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Saint Georges Patrimoine

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L’église

L'église

Bâtiment remarquable, elle fût construite en 1825 et à connu de nombreux travaux.

Carte postale de la place de l'église au début du XXème siècle

L'histoire de l'église

La construction de cette église a commencé en 1825, sur les plans de l’architecte Mathurin Binet (1773-1848). Mathurin Binet était architecte municipal à la ville d’Angers : il fut en charge de la restauration du clocher de la cathédrale Saint Maurice à Angers après l’incendie de 1831. Il fut aussi en charge de la construction du premier Grand Théâtre d’Angers inauguré en 1825 et détruit par un incendie en 1865 avant d’être reconstruit.

Il avait fallu auparavant démolir l’ancienne et belle église abbatiale et les cloitres du couvent, vendus aux enchères pour leurs pierres !

L’édifice actuel a donc été élevé à l’emplacement des cloitres et d’une partie de cette ancienne église. Elle est de style néo grec, très en vogue au XIXème siècle.

On peut y admirer un remarquable chemin de croix de Stani Nitkowsky, artiste contemporain, ami de Robert Tatin, qui a longtemps résidé à Saint Georges. Il est révélateur de la première période de son œuvre.

Deux vitraux de part et d’autre du chœur doivent retenir l’attention : ils datent du début du XIXème siècle et sont signés du saint-georgeois Charles Thierry. Peintre, ferblantier, décorateur remarqué par la comtesse de Serrant et travaillant d’abord dans l’atelier qu’elle avait fait édifier dans le château de Serrant, il devint un peintre sur verre apprécié et fournit en vitraux de nombreuses églises de la région. C’est sans doute en 1828 qu’il réalisa ceux de l’église de Saint Georges. La mode alors était au verre peint. Thierry avait réintroduit l’art du vitrail en Europe et l’atelier qu’il fonda à Angers en 1844 existe toujours.

Le clocher abrite aujourd’hui trois cloches. La plus massive fut donnée par le comte Théobald Walsh après la reconstruction de l’église. Elle se nomme Jeanne Marguerite et fut bénite en 1839 par Mgr. Charles de Montault, évêque d’Angers. Les deux autres ont été acquises par le conseil municipal en 1866 après que la seconde cloche daté de 1677 et offerte par Guillaume III Bautru cassa en 1865. La première de 682 kg se nomme Alfred Louis Marie avait pour parrain le comte Alfred Walsh et pour marraine Sophie Legrand, sa femme. La seconde, prénommée Marie Casimir Valentine Laure Georgette, pèse 470 kg et avait pour parrain Casimir Challet, attaché au ministère des Affaires étrangères et sous-consul de France à Barcelone et Mlle Marie Faugeron, fille de Séréné Faugeron, maire de Saint Georges. La Fabrique s’endetta à hauteur de 4 000 francs pour payer ces deux cloches.

En 1900, une violente tempête, qualifié d’ouragan, s’abattit sur Saint Georges infligeant d’importants dégâts à la toiture de l’église qui dut être refaite.

Une architecture remarquable

cloche de l'église

Le grand retable baroque date de 1843 et est attribué à Dominique Massini. Imposant, doré à sa construction, il a été recouvert vers la fin du XIXème siècle de bronzine, poudre métallique à base de cuivre, qui, moins chère, donnait l’illusion de l’or.

Enfin, l’église recèle un orgue, modeste mais signé du plus grand facteur d’orgue du XIXème siècle : Aristide Cavaillé-Coll. Il est acquis par le conseil paroissial de la fabrique pour l’église de Saint Georges en 1874 grâce à des subventions diverses et la participation du comte Arthur de Cumont, ministre de l’instruction publique et des cultes et futur maire du village. Le buffet en chêne abrite deux tourelles de cinq tuyaux encadrant une plate face de 23 tuyaux. La tribune de l’orgue est placée en fond de nef.

