Saint Georges Patrimoine

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La famille Keller

La famille Keller

1944 : Seconde Guerre Mondiale

plaque commémorative du cimetière à la mémoire de Daniel Crétin et de la famille Keller

Plaque commémorative située dans le cimetière de Saint Georges

La rue du Dolmen à Saint Nazaire où la famille Keller séjourna en 1940

En janvier 1944, une femme et ses trois enfants sont arrêtés sous les yeux des saint-georgeois par les gendarmes. Cette famille polonaise s’était installée dans la commune en 1940. Ils partiront pour Auschwitz où ils trouveront la mort.

Naftali Joseph KELLER est né en 1901 à Mostyka, un village de 4600 habitants aujourd’hui à la frontière de l’Ukraine et de la Pologne. Il rencontre Reisel GOLDSTEIN que l’on appelle Rosa dans la ville voisine de Yavoriv. Elle est de 7 ans son aînée mais ils se marient et s’installent à Przemysl, grande cité de plus de 60 000 âmes, où ils ont deux filles, Sara, le 2 mai 1928 et Irène, le 16 décembre 1929.

Il n’y a pas de trace de ce que le couple a traversé durant ces premières années. Ils sont nés et ont grandi au milieu d’un monde aux frontières floues (la Pologne se sépare de l’empire austro-hongrois en 1918 alors que l’Ukraine est sous domination soviétique) dans un climat de violence antisémite constant. Les pogroms (mot d’origine russe signifiant «destruction, pillage») qui frappent les communautés juives de l’Est ont débuté dès la fin du XIXème siècle. On ne sait pas ce qui a motivé les Keller à partir mais comme des milliers de familles juives (près de 400 000 juifs polonais émigreront entre 1921 et 1937), ils quittent la Pologne et sont en France en 1930.

Les Keller arrivent au début des années 30 à Belfort. Ils sont très certainement accueillis par la petite communauté juive de la ville. C’est là que naît leur troisième enfant, un garçon, Michel, le 24 Mars 1935. Naftali développe une activité de marchand de tissus ambulant qui fait vivre toute la famille.

Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne en vertu d’un traité de février 1921 les liant à la Pologne. C’est le début de la seconde Guerre Mondiale.
Naftali Keller s’inscrit sur les listes des engagés volontaires dès le 5 septembre 1939. En effet, un décret d’avril 1939 permet à tous les étrangers de 18 à 40 ans de s’engager dans l’armée française. Plus de 57 000 étrangers feront comme Naftali.
Les Keller décident de quitter Belfort, trop proche de la frontière avec l’Allemagne.

Alors que la guerre s’achève brusquement avec la victoire allemande, les Keller s’installent à Saint Nazaire qui est alors en zone occupée après l’armistice de juin 1940.

Sara qui a tout juste 12 ans obtient son Certificat d’Études en juin avec des notes brillantes. La préfecture de Loire-Inférieure alors sous le joug allemand procède d’abord au recensement des familles juives. Naftali déclare son entrerpise. A l’automne 1940, les autorités allemandes lancent une procédure d’aryanisation qui vise à spolier les commerces et entreprises juives. Les Keller sont chassés de Saint Nazaire le 6 décembre 1940 pour Baugé puis Saint Georges sur Loire.

déclaration des biens des Keller à l'administration allemande

Déclaration des biens des Keller à l’administration allemande

La famille Keller s’installe dans une petite maison discrète, route de Segré, située à l’arrière des autres et aujourd’hui disparue. Les Keller tentent une intégration difficile dans un village qui compte alors moins de 2 000 habitants où les étrangers attirent une certaine curiosité voire une méfiance. Cependant, les enfants vont à l’école publique et tissent des liens d’amitié. Sara, la fille aînée fait des cadeaux de tissu, don de son père, marchandise rare en ces temps de restrictions, sans doute parce qu’elle était généreuse, peut-être aussi pour s’attirer la sympathie des gens. Elle rend souvent visite à une couturière du village, madame Lambin, avec la famille de qui elle noue une amitié profonde. Neftali va jouer à la société de boule. Rosa est plus discrète et reste le plus souvent enfermée chez elle. La famille possède une voiture, un certain signe d’aisance.

