Saint Georges Patrimoine

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Les Maires

Les maires de Saint Georges sur Loire

Depuis 1790, ils ont administré le village

signature du premier maire de saint Georges Abel Avril

Signature de François Abel Avril, premier maire de Saint Georges (ADML)

portrait de Louis cotte de Jumilly

Portrait de Louis Cotte de Jumilly, maire de 1908 à 1919

Ils sont 26, qui se sont succédés au poste de premier magistrat de la commune en 211 ans : de François Abel Avril, juge de paix à Denis Mercier, ingénieur. C’est en 1790 que la commune, division territoriale civile est créée. On ne connaissait avant cette date que la paroisse. Au cours de ces deux siècles, les modalités de désignation des maires ont été souvent modifiées. D’abord, ne pouvaient être électeurs (et cette notion était une nouveauté apportée par la Révolution) que les hommes, âgés d’au moins 25 ans, n’étant pas domestiques, et payant un impôt équivalent à trois jours de travail. On voit par conséquent, qu’ils étaient nombreux, ceux qui ne pouvaient participer à ce devoir citoyen ! Pauvres et serviteurs de tous ordres en étaient écartés.

Ne pouvaient être élus que les hommes payant un impôt au moins égal à dix jours de travail : là aussi, on restreignait le nombre de ceux qui pouvaient prétendre à la fonction !  Puis au XIX° siècle, les lois changent en même temps que changent les systèmes politiques : Les gouvernements d’empire, puis de monarchie, puis encore d’empire qui se succèdent et se , remplacent, préfèrent les maires nommés par les préfets. On est sûr, au moins qu’ils ne se rebelleront pas contre les pouvoirs en place, mais les serviront fidèlement. Ils sont choisis parmi les notables les plus imposés

Les gouvernements républicains (brève seconde république de 1848 à 1852, et surtout troisième de 1870 à 1940) adoptent l’élection.

Et c’est la grande loi municipale de 1884 qui accorde à tous les conseils municipaux le droit d’élire un maire, choisi parmi leur assemblée.

Les conseillers eux-mêmes doivent être élus au suffrage universel. Il n’est donc plus question de journées de travail ou d’impôts. Mais ne nous leurrons pas. C’est un suffrage universel masculin, c’est à dire ouvert à tous les hommes sans distinction de fortune ou de classe. Les femmes en sont totalement écartées. On ne les croit pas aptes à comprendre la chose politique, ni même à s’y intéresser. Elles ne sauraient pour qui voter, pensent leurs époux et pères ! Sans doute, obéiraient-elles à leur mari, ou à leur curé ! Alors à quoi bon ?

A Saint-Georges comme partout ailleurs, nominations et élections se succèdent, mais tous les premiers magistrats jusqu’au début du XX° siècle sont des notables. On y relève le nom de deux « officiers de santé » (Jean Renou et Julien Alexis Faugeron), de deux médecins (Adrien Meslier et Jean de la Tourette) de deux notaires (Pierre Péan et François Oger), d’un noble propriétaire terrien (Théobald Walsh de Serrant), d’un officier supérieur (Emile Faugeron), d’un ministre de l’Instruction Publique des Cultes et des Beaux-Arts (Arthur de Cumont).

Ce dernier a laissé à ses collègues, le souvenir d’un homme peu cultivé, expert en gaffes, mais c’est sous son ministère que se discuta le projet de loi sur la liberté de l’enseignement privé supérieur. Il était farouchement attaché à cette liberté. Il mourut à Saint-Georges le 10 mars 1875.

On peut remarquer tout au long de ce siècle une dynastie, à la fois familiale et municipale : celle des Faugeron.; Julien Alexis, l’aïeul, et ses descendants, Séréné d’abord, puis Emile, général de son état.

Certains ont exercé un long mandat : c’est le cas de Maurice Lair, maire de 1922 à 1945, soit 23 ans et de Bernard Guitton qui administra la commune de 1967 à 1989, soit 22 ans.

La palme de la magistrature la plus brève revient certainement à Louis Monprofit, huissier de justice, père du docteur Jacques Ambroise Monprofit, qui fut élu le 14 mai 1871, et remplacé le 18 juin de la même année, soit un mois après.

Il faudra attendre 1944 pour que le suffrage devienne vraiment universel en intégrant les femmes dans le corps électoral, et 1974 pour abaisser à 18 ans l’âge de la majorité.

Petit à petit, l’exercice de la démocratie était devenu l’affaire de tous. Les Français à l’exception des incapables majeurs, et de ceux qui, coupables d’infractions pénales lourdes, se trouvent frappés d’indignité.

