclus » ( ivrognes ; de mauvaises mœurs ; oisifs et mendiants ; pères et mères qui n’envoient pas leurs enfants au catéchisme ; pillards de bois, haies et autres biens de la campagne); les aides directes faites par des personnes « aisées », sans passer par le bureau de charité, sont à déclarer ; du travail est organisé pour les femmes et les enfants à partir de sept ans ; les aides sont en nature et celles en argents sont proscrites, car « les pauvres abusent presque toujours par deffaut d’économie ou pour se divertir . » Sous jacent, il s’agit bien de surveiller une certaine population.

On enregistre de nouveaux dons en 1786 : 60 livres/an par Pierre Morna, 480 livres/an par Luc de Salles, 120 livres du bureau des décimes de la ville d’Angers, 75 livres/an par les chanoines de la maison conentuelle et 30 livres/an par le sieur Alliot mary de Marie Martin.

Le 29 octobre 1787, «  sur le bon et fidel rapport qui nous a été fait, Antoine Walsh, comte de Serrant, nomme deux filles de charité, Renée Mousseau et Marie Gabory, pour avoir soin des pauvres et malades de notre paroisse ».

Mais la Révolution commence et le versement des dons se fait difficile. La maison de charitédisparait vers 1793. Au mois d’Aout 1792, pour trouver des finances, on vend les meubles, les terres et jardins et on loue la maison à Pierre Bain, marchand cordier. En 1798, le citoyen Pierre Gourdon, commissaire du canton de Saint Georges,  explique dans son rapport sur la situation du canton à destination du commissaire central à Angers : la maison de charité a été vendue par le Département, l’établissement étant tenu par des sœurs ayant refusé de prêter serment

Cette maison, devenue par la suite bibliothèque paroissiale au XXème siècle, a été détruite dans les années 1990.

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École et éducation

École et éducation

Saint Georges sur Loire eut une école dès le XVIIIème siècle. Au XIXème, l'instruction progresse et plusieurs écoles sont en activité pour les garçons comme pour les filles. Aujourd’hui deux écoles publiques et une école privée ainsi que le collège sont en activité. Découvrez l'histoire de l'instruction à Saint Georges.

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L’école durant la Révolution

L'école à la Révolution

1797

En 1791, Talleyrand présente devant l’Assemblée nationale un projet ambitieux d’instruction publique. Il faudra attendre 1793 pour que s’établisse une instruction nationale et que l’école soit proclamée gratuite et obligatoire… mais seulement pour les garçons. En 1794, les communes ont pour obligation de recruter des maîtres. Depuis le début du XVIIIème, Saint Georges possédait une école fondée par Marguerite de Bautru, châtelaine de Serrant, fille de Guillaume III Bautru et épouse de Nicolas Bautru de Vaubrun. Celle-ci est située dans une maison de charité qui fait également lieu d’hospice et est dirigée par des soeurs. Mais à la Révolution, ce bien va être nationalisé et vendu comme en fait état le citoyen Pierre Gourdon dans son rapport de l’an VI. La commune recrute le citoyen Louis Poisson, un jeune vicaire, âgé de 28 ans, qui a déjà enseigné à Angers, rue Tournemine, pour faire  la classe. Mais un courrier daté du 2 floréal de l’an V, c’est-à-dire le 21 avril 1797 dans le calendrier révolutionnaire, nous apprend que suite à des plaintes des parents, la commune doit rappeler à l’ordre le maître !

transcription du courrier adressé au citoyen poisson en 1796

Transcription du courrier adressé au citoyen Poisson

Provenant de l’administration municipale de Saint Georges, la lettre est adressée directement au citoyen Poisson. On n’utilise plus les termes de monsieur et madame, trop évocateurs de l’ancien régime, mais ceux de citoyen citoyenne, et en général on tutoie chacun, car, pour les mêmes raisons, le vouvoiement est banni. Ici, cependant, il résiste car il est difficile de se défaire d’habitudes tellement ancrées. « Nous avions toujours différé à vous faire part des plaintes… » : ainsi commence la lettre.
Ce document est un constat : celui du fonctionnement d’une école. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas flatteur ! Les plaintes des citoyens parents sont nombreuses et étayées. L’insouciance, pour ne pas dire l’incurie du maître est évoquée dès la troisième ligne : trop grande quantité de congés octroyés aux élèves, peu de temps consacré à l’enseignement, éducation sociale et morale inexistante, ignorance du contrat passé avec les responsables municipaux, etc.