En 1941, l’administration angevine recense les étrangers qui sont «en surnombre dans l’économie nationale». Les juifs réfugiés des départements voisins, frappés de l’interdiction d’exercer leur métier, sont considérés comme coûtant trop cher à la collectivité. Le rapport justifie alors l’arrestation et l’internement au camp de Beaune-la-Rolande de huit personnes le 18 septembre 1941 par le fait que «leur séjour dans un camp de concentration serait moins onéreux que l’hébergement individuel». Naftali Keller fait partie des premiers déportés de Maine et Loire.
Quelques mois plus tard, le convoi n°5 du 26 juin 1942, l’emporte vers Auschwitz. Il rentre alors dans la partie concentrationnaire du camp où il reçoit le matricule 43161. Naftali est décédé un mois après son arrivée le 20 juillet 1942 à l’âge de 41 ans.

Rosa Keller et ses enfants poursuivent à Saint-Georges une existence inquiète, sans argent, sans possibilité d’en gagner. « Mme Keller n’a pour toute ressource que l’allocation des réfugiés. Le conseil donne avis favorable d’assistance médicale gratuite pour ses trois enfants », note le secrétaire de mairie dans un compte rendu de conseil municipal daté du 26 octobre 1941.
Cette vie précaire, pourtant éclairée par quelques amitiés, se poursuit jusqu’en janvier 1944.

Le 26 janvier 1944, des gendarmes français se présentent à l’école publique de filles dirigée par madame Poirier, rue des Parements. Ils emmènent Irène, puis vont chercher Michel, dans la cour de l’école dirigée par monsieur Métivier, rue du Riochet. Ensuite, ils vont prendre Sara chez madame Lambin, effondrée. Rosa, leur mère, est sans doute arrêtée chez elle.
Ils sont tous emmenés à la prison du Pré-Pigeon à Angers. Le 29 janvier, on les transfère au camp de Drancy.
Dans le camp de regroupement, Rosa prend soin de la petite Anja Schaul, 6 ans, arrêtée elle aussi dans son école des Rosiers-sur- Loire.
Ils font ensuite partie du convoi n°68 qui, le 10 février 1944, part pour Auschwitz, où sont morts épuisés, malades, gazés, plus d’un million d’êtres humains.

L‘acte de décès de Michel est daté du 15 février 1944. C’est le seul acte reçu par la municipalité puisque l’enfant était le seul à être né sur le sol français. Il est mort 5 jours après avoir quitté Angers, sans doute dès son arrivée, et de façon à peu près certaine, dans une chambre à gaz. Il n’avait pas encore 9 ans.
La petite Anja a été exterminée le même jour et son acte de décès est aussi daté du 15 février.
Après la guerre, Rosa, 50 ans, Sara, 15 ans, et Irène, 14 ans, sont déclarées mortes en déportation en 1944.

Dans le cimetière, une plaque, apposée par Denis Mercier, maire de Saint Georges, appelle à se souvenir de la famille Keller et de Daniel Crétin, étudiant et résistant saint-georgeois, victime également de la déportation. (photo en couverture)
Le samedi 28 avril 2007, Daniel Froger, maire de Saint Georges dévoilait la plaque du square qui porte le nom de la famille Keller en présence de saint-georgeois venus leur rendre hommage et notamment de Yves Lambin et Serge Bruneau, camarades de classe de Michel Keller. Alain Jacobzone, historien dont une partie du travail est consacrée à la mémoire des Juifs en Anjou, était présent à la cérémonie. Il soulignait l’importance de conserver une trace de la vie de ces gens ordinaires, malheureuses victimes, pour mieux comprendre notre passé et nous prévenir de cette barbarie.

fiche d'internement d'Irène Keller à Drancy

Fiche d’internement du camp de Drancy d’Irène Keller

Sara Keller laisse tombé du convoi qui l’emmène au Pré-Pigeon, ces derniers mots pour la famille Lambin