Photographie d'Arthur de Cumont

Arthur de Cumont, maire de 1887 à 1897

portrait d'émile faugeron

Emile Faugeron, maire de 1897 à 1908

Nom

Profession

Mandat

François Abel AVRIL

Juge de Paix

1790-Mai 1791

Jean Jacques GRENERON TERNANT

Notaire

Mai 1791 – Septembre 1795

Pierre PEAN

Notaire

Septembre 1795- 30 juin 1800

Jean RENOU

Officier de Santé

30 juin 1800-25 avril 1808

Charles de BOISSARD

Militaire

25 avril 1808 – 24 novembre 1809

Julien Alexis FAUGERON

Officier de Santé

24 novembre 1809-23 aout 1815

François OGER

Notaire

23 aout 1815-14 janvier 1826

Théobald WALSH de SERRANT

Propriétaire

Aout 1826- Aout 1832

Jacques BEAUMANOIR

Officier de santé

Aout 1832 – Aout 1835

Théobald WALSH de SERRANT

Propriétaire

Aout 1835- Janvier 1836

Adrien MESLIER

Médecin

Janvier 1836-Mars 1848

Séréné FAUGERON

Percepteur

Mars 1848-1869

Jean de LA TOURETTE

Médecin

1869-Mai 1871

Louis MONPROFIT

Instituteur puis huissier

14 Mai 1871-18 juin 1871

Marie-Hylas SUAUDEAU

Notaire

Juin 1871-1887

Arthur de CUMONT

Ministre

1887-1897

Emile FAUGERON

Général

1897-1908

Louis COTTE de JUMILLY

Inspecteur des domaines

1908-1919

Charles GRELIER

Négociant

1919-1922

Maurice LAIR

Economiste et politologue

1922-1945

Théophile HARRAULT

Peintre en lettre

1945-1947

Jean GASIOROWSKI

Industriel

1947-1959

Léon DRAUNET

Médecin

1959-1967

Bernard GUITTON

Haut fonctionnaire

1967-1989

Denis MERCIER

Ingénieur

1989-2001

Daniel FROGER

Cadre de la MSA

2001-2020

Philippe MAILLART

Médecin

2020-

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Jean-Louis Caton de Court

Jean-Louis Caton de Court

1658 -1732

Dessin du logis abbatial (entrée) au XVIIème
logis abbatial par gaignères

Dessins de Gaignères du logis abbatial

Jean-Louis Caton de Court est né à Pont-de-Vaux, en Bourgogne autour de 1658. Il est le fils de Charles Caton de Court, gentilhomme ordinaire du Roi, avocat au présidial de Bourg en Bresse, et d’Anne de Saumaize. Il a pour frère Charles Caton de Court (1654-1694), homme de lettres qui participa au siège de Philippsbourg en Allemagne en 1688 aux côtés du duc de Maine, fils illégitime de Louis XIV. Il a également pour frère Claude-Elisée de Court de La Bruyère (1666-1752) qui fera carrière dans la marine royale en devenant vice-amiral de la flotte du Ponant, se distinguant dans les grandes batailles navales menées par Louis XIV et Louis XV en Europe.

Louis de Court, comme il est souvent appelé, entre chez les chanoines de Saint Augustin.

En septembre 1695, il est nommé abbé de Saint Georges par le roi mais n’arrive à Saint-Georges qu’en février 1696, succédant à Jean-Baptiste Lully (abbé de 1685 à 1695), fils du célèbre compositeur.

En 1698, un différent l’oppose à Simon Prevost, fermier du revenu temporel de l’Abbaye. L’abbé accuse celui-ci de n’avoir payé son fermage de 3600 livres/an pendant les 16 mois qui ont séparé le départ de Lully de son arrivée.

Résidant souvent à Angers, il décide de faire construire le fastueux logis abbatial par l’architecte Sébastien Simonneau qui vient d’achever le bâtiment conventuel de l’abbaye. Mais l’abbé, mondain, a vu trop grand et se trouve ruiné. Pour rembourser ses dettes, il se trouve obligé de vendre son mobilier à travers une loterie, opération douteuse au regard de la justice qui saisit ses biens et en fait don à l’hôpital d’Angers.

Dépensant sans retenue pour son plaisir, il est moins généreux envers les autres et contracte des dettes. Ainsi dans le testament dicté le 23 mai 1720 sur son lit de mort, Marie Lanon, servante de l’abbé, précise que l’abbé lui doit l’argent de ses gages mais également l’argent qu’elle a dû avancer pour le nourrir.

Il est nommé abbé commendataire de Saint Serge d’Angers, puis il quitte Angers en 1731 pour se retirer chez son frère, lieutenant-général des armées navales, à Gournay sur Marne en Seine Maritime.

Le 31 août 1732, il est mortellement blessé par un taureau et décède rue Saint-Dominique à Paris

signature de l'abbé de court en 1701

Signature de l’abbé de Court dans les registres de 1701 (ADML)

signature marie lanon

Signature de Marie Lanon, servante de l’abbé (ADML)

Parallèlement à sa vie religieuse, Louis de Court va mener une carrière littéraire. Il va faire partie de l’Académie royale d’Angers fondée en 1685. Cette institution composée de trente membres issus du clergé, de la noblesse et des notables avait pour objet les sciences, les arts et les belles-lettres. L’abbé de Court y est élu en 1700  ; il en devient le directeur de 1702 à 1703 et le commissaire de 1728 à 1730. Durant près de trente ans, il va y réaliser de nombreuses lectures, textes et exposés sur des sujets divers : commentaires et traduction religieux, éloge au comte de Serrant, sonnet pour la Reine mais également réflexions philosophiques sur l’amitié, la beauté de l’esprit.

Il va également publier deux ouvrages qu’il signe M.D.*** Académicien, compilation de ses lectures à l’académie, très certainement. Louis de Court, amateur de jeux littéraires, pratique répandue à l’époque dans les cercles mondains cultivés, y fait preuve d’une certaine aisance à versifier et jouer des mots.

Le premier livre de Louis de Court est publié en 1722. « L’Heureux Infortuné, Histoire Arabe, Avec un Recueil de Diverses Pièces Fugitives En Prose et en Vers » est un recueil de textes disparates. Le texte principal qui donne son titre au recueil, est un récit exotique en vers. Il s’agit des aventures d’un prince dans un royaume imaginaire écarté du trône par son père. La suite de l’ouvrage comprend des traductions de textes en latin religieux pour la plupart, des réflexions sur l’immortalité de l’âme, des discours et des odes flatteuses dédiées à des personnages de l’époque.

texte de Caton de Court

Lettre sans i dans Variétés ingénieuses ou Recueil et mélange de pièces sérieuses et amusantes, 1725

extrait des oeuvres de caton de court

Acrostiche dans Variétés ingénieuses ou Recueil et mélange de pièces sérieuses et amusantes, 1725

Le second ouvrage paraît en 1725, s’intitule Variétés ingénieuses ou Recueil et mélange de pièces sérieuses et amusantes. Il rassemble lui aussi un mélange hétéroclite de textes en prose et en vers, de traductions de vers en latin également des acrostiches, poème où les premières lettres des vers forment une phrase cachée, des fables, des énigmes, des sonnets… Louis de Court joue avec les mots en s’imposant des règles d’écriture digne de l’oulipo, ce mouvement littéraire des années 1960 fondé par Raymond Queneau. On y lit par exemple une série de lettres: dans chacune d’elle Louis de Court s’astreint à ne pas utiliser une voyelle ou encore une série de tautogrammes, phrases dont tous les mots commencent par la même lettre. Ce sont des exercices littéraires dont sera friand Georges Pérec près de deux cents plus tard !

Louis de Court fait donc partie de ces amateurs de jeux littéraires qui se pratiquaient dans les cercles mondains cultivés.

Sources :

Entre Loire et bocage, Chroniques d’histoire locale, Robert Audouin, édité par HCLM en 2022

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Serrant durant la Révolution

Serrant durant la Révolution

1789-1802 Révolution

Portrait d'Antoine Walsh

Antoine Walsh, comte de Serrant

Le 14 Juillet 1789, quand éclate la Révolution, Antoine Joseph Walsh est le propriétaire du château de Serrant. Il a hérité, 7 ans auparavant, de son père François-Jacques Walsh, descendant d’une famille noble irlandaise. Le château avait été offert à ce dernier par son frère Antoine, riche armateur nantais.