Le clocher abrite aujourd’hui trois cloches. La plus massive fut donnée par le comte Théobald Walsh après la reconstruction de l’église. Elle se nomme Jeanne Marguerite et fut bénite en 1839 par Mgr. Charles de Montault, évêque d’Angers. Les deux autres ont été acquises par le conseil municipal en 1866 après que la seconde cloche daté de 1677 et offerte par Guillaume III Bautru cassa en 1865. La première de 682 kg se nomme Alfred Louis Marie avait pour parrain le comte Alfred Walsh et pour marraine Sophie Legrand, sa femme.

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La Magnanerie

La Magnanerie

Née d’un pari audacieux entre un géomètre passionné et le comte de Serrant, la Magnanerie fut d’abord prometteuse avant de décliner à cause des maladies qui frappèrent la sériciculture. 

Photographie de la magnagnerie

Histoire

Le bâtiment a été construit en 1838 pour abriter un élevage de vers à soie destinés à la production du fil employé pour la confection du tissu.
Construit sur 3 étages, il mesure 24 mètres de long sur 12 mètres de large.
L’histoire commence par la rencontre de René Suaudeau, un géomètre originaire des Deux-Sèvres, arrivé dans la région vers 1835, avec le Comte Alfred Walsh de Serrant.
René Suaudeau s’était intéressé à l’élevage du ver à soie (larve du bombyx du mûrier) et avait suivi une formation en ce sens. Il arrive à Saint-Georges porteur d’œufs du papillon. Et l’aventure peut commencer.
Il faut s’assurer de l’alimentation de la chenille ; les mûriers étaient déjà présents en Anjou et les plus anciens, en bord de Loire dataient de 1754, année de leur introduction.
Des mûriers seront plantés, probablement dans la zone de la Murie ; la surface occupée (20 hectares) comptait 71 000 arbres auxquels il faut rajouter 4 Ha de pépinière.
Le bâtiment, lui-même, est bien équipé. Il y faut de la chaleur, de la lumière et de l’aération. On n’a pas le détail de l’équipement mais en 1840, un inspecteur chargé des magnaneries fait au ministre de l’agriculture un compte rendu élogieux. Le système de chauffage et de ventilation est inspiré de celui mis au point par Jean- Pierre-Joseph d’Arcet et décrit en 1838.

Le déclin de la Magnanerie

La production, modeste, commence et la qualité est vite reconnue par l’attribution de médailles et de prix. Un premier prix distingue « Mme la comtesse Alfred Walsh de Serrant et M Suaudeau père ». La Comtesse de Serrant est Sophie Legrand, épouse du Comte Alfred Walsh de Serrant. Quand à Marie Hylas Suaudeau, fils de René Suaudeau, il devient régisseur des terres de Serrant et sera maire de Saint-Georges de 1871 à 1887.
La fille de René Suaudeau, Marie-Geneviève supervise la filature ; pour cela elle reçoit une médaille de vermeil « pour l’application et l’habileté avec lesquelles elle dirige l’atelier de filage annexé à la magnanerie de la Haute Lande, située près du château de Serrant ».

En 1844, la Magnanerie produit 640 kg de cocon de soie brute. Les apprenties fileuses de la Haute Lande sont choisies « parmi les jeunes orphelines de l’hospice d’Angers qui formeront bientôt une excellente école de fileuses ». On ignore leur nombre, leur âge, les conditions de leur hébergement et de leur travail. Hélas, l’histoire si bien commencée se termine mal. La sériciculture est en chute libre dans nombre de régions (à l’exception du Sud-Ouest) où elle s’était installée ; la raison tient au développement de maladies mortelles du ver à soie.
On ignore le moment de l’arrêt de la production de soie à Saint-Georges. On sait qu’en 1849, René Suaudeau, son épouse, sa fille et son gendre, Eugène Colette quittent Saint Georges pour se rendre en Algérie.

Plan d'une magnanerie
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Le château de la Benaudière

Le château de la Bénaudière

Le château de la Bénaudière est situé à l’ouest de Saint Georges à proximité de la route départementale et à la frontière avec Saint Germain des Prés. Les deux communes sont séparées par le ruisseau de la Bénaudière prenant sa source dans la forêt de Bécon-les-Granits et qui alimente l’étang du XVIIe qui jouxte cette demeure.