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Le petit patronage

Le petit patronage

1944 : Seconde Guerre Mondiale

activités physiques au patronage

activités physiques au patronage au début du XXème

Situé sur la terrasse sud de l’Abbaye, le billard des moines qui a longtemps abrité la bibliothèque municipale était connu jusqu’aux années 1970 comme le « petit patronage ». La maison conventuelle, l’actuelle mairie, avait été durant le XXème siècle partiellement abandonnée. Seule l’aile nord, aujourd’hui détruite, qui s’avançait sur la place, était occupée par les services municipaux. Les prêtres de la paroisse étaient hébergés dans la partie ouest de l’Abbaye.

Le petit patronage était surtout le domaine du vicaire qui y organisait les activités concernant les jeunes garçons de la paroisse. C’est ainsi que tous les jeudis après-midi, il proposait des jeux et des sorties en plein air avec les scolaires du bourg. Cela donnait du temps libre aux mamans qui savaient leurs enfants en bonnes mains. Pour les plus grands, ados et jeunes hommes, l’abbé animait des réunions, souvent le soir après la journée de travail.

Pendant la guerre 1939-1945, nous eûmes le bonheur d’être guidés par un vicaire passionné de musique qui avait échappé à la captivité. Il ne se contenta pas de faire survivre la fanfare qui existait depuis de nombreuses années, il mit en place une harmonie qui comprenait une cinquantaine de membres, pour la plupart des jeunes mais aussi quelques anciens et même trois très bons musiciens descendus de Paris pour essayer de satisfaire un peux mieux la faim qui les tenaillait dans la capitale en ces temps de restrictions et de cartes d’alimentation.

Nous les plus jeunes avons été dans l’obligation d’apprendre les rudiments de solfège, indispensables avant qu’on nous confie un instrument de musique. Trente leçons furent nécessaires à raison de trois par semaine. Ces sorties nocturnes étaient tolérées par les soldats allemands qui faisaient leurs rondes pour que le couvre-feu soit respecté. Ils ne faisaient que de rares apparitions au cours des répétitions parce qu’ils voyaient un rai de lumière passer par la fenêtre. Ils nous obligeaient alors à bien tirer le rideau de camouflage.

L’harmonie Saint Stanislas pendant l’Occupation

Donc, jusqu’à la libération nous n’avons cessé de progresser dans l’apprentissage de la musique. Nos n’avions guère l’occasion  de faire connaître cette progression à la population à part les dimanches de fêtes où nous produisions quelques morceaux à la sortie de la messe sur la place de l’église et aussi lors des kermesses organisées pour permettre d’envoyer des colis aux prisonniers de guerre.

En 1944, lorsque les troupes libératrices débarquèrent en Normandie, notre chef décida de nous faire répéter « La Marseillaise » malgré la présence de l’occupant qui pourtant n’est jamais intervenu pour interdire cette téméraire initiative. Il est difficile d’admettre qu’il n’entendait rien, mais sachant ce qui l’attendait, ne faisait-il pas la sourde oreille ? Toujours est il que dès que nous fûmes libérés, un défilé vers le parc du château de Serrant fut organisé pour aller mettre le feu à un bucher installé par des prisonniers russes cantonnés dans des baraquements près du château. Ils avaient surmonté ce bûcher d’une grande caricature de l’ennemi Hitler. Et c’est joyeusement qu’une ronde franco-russe fut organisée spontanément autour de ce feu de joie. Ce jour là, nous avons vu monsieur le Maire, Maurice Lair, et monsieur le Curé, pour la première fois, dans la même voiture automobile. Nous, les jeunes, espérions voir enfin, avec la fin de la guerre, la fin des querelles de clocher.

Avant de partir pour ce défilé mémorable, sur la place de la mairie, nous avons « exécuté » (dans tous les sens du terme) La Marseillaise avec un tas de fausses notes tant l’émotion était grande !