Le comte Antoine-Joseph Walsh prend peur et fuit la France dès le 19 juillet. Il s’exile en Autriche, laissant derrière lui femme et enfants qui vont devoir faire face aux troubles révolutionnaires.  Ainsi, le 18 octobre 1789, Renée Anne-Honorée de Choiseul, épouse d’Antoine Walsh, comtesse de Serrant, doit faire face à une foule en colère qui demande le remboursement d’amendes notamment pour des faits de braconnage.

Le 31 octobre 1791, l’Assemblée législative, par un décret, ordonna aux émigrés de rentrer avant le 1er janvier de l’année suivante sous peine d’être déclarés rebelles et déchus de leurs droits. Un second décret rétablit l’utilisation du passeport (Décret du 1er février 1792). Les princes ayant refusé d’obéir, la Législative ordonna le 9 février 1792 aux émigrés de rentrer sous peine de payer une triple contribution. La confiscation de leurs biens fut décidée le 30 mars 1792.

Une des astuces des émigrés pour tenter de sauver leurs propriétés consista à les transmettre aux héritiers le plus légalement du monde, en espérant que les dits héritiers pourraient rester en France. Antoine Walsh a deux enfants : une fille Sophie-Mélanie née en 1769 et un fils, Edouard-Gauthier né en 1771.

Sophie-Mélanie se marie en 1790 avec Xavier-César de Schomberg. C’est le neveu du général Charles-François Dupérier-Dumouriez, le vainqueur des Autrichiens à Jemmapes le 6 novembre 1792. C’est une chance d’être le neveu d’un général de l’armée révolutionnaire, chance qui tournera court lorsque le général fut déclaré traître à la patrie après avoir rejoint les armées autrichiennes en 1793. Quant à Edouard, handicapé, il reste célibataire.

Le contrat de mariage de Sophie-Mélanie avait bien préparé l’avenir. Il avait été établi le 14 octobre 1790 à Aix-la-Savoye. (En 1790, la Savoie est une province italienne) Deux éléments de ce contrat s’avérèrent très utiles dans les années suivantes. D’une part, Sophie-Mélanie est désignée comme héritière du domaine de Serrant et son frère Edouard usufruitier. En contrepartie, elle doit verser à ses parents une rente de 833 louis d’or. D’autre part, si Sophie-Mélanie décède sans enfants, Serrant retournera à son père Antoine Walsh.

Portrait de Renée de Choiseul

Renée de Choiseul Beaupré

dessin du chateau de serrant au XIXème siècle par Louise de Vaudreuil

Dessin du château de Serrant au début XIXème siècle par Louise de Vaudreuil

Mais Sophie-Mélanie est inscrite comme son père sur la liste des émigrés. La loi du 30 mars 1792 s’applique. Serrant va être vendu comme « bien national ». Renée de Choiseul-Beaupré, épouse d’Antoine Walsh décède au cours de l’année 1793. Le 1er octobre 1793, le château est mis sous séquestre. Et le 1er pluviôse an II de la république (20 janvier 1794), le château est inventorié et les scellés posés par Jean-Baptiste Sortant en présence du fils Edouard Walsh.  A partir de cette date, tous les revenus du domaine sont la propriété de l’État. Dans le registre des revenus et séquestres des biens des émigrés du bureau de Saint-Georges, on retrouve les fermages des métairies de Serrant durant l’été 1794. Ils sont donc versés à l’État.

Le 13 avril 1795, Sophie-Mélanie obtient sa radiation de la liste des émigrés. A cette date, elle a sans doute pu rentrer en France sans risque. Au vu du contrat de mariage, le Département réexamine la mise sous séquestre et juge légal que le domaine lui revienne. Par contre, la rente de 833 louis d’or ne peut pas parvenir à son père émigré et doit revenir à l’État. A l’étranger, Antoine Walsh s’est remarié avec Louise Rigaud de Vaudreuil, veuve du Marquis de Valady, en 1795.

scellés serrant
Registre des revenus et séquestres, pose des scellés à Serrant en 1794

Serrant ne doit pas être une résidence sûre car Sophie-Mélanie habite Le Mans du 20 décembre 1795 au 26 mars 1796 et son frère du 20 décembre 1795 au 22 mars 1796. A partir de cette date, les vies des deux enfants Walsh divergent. Sophie est signalée à Paris en janvier 1798. Et il semble qu’elle ne verse plus la rente de 833 louis d’or. Edouard rentre à Saint-Georges, s’installe au château d’Eculard, et met en valeur le domaine paternel. Le 11 décembre 1797, il ne peut s’opposer à une deuxième mise sous scellés du château. Un père émigré, une sœur qui ne respecte pas ses engagements, une source de revenus qui se tarit, poussent l’administration départementale à ce geste important. En effet, tous les fermages et les arrérages reviennent à nouveau dans les caisses de l’État. Le séquestre ne sera levé que le 27 novembre 1799, sans doute à la demande d’Édouard. Mais il est transformé en saisie-arrêt sur la rente de 833 louis d’or, soit 40 000 livres. Cette saisie-arrêt est levée le 25 décembre suivant.

Coup de théâtre, Sophie-Mélanie décède sans enfant le 31 août 1800. Le contrat de mariage précise bien que Serrant doit revenir à son père… Il est toujours à l’étranger. Édouard continue à gérer et exploiter le domaine. Il espère bien s’approprier Serrant. Mais le Consulat autorise Antoine Walsh à rentrer à Paris le 29 décembre 1800 et, le 2 avril 1802, il est rayé des listes d’émigrés. Il peut donc reprendre Serrant. Son fils n’apprécie pas le retour du père. Le frère d’Antoine, Charles Walsh, ruiné, demande une part du gâteau : installé dans le château de Chevigné, il a en effet assuré une part de la gestion des biens de Serrant aux premières heures de la Révolution. La zizanie s’installe dans la famille, une famille qui a réussi à garder Serrant : procès du fils contre son père, procès entre les deux frères. Antoine Walsh récupère finalement son domaine. Edouard s’installe à Eculard où il décède le 8 janvier 1825.

acte de deces edouard walsh
Acte de décès d’Edouard Walsh, le 8 janvier 1825.
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Antoine Walsh

Antoine Walsh

1744-1817

Portrait d'Antoine Walsh

Antoine Joseph Walsh (1744 – 1817)

Portrait de François Jacques Walsh et ses deux enfants charles et Antoine

Portrait de François-Jacques Walsh avec deux de ses enfants, à gauche Charles Edouard (9 ans) et à droite Antoine Joseph (11 ans)

Antoine Joseph Walsh est né à Cadix en Espagne, le 18 janvier 1744. Son père François Jacques (1704-1782) était né le 31 mars à St Mâlo, descendant d’une grande famille noble, chassée d’Irlande avec le roi Jacques II Stuart (1633-1701). Il avait épousé à Cadix, le 26/4/1743, Marie Harper.

