Saint Georges Patrimoine

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Le château de la Benaudière

Le château de la Bénaudière

Carte postale du château de la Benaudière au début du XXème siècle

Le château de la Bénaudière est situé à l’ouest de Saint Georges à proximité de la route départementale et à la frontière avec Saint Germain des Prés. Les deux communes sont séparées par le ruisseau de la Bénaudière prenant sa source dans la forêt de Bécon-les-Granits et qui alimente l’étang du XVIIe qui jouxte cette demeure.

Le domaine appartient jusqu’au  XVIe siècle, à la famille De Brie, les seigneurs de Serrant. La chapelle actuelle a été construite au début du XVIe siècle.

Au début du XVIIIème le château est la propriété de Georges Lusson, fils de René Lusson, greffier du comté de Serrant. il est marié à Anne Marie Jory, fille d’un marchand et ancien juge d’Angers. Leur fille Anne Christine se marie avec Julien Heurtelou, secrétaire à la mairie d’Angers, qui reçoit le château en dot. Leur fils Julien Georges Jean, né le 26 mai 1765, deviendra officier municipal de novembre 1791 à avril 1795, puis administrateur du district d’Angers jusqu’en juin 1798, à la suite de quoi, il deviendra membre de la commission des hospices et membre du conseil général de 1800 à 1808. Il fait reconstruire le château de la Bénaudière après 1796. Il est élu à la chambre des Députés en 1815 pendant la Restauration. Il décède à la Bénaudière le 30 août 1841.

La propriété est ensuite restée dans la même famille depuis 1854, date d’acquisition par Charles-Marie Calixtede Jousselin, arrière grand-père des propriétaires actuels. A cette époque, Monsieur de Jousselin entreprend de grands travaux de drainage commencés dès l’hiver 1855. Ces travaux permettent de transformer le domaine en exploitation modèle qui a disputé la coupe d’honneur du concours agricole de 1862 et mérité la grande médaille d’or.

Son fils, Marie-Paul François de Jousselin, montera un élevage de chevaux qui disputeront les courses hippiques au château de Serrant notamment.  A l’âge de 19 ans, le fils de ce dernier, René de Jousselin, meurt dans un tragique accident de motocyclette à Angers, en novembre 1927. C’est Alice de Jousselin qui, mariée à Joseph Le Court de Béru, héritera du château de la Bénaudière.

Le château est, aujourd’hui, une propriété privée, appartenant à leurs descendants.

Carte postale du château de la bénaudière au début du XXème siècle
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Le château de la Comterie

Le château de la Comterie

Château de la comterie vue du ciel

La première « comterie » datant du XVIIème siècle, avec dépendances du XVIème dont un four à pain demeuré intact, fut la résidence de Monsieur Epiphane Lair, notaire sous la Restauration à Saint Georges.

Son fils, Adolphe Lair, magistrat (1834-1910) fit construire l’actuel château dans les années 1875. De nombreux artisans de la commune participèrent à son édification, ainsi que des compagnons du devoir, dont des messages retrouvés lors de travaux attestent la présence. Le campanile demeure un point géodésique indiqué sur les carte d’état-major.

Cette demeure revient à Maurice Lair qui fut maire de Saint Georges jusqu’en 1946, puis à ses filles, Madame Buffet et Mlle Lair avant d’appartenir à la famille Giffard.

Le château est actuellement une propriété privée.

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Le Port Girault et le Grand Bras

Le Port Girault et le Grand Bras

Vue aérienne du pont du grand bras et du port girault

Le Port Girault est un hameau dépendant de Saint Georges sur Loire. Il est situé sur la voie ancienne qui longeait le fleuve et fut au cours des siècles un port à l’activité importante.

Le bourg de Saint Georges établi sur le coteau, loin du fleuve avait besoin d’un port car les marchandises nécessaires à la vie d’une communauté arrivaient ou partaient par la Loire. Le Port Girault a donc longtemps été ce lien entre les saint-georgeois, groupés autour de l’abbaye et de l’église, et l’activé marchande, pour une bonne part fluviale.