Témoignage d’Eugène Mercier

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L'occupation de Saint Georges

1939-1945 : Deuxième Guerre Mondiale

défilé militaire de troupes allemandes au château de serrant durant la deuxième guerre mondiale

Défilé de troupes allemandes au château de Serrant

Comme durant le premier conflit mondial, la vie du village est fortement impacté en 1939 alors que commence la Deuxième Guerre Mondiale. Quand est signé l’armistice du 22 juin 1940, Saint Georges sur Loire se retrouve en zone occupée. Si le gouvernement de Vichy dirigé par le maréchal Pétain a autorité sur tout le territoire français, l’Allemagne exerce des droits d’occupation dans un large territoire du nord et de l’ouest de la France obligeant sa population « à se conformer aux réglementions des autorités militaires allemandes et à collaborer ».

De nombreux Saint-Georgeois ont été fait prisonniers. De nombreuses familles sont touchées. Une solidarité  se met en place avec notamment l’envoi de colis aux prisonniers et déportés qui travaillent en Allemagne.

Dans le village, la duchesse de la Trémoille a mis, dès 1939, à la disposition de l’État, le château de Serrant pour y abriter des œuvres d’arts des musées nationaux.

Comme partout en France de nombreux bâtiments publics et privés sont réquisitionnés pour loger les troupes d’occupation et les services de l’administration allemande. A Saint Georges, le château va ainsi héberger durant un an et demi, l’état-major de la Flak (la Défense Contre l’Aviation de l’armée allemande) mais également de nombreux officiers tels que les maréchaux Von Bock, Kesselring, Von Paulus et Dönitz. Le passage de l’occupant laissera peu de traces dans le château : seules deux fresques peintes sur le plafond des cuisines du château par un soldat cherchant à vaincre l’ennui témoignent de cette période.

Photographie du passage de troupe pendant la seconde guerre mondiale au grand bras

Troupes allemandes passant le pont du Grand Bras

Dans le village, le logis abbatial est occupé par des troupes : les dégâts seront plus importants, laissant la demeure dans un piteux état après la Guerre.

La population tente de retrouver une existence normale compte tenu du contexte. Une fanfare répète au petit patronage, sous la direction du vicaire qui cherche a occuper les jeunes garçons. Un nouveau jeu de boule de sable est même construit au cercle de l’union. Mais les drames vont venir traumatiser les villageois.

Le 20 juin 1943, Daniel Crétin, jeune étudiant saint-georgeois, est arrêté alors qu’il allait passé ses examens avec ses camarades de promotion. Participant à un réseau de Résistants, il est accusé, à tort, d’avoir participé quelques jours plus tôt à un raid sur la mairie de Vern d’Anjou, pour y voler des tickets d’alimentation et des tampons qui permettront d’établir de fausses cartes d’identité. Il est emprisonné et meurt en 1944.

Le 26 janvier 1944, la famille Keller, Rosa, la mère, ses deux filles, Irène et Sara, et son jeune fils, Michel, 9 ans, est raflée. Cette famille de confession juive, originaire de Pologne, est arrivée en 1940 dans le village. Le père, Naftali, avait été arrêté dès 1941. Toute la famille Keller meurt en camp de concentration.

Angers est libérée le 10 août 1944 par les troupes américaines du général Patton. La rive nord où se trouve Saint Georges est rapidement libérée mais les villages de la rive attendront les interventions de bataillons de Résistants. C’est le cas de la commune voisine de Chalonnes.

Le 26 août 1944, une section des forces Françaises de l’Intérieur fait halte au cœur de la nuit dans une ferme abandonnée du village. L’objectif de ces combattants est l’île de Chalonnes. Ils traversent la Loire au petit matin au Boyau car le pont du Grand Bras a été détruit. Ils s’installent dans les fermes de La Soulouze et l’Offraie. Les soldats allemands surprennent les Résistants. Trois hommes sont abattus. Ils seront enterrés avec les honneurs militaires dans le cimetière de Saint Georges.