Carte postale du château de la Benaudière au début du XXème siècle

Histoire

Le domaine appartient jusqu’au  XVIe siècle, à la famille De Brie, les seigneurs de Serrant. La chapelle actuelle a été construite au début du XVIe siècle.

Au début du XVIIIème le château est la propriété de Georges Lusson, fils de René Lusson, greffier du comté de Serrant. il est marié à Anne Marie Jory, fille d’un marchand et ancien juge d’Angers. Leur fille Anne Christine se marie avec Julien Heurtelou, secrétaire à la mairie d’Angers, qui reçoit le château en dot. Leur fils Julien Georges Jean, né le 26 mai 1765, deviendra officier municipal de novembre 1791 à avril 1795, puis administrateur du district d’Angers jusqu’en juin 1798, à la suite de quoi, il deviendra membre de la commission des hospices et membre du conseil général de 1800 à 1808. Il fait reconstruire le château de la Bénaudière après 1796. Il est élu à la chambre des Députés en 1815 pendant la Restauration. Il décède à la Bénaudière le 30 août 1841.

De grands travaux

La propriété est ensuite restée dans la même famille depuis 1854, date d’acquisition par Charles-Marie Calixtede Jousselin, arrière grand-père des propriétaires actuels. A cette époque, Monsieur de Jousselin entreprend de grands travaux de drainage commencés dès l’hiver 1855. Ces travaux permettent de transformer le domaine en exploitation modèle qui a disputé la coupe d’honneur du concours agricole de 1862 et mérité la grande médaille d’or.

Son fils, Marie-Paul François de Jousselin, montera un élevage de chevaux qui disputeront les courses hippiques au château de Serrant notamment.  A l’âge de 19 ans, le fils de ce dernier, René de Jousselin, meurt dans un tragique accident de motocyclette à Angers, en novembre 1927. C’est Alice de Jousselin qui, mariée à Joseph Le Court de Béru, héritera du château de la Bénaudière.

Le château est, aujourd’hui, une propriété privée, appartenant à leurs descendants.

Carte postale du château de la bénaudière au début du XXème siècle
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Le château de la Comterie

Le château de la Comterie

Château de la comterie vue du ciel

Histoire

La première « comterie » datant du XVIIème siècle, avec dépendances du XVIème dont un four à pain demeuré intact, fut la résidence de Monsieur Epiphane Lair, notaire sous la Restauration à Saint Georges.

Son fils, Adolphe Lair, magistrat (1834-1910) fit construire l’actuel château dans les années 1875. De nombreux artisans de la commune participèrent à son édification, ainsi que des compagnons du devoir, dont des messages retrouvés lors de travaux attestent la présence. Le campanile demeure un point géodésique indiqué sur les carte d’état-major.

Cette demeure revient à Maurice Lair qui fut maire de Saint Georges jusqu’en 1946, puis à ses filles, Madame Buffet et Mlle Lair avant d’appartenir à la famille Giffard.

Le château est actuellement une propriété privée.

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Le Port Girault et le Grand Bras

Le Port Girault et le Grand Bras

Le Port Girault est un hameau dépendant de Saint Georges sur Loire. Il est situé sur la voie ancienne qui longeait le fleuve et fut au cours des siècles un port à l’activité importante.

Vue aérienne du pont du grand bras et du port girault

Histoire

Le bourg de Saint Georges établi sur le coteau, loin du fleuve avait besoin d’un port car les marchandises nécessaires à la vie d’une communauté arrivaient ou partaient par la Loire. Le Port Girault a donc longtemps été ce lien entre les saint-georgeois, groupés autour de l’abbaye et de l’église, et l’activé marchande, pour une bonne part fluviale.

En 1824, sont ainsi acheminés par la Loire tous les matériaux qui serviront à construire l’actuelle église de Saint Georges : pierres, tuffeaux, bois, ardoises, chaux…. sont débarqués au Port Girault puis « charroyés » jusque dans le bourg.