En 1824, sont ainsi acheminés par la Loire tous les matériaux qui serviront à construire l’actuelle église de Saint Georges : pierres, tuffeaux, bois, ardoises, chaux…. sont débarqués au Port Girault puis « charroyés » jusque dans le bourg.

Comme dans tous les endroits où se croisent et s’arrêtent des hommes et des marchandises, le Port Girault a eu des lieux d’accueil : on sait qu’une auberge, la Boule d’or, se tenait sur la levée.

On sait aussi qu’un puits de mine y a été creusé en 1842 pour extraire de la houille. Le sillon minier de la Basse Loire longe le fleuve. Mais de faible rendement, il a été fermé en 1847 contrairement aux mines de la Villette qui perdurèrent jusqu’au début du XXème siècle.

Le XXème siècle a vu disparaître les activités du Port Girault qui reste aujourd’hui un quartier séduisant, calme et malgré la fin du transport fluvial, particulièrement vivant.

Le Grand Bras est le nom que porte le bras de la Loire bordant Saint Georges. Ce nom évoque la période pendant laquelle le commerce fluvial, intense jusqu’aux années 1850, longeait la rive nord de la Loire, avant d’être concurrencé par le chemin de fer.

Que s’est-il passé ? Le franchissement du fleuve a toujours été difficile : gués (il existe encore un passage pavé au fond de la Loire), ponts de bois de Saint Georges à l’île puis de l’île à Chalonnes et surtout bacs ont permis pendant des siècles d’acheminer d’une rive à l’autre, gens et marchandises. Au premier millénaire, la cote des inondations ne franchissait pas les 3 mètres. Depuis, la construction des levées et autres digues ont fait monter le niveau des inondations. 

En 1841, sous le règne de Louis Philippe, on entreprend la construction de trois ponts. Ils s’inscrivent dans le projet d’une liaison stratégique, favorisant le déplacement éventuel des armées entre Segré et Cholet. Ils sont à péage et deux petites maisons à chaque entrée du franchissement du fleuve (côté Saint Georges et côté Chalonnes) abritent les receveurs.

A la fin du XIXème siècle, Lucien Frémy, maire de Chalonnes, conseiller général et surtout liquoriste réputé, voudrait pouvoir effectuer, en toute saison, le transport de ses marchandises par voie fluviale. Mais le bras actif de la Loire, plus large que l’autre, longe la rive nord. Frémy est donc favorable à un détournement du fleuve. Ce sera fait et les travaux dureront jusqu’en 1906. Un barrage en aval du port de l’Alleud à la Possonnière va détourner le courant principal du fleuve vers Chalonnes.

Le Grand Bras devient alors un bras mort et seul son nom évoque encore l’activité marchande passée.

Pont du grand Bras

Le Grand bras en 1938

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Le prieuré de l’Epinay

Le prieuré de l'Épinay

Photographie du prieuré de l'épinay

C’est en 1208 que le seigneur du Plessis-Macé, possesseur de la terre, fonda le prieuré, accolé au château du même nom, avec l’accord de l’abbé de l’abbaye de Saint Georges. Les habitants de la vallée pouvaient ainsi assister aux offices religieux sans avoir à parcourir de longues distances. Deux messes par semaines devaient y être célébrées.

La chapelle fut placée sous le patronage de Sainte Pétronille, à qui on reconnaissait le pouvoir de guérir des fièvres. Elle devint donc très vite un lieu de pèlerinage fréquenté, car on ne savait pas soigner ces fièvres diverses, souvent graves, parfois mortelles.

Un prieur, c’est -à-dire un prêtre nommé par l’abbé de l’abbaye de Saint Georges, fut chargé d’animer ce lieu de culte. Un logis fut construit pour lui et existe toujours, encore occupé de nos jours.