À cette période

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Louis Charles Marie de la Tremoille

Louis Charles Marie de la Trémoille

1863-1921

Portrait de Louis Charles Marie de la Trémoille

Louis Charles Marie de la Trémoille

L’hôtel de la Trémoille à Paris construit par Louis Charles Marie de la Trémoille

Louis Jean Marie de la Trémoille

Louis Charles Marie de la Trémoille est le fils de Louis Charles de la Trémoille, propriétaire du château de Serrant à partir de 1894, et de Marguerite Duchâtel, fille de Charles Marie Tanneguy Duchâtel, ministre de Louis Philippe.

Il épouse Hélène Marie Léonie Pillet Will, le 1er février 1892. Il s’installe en Gironde, région d’origine de sa belle-famille : son beau-père, le comte Frédéric Pillet-Will, banquier célèbre, est le propriétaire du Château Margaux, grands crus bordelais.

Il devient maire de Margaux de 1904 à 1919. Il est élu député de Gironde dans la quatrième circonscription de Bordeaux entre le 6 mai 1906 et le 7 décembre 1919. Il sera également conseiller général.

Républicain de gauche, inscrit à la gauche démocratique, il défendra dans ses différents mandats la cause et les intérêts de sa région.

En 1911, il hérite du château de Serrant. dans le parc duquel il organisera des courses hippiques lors de la Grande fête du 15 août. Une foule élégante s’y presse pour admirer les chevaux de course du duc.

En 1912, il fait construire à Paris, un hôtel particulier. C’est l’architecte Ernest Sanson qui conduit les travaux. C’est un architecte célèbre pour ses constructions privées qui travaillera pour les vieilles familles comme pour les nouvelles fortunes de la fin du XIXème au début du XXème. Les travaux de l’hôtel de la Trémoille sont achevés en 1920, deux ans après le décès de l’architecte : ce sont ses fils qui finiront le chantier.

En 1920, Louis Charles Marie de la Trémoille vend le domaine de Château Margaux. Il meurt quelques mois plus tard, le 17 juin 1921 à Paris.

Hélène Marie Léonie Pillet Will, veuve, habitera l’hôtel de la Trémoille à Paris qui sera vendu en 1936. Il devient alors la demeure de l’ambassadeur de Yougoslavie. Depuis 1990 et l’éclatement de la Yougoslavie, l’hôtel héberge l’ambassadeur de Serbie.

Le couple aura quatre filles : Charlotte qui épousera Henri-Florent Lamorat de Ligne, Marguerite, Hélène et Antoinette.

Ils auront également un fils Louis Jean Marie, né en 1910. A la mort de son père, celui-ci hérite du château de Serrant. Il est jeune officier des Chasseurs d’Afrique, régiment de cavalerie de l’armée de terre française. Il mourra tragiquement à l’age de 23 ans, dans l’incendie du manoir Heronry, propriété de James McCormick dans le Hampshire, le 9 décembre 1933. Sans alliance ni descendance, il n’a pas d’héritier direct. C’est son neveu, Jean-Charles Lamoral, prince de Ligne et fils de sa sœur, Charlotte, qui va alors hériter du patrimoine et notamment du château de Serrant.

portrait photographique du duc de la trémoille

Louis Marie, duc de la Trémoille (archive du château de Serrant)

Louis Jean Marie de la Trémoille et Léandre McCormick (archive du château de Serrant)

Photographie de Louis Jean Marie de la Trémoille devant une automobile

Louis Jean Marie de la Trémoille (archive du château de Serrant)

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La fontaine de la place de la mairie

La fontaine de la place de la mairie

1870 : De l'Empire aux années folles

fontaine de la place de la mairie

La fontaine de la place de la mairie en 2012

Au XIXème siècle, l’histoire de Saint Georges est ponctuée de problèmes hydrauliques. Les besoins en eau potable deviennent de première importance. Le village, construit sur un coteaux rocheux, possèdent des fontaines : la fontaine Bénêt, encore en activité aujou’dhui, à l’entrée est de la commune, la fontaine Boussion, aujourd’hui disparue. Les pompes situées rue des parements et rue de Cumont, sont les témoignages de ces points d’eau. De nombreux puits étaient aussi présents. Pourtant, ce n’était pas suffisant pour répondre aux besoins en eau d’une population avoisinant les 2 500 habitants.