Le frère aîné de François Jacques, Antoine Vincent, né à St Mâlo le 21 janvier 1703, avait fait fortune à Nantes comme armateur dans le commerce triangulaire entre l’Afrique et St Domingue. Le 28 juin 1749, il achète pour son frère cadet, alors négociant à Cadix, le château de Serrant et ses dépendances, à la veuve Diane de Bautru-Vaubrun, duchesse d’Estrées (1668-1753).  Le 15 août 1751, Antoine Vincent rétrocède Serrant à son frère, revenu d’Espagne. En mars 1755, Louis XV érige Serrant en comté et François Jacques devient le premier comte Walsh de Serrant.

Après une formation au Prytanée de la Flèche, Antoine-Joseph, fils aîné, embrasse une carrière militaire. Il est  colonel, propriétaire du régiment irlandais de son nom, chevalier de l’Ordre royal et militaire de St Louis, lieutenant général des armées du Roi. Il combat en 1769 en Corse pour le Roi de France puis commande le Régiment de Walsh créé en 1770 qui participera à la guerre d’indépendance des Etats Unis d’Amérique (1775/1782) sans Antoine Walsh resté sur le continent.

Il se marie dans l’église Saint-Sulpice à Paris, le 25 juin 1766avec Renée de Choiseul-Beaupré.

Le couple aura cinq enfants tous baptisés à St Sulpice :  Gautier, né le 6 mars 1767, mort en bas âge – Charles Philippe François Marie, né le 31 juillet 1768 et décédé à 2 ans, le 13 octobre 1770 – Sophie Mélanie Françoise Charlotte, née le 12 juillet 1769 qui épousa en 1790 le comte Xavier César de Schomberg, sans postérité, elle décèdera à 31 ans, le 31 août 1800 – Alix Charlotte Adélaïde née le 28 septembre 1770 décèdera à Serrant le 4 octobre 1772, âgée de 2 ans et Edouard Gautier, né à Paris le 15 décembre 1771 qui, infirme, décèdera à Serrant, le 8 janvier 1825, âgé de 54 ans.

En 1777, il est fait, comme ses frères Charles et Philippe, chevalier de l’ordre de Saint Louis.

En 1782, au décès de son père, François-Jacques, Antoine Walsh hérite d’une fortune considérable. Il fait alors partie des 60 familles les plus fortunées de France et est le plus riche propriétaire de Maine et Loire.  Reprenant la gestion du château de Serrant et de son domaine, il se distingue par une application rigoriste du droit féodal, un peu en désuétude à cette époque, et par une rigueur identique dans l’exploitation des bois et forêts.

Un fait divers illustre ce comportement. Il s’agit de la fameuse affaire des arbres coupés, opposant le comte de Serrant à François de Boisbernier propriétaire à Savennières qui a fait abattre trois chênes au bord d’un chemin à l’hiver 1784. Le comte exige réparation. Le conflit prend une dimension nationale et met en valeur les avocats angevins, Viger, Brevet de Beaujour et les frères Delaunay. Dans une réponse maladroite, il s’oppose à Volney et se voit contraint de renoncer aux décisions en sa faveur en mars 1789.

Alors que Louis XVI convoque les états généraux en 1789, Antoine Walsh propose aux paroisses voisines un modèle de cahier de doléances. La Réveillère-Lépeaux publie un article virulent contre cette proposition. Lâché par la bourgeoisie angevine, Antoine Walsh est complètement isolé à la veil de la Révolution.

Après le 14 juillet 1789, le comte Antoine-Joseph Walsh prend peur et fuit la France dès le 19. Il s’exile en Autriche, laissant derrière lui femme et enfants qui vont faire face aux troubles révolutionnaires. Antoine Walsh poursuit son périple à travers l’Europe : l’Allemagne, la Belgique, la Hollande. Fervent défenseur de la monarchie, il lutte aux côtés du comte d’Artois. En 1794, il est en Angleterre où il prépare un débarquement à Quiberon qui échouera.

Le 12 Mars 1793, Renée de Choiseul, comtesse de Serrant, restée en France, décède à Saint Quentin dans l’Aisne. Antoine Walsh, émigré à Londre, s’y remarie religieusement , le 17 janvier 1795, avec Louise de Vaudreuil de 16 ans sa cadette. Elle-même est veuve du marquis de Valady, épousé à Paris, le 7 octobre 1783 et guillotiné le 6 décembre 1793 à Périgueux pour ne pas avoir voté l’exécution du Roi Louis XVI. Le mariage civil aura lieu le 2 juin 1804 à Paris. De ce remariage, naît Théobald, né en 1796 à Dublin, Louis, à Londres en 1797 et plus tard, Valentine, née le 7 mars 1810 à Coutevroult en Seine et Marne.

Le 29 décembre 1800, le Consulat autorise les émigrés à rentrer en France. Vers la fin de 1801, la situation s’améliore. Antoine Walsh envoie sa femme, Louise de Vaudreuil, en France, explorer les possibilités de retour, sans risquer lui-même des ennuis. Le 2 avril 1802, il est rayé des listes des émigrés. Il peut enfin retrouver son château à Serrant.

Durant son exil, sa fille Mélanie a été désignée comme héritière du domaine de Serrant car son fils Edouard, infirme, sans descendance possible.  Mais Mélanie étant décédée le 31 juillet 1800 sans enfant, Edouard pensait être devenu propriétaire du château. Un contrat stipulait que le décès de Mélanie, sans postérité, redonnait la propriété du domaine à son père. S’ensuivirent de multiples procès entre Edouard et son père. Finalement, le Comte Walsh de Serrant récupéra son domaine et son fils Edouard s’installa au château d’Eculard.

Louise de Vaudreuil, comtesse de Serrant est introduite à la cour de l’impératrice Joséphine en 1803. Elle sera dame du palais de 1804 à 1810. Profitant de sa présence à la cour, elle obtient de l’empereur Napoléon la liquidation des dettes de son mari.

Le 15 avril 1808, Antoine Joseph Walsh de Serrant fut nommé Comte d’Empire car il s’était distingué par les services rendus à l’Etat, par son zèle et sa fidélité.