Pour subvenir aux besoins de l’ensemble, le prieur percevait les revenus de nombreuses terres, de vignes, de la métairie de la Chétarderie toute proche, des prés et du moulin de Coutance et aussi des Grandes Touches, de la Basoterie…

Ces revenus étaient suffisants pour intéresser au XVIIème siècle, le grand dramaturge français Jean Racine, particulièrement désargenté. Son oncle, Antoine Sconin, qui en avait bénéficié, les lui avait cédés (on disait alors résignés). Dès 1666, Jean Racine fait précéder sa signature de la mention « prieur de l’Espinay ». Précisons qu’à cette époque, il n’était nul besoin d’être prêtre et d’habiter le lieu pour jouir de ce bénéfice.

Fenêtre en ogive du prieuré de l'épinay

Mais l’évêque d’Angers ne l’entendit pas de cette oreille et voulut nommer à l’Epinay un prieur de son choix. La suite, ce fut un procès pour savoir qui occuperait la charge, procès long, couteux que Racine a perdu ou abandonné, on en sait pas.

La vengeance de Racine s’est exprimée par l’écriture de la seule pièce comique de son œuvre : Les Plaideurs, dans laquelle il se moque du monde de la justice.

La chapelle est éclairée au nord et au sud par deux fenêtres ogivales. L’une d’entre elles est à menaux et surmontée d’une rosace montrant des anges jouant de la trompette.

Le prieuré est aujourd’hui une propriété privée, gîte et chambre d’hôte.

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Le château de l’Epinay

Le château de l'Épinay

carte postale du château de l'épinay au début du XXème siècle

Le château de l’Épinay dont l’histoire remonte, comme celle du prieuré, au XIIIe siècle, a subi au cours des temps de nombreuses transformations.

Il a d’abord fait partie du domaine du Plessis-Macé, puis lorsque celui-ci fut vendu au XVIIe siècle, au château de Serrant.

Lorsque, à partir des années 1640, une fièvre de construction s’empara de la paroisse de Saint Georges sur Loire, et que les demeures seigneuriales, à l’image de Serrant, s’agrandirent et se transformèrent, le manoir de l’Épinay fut prolongé vers le sud par un grand bâtiment. Sa façade évoque celle de l’abbaye de Saint Georges.

Des constructions plus anciennes, témoignant de son histoire, il reste la fuie, ou colombier. Elle fut, sans doute, une tour de la première enceinte fortifiée datant des années 1200. Cette fuie comprend 400 trous de boulins ou nichoirs, chaque trou correspondant à une surface de la propriété. On s’accorde à penser que 2 trous de boulins représentent approximativement 1 hectare. Seuls les seigneurs pouvaient posséder une fuie et disposer ainsi de la précieuse colombine, ou fiente des pigeons qu’ils y récoltaient et qui constituait un engrais apprécié.

La tour carrée, ancien logis seigneurial, date du XVe siècle.

Tout le sud-ouest de la paroisse de Saint Georges constituait sa richesse : c’était une partie des rives de la Loire, des terres fertiles en vallée, des bois, des métairies et des closeries (c’est-à-dire de toutes petites exploitations ne possédant ni animaux ni matériel de labour).

Ces terres étaient la possession de grandes familles de l’Anjou : les Gastinel au XIIème, les Montalais de Vern à partir du XVème, les La Jaille puis les Brie de Serrant et les Andigné. En 1730, la propriété est vendu à la famille de Cumont. En 1874, Arthur de Cumont, ministre de l’instruction et maire de Saint Georges , en hérite. Au XXème, le château est la propriété de Jean Gasiorowski, industriel du Nord, qui devient maire de Saint Georges de 1947 à 1959.

C’est aujourd’hui une propriété privée, un hôtel, restaurant, espace de bien-être.

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Le Réfectoire des Moines

Le Réfectoire des Moines

Plan du réfectoire des moines actuel

Fresque des vieillards de l’apocalypse

Situé derrière l’église, nanti d’un vieux portail, ce bâtiment n’est pas très attirant. Par contre, c’est vraisemblablement la plus ancienne construction du bourg de Saint Georges encore debout (des ruines de bâtiments plus anciens sont encore visibles dans les caves de l’abbaye).