Comme dans tous les endroits où se croisent et s’arrêtent des hommes et des marchandises, le Port Girault a eu des lieux d’accueil : on sait qu’une auberge, la Boule d’or, se tenait sur la levée.

On sait aussi qu’un puits de mine y a été creusé en 1842 pour extraire de la houille. Le sillon minier de la Basse Loire longe le fleuve. Mais de faible rendement, il a été fermé en 1847 contrairement aux mines de la Villette qui perdurèrent jusqu’au début du XXème siècle.

Le XXème siècle a vu disparaître les activités du Port Girault qui reste aujourd’hui un quartier séduisant, calme et malgré la fin du transport fluvial, particulièrement vivant.

Pourquoi "le Grand Bras" ?

Le Grand Bras est le nom que porte le bras de la Loire bordant Saint Georges. Ce nom évoque la période pendant laquelle le commerce fluvial, intense jusqu’aux années 1850, longeait la rive nord de la Loire, avant d’être concurrencé par le chemin de fer.

Que s’est-il passé ? Le franchissement du fleuve a toujours été difficile : gués (il existe encore un passage pavé au fond de la Loire), ponts de bois de Saint Georges à l’île puis de l’île à Chalonnes et surtout bacs ont permis pendant des siècles d’acheminer d’une rive à l’autre, gens et marchandises. Au premier millénaire, la cote des inondations ne franchissait pas les 3 mètres. Depuis, la construction des levées et autres digues ont fait monter le niveau des inondations. 

En 1841, sous le règne de Louis Philippe, on entreprend la construction de trois ponts. Ils s’inscrivent dans le projet d’une liaison stratégique, favorisant le déplacement éventuel des armées entre Segré et Cholet. Ils sont à péage et deux petites maisons à chaque entrée du franchissement du fleuve (côté Saint Georges et côté Chalonnes) abritent les receveurs.

A la fin du XIXème siècle, Lucien Frémy, maire de Chalonnes, conseiller général et surtout liquoriste réputé, voudrait pouvoir effectuer, en toute saison, le transport de ses marchandises par voie fluviale. Mais le bras actif de la Loire, plus large que l’autre, longe la rive nord. Frémy est donc favorable à un détournement du fleuve. Ce sera fait et les travaux dureront jusqu’en 1906. Un barrage en aval du port de l’Alleud à la Possonnière va détourner le courant principal du fleuve vers Chalonnes.

Le Grand Bras devient alors un bras mort et seul son nom évoque encore l’activité marchande passée.

Pont du grand Bras

Le Grand bras en 1938

L’Héritage : œuvre installée au Grand Bras en 2026

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Le prieuré de l’Epinay

Le prieuré de l'Épinay

Le prieuré de l’Épinay était un autrefois un lieu pour les habitants leur permettant d’assister au offices religieux. C’est aujourd’hui une propriété privée, gîte et chambre d’hôte.

Photographie du prieuré de l'épinay

Histoire

C’est en 1208 que le seigneur du Plessis-Macé, possesseur de la terre, fonda le prieuré, accolé au château du même nom, avec l’accord de l’abbé de l’abbaye de Saint Georges. Les habitants de la vallée pouvaient ainsi assister aux offices religieux sans avoir à parcourir de longues distances. Deux messes par semaines devaient y être célébrées.

La chapelle fut placée sous le patronage de Sainte Pétronille, à qui on reconnaissait le pouvoir de guérir des fièvres. Elle devint donc très vite un lieu de pèlerinage fréquenté, car on ne savait pas soigner ces fièvres diverses, souvent graves, parfois mortelles.

Un prieur, c’est -à-dire un prêtre nommé par l’abbé de l’abbaye de Saint Georges, fut chargé d’animer ce lieu de culte. Un logis fut construit pour lui et existe toujours, encore occupé de nos jours.