transcription du courrier au citoyen poisson (suite)

« Quelquefois vous commencez l’école du matin à 8 heures, et souvent à 10. L’après-midi vous revenez à une heure, et souvent à trois » peut on lire. Evidemment, les élèves, des garçons en profitent pour jouer, se battre jusqu’à déchirer leurs vêtements, lancer des pierres, s’injurier grossièrement, sans que cela émeuve le moins du monde l’instituteur. D’autre part « chaque décade, vos élèves perdent deux ou trois jours, ce qui en fait douze par mois ».
Le maître réside à Angers, sans doute parce que la commune ne peut le loger, comme elle devrait le faire ; il se rend chez lui plusieurs fois par décade, et met plusieurs jours à faire ses déplacements. On imagine bien que les enfants apprennent peu de choses, s’empressent d’oublier ce qu’ils ont appris, et les parents sont mécontents. Pourtant, les édiles l’exhortent « secondez nos vues et tirons cette nombreuse population de l’état de nullité où elle se trouve ».


Le maître est leur employé, puisque il est recruté et payé par la commune. Les salaires sont très bas, et de ce fait les candidats à la charge, souvent peu instruits eux-mêmes, sont rares.
L’administration municipale manifeste un autre sujet de mécontentement : l’instituteur qui a prêté serment de fidélité à la Liberté et l’Egalité, n’est jamais présent à la célébration des fêtes nationales auxquelles il devrait assister à la tête de ses élèves, ainsi que l’exige la loi. Ces fêtes sont principalement celles du 1er vendémiaire ou 22 septembre, célébrant la création de la première république, et du 14 juillet. Les invitations verbales, écrites, ont été réitérées, sans résultat.
Le croirait-on ? Le nombre « des écoliers a considérablement baissé » alors que les révolutionnaires ont fait de l’éducation du peuple une priorité, sans bien toutefois parvenir à leurs fins. D’où l’inquiétude saint georgoise et l’injonction faite au citoyen Poisson de revenir à une attitude raisonnable et de faire part, rapidement de ses intentions.

Le citoyen Poisson sera remercié quelques mois plus tard par le conseil municipal qui lui préférera le citoyen Corbineau, « connu pour son civisme et son amour pour la patrie ».


Sources :
Archives municipales de Saint-Georges-sur-Loire

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Louis Monprofit

Louis Monprofit

1821-1893

Louis Monprofit est né en 1821 à Beaufort en Vallée. Son père Jacques Monprofit est tisserand.

Il se destine d’abord à l’enseignement. Il fait ses études à l’école Normale d’Angers et devient instituteur d’abord à Gennes puis à Saint Georges sur Loire.

Il se marie le 3 octobre 1848 avec Françoise Elisabeth Soubre. Le couple emménage à Saint Georges sur Loire sur la place du champ de foire (l’actuelle place Monprofit). C’est dans cette maison que naît, en 1857, leur second fils, Jacques-Ambroise Monprofit, qui deviendra un chirurgien célèbre et maire d’Angers.

Louis Monprofit prend alors la charge d’huissier et devient conseiller municipal. Suite au décès de Jean de la Tourette, Louis Monprofit est élu maire de la commune, le 14 mai 1871, par le conseil, largement devant Marie-Hylas Suaudeau et Arthur de Cumont . Mais quelques semaines plus tard, Louis Monprofit démissionne. On procède à une nouvelle élection : c’est Marie-Hylas Suaudeau qui lui succède, le 18 juin 1871.