Antoine Joseph Philippe Walsh de Serrant, décède à 73 ans, le 3 février 1817, sans doute 17 rue du Bac à Paris VIIème. La succession du Comte entraîne des déchirements familiaux entre Edouard, seul fils survivant de son premier mariage avec Renée de Choiseul, et les trois enfants de Louise de Rigaud de Vaudreuil : Théobald, Louis et Valentine.

Portrait de Renée de Choiseul

Renée Honorée de Choiseul Beaupré (1742-1793) tenant le portrait de son époux, Antoine Walsh

portrait de louise de vaudreuil

Louise de Rigaud de Vaudreuil, portrait attribué à Guillaume Descamps (1755/1842)

dessin du chateau de serrant au XIXème siècle par Louise de Vaudreuil
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François Coudroy

François Coudroy

1761-1838

acte de baptème de françois coudroy en 1761 à Beaugenci

Acte de baptème de François Coudroy à Beaugency en 1761.

signature du vicaire coudroy

Signature du vicaire Coudroy dans les registres de 1788

François Coudroy nait le 5 mars 1761 à Beaugency dans le Loiret.

Il étudie à l’abbaye Saint-Pierre d’Évaux en 1783 puis à l’abbatial Toussaint d’Angers en 1784. Il devient sous-diacre en 1784 puis diacre en 1785 au Mans. Il est nommé vicaire à Saint-Georges le 22 mars 1786.  Il fait donc partie des chanoines présents à l’abbaye pendant la Révolution alors qu’en 1790 l’Assemblée Nationale vote la suppression des vœux monastiques.  Le 4 octobre de la même année, il est interrogé sur ses intentions. Il déclare ne pas souhaiter quitter le cloître tant que celui-ci subsistera.

Mais, avec le décret du  27 novembre 1790, ratifié par le roi le 26 décembre, on exige de tous les ecclésiastiques salariés le serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi et de maintien de la constitution décrétée par l’assemblée, sous peine d’être poursuivis comme perturbateurs de l’ordre public et démis de leur fonction. Coudroy prête serment à Saint André des Eaux dans le diocèse de Nantes, le 27 mars 1791.

Les autres chanoines de l’abbaye deviennent curés des villages voisins : Saint Laud d’Angers, Saint Florent le Vieil ou Pouancé.

Coudroy, vicaire, continue de tenir les registres paroissiaux jusqu’au 24 octobre 1792. A partir de cette date, les registres doivent être tenus par un officier d’état civil.  Coudroy devient officier public adjoint d’Augustin Gournay, ancien prieur de l’abbaye, devenu officier public.

Coudroy cesse ses activités d’agent municipal en 1794 mais reste à Saint Georges. Le 30 mai 1795, la loi permet la réouverture des églises si bien que Coudroy se présente à la municipalité le 29 juin de la même année pour déclarer la reprise de l’exercice du culte. Mais l’église de Saint Georges est en piteux état : les biens ont été vendus, ce qui restait a été vandalisé, le bâtiment est toujours occupé par les troupes de la République. Des habitants adressent une pétition à la municipalité. Devant le manque de réactivité, les pétitionnaires envoient leur requête au procureur général du département. Peine perdue : l’église ne sera pas rendue aux habitants.

Le vicaire Coudroy logé à l’auberge des Trois Rois, exerce son ministère dans sa chambre et dans les environs de Saint Georges, à Saint Martin du Fouilloux et au Plessis Macé. Saint Georges se retrouve alors au cœur du conflit qui oppose les chouans aux forces républicaines. Quand la commune est déclarée en état de siège par les républicains, Coudroy est dénoncé par des habitants. Il s’est rendu au camp des chouans de Saint Augustin pour y tenir des offices. Le 1er janvier 1796, le citoyen Oger, commissaire de l’administration municipale, tente d’intercéder en sa faveur. « Le citoyen Coudroy va partout dans le pays occupé par les chouans, sans les craindre, confesse et administre les sacrements. On dit qu’il s’est rétracté de son serment : tout cela n’est point prouvé. On voit tous les jours chez lui des mariages et des baptêmes, on lui apporte les enfants des communes de Champtocé et des environs. Nous n’avons point de preuve qu’il prêche la révolte ni la rébellion. »

Mais une semaine plus tard, Oger semble avoir changé d’avis sur Coudroy. Il presse les autorités d’agir craignant, sans doute, des troubles publics. « C’est pour tout dire sur son compte un vrai moine en toute la force du mot, aristocrate de tout temps et mauvais sujet de profession : aimé du paysan, haï des habitants du bourg. On veut absolument le chasser d’ici. » C’est que Coudroy refuse de prêter serment et que ses offices deviennent de véritables fêtes qui débordent sur la voie publique. « Il y a quelques jours, un enfant fut porté en triomphe avec tous les tambours du bataillon. »

signature de l'officier public adjoint coudroy

Signature de l’officier public adjoint Coudroy en 1793 (ADML)

courrier de la mairie de Chemillé pour le transport du corps du curé Coudroy jusqu'à Saint Georges en 1838

Le courrier de la mairie de Chemillé pour le transport du corps du curé Coudroy jusqu’à Saint Georges en 1838 (ADML)

lettre confirmant l'inhumation du curé Coudroy à Saint Georges

Réponse de la mairie de Saint Georges confirmant l’inhumation du curé Coudroy dans le cimetière du village (ADML)

Le 21 mars 1796, Coudroy, accusé d’avoir rétracté son serment envers la République, est arrêté et emprisonné à Angers. Le 26 mai, il fait parvenir au citoyen Faugeron une lettre où il lui demande assistance. « J’ai comparu devant le directeur du Jury : il paraît que la dénonciation de la municipalité qui m’accuse d’allumer la guerre civile dans le canton est ce qui touche le plus la justice. Je vous prie de convoquer la municipalité et vous reconnaitrez la vérité du fait dont ils sont disposés à faire l’aveu. »

Coudroy est remis en liberté le 11 décembre 1796, on le retrouve au Plessis-Macé. Il sera de nouveau emprisonné pendant six mois en 1799.

En 1800, après le coup d’état du 18 brumaire de Napoléon, il devient le curé constitutionnel de Beaufort-en-Vallée, nommé par Jean Meilloc, abbé du séminaire d’Angers.

Puis il passe à la Trinité, à Trélazé, à Champtocé. Il se soumet au Concordat de 1802. Il poursuit ses pérégrinations : en 1802, Sermaise ; en 1803, Saint Mathurin et la Trinité. Il  devient curé de Notre Dame de Chemillé le 3 août  1811.