Pour subvenir aux besoins de l’ensemble, le prieur percevait les revenus de nombreuses terres, de vignes, de la métairie de la Chétarderie toute proche, des prés et du moulin de Coutance et aussi des Grandes Touches, de la Basoterie…

Ces revenus étaient suffisants pour intéresser au XVIIème siècle, le grand dramaturge français Jean Racine, particulièrement désargenté. Son oncle, Antoine Sconin, qui en avait bénéficié, les lui avait cédés (on disait alors résignés). Dès 1666, Jean Racine fait précéder sa signature de la mention « prieur de l’Espinay ». Précisons qu’à cette époque, il n’était nul besoin d’être prêtre et d’habiter le lieu pour jouir de ce bénéfice.

Fenêtre en ogive du prieuré de l'épinay

Mais l’évêque d’Angers ne l’entendit pas de cette oreille et voulut nommer à l’Epinay un prieur de son choix. La suite, ce fut un procès pour savoir qui occuperait la charge, procès long, couteux que Racine a perdu ou abandonné, on en sait pas.

La vengeance de Racine s’est exprimée par l’écriture de la seule pièce comique de son œuvre : Les Plaideurs, dans laquelle il se moque du monde de la justice.

La chapelle est éclairée au nord et au sud par deux fenêtres ogivales. L’une d’entre elles est à menaux et surmontée d’une rosace montrant des anges jouant de la trompette.

Le prieuré est aujourd’hui une propriété privée, gîte et chambre d’hôte.

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Le château de l’Epinay

Le château de l'Épinay

Le château de l’Épinay dont l’histoire remonte, comme celle du prieuré, au XIIIe siècle, a subi au cours des temps de nombreuses transformations.

carte postale du château de l'épinay au début du XXème siècle

Un domaine seigneurial au fil des siècles

Il a d’abord fait partie du domaine du Plessis-Macé, puis lorsque celui-ci fut vendu au XVIIe siècle, au château de Serrant.

Lorsque, à partir des années 1640, une fièvre de construction s’empara de la paroisse de Saint Georges sur Loire, et que les demeures seigneuriales, à l’image de Serrant, s’agrandirent et se transformèrent, le manoir de l’Épinay fut prolongé vers le sud par un grand bâtiment. Sa façade évoque celle de l’abbaye de Saint Georges.

Des constructions plus anciennes, témoignant de son histoire, il reste la fuie, ou colombier. Elle fut, sans doute, une tour de la première enceinte fortifiée datant des années 1200. Cette fuie comprend 400 trous de boulins ou nichoirs, chaque trou correspondant à une surface de la propriété. On s’accorde à penser que 2 trous de boulins représentent approximativement 1 hectare. Seuls les seigneurs pouvaient posséder une fuie et disposer ainsi de la précieuse colombine, ou fiente des pigeons qu’ils y récoltaient et qui constituait un engrais apprécié.

La tour carrée, ancien logis seigneurial, date du XVe siècle.

Tout le sud-ouest de la paroisse de Saint Georges constituait sa richesse : c’était une partie des rives de la Loire, des terres fertiles en vallée, des bois, des métairies et des closeries (c’est-à-dire de toutes petites exploitations ne possédant ni animaux ni matériel de labour).

Ces terres étaient la possession de grandes familles de l’Anjou : les Gastinel au XIIème, les Montalais de Vern à partir du XVème, les La Jaille puis les Brie de Serrant et les Andigné. En 1730, la propriété est vendu à la famille de Cumont. En 1874, Arthur de Cumont, ministre de l’instruction et maire de Saint Georges , en hérite. Au XXème, le château est la propriété de Jean Gasiorowski, industriel du Nord, qui devient maire de Saint Georges de 1947 à 1959.

C’est aujourd’hui une propriété privée, un hôtel, restaurant, espace de bien-être.

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Le Réfectoire des Moines

Le Réfectoire des Moines

Situé derrière l’église, nanti d’un vieux portail, ce bâtiment n’est pas très attirant. Par contre, c’est vraisemblablement la plus ancienne construction du bourg de Saint Georges encore debout (des ruines de bâtiments plus anciens sont encore visibles dans les caves de l’abbaye).