En 1873, la famille Monprofit déménage alors à Angers, dans le quartier de la Doutre. Louis Monprofit revient à la politique : il devient très vite conseiller municipal puis premier adjoint. A la démission de Jules Guitton, en 1883, il remplit les fonctions de maire d’Angers jusqu’aux élections de mai 1884. Réélu à son mandat de conseiller municipal en 1888, Louis Monprofit reste premier adjoint jusqu’en 1892. Son fils, Jacques-Ambroise, prendra son relais en étant élu conseiller municipal à la ville d’Angers en 1893, conseiller général en 1904 puis maire d’Angers en 1908.

Républicain convaincu, Louis Monprofit sera également reconnu comme administrateur des hospices et de l’asile de vieillards de Saint Nicolas, fonctions dans lesquelles il fait preuve de dévouement et d’esprit pratique. Il sera élevé au rang d’Officier de la Légion d’Honneur.

A sa mort en 1893, le conseil municipal de la ville d’Angers décide d’honorer sa mémoire en nommant une place de la Doutre, quartier pour lequel il aura beaucoup œuvré. La place Monprofit porte toujours son nom aujourd’hui.

signature de Louis Monprofit

signature de Louis Monprofit

Extrait du registre de délibérations du conseil municipal de Saint Georges : élection de louis monprofit comme maire en 1871

Election de Louis Monprofit le 14 mai 1871 (extrait du registre de délibérations du conseil municipal de Saint Georges)

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Beausite en l’an VI

Beausite en l'an VI

1798

Durant la Révolution, on cherche à faire disparaître toute référence à la religion. Saint- Georges prend le nom de Beausite le 18 avril 1794, et cela pour 4 années. Le calendrier a également changé. Le calendrier révolutionnaire est institué le 24 octobre 1793 par la Convention nationale. Le début de la nouvelle ère est fixé à l’équinoxe de l’automne précédent, le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République, qui devient ainsi le 1er vendémiaire an I. L’an VI, c’est donc l’année 1798. La Révolution va fêter sa première décennie.

signature de pierre gourdon

La signature de Pierre Gourdon (ADML)

signature du vicaire coudroy

La signature de Coudroy (ADML)

Au mois d’avril de l’an VI de la république, Pierre Gourdon, saint-georgeois fils de tonnelier devenu bourgeois influent avec la Révolution, est nommé comme commissaire du canton de Beausite. Il rédige un rapport sur la situation du canton à destination du commissaire central à Angers. Ce rapport nous éclaire sur le Saint Georges de la fin de la période révolutionnaire.

Gourdon note d’abord que les habitants de Beausite restent plutôt favorables à la Révolution. Les cinq chanoines qui occupaient l’abbaye et le curé ont tous prêté serment à la République. Le curé Gournay a ainsi renoncé à ses fonctions religieuses et est devenu agent municipal jusqu’en l’an IV avant de démissionner et de se retirer. Le vicaire Coudroy avait suivi le même chemin mais proche des armées vendéennes des chouans, il est condamné par l’Administration à six mois de prison et part dans la région du Plessis Macé où il poursuit « ses abominables projets », selon Gourdon.

A Beausite, on célèbre les fêtes nationales qui viennent ponctuer le nouveau calendrier et se substituer aux fêtes religieuses. Par exemple, lors de la fête des époux, célébrée le 29 avril ; on assiste dès 7h du matin à un défilé des troupes républicaines à pied et à cheval suivies par tous les fonctionnaires publics. Puis on se rend au pied de l’arbre de la liberté, entendre discours et hymnes. Puis on se rend à la maison commune pour de nouveau un moment institutionnel avant de rejoindre un bal ouvert de 2h à 9h du soir au son des violons. Gourdon note que 500 citoyens et citoyennes ont participé à la fête dans un esprit fraternel.