Le 13 février 1870, le conseil municipal, présidé par son maire, Jean-Charles de la Tourette, décide le creusement d’un puits public, place de la mairie. Dès le 24 avril, les lots de travaux sont adjugés à Louis Sauvestre, entrepreneur résidant rue de Brissac à Angers et à Joseph Androuin, plombier à Saint Georges pour un montant total de 1 329,40 francs. L’architecte angevin Tendron, dirigera le chantier.

Deux ouvriers se mettent au travail : ils se nomment Gasnier et Louis Leblond. Nous connaissons leur identité car ils ont laissé des factures de restauration chez René Tudoux, « débitant » de Saint Georges, que celui-ci adresse à la municipalité. Le 31 mai 1870, les deux ouvriers ont ainsi consommé 3 litres de vin, 4 cafés et de l’eau de vie « pour la goutte ».

Malgré les efforts des deux hommes, l’ouvrage n’avance guère : la roche, très dure, résiste. En septembre, l’entrepreneur Sauvestre demande une augmentation : il a dû payer des réparation d’outils cassés aux frères Lusson, forgerons. Il précise au préfet : « Il fallait tout faire sauter par la mine, avec beaucoup de difficultés ! ».

Le puits est prévu d’un diamètre extérieur de 4 mètres et intérieur de 3,5 mètres, et d’une profondeur de 15 mètres en pierres maçonnées vers le haut et sèches ensuite.

délibération du conseil municipal en 1871 concernant la fontaine de la place de la mairie

Délibération du conseil municipal en 1871 concernant la fontaine de la place de la mairie : le maire Louis Monprofit fait part de sa crainte de ne pas voir Sauvestre finir le chantier.

candélabre de la fontaine de la place de la mairie

la borne est surmontée d’un candélabre, c’est-à-dire d’un couronnement évoquant une torche telle que l’avait souhaité l’architecte Tendron

Les relations de l’entrepreneur avec l’architecte angevin, Pierre Jacques Gustave Tendron sont tendues. Ce dernier lui reproche de ne jamais être sur le chantier. L’entrepreneur semble avoir des soucis financiers. Il déménage à de nombreuses reprises la même année. En 1871, le nouveau maire de Saint Georges Louis Monprofit pense à le dessaisir du chantier qui n’a pas avancé depuis septembre 1870. Sauvestre s’engage à finir de creuser le puits prévu à condition d’être rémunéré à hauteur de 160 francs le mètre creusé au lieu de 150 initialement prévu. Le conseil municipal accepte.  Mais une autre question inquiète l’architecte Tendron : l’eau du puits vient-elle d’une source ou bien des égouts des maisons voisines ? Pour le savoir, il faudrait vider le puits…

Marie Hylas Suaudeau devient maire de Saint Georges et récupère le dossier. Il apprend qu’une partie des travaux de 1870 ont été sous-traités à un certain Lucas, puisatier de Saint Martin du Fouilloux. Des démêlés s’en suivent entre l’entrepreneur et le sous-traitant. La chambre syndicale des entrepreneurs d’Anjou finit par statuer : Sauvestre ne peut poursuivre le chantier.

Le 22 Mai 1873, après trois ans de travaux, le conseil municipal décide de confier la poursuite à Mathurin Merlet, de la rue Tuliballe à Angers. Mais celui-ci va aussi connaître des déboires. Le décès de sa femme va d’abord perturber la conduite du chantier. Puis, c’est l’architecte Tendron qui viendra contester son travail. Le puits atteint finalement 20 mètres.

Un nouveau problème apparaît : la pompe initialement prévue par le plombier Androuin ne convient plus à cette profondeur de forage. L’architecte Tendron a découvert lors d’une exposition à Angers ce qui lui paraît être l’équipement idéal : « une pompe en cuivre à deux corps, borne en fonte, dallage sur le puits en granit rose bleu de Bécon » équipé du « système Piau ». Louis Joseph Androuin réalise l’installation en 1874 pour constater qu’elle ne fonctionne pas…

Marie-Hylas Suaudeau se plaint à l’architecte Tendron qui ne donne plus signe de vie. Son fils parle de voyage, ignorant la nouvelle adresse de son père. Même au décès de son épouse, Tendron ne réapparaît pas. Toujours est-il qu’il faut remplacer la pompe Piau par une autre, plus simple, aspirante, à colonne et à balancier.