Ce bâtiment était à l’origine l’église paroissiale, vraisemblablement datée du Xe siècle. Vers la fin du XIIe, période de la construction de l’Abbaye, une fresque est réalisée au sommet du pignon est. Elle représente les vieillards de l’Apocalypse, surmontée d’une frise de grecques. Les 24 vieillards étaient représentés sous des arcades délimitées par des colonnes à chapiteaux, alternativement bleu et rouge. Les personnages d’une hauteur d’environ 60 cm, sont vêtus de tuniques bleues ou vertes et tiennent un bâton. Leur tête est alternativement tournée à droite et à gauche. La restauratrice qui a effectué les travaux de sauvegarde assure que l’ensemble des murs étaient décorés. Une merveille pour ceux qui venaient prier là. La fresque est semblable à celle de la chapelle de Pritz près de Laval. Certaines traces de bleu montrent que les artistes ont utilisé du lapis-lazuli, pierre venue d’Afghanistan et très chère à cette époque.

Au XIIe siècle, les murs des pignons ont été relevés. La charpente est refaite et lambrissée. Ce lambris est vraisemblablement peint, en témoigne la bande décorative soulignant le dessin de la voûte sur les deux pignons et épousant la forme de la charpente.

De 1541 à 1575, l’abbé se nomme Antoine Millet, Il entreprend d’importantes modifications de la première église et la transforme en réfectoire. Il installe un plancher intermédiaire. Le long du pignon est, il fait monter une grande cheminée qui écrase la fresque des vieillards de l’Apocalypse. Ausud, il ouvre une grande porte et une fenêtre à meneaux et aménage une petite porte en fenêtre pour éclairer le lecteur du réfectoire. Dans tout le bâtiment, il fait exécuter des décorations : les grosses poutres du plancher sont entièrement peintes et sur le manteau de la cheminée, il fait peindre une citation de l’évangile de Saint Matthieu en lettres d’or sur fond bleu dont la traduction est « Jésus s’est assis avec ses disciples. Fait par Antoine Millet, Abbé de Saint Georges en 1573 ».

la charpente du réfectoire des moines

Charpente du réfectoire des moines

Cheminée du réfectoire des moines

Cheminée portant l’inscription de 1573

ossements retrouvés dans le réfectoire des moines

Ossements retrouvés durant les fouilles du réfectoire

En 1688, témoin de son déclin, Jean Baptiste Lully, fils du musicien de Louis XIV, désigne le bâtiment dans une expertise foncière comme « le réfectoire des religieux dudit Saint Georges à présent rempli de blé ».

En 1733, on parle encore de « l’ancien réfectoire des religieux ». En 1788, il semble que le bâtiment serve d’écurie.

Vendu comme bien national à la Révolution et passant entre les mains de différents propriétaires, tous habitants de Saint Georges, le site devient écurie, abrite le corbillard alors tiré par des chevaux, puis sert de hangar à un artisan avant d’être acquis par la commune.

Lors des fouilles du réfectoire des moines, la grande surprise est venue de la découverte, à cet endroit, d’un cimetière daté des VIIe ou VIIIe siècle. Qui dit cimetière, dit habitat à une certaine proximité. Aujourd’hui, aucune recherche complémentaire n’a mis en évidence d’autres traces de cet ancien habitat. Cependant, une hypothèse peut être échafaudée : on est en droit de rechercher un lieu de culte lié à ce cimetière et à cet habitat en question. Nous possédons les plans d’une église détruite à la Révolution. Les piliers de la nef excitent l’imagination : les écarts entre piliers sont différents, plus petits vers le chœur de l’église, plus grands vers l’entrée. Cela indique vraisemblablement une construction en deux temps. La question fuse immédiatement : était-ce un ancien temple ? De quelle époque ? Avait-on un ensemble bâti ? Autant de questions sans réponse.