Gourdon fait un état des lieux de l’instruction. L’école publique pour les garçons est conduite par le citoyen Louis Poisson, ancien vicaire. Celui-ci faisant l’objet de nombreuses plaintes sera remercié durant l’année par le conseil municipal qui lui préférera le citoyen Corbineau, « connu pour son civisme et son amour pour la patrie ». Il y a également deux écoles de filles : celles-ci sont privées. Marguerite Letheule enseigne dans l’une d’elles. Gourdon considère qu’elle reste attachée aux valeurs de l’ancien régime, mais, pratiquant des tarifs bas, elle conserve un certain succès notamment chez les moins fortunés. En effet, si l’école est publique, elle n’est pas gratuite et l’instituteur a des demandes que seuls les plus aisés peuvent couvrir. Gourdon explique que le logement de l’instituteur a été vendu par le département ce qui lui occasionne des dépenses supplémentaires.

tableau montrant la garde nationale en 1791

Officier et soldats de la garde nationale en 1791

Gourdon affirme ensuite que Beausite est un village sûr et protégé. Ce n’a pas toujours été le cas : on se souvient certainement encore de la période où le village était frappé par les pillages des milices de chouans cachées dans les bois de Saint Augustin. Les rondes de polices sont régulières empêchant les rassemblements suspects, on patrouille sur les routes et dans la campagne et l’on contrôle les passeports strictement dans ce bourg fréquenté par de nombreux voyageurs s’arrêtant dans les auberges, malgré des routes et des chemins en très mauvais état. Cependant, le transfert de la brigade de gendarmerie à Ingrandes depuis peu inquiète : Gourdon juge son rétablissement à Beausite souhaitable. Il y a une prison à Beausite qui semble bien peu efficace à maintenir enfermé qui que ce soit : il n’y a ni gardien, ni concierge…

Depuis la loi du 29 septembre 1791, les communes se doivent d’organiser une garde nationale chargée de suppléer les forces de l’ordre dans la sécurité intérieure. Cette milice sert également d’outil répressif et de renseignement. Gourdon est commandant de la garde-nationale et chargé de donner les ordres pour sa mise en place. Mais en l’an V (1797), les compagnies peinent à se constituer à Beausite et Gourdon est rappelé à l’ordre. En l’an VI, Gourdon fait état d’une garnison de 25 hommes d’infanterie et de 8 cavaliers qui assurent un service lorsque la troupe est absente.

Beausite est entouré de bois, de forêts et de campagne : les gardes champêtres ont fort à faire et sont assez nombreux. Deux d’entre eux, Lapierre et Grandin, travaillent au château de Serrant et ont un passif dans la chouannerie. Gourdon les a à l’œil et envisage de les désarmer. Les forêts qui appartenaient à l’abbaye ont été nationalisées puis vendues par l’administration. Elles fournissent un bois de chauffage mais inutilisable pour la construction. Les gardes forestiers, négligents, ferment les yeux sur des coupes inappropriées qui dévastent les bois. Le garde des bois de la nation, un certain René Daunereau, que Gourdon juge « paresseux car il n’a dressé aucun procès-verbal », semble aussi faire preuve d’un certain laxisme.

On célèbre de nouveau des offices dans l’église. Mais Gourdon juge que « la religion qu’on y sert ne nuit pas aux intérêts de la République ». On est averti des cérémonies au son d’une petite cloche qu’on actionne à la main : le clocher a été détruit et les cloches descendues.

Au niveau de la santé, Beausite possédait une maison de charité, un hospice avec trois officiers de Santé : Constant Leroy, Jacques-Louis-Marie Granger et Jean Renou. Ce dernier, chirurgien ayant pris une part active dans l’administration suite à la Révolution, deviendra maire de Saint Georges deux ans plus tard. Mais, le département a vendu ce bâtiment qui servait également d’école et qui était tenue par des sœurs ayant refusé de prêter serment. Cette maison, située rue nationale, qui avait eu pour enseigne « Le chapeau rouge », a par la suite abrité la bibliothèque paroissiale avant d’être détruite dans les années 1990. En l’an VI, un bureau de bienfaisance vient donc de se constituer pour ouvrir un établissement du même type. Gourdon note aussi la présence d’une guérisseuse qui « tire les cartes et séduit les esprits faibles ». Cependant et par chance, aucune épidémie ne frappe la commune : la police a soin d’empêcher les dépôts d’ordure trop souvent vecteurs de maladies.