En 1830, Coudroy est de nouveau en difficulté : il entre en conflit avec l’évêque légitime qui l’interdit et nomme un autre curé, Mathurin Brémond, le 11 Mars 1832. L’évêque est conscient de la situation. Il témoigne :  » Monsieur Brémond se trouve en face d’un prêtre interdit, égaré par des passions politiques, suivi par quelques paroissiens et soutenu dans sa révolte contre l’évêque par le gouvernement de Louis Philippe. »

Malgré les pressions, François Coudroy ne cède pas. Il reste à Chemillé où il meurt le 15 décembre 1838. Il voulait être inhumé à Saint-Georges. La mairie de Chemillé fait transporter le corps du curé dans un cercueil de plomb jusqu’à Saint Georges. Contrairement à ce qui a pu être écrit, la commune accède à la dernière volonté du curé Coudroy qui est inhumé dans le cimetière de Saint Georges.

A son décès, il lègue une rente de 200 francs à l’hospice de Beaujency au capital de 4 000 francs et une autre rente annuel de 150 francs aux pauvres de la commune de Saint Georges sur Loire au capital de 3 000 francs.

Sources :

L’Anjou historique, 01/03/1912, Les Génovéfains de Saint-Georges-sur-Loire pendant la Révolution., pages 472 à 485

acte de décès de françois coudroy en 1838 à Chemillé

Acte de décès de François Coudroy en 1838 à Chemillé (ADML)

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Les mariages de 1789 à 1914

Les mariages à Saint Georges de 1789 à 1914

lithographie du XIXème d'une mariée de la vallée de la Loire (canton de Saint Georges)
mariage devant l'abbaye au début du XXème siècle

Photo de mariage devant l’abbaye au début du XXème siècle

Entre 1789 et 1914, 2842 mariages ont été enregistrés à Saint Georges sur Loire,  soit, en moyenne, un peu plus de 22 mariages par an ; le nombre annuel fluctue de 5 mariages en 1914 (début de la guerre) à 40 en 1800 du fait de l’enregistrement des actes des communes au chef lieu de canton. Le nombre moyen est plus important (25/an) dans la période d’accroissement de la population, c’est à dire avant 1850, et plus faible (20/an) dans la période de décroissance de population (après 1850).

Dans l’année, on peut observer des différences selon le mois, la saison ou encore le jour. Il y a plus de mariages en novembre (510) et en juin (483) et moins de mariage en décembre (30) et en mars (36). L’automne est la saison où l’on enregistre le plus de mariages.

Le choix d’un jour n’est pas laissé au hasard. Sur les 2842 mariages 1083 ont lieu le lundi, et 997 le mardi soit près des 3/4 sur ces seules 2 journées.

Une analyse détaillée a été réalisée sur les personnes ayant contracté au moins un mariage à Saint-Georges. Les remariages sont fréquents, 11 % des femmes et 18 % des hommes ; ceci est du principalement aux décès de l’un des conjoints et non au divorce institué après la Révolution car, on ne comptabilise que 4 divorces en 126 ans à Saint-Georges. Ces remariages peuvent avoir eu lieu dans une autre commune et en dehors de la période 1789-1914 ; l’analyse détaillée est donnée dans le texte cité en référence.

Le lieu de naissance des conjoints a fait également l’objet d’une analyse. 2691 femmes et 2626 hommes (soit 5317 individus) ont été impliqués dans les 2842 mariages (et remariages). 2519 marié(e)s sont originaires de Saint Georges, 1044 sont originaires d’autres communes de l’ancien canton, 1242 viennent du reste du Maine et Loire, 645 sont originaires d’autres communes de Maine-et-Loire, 316 sont originaires des autres départements de l’actuelle région des Pays-de-la-Loire dont une grande majorité, 251, du département de la Loire-Atlantique : enfin 172 autres sont originaires d’autres département français et 7 sont étrangers.

photo de mariage au début du XXème

Photographie de mariage à Saint Georges sur Loire au début du XXème tirées des Archives Départementales du Maine et Loire

L’âge au premier mariage n’est pas le même pour un homme (27 ans 7 mois) ou pour une femme (24 ans 4 mois). Cet âge moyen évolue dans le temps avec un rajeunissement plus sensible pour les femmes que pour les hommes.

Le veuvage a des durées variées. Entre la première et la seconde union cette durée varie de moins de 1 an à plus de 10 ans. 57 % des femmes se remarient en moins de 3 ans de veuvage, contre près de 72 % pour les hommes.

Les métiers des époux sont principalement liés à la terre. 1432 hommes sur 2450 sont agriculteurs ou apparentés. 125 sont en relation avec l’alimentation (meuniers, bouchers, …), 193 travaillent en relation avec la construction (maçons, charpentiers, …), 115 œuvrent dans le transport (cochers, mariniers, …). Le reste des métiers sont très divers et répondent au besoin de la population (administrateurs, gardes, enseignants, horlogers, artisans divers, …)

Le niveau d’instruction des époux a été analysé sur le critère d’aptitude ou d’inaptitude à signer l’acte de mariage. Ce niveau augmente avec le temps. Par exemple entre 1789 et 1798, 69 marié(e)s signet mais 338 ne le font pas ; à l’opposé, de 1909 à 1914, 194 , c’est à dire la totalité des marié(e)s signent. La bascule se situe vers 1870 où le nombre des signataires dépasse celui des non signataires.

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Démographie

Démographie

Découvrez l'évolution de la population de Saint Georges sur Loire

La commune de Saint-Georges-sur-Loire conserve ses archives d’état-civil depuis 1527. Les registres de la période 1527-1902 ont été numérisés par les Archives Départementales de Maine-et-Loire (ADML). Après 1902, les registres sont consultables en mairie dans les limites légales (75 ans avant l’année courante).

Les résultats de recensement n’ont pas été numérisés mais sont disponibles aux archives municipales de 1851 à nos jours.

Un relevé systématique des actes d’état-civil de la commune est en cours. Les résultats sont hébergés sur le site de Généanet sous forme d’une base de données consultable gratuitement. Son nom, « Poilus », tient au fait que sa constitution a débuté au cours des commémorations du centenaire de la guerre 14-18 et que les premières recherches ont porté sur les combattants décédés et leur famille.

Ces relevés permettent de faire des analyses concernant la population de Saint-Georges sur Loire.