Plan du réfectoire des moines actuel

Fresque des vieillards de l’apocalypse

Une fresque du XIIe

Ce bâtiment était à l’origine l’église paroissiale, vraisemblablement datée du Xe siècle. Vers la fin du XIIe, période de la construction de l’Abbaye, une fresque est réalisée au sommet du pignon Est. Elle représente les vieillards de l’Apocalypse, surmontée d’une frise de grecques. Les 24 vieillards étaient représentés sous des arcades délimitées par des colonnes à chapiteaux, alternativement bleu et rouge. Les personnages d’une hauteur d’environ 60 cm, sont vêtus de tuniques bleues ou vertes et tiennent un bâton. Leur tête est alternativement tournée à droite et à gauche. La restauratrice qui a effectué les travaux de sauvegarde assure que l’ensemble des murs étaient décorés. Une merveille pour ceux qui venaient prier là. La fresque est semblable à celle de la chapelle de Pritz près de Laval. Certaines traces de bleu montrent que les artistes ont utilisé du lapis-lazuli, pierre venue d’Afghanistan et très chère à cette époque.

Des travaux d'envergure

Au XIIe siècle, les murs des pignons ont été relevés. La charpente est refaite et lambrissée. Ce lambris est vraisemblablement peint, en témoigne la bande décorative soulignant le dessin de la voûte sur les deux pignons et épousant la forme de la charpente.

De 1541 à 1575, l’abbé se nomme Antoine Millet, Il entreprend d’importantes modifications de la première église et la transforme en réfectoire. Il installe un plancher intermédiaire. Le long du pignon est, il fait monter une grande cheminée qui écrase la fresque des vieillards de l’Apocalypse. Ausud, il ouvre une grande porte et une fenêtre à meneaux et aménage une petite porte en fenêtre pour éclairer le lecteur du réfectoire. Dans tout le bâtiment, il fait exécuter des décorations : les grosses poutres du plancher sont entièrement peintes et sur le manteau de la cheminée, il fait peindre une citation de l’évangile de Saint Matthieu en lettres d’or sur fond bleu dont la traduction est « Jésus s’est assis avec ses disciples. Fait par Antoine Millet, Abbé de Saint Georges en 1573 ».

la charpente du réfectoire des moines

Charpente du réfectoire des moines

Cheminée du réfectoire des moines

Cheminée portant l’inscription de 1573

ossements retrouvés dans le réfectoire des moines

Ossements retrouvés durant les fouilles du réfectoire

Une découverte surprenante

En 1688, témoin de son déclin, Jean Baptiste Lully, fils du musicien de Louis XIV, désigne le bâtiment dans une expertise foncière comme « le réfectoire des religieux dudit Saint Georges à présent rempli de blé ».

En 1733, on parle encore de « l’ancien réfectoire des religieux ». En 1788, il semble que le bâtiment serve d’écurie.

Vendu comme bien national à la Révolution et passant entre les mains de différents propriétaires, tous habitants de Saint Georges, le site devient écurie, abrite le corbillard alors tiré par des chevaux, puis sert de hangar à un artisan avant d’être acquis par la commune.

Lors des fouilles du réfectoire des moines, la grande surprise est venue de la découverte, à cet endroit, d’un cimetière daté des VIIe ou VIIIe siècle. Qui dit cimetière, dit habitat à une certaine proximité. Aujourd’hui, aucune recherche complémentaire n’a mis en évidence d’autres traces de cet ancien habitat. Cependant, une hypothèse peut être échafaudée : on est en droit de rechercher un lieu de culte lié à ce cimetière et à cet habitat en question. Nous possédons les plans d’une église détruite à la Révolution. Les piliers de la nef excitent l’imagination : les écarts entre piliers sont différents, plus petits vers le chœur de l’église, plus grands vers l’entrée. Cela indique vraisemblablement une construction en deux temps. La question fuse immédiatement : était-ce un ancien temple ? De quelle époque ? Avait-on un ensemble bâti ? Autant de questions sans réponse.