Il semble que la population de Beausite souffre d’une certaine pauvreté. Suite aux guerres, de nombreuses femmes, veuves, sont réduites à la mendicité. Gourdon donne pour exemple Anne Huteau dont le mari, Pierre Bernard est mort fusillé par des chouans dans bois de Jaulnay à Saint Augustin des Bois alors qu’il guidait les armées républicaines. Il avait auparavant fait trois campagnes comme canonnier. La voilà, seule, sans revenu, avec quatre enfants à nourrir, « infortunée dans la plus affreuse détresse ».

la signature de Jean Renou

La signature de Jean Renou (ADML)

Chateau de serrant au XVIIIème

Le château de Serrant au XVIIIème siècle

Qu’en est-il de l’administration ? Gourdon note que les contributions de l’an passé sont loin d’avoir toutes été acquittées. Le receveur, qui « tient un peu à l’ancien régime », manque de fermeté pour collecter les impôts. Le juge de paix, Jean-Baptiste-Maurice Sortant, dont l’oncle, René-Guy Sortant, avait tenu le relais postal, est un homme de cœur mais « il ne traite les affaires qu’à l’auberge, où souvent l’appât de la bouteille lui donne de la partialité ». Ce sont ses assesseurs qui assurent le traitement des affaires.

Le 21 frimaire an VI (11 décembre 1797), ce même Jean-Baptiste Maurice Sortant, avait exécuté l’ordre du  « commissaire de directoire exécutif près l’administration centrale du département de Maine et Loire » d’apposer les scellés « en la maison de Serrant », c’est à dire au château de Serrant. Serrant est alors vide de ses propriétaires.  Le comte, Antoine Walsh, est parti à l’étranger depuis juillet 1789.  La comtesse, Renée de Choiseul qui a fait face aux tourments de la Révolution seule, est morte. Le domaine, château et terres, n’a été ni vendu ni démantelé, mais gardé, surveillé à distance par les enfants Walsh : Edouard, qui habite Eculard, et Sophie-Mélanie, mariée à César-Xavier de Schomberg, neveu d’un célèbre général, qui, malgré des rivalités, préservent leurs biens. Le château avait déjà fait l’objet d’une mise sous scellés en 1794, suite à sa nationalisation. Mais au retour de Sophie-Mélanie d’exil en 1795, le Département avait jugé que le domaine lui revenait. Elle doit cependant verser à l’état, une rente de 833 louis d’or. En l’an VI, Sophie-Mélanie, partie vivre à Paris, ne tient pas cet engagement et l’administration ordonne la saisie.  Il faudra 5 jours à Jean-Baptiste Maurice Sortant pour mener à bien la visite des lieux et noter tout ce qu’ils renferment.

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Pierre Gourdon

Pierre Gourdon

1752-1814

Pierre François Gourdon, fils de Pierre Gourdon tonnelier au Viciou, et de Renée Gaultier, naquit à Saint Georges sur Loire le 9 avril 1752. Il fut baptisé le lendemain : parrain François Gaultier demeurant au Fresne et marraine Jeanne Gourdon demeurant au Viciou. Il était l’ainé de 5 enfants.

Fils d’un humble artisan tonnelier, républicain convaincu, payant de sa personne pour défendre avec armes et paroles la république, il va devenir l’un des grands bourgeois de Saint Georges.

De son premier mariage avec Marthe Boisneau décédée le 27 février 1783, il eut sept enfants.

Il se remaria le 21 juin 1784 avec Jeanne Françoise Greneron Ternant, fille du notaire de la juridiction de Serrant et de Jeanne Chalain. Jeanne Françoise est la nièce de Jean-Jacques Greneron Ternant, notaire et maire de Saint Georges pendant la Révolution.

Il est intéressant de s’attarder sur les signataires de l’acte de mariage, on trouve la bourgeoisie locale : Louis et Jacques Greneron Ternant (notaires), dont le fils Jean-Jacques deviendra maire de Saint Georges durant la période révolutionnaire, Jean et Marie Granger (chirurgiens), Jeanne Perrine et Marie Hardouin, Jean Gourdon, Jeanne Boinaut, Jeanne et Françoise Chesnon, Louise Revelière et le chanoine Tourtois.