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Le polissoir

Le polissoir

6000-2200 av Jc. Néolithique

Photographie du polissoir
polissoir face à 4 bassins

Découvert dans les années 1980, lors des travaux de restauration, dans les jardins au pied de l’Abbaye, ce bloc de pierre montre six excavations, résultant du polissage d’autres pierres. Il date vraisemblablement du néolithique (époque la plus récente de la préhistoire, appelé aussi âge de la pierre polie). C’est un bloc de granit, dont l’origine n’est à priori pas locale.

Cette période qui correspond aux premières sociétés de paysans, et comprise entre 6000 et 2200 avant JC. On venait y dégrossir et lisser longuement les outils de pierre, comme des haches, que l’on emmanchait ensuite sur un support de bois.

Jusqu’en 1996, seule la face présentant deux bassins étaient visibles : on le surnomma alors « les fesses de sorcières ». Mais suite à la visite d’un archéologue, on découvrit que la face opposée comportait quatre autres bassins. ces six bassins en font une pièce tout à fait remarquable, la plupart des polissoirs ne comportant que deux bassins. Depuis la pierre est présentée de ce côté.

La pierre mesure environ 1m10 pour une épaisseur d’un peu plus de 50 cm. Les bassins font une quarantaine de centimètres sur 25 de large et son profond d’une dizaine de centimètres. Elle constitue la trace la plus ancienne de l’habitation de Saint  Georges aujourd’hui découverte.

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Bernard dit Daniel Crétin

Bernard dit Daniel Crétin

1925-1944

Photographie de Daniel Crétin

Bernard Crétin que sa mère a toujours appelé Daniel est né à Saint Georges en 1925. Son père blessé pendant la Première Guerre Mondiale meurt alors qu’il n’a que 6 ans. Daniel intègre l’école normale d’instituteurs d’Angers en 1941 au sein de laquelle se monte un réseau de Résistance dont Daniel fait partie. Les premières actions consistent à distribuer des tracts, des affiches, appelant à l’insoumission. Un peu plus tard, le groupe se signale en renversant, boulevard Foch à Angers, des kiosques de propagande nazie. En juin 1943, alors que les actions de résistance s’étaient développées, le groupe s’était réuni dans une salle de permanence du lycée David d’Angers afin de définir certaines règles de prudence. En aucun cas, les noms des membres du réseau ne devaient apparaître. Il fallait les remplacer par des numéros ou des surnoms. Hélas, cette consigne n’a pas été respectée par celui qui détenait ces listes. Le 16 juin dans la nuit, des membres du réseau se rendent à la mairie de Vern d’Anjou, pour y voler des tickets d’alimentation et des tampons qui permettront d’établir de fausses cartes d’identité. Au retour, ils sont surpris par deux gendarmes allemands qui patrouillaient : fusillade. Les deux allemands sont tués, un troisième surgit et le groupe s’enfuit et se disperse. L’un d’eux abandonne le vélo sur lequel il était venu. Sur ce vélo, une sacoche. Dans la sacoche, les noms des membres du réseau.

Bernard Daniel ne faisait pas partie de l’équipée nocturne, mais son nom sur les listes a scellé son sort.

Bernard Daniel qui avait révisé, chez sa mère, à Saint-Georges, les épreuves du baccalauréat, est arrêté, le 20 juin, alors qu’il se présentait pour passer l’examen avec ses camarades.

Tous ces jeunes ont été internés dans les locaux du Pré-Pigeon, sans pouvoir communiquer entre eux. Interrogés à plusieurs reprises, ils ont, ensuite, été remis à l’autorité allemande. Trois d’entre eux seront fusillés à Belle Beille. Les dix autres seront déportés, parmi lesquels Bernard Daniel qui prendra la direction de Buchenwald, puis de Dora.

Dans cet enfer, est mort le 13 ou 14 janvier 1944, Bernard Daniel à 19 ans. Il portait le numéro matricule 20 798.