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Le polissoir

Le polissoir

6000-2200 av Jc. Néolithique

Photographie du polissoir
polissoir face à 4 bassins

Découvert dans les années 1980, lors des travaux de restauration, dans les jardins au pied de l’Abbaye, ce bloc de pierre montre six excavations, résultant du polissage d’autres pierres. Il date vraisemblablement du néolithique (époque la plus récente de la préhistoire, appelé aussi âge de la pierre polie). C’est un bloc de granit, dont l’origine n’est à priori pas locale.

Cette période qui correspond aux premières sociétés de paysans, et comprise entre 6000 et 2200 avant JC. On venait y dégrossir et lisser longuement les outils de pierre, comme des haches, que l’on emmanchait ensuite sur un support de bois.

Jusqu’en 1996, seule la face présentant deux bassins étaient visibles : on le surnomma alors « les fesses de sorcières ». Mais suite à la visite d’un archéologue, on découvrit que la face opposée comportait quatre autres bassins. ces six bassins en font une pièce tout à fait remarquable, la plupart des polissoirs ne comportant que deux bassins. Depuis la pierre est présentée de ce côté.

La pierre mesure environ 1m10 pour une épaisseur d’un peu plus de 50 cm. Les bassins font une quarantaine de centimètres sur 25 de large et son profond d’une dizaine de centimètres. Elle constitue la trace la plus ancienne de l’habitation de Saint  Georges aujourd’hui découverte.

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Bernard dit Daniel Crétin

Bernard dit Daniel Crétin

1925-1944

Photographie de Daniel Crétin

Membre actif de la résistance

Bernard Crétin que sa mère a toujours appelé Daniel est né à Saint Georges en 1925. Son père blessé pendant la Première Guerre Mondiale meurt alors qu’il n’a que 6 ans. Daniel intègre l’école normale d’instituteurs d’Angers en 1941 au sein de laquelle se monte un réseau de Résistance dont Daniel fait partie. Les premières actions consistent à distribuer des tracts, des affiches, appelant à l’insoumission. Un peu plus tard, le groupe se signale en renversant, boulevard Foch à Angers, des kiosques de propagande nazie. En juin 1943, alors que les actions de résistance s’étaient développées, le groupe s’était réuni dans une salle de permanence du lycée David d’Angers afin de définir certaines règles de prudence. En aucun cas, les noms des membres du réseau ne devaient apparaître. Il fallait les remplacer par des numéros ou des surnoms. Hélas, cette consigne n’a pas été respectée par celui qui détenait ces listes. Le 16 juin dans la nuit, des membres du réseau se rendent à la mairie de Vern d’Anjou, pour y voler des tickets d’alimentation et des tampons qui permettront d’établir de fausses cartes d’identité. Au retour, ils sont surpris par deux gendarmes allemands qui patrouillaient : fusillade. Les deux allemands sont tués, un troisième surgit et le groupe s’enfuit et se disperse. L’un d’eux abandonne le vélo sur lequel il était venu. Sur ce vélo, une sacoche. Dans la sacoche, les noms des membres du réseau.

Bernard Daniel ne faisait pas partie de l’équipée nocturne, mais son nom sur les listes a scellé son sort.

Bernard Daniel qui avait révisé, chez sa mère, à Saint-Georges, les épreuves du baccalauréat, est arrêté, le 20 juin, alors qu’il se présentait pour passer l’examen avec ses camarades.

Tous ces jeunes ont été internés dans les locaux du Pré-Pigeon, sans pouvoir communiquer entre eux. Interrogés à plusieurs reprises, ils ont, ensuite, été remis à l’autorité allemande. Trois d’entre eux seront fusillés à Belle Beille. Les dix autres seront déportés, parmi lesquels Bernard Daniel qui prendra la direction de Buchenwald, puis de Dora.

Dans cet enfer, est mort le 13 ou 14 janvier 1944, Bernard Daniel à 19 ans. Il portait le numéro matricule 20 798.