Cinq enfants naquirent de ce second mariage. Au fil des actes, il est répertorié comme marchand fermier, puis boucher. En 1790, il était secrétaire greffier de la justice de paix : « J’ai eu le bonheur, dit-il, de me faire aimer et de me faire craindre. En voici la raison : depuis vingt ans, j’ai occupé des emplois publics dans la commune ou je suis né. »

Il organisa le 1er mars 1793, de son propre mouvement, un bataillon de volontaires de Maine et Loire, composé d’hommes de bonne volonté, dont, du consentement unanime, il fut élu commandant. Il fit, à la tête de son bataillon, deux campagnes dans la Vendée et deux autres aux armées du Rhin et de la Moselle. Je pense que c’est le 4 ème bataillon dit des pères de famille.  Les références et archives manquent pour développer cet aspect du personnage.

Il revint à Saint Georges au moment de l’occupation par les chouans ( fin 1797 ) et réorganisa une compagnie franche avec laquelle il réussit à les mettre en fuite jusqu’à leur reddition.

« Ce sont là, dit-il, les puissants motifs qui ont donné lieu à m’attirer l’estime des bons citoyens et la haine des malveillants. Et dans les uns comme dans les autres, je crois être à l’abri d’aucun moyen de reproche dans la conduite que j’ai tenue. »

acte de baptême de pierre gourdon

Acte de baptême de Pierre Gourdon (ADML)

Au mois d’avril de l’an VI de la république, comme commissaire du canton de Beausite, nom que porta Saint Georges sur Loire durant quatre années pendant la Révolution, nous lui devons un rapport sur la situation du canton à destination du commissaire central à Angers. Ce rapport nous éclaire sur le Saint Georges de la fin de la période révolutionnaire.

Bénéficiant de la nationalisation des biens de l’abbaye, Pierre Gourdon acquière des terres et des immeubles à Saint Georges.

Le 13 avril 1791, il achète la métairie de la Thiellerie, ancienne propriété de l’abbaye, située à proximité du Port Girault.

La maison conventuelle et l’église abbatiale sont vendues le 18 messidor an IV à J.P.Puny et Pierre Gourdon. Ils se partagent le bâtiment conventuel, aujourd’hui mairie, le 7 thermidor an IV, c’est-à-dire le 7 juillet 1795.

En l’an V, il fut nommé commissaire du Directoire et mourut le 1er novembre 1814, âgé de 62 ans.

Nous n’avons trouvé aucune trace de l’activité de Pierre Gourdon de 1798 à sa mort. La partie de la maison conventuelle qui lui appartenait a été profondément modifiée.

Son épouse Jeanne Greneron-Ternant décède le 28 novembre 1818.

Les quatre enfants du deuxième mariage, Jean Julien, Auguste Frédéric, Jeanne Louise et Aimée Palmire vendent à Jacques Puizot propriétaire de la plus grosse auberge de la commune, le Lion d’or, l’ensemble de la partie est de la maison conventuelle. Acte du notaire Oger le 13 janvier 1819.

Références :

Revue de l’Anjou.

Archives municipales.

acte de décès de Pierre Gourdon

Acte de décès de Pierre Gourdon (ADML)

signature de pierre gourdon

Signature de Pierre Gourdon pour son mariage (ADML)

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Louis Delaunay

Louis Delaunay

1880-1915

photographie de Louis Delaunay

Photographie de Louis Delaunay

acte de naissance de Louis Delaunay

Acte de naissance de Louis Delaunay (ADML)

Dans le courant de l’année 1900, l’autorité militaire constate l’absence du matricule 1334 au bureau de recrutement d’Angers. Absent du 15 novembre 1901 au 1 janvier 1902 il est déclaré insoumis. Mais qui peut bien être ce Louis Delaunay qui manque ainsi à tous ses devoirs et quelles sont les raisons de son absence ?