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La mine de la Villette

La mine de la Villette

1829-1914 De la Restauration à la Belle Époque

Le Maine-et-Loire possède un bassin houiller qui s’étend sur près de 60 kilomètres, des Verchers sur Layon à Ancenis, en suivant le Layon puis la Loire. Au XIXème siècle, le besoin en combustible est grand et des études ne décomptent pas moins de 18 veines charbonnières d’une épaisseur atteignant jusqu’à 3m50, souvent affleurant le sol à moins de 40 cm de profondeur ! Les mines parfois déjà en activité depuis le XIIIème siècle se développent tout le long du sillon.  A Saint Georges-Chatelaison, à Saint aubin de Luigné, à Chalonnes sur Loire, l’extraction du charbon prit son essor.

 

Les concessions le long du Layon et de la Loire

carte du bassin houiller du Layon et de la Loire en 1903

Carte du bassin houiller du Layon et de la Loire en 1903

A Chalonnes, les premières fouilles remontent au XIVe siècle. A Rochefort, le sol était creusé sur une vingtaine de mètre dès la fin du XVème siècle. On sait aussi que des propriétaires constataient la présence de charbon dans leurs champs ou leurs vignes.

Au XVIIème, les exploitations individuelles regroupant 3 à 5 ouvriers se développèrent notamment à Saint Georges-Châtelaison, Saint Lambert, Montjean et Saint Georges sur Loire. On attaquait la roche à la poudre à canon pur pénétrer dans les profondeurs de la terre par d’étroits goulets de 1m30 de haut sur 60 cm de large qui s’enfonçaient jusqu’à 50 mètres sous le sol. Des enfants d’une quinzaine d’années parcouraient ces boyaux bravant la menace des effondrements et des coups de grisou, tirant des caisses de bois, des traineaux et des paniers remplis de houille. En 1689, Louis XIV apprenant que les recherches de houille allaient croissantes en Anjou, donna au duc de Montausier puis à sa fille la duchesse d’Uzès, le droit de fouiller tout terrain susceptible de contenir du charbon. Cette décision causa de grands troubles si bien que face à la colère des propriétaires, le Roi revint sur cette décision en 1695 redonnant aux habitants d’exploiter les puits de leurs domaines. Les mines se multiplièrent : en 1750, on recense 36 puits sur les paroisses de Saint Maurille de Chalonnes, de Chaudefonds et de Saint Aubin.

En 1753, le sieur Brault, ancien fripier d’Angers, obtint de l’intendant de Tours le monopole de l’exploitation des puits de la région. Il voulut s’emparer par la force de toutes les mines. La Compagnie fondée par Brault jouissait d’une mauvaise réputation : ses ouvriers sous-payés, se livraient sauvent au pillage, au brigandage voire au meurtre. La société fut poursuivie sans succès par une population en colère en 1760. En 1766, la Compagnie est dissoute suite à des difficultés d’exploitation. Les terrains sont alors partagés entre différents propriétaires mais à la Révolution, la plupart des puits sont fermés.

Au cours du XVIIIème, se mit en place le système des concessions. L’État concédait l’exploitation des richesses souterraines à des sociétés qui en contrepartie, s’engageaient à y investir des capitaux pour y réaliser des travaux  afin de mieux utiliser les ressources, de limiter les accidents et d’améliorer les conditions de travail. L’extraction de la houille s’intensifia. En 1860, le bassin houiller produisait 80 000 tonnes de charbon.

Le charbon du Layon et de la Loire servait en particulier à la fabrication de la chaux pour un usage agricole. La chaux mélangée à la terre permet d’améliorer les sols argileux, en les rendant moins compacts, moins collants en période de pluie et moins durs en période sèche.

A Saint Georges, une concession fut accordée à messieurs Lebreton, Josset, Clémenceau et Danot pour une surface de 11km² sur Savennières, La Possonnière et Saint Georges. La zone va depuis la Grande Guibrette vers le moulin de Coutance puis vers le Moulin Bachelot et le Moulin de Chevigné. Entre 1829 et 1848, de nombreux puits sont creusés mais les veinules trouvées sont peu exploitables : la houille n’est pas de bonne qualité. L’activité est finalement petit à petit abandonnée.

Dans les registres communaux, on trouve les traces des mineurs qui entre 1831 et 1853 ont creusé le sous-sol de Saint Georges. Ils ont habité Le Vissieul, l’Aubriais, le Port Girault. Aucun d’entre eux n’étaient originaires de la commune. Plusieurs d’entre eux venaient de Montrelais, région où des puits avaient été creusés sans succès après ceux de Saint Georges – Châtelaison.

 

carte de l'ensemble des concession du val du Layon et de la Loire

Les concessions le long du Layon et de la Loire

resultats de la concession de st georges

Résultats de la concession de Saint Georges sur Loire au milieu du XIXème

Photographie des mines de charbon de la villette au début du XXème

Les mines de charbon de la Villette au début du XXème siècle

Plan de la concession de Saint Georges au moment du rachat par la société des Mines de Chalonnes

La concession de Saint Georges au moment du rachat par la société des Mines de Chalonnes.

mine de la villette

La mine de la Villette

En 1864, la concession d’exploitation est rachetée par la société des mines de Chalonnes avec celle de Saint Germain des Prés. Cette compagnie avait été créée par Jacques Triger et Emmanuel Pons Dieudonné de Las Cases. Le premier était ingénieur et inventeur d’un procédé mondialement connu. Le procédé Triger permet de refouler l’eau dans les puits à l’aide d’air comprimé. Le second, sénateur, est le fils de Marie-Joseph Dieudonné de Las Cases qui avait accompagné Napoléon à Saint Hélène et copié une partie de ses mémoires.

Les travaux reprennent à la Villette en 1906. Mais la production du bassin minier angevin est en baisse (seulement 10 000 tonnes en 1906) et de mauvaise qualité, l’activité va progressivement disparaître dans le Maine et Loire. A Saint Georges, les forages sont abandonnés quand la veine minière a été atteinte peu avant la Première Guerre Mondiale. C’est l’entreprise Bigeard qui fora un puits à 140 mètres de profondeur : à ce palier, on ouvrit une galerie de 450 mètres de long en direction de la concession de Chalonnes dite du Désert. La mine fut placée en réserve en cas de pénurie des mines du Nord de la France.

Après la première Guerre mondiale, l’entreprise Bessonneau d’Angers, fabricant de cordage de chanvre, tenta de relancer l’exploitation du site de la Villette mais abandonna rapidement.