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Jacques-Ambroise Monprofit

Jacques-Ambroise Monprofit

1857-1922

Photographie du professeur Monprofit

Jacques-Ambroise Monprofit est né à Saint Georges en 1857 dans une maison de la place qui porte aujourd’hui son nom et qui à l’époque était le champ de foire. Son père est Louis Monprofit, qui sera élu maire de la commune en 1871. Jacques-Ambroise poursuit à Angers des études brillantes et est reçu en 1883 à l’internat des hôpitaux de Paris. Il s’engage totalement dans la voie d’une chirurgie nouvelle qui , prenant en compte les découvertes de Pasteur, pratique une asepsie, c’est-à-dire une désinfection des salles d’opération et du matériel chirurgical. Après des voyages à l’étranger, il revient en Anjou en 1888 et il ouvre sa clinique privée. Il modifie d’abord profondément les pratiques de la gynécologie et de l’obstétrique, en organisant des locaux fonctionnels où l’asepsie devient une règle impérative. En 1890, il épouse, à Chalonnes-sur-Loire, Marie Frémy, fille d’un propriétaire-négociant issue d’une famille est bien connue à Chalonnes. Jacques-Ambroise écrit des traités médicaux, des articles dans des revues ; il fonde même, en 1894, l’Anjou Médical, qui ouvre ses colonnes aux chirurgiens de la région. Sa renommée s’étend ; on vient le voir opérer. Il est un maître dont on observe les gestes et le savoir faire, dont on écoute les leçons qu’il prodigue avec un vrai talent d’orateur.

En 1898, il devient titulaire de la chaire de Clinique chirurgicale ; cela va lui permettre de faire construire un bâtiment à l’hôpital, d’aménager de nouvelles salles d’opérationet un laboratoire de radiographie.

En 1893, il est élu conseiller municipal à Angers, alors que son confrère Guignard est maire d’Angers. D’étiquette « républicain progressiste », ce que nous appellerions aujourd’hui centre droit, l’homme politique a pourtant ses zones d’ombre, et sa générosité naturelle ne s’étend pas à tous les domaines de la vie. Ainsi, il n’hésite pas à parler avec hargne de « l’argent juif » lors de sa campagne de 1908, un discours banalisé dans une France frappée par l’affaire Dreyfus, où l’antisémitisme était alors affirmé et revendiqué sans honte.

Maire d’Angers, il devra faire face aux terribles inondations de 1910, organisant les secours et portant assistance aux sinistrés. Il est également conseiller général et député à partir de 1910.

La première Guerre Mondiale éclate alors qu’il a 57 ans. Qu’importe ! Il part pour le front, car il a mis au point, encore une fois, une nouveauté : l’auto-chir, cette ambulance qui permet d’opérer les blessés sur le terrain même des combats. Il fait modifier ses instruments afin qu’ils soient adaptés à la chirurgie de guerre, et met au point un lien antihémorragique.

Malade, il est démobilisé en 1917, et rentre chez lui, à Angers. C’est la grippe, qui met fin, brutalement, le 30 janvier 1922 à la vie de cet homme inlassable. Il a seulement 64 ans.

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Coupure de presse de 1922 sur les funérailles du professeur Monprofit
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Guillaume Bautru

Guillaume Bautru

1588-1665

Portrait de Guillaume Bautru
signature de Guillaume Bautru II

Poète satirique, protégé de Richelieu, il acquiert le château de Serrant en 1636 où il y conservera les premiers volumes de la fameuse bibliothèque et lancera les premiers travaux de construction qui propulseront Saint Georges dans le Grand Siècle.

Guillaume Bautru, comte de Serrant est né à Angers en 1588 et mort à Paris le 7 mars 1665.

En parfait « honnête homme » du XVIIe, il va cultiver le goût des bons mots dans des poèmes satiriques qui lui permettront d’entrer à l’Académie Française où il a pour voisin le grand Corneille.