Louis Delaunay est né à Saint-Georges-sur-Loire le 1 mai 1880 et plus précisément à Gravereuil à 1 heure du matin au domicile de ses parents, Jean Delaunay et Louise-Célestine Chevalier. Son père est domestique, originaire de Saint-Georges, sa mère est originaire de Savennières. On ne sait rien de sa jeunesse si ce n’est qu’il a reçu une formation de menuisier.

Par sa fiche matricule, on apprend qu’il mesure 1,75 mètre, ce qui est relativement grand pour l’époque ; il a le visage allongé, un menton rond, un front haut, des cheveux et sourcils bruns ainsi que des yeux clairs. Son degré d’instruction générale est noté 3 ce qui signifie qu’il sait lire et écrire mais qu’il n’a pas atteint le niveau du brevet de l’enseignement. Sur la même fiche, il est déclaré « résidant à Paris ».

Un jour de janvier 1902, le maire de Saint-Georges, le Général Faugeron, reçoit de la Préfecture un « Avis Essentiel » daté du 9 lui demandant de bien vouloir transcrire un acte de naissance reçu de l’étranger. L’acte, enregistré au Consulat de France à Barcelone, concerne la naissance de Mimosa-Espérance Delaunay !!!

La petite fille est née le 25 novembre 1901 à minuit et demi au 49 rue Consejo de Ciento à Barcelone (Espagne). Un certain Louis Delaunay, menuisier, demeurant auparavant à Saint-Georges-sur-Loire l’a déclarée comme étant son père. Sa mère est Anna-Léontine-Victoire Quesnel. Les deux témoins, Gaston Lance, mécanicien, et Pierre Vidal, marchand de vin résident tous deux à Barcelone. Louis Delaunay et Léontine Quesnel ne sont pas mariés car, un mois plus tard, la mère  doit signer un acte de reconnaissance de sa fille.

Mais, s’agit-il du même Louis Delaunay décrit dans la fiche matricule ? Plusieurs faits plaident en ce sens : menuisier, originaire de Saint-Georges, en âge d’avoir des enfants. L’examen de la base ‘poilus’ répertoriant les actes d’état-civil de la commune montre qu’un seul Louis Delaunay correspond à ces critères.

Après cet épisode, on perd la trace de Louis en Espagne pour la retrouver en Angleterre comme il est mentionné sur sa fiche matricule. Anna Quesnel l’a-t-elle suivi ?

Elle est originaire de Bolbec en Seine-Maritime, mais on la retrouve en septembre 1904 à Paris où elle épouse Edouard Groc, également menuisier, dont elle aura deux enfants et dont elle divorcera en 1911. Cet acte de mariage ne fait référence ni à Louis ni à Mimosa.

A Hitchin, une ville du comté de Hertfordshire, au nord de Londres, Louis rencontre une jeune française, Yvonne Vigneron, qui, en France, s’occupait des enfants d’une famille anglaise qu’elle a suivi en Angleterre. Il l’épouse le 26 juin 1905. Une fille naît en Angleterre et la famille rentre en France en septembre 1906 ; deux autres enfants vont naître à Saint-Georges. Louis est finalement amnistié et inscrit dans la réserve de l’armée. Il effectuera deux périodes d’exercice en 1907 et en 1911.

A la mobilisation générale, il est affecté à l’intérieur du 5 septembre au 30 novembre 1914 puis à l’armée du 1er décembre 1914 au 29 mai 1915. Blessé le 29 avril 1915, il décède à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais le 30 mai 1915.

Yvonne Vigneron et ses enfants restent à Saint-Georges. Elle travaille au Château de Serrant  jusqu’en 1921. Elle quitte alors Saint-Georges pour retourner dans le Pas-de-Calais dont elle est originaire. Ses deux filles se marient à Noeux-les-Mines, son fils à Nieppe dans le Nord.

Remerciements à Madame S. de Coninck à Chavignon (Aisne) pour la fourniture d’informations et d’illustrations.

certificat de mariage de Louis Delaunay

Certificat du mariage de Louis Delaunay établi par la ville d’Hitchin en 2022

dossier militaire de Louis Delaunay
Dossier militaire de Louis Delaunay

Dossier militaire de Louis Delaunay (ADML)