A la Villette, l’ancienne auberge des Rochettes, aujourd’hui propriété privée, était le bâtiment central qui abritait les machines. Au lieu-dit « Les Mines » près du Grand Bras, se trouve la maison directoriale. Il existe encore des traces des puits d’aération et des puits de forage dans la vallée et l’on peut encore trouver des pierres noires enfouies sous les ronces près de ceux-là.

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Marie-Hylas Suaudeau

Marie-Hylas Suaudeau

1815-1887

signature de Marie-Hylas Suaudeau, maire de saint georges de 1887

Signature de Marie-Hylas Suaudeau

Marie-Hylas-Samuel nait à Béceleuf dans les Deux-Sèvres le 18septembre 1815. Il est le fils de René Suaudeau et de Marguerite-Désirée-Zélie-Jousseaume. La famille arrive à Saint-Georges-sur-Loire entre 1822 (date de naissance du dernier enfant né à Ardin) et 1837, année de naissance à Saint-Georges de Marie-Eugène-Léopold, leur dernier enfant. Marie-Hylas est alors âgé de 22 ans et il est régisseur des terres de Serrant ainsi qu’il est décrit dans l’acte de naissance de son dernier frère.

Les raisons du déplacement de la famille des Deux-Sèvres vers le Maine-et-Loire ne sont pas connues, mais le père, René, est géomètre ; est-il venu pour participer à la mise à jour du cadastre ? Nous l’ignorons, mais il n’est pas venu les mains vides. Il a apporté avec lui des œufs de vers à soie qui vont lui permettre de monter une magnanerie sur les terres du Comte Alfred Walsh de Serrant et de son épouse Sophie Legrand.

En tant que régisseur, Marie-Hylas va probablement superviser la plantation  des mûriers nécessaires à l’élevage des vers à soie.

En 1842, le 4 avril, il épouse, à Angers, Augustine-Rose Vallée, fille d’un militaire à la retraite. Ils ont 4 enfants dont deux meurent en bas âge. C’est par son fils, Alfred-Marie-Ernest, né en 1843, qu’il devient arrière-arrière-grand-père de Pierre Cointreau, lui-même petit-fils d’Edouard Cointreau, l’inventeur de la liqueur du même nom.

Il est maire de Saint-Georges de juin 1871 jusqu’au 2 août 1887 et  devient conseiller général du canton de Saint-Georges-sur-Loire une première fois du 14 janvier 1877 à novembre 1877, peut-être en remplacement du Comte Alfred Walsh de Serrant, décédé en octobre 1876, puis une seconde fois du 22 juin 1879 au 2 août 1887, date de son décès.

Après 1846, les parents de Marie-Hylas migrent en Algérie et y décèdent. Sa sœur, Marie-Geneviève qui avait dirigé l’atelier de filature de soie , épouse Eugène Colette, un conducteur de travaux publics qui décèdera en Algérie ; Marie-Geneviève vit à Saint-Georges au moins jusqu’en 1869 puisqu’elle est présente au mariage de sa fille.

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portraits

Sophie Legrand

Sophie Legrand

1801-1872

Portrait de Sophie Legrand par René-Théodore Berthon en 1848

Portrait de Sophie Legrand par René-Théodore Berthon en 1848

Portrait de Sophie Legrand avec ses enfants Gaston et Marguerite Walsh, 1832 par Louis Hersent

Portrait de Sophie Legrand avec ses enfants Gaston et Marguerite Walsh dans le parc du château de Serrant, 1832 par Louis Hersent (1777-1860), élève de Jacques-Louis David

portrait d'alfred walsh

Joseph Alfred Walsh devant le château du Plessis-Macé peint en 1847

par René Théodore Berthon  (1776–1859)

Sophie Legrand naît à Paris le 26 décembre 1801.

Elle épouse Théobald Walsh de Serrant le 19 juillet 1823.

Fortunée, elle va contribuer à grand frais à la restauration du château de Serrant. Passionnée d’horticulture, elle va participer à l’aménagement du parc à l’anglaise dont l’emprise augmente englobant alors l’étang de la Brelaudière.

Quatre de ses cinq enfants seront victimes de la tuberculose, tout comme son mari qui décède en 1836 à l’âge de 39 ans.

En 1839, Sophie Legrand achète la maison des Chenambault avant de la céder à Melle Papin de Villedon, mère des Sœurs de Chavagnes en Paillers en Vendée qui en firent un pensionnat.

Elle se remarie à François Alfred Walsh, cousin de Théobald Walsh en 1839. Alfred Walsh (1814-1876) est conseiller général du Maine et Loire.

Deux enfants vont naître de ce remariage ; ils seront également victimes de la tuberculose.

Le couple possède une villa à Pornic, Ker Colo construite en 1848 par Alexandre Babonneau, riche industriel nantais. Le village de Loire Inférieure jusqu’alors tourné vers la pêche est en train de devenir une des premières stations balnéaires. Mais c’est dans l’espoir que l’air marin aidera ses enfants à guérir de la tuberculose que Sophie Legrand s’y rend régulièrement. Elle va cependant faire de la villa, un lieu d’exception. En 1857, Joseph-Alexis Walsh, écrivain et neveu d’Alfred, en fait la description alors qu’il est accueilli par son oncle. «Le comte et la comtesse Walsh ont transformé un pavillon carré en un manoir qui rappelle par son ornementation le temps de Louis XIII. Une belle pierre blanche s’est prêtée à la sculpture. Des balustrades encadrent la toiture d’ardoise, sur lequel tranchent et se dessinent des clochetons surmontés de boules. Au-dessous de ces ornements apparaît dans une niche supportée par des chérubins, une statue de la Sainte Vierge, que l’église a surnommé Maris Stella.» Cette rénovation est due à Gustave Benjamin le Prévost de Bourgerel, architecte et dessinateur, qui réalisera les plans de villas balnéaires de La Baule et de nombreux bâtiments de Nantes et sa région.

Sophie Legrand achète le château du  Plessis-Macé à sa belle-soeur, Valentine Walsh. Elle y conduit alors d’important travaux de restauration et y habite à compter de 1868. Elle y décède, le 20 avril 1872. Le château du Plessis-Macé sera vendu par Ludovic Walsh, dernier fils de Sophie Legrand encore en vie, à Monsieur et Madame d’Ablancourt en 1888.

Elle est inhumée dans la chapelle du château de Serrant auprès de ses deux époux et de ses enfants.

Ker Colo villa d'Alfred Walsh à Pornic

Ker Colo, villa  à Pornic, propriété d’Alfred Walsh dessin d’Olivier de Wismes en 1876