Fils de Guillaume Bautru, magistrat protestant angevin, Il hérite en 1610 de la charge prestigieuse acquise par son père de maître des comptes à Paris. Fidèle de Marie de Médicis, il la suit dans son exil à Angers en 1617. Bautru commande alors une troupe de 70 hommes devant le château des Ponts-de-Cé pour le compte de la Reine, bientôt vaincue par les hommes de son fils, le roi Louis XIII. Commence alors pour Bautru une longue carrière diplomatique dans laquelle on peut relever des moments particulièrement importants. En 1625, il est chargé de négociations dans l’affaire de la Valteline, une province alpine où s’affrontent les Habsbourg d’Autriche et d’Espagne, et les Français au prétexte de soutenir pour les uns les catholiques, pour les autres les protestants. En 1628, il mène pour son roi une mission dans la difficile succession du duché de Mantoue, en Lombardie. En 1628, encore, il s’acquitte avec brio d’une démarche auprès de Georges Villiers, duc de Buckingham, car l’Angleterre soutient la ville de La Rochelle, place forte protestante, révoltée contre le pouvoir royal. Protégé de Richelieu, Bautru, pendant toutes ces années, court l’Europe afin d’accomplir de délicates et discrètes missions diplomatiques. Il reste, envers et contre tout, un proche de Gaston d’Orléans, frère rebelle de Louis XIII, dont il partage les goûts de vie libertine, fréquentant les poètes et participant aux fêtes de la cour de Blois, qu’anime le jeune prince. Il manifeste, de manière originale dans cette société dévote, un véritable irrespect pour la religion.

En 1636, Guillaume Bautru achète le château de Serrant et ses terres, vendus par Hercule de Montbazon ruiné. Le duc lui inspire le poème « L’onosandre ou le Grossier, satyre ».

Comme la chancellerie royale lui a adressé, sans doute par erreur, un courrier au nom de monsieur de Bautru, comte de Serrant, il s’empare de la particule nobiliaire et du titre de comte. En réalité la terre ne sera érigée en comté qu’un siècle plus tard. A-t-il inspiré, comme on a pu le prétendre, Molière pour son Bourgeois gentilhomme ?

Il est désormais un véritable seigneur et il va gérer son domaine avec rigueur. Il entreprend de grands travaux intérieurs et extérieurs qui attirent de nombreux artisans à Saint Georges. Pour nourrir tout ce monde, et maintenir cette effervescence, des achats de blé, de farine, de viande, d’œufs, de beurre, d’huile sont régulièrement effectués en grande quantité. Cela va provoquer dans les châteaux environnants et l’abbaye du lieu une fièvre de construction et faire de Saint-Georges, un village du grand siècle. Guillaume s’emploie aussi à embellir l’intérieur du château : le très beau cabinet d’ébène qu’il est possible d’admirer encore aujourd’hui, attribué à Pierre Gole semble bien avoir été commandé par Bautru.

Un autre souci du châtelain, c’est la bibliothèque que cet homme de culture s’applique à constituer, à enrichir de nombreux livres d’histoire, d’histoire des grandes familles, de géographie, de philosophie, de théologie, d’œuvres littéraires anciennes et contemporaines, d’architecture…

Les écrits du Romain Vitruve y côtoient ceux de l’Arabe Averroès, de saint Augustin, du philosophe-astronome Pierre Gassendi et aussi les Essais de Montaigne ou les Chroniques d’Anjou de Bourdigné, preuves d’une insatiable curiosité et d’une grande ouverture d’esprit.

Dans ce beau décor, on dit qu’il reçoit à la fin août 1661 le roi Louis XIV, en route pour arrêter à Nantes le surintendant Nicolas Fouquet. Aucune preuve historique, si ce n’est un poème attribué à Saint-Amant, écrit pour rassurer la reine Marie-Thérèse et la reine mère restées à Paris.

« Dans un assez grand bois, qui Serrant environne,

Maison digne du maître, aussi belle que bonne

Dans un vieux chemin creux un maladroit cocher

Qui ne doutait de rien nous fit tous embourber… »

Dessin du château de Serrant en 1690
Bibliothèque du château de Serrant