Blot, mécanicien à Angers, doit superviser les travaux. Il envoie une description précise du matériel nécessaire au fournisseur Lizolle-Rousseau, installé rue Saint Julien à Angers. Il commande « une pompe élévatoire dont le corps de pompe doit être situé à 10 mètres en contrebas du sol, mais à cette profondeur le corps de pompe sera plus bas que le niveau de l’eau ». Il faudra donc construire une sorte d’échafaudage constitué de pièces de bois entrecroisées qui permettra les réparations nécessaires et au bout duquel sera fixé le corps de pompe. Le fournisseur garantit sa marchandise pour 5 ans.

Mais le 27 avril 1899, le conseil municipal se plaint : la pompe ne fonctionne plus régulièrement. Le problème est d’autant plus préoccupant que la sécheresse sévit et que les fontaines commencent à se tarir. On fait de nouveau venir des ouvriers d’Angers. En août, la pompe fonctionne de nouveau. Mais le duc de la Trémoille, propriétaire du château de Serrant et membre du conseil municipal, « a fait faire à ses frais, l’analyse chimique et bactériologique de l’eau du puits ». Les résultats ne sont pas bons. Il convient d’avertir la population du bourg qu’il est nécessaire de faire bouillir l’eau de la fontaine de la mairie avant de la consommer.De nouveaux travaux sont nécessaires pour que les eaux usées ne se mélangent pas avec celles du puits.

Le 17 juillet 1900, le général Faugeron, maire de la commune, annonce que les pompes de la commune ne seront mises à disposition que de 6 à 8 heure et de 17 à 19 heure. La sécheresse ne permet plus un usage intensif.

Il faudra attendre 1955 et l’arrivée du service d’eau potable avec pompage dans la nappe phréatique de la Loire pour que tous ces problèmes soient résolus.

La fontaine au début du XXème siècle

La fontaine au début du XXème siècle (source : M. Abellard)

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Louis Charles de la Tremoille

Louis Charles de la Trémoille

1838-1911

Photographie de Louis Charles de la Trémoille

Louis Charles de la Trémoille

Louis Charles de la Trémoille est le fils de Valentine Walsh, fille d’Antoine Walsh, comte de Serrant, et de Charles de la Trémoille (1764-1839). Il nait le 26 octobre 1838 à Paris (Xème).

En 1862, il épouse Marguerite Eglé Jeanne Caroline Duchâtel, fille du comte de Duchâtel, ministre de Louis Philippe. Ils vont avoir deux enfants : Louis Charles Marie de la Trémoille, le 15 décembre 1863 à Paris, et Charlotte Cécile Eglé Valentine de la Trémoille , née le 19 octobre 1864 à Chantilly.

Louis-Charles de la Trémoille se passionne pour l’Histoire et en particuliers pour celle de son illustre famille. Il va constituer un fonds d’archives très important en réunissant les chartriers de Serrant et des documents de sa belle-famille, le fonds Duchâtel). Il partage ces trésors avec des chercheurs et historiens.

En 1894, il hérite du château de Serrant conformément aux souhaits de son cousin Ludovic Walsh, qui décède sans héritier. Louis-Charles de la Trémouille et Marguerite Duchâtel vont alors entreprendre une véritable restauration complète du château. Tout en respectant le mobilier et les aménagements faits par leurs prédécesseurs, le couple va faire entrer dans les murs du château toute la modernité : chauffage central, électricité, monte-charge, eau courante, salles de bain et toilettes… Tout un confort moderne.

Photographie de MArguerite Duchâtel

Marguerite Eglé Duchâtel

photographie du duc louis charles de la trémoille et de son fils louis marie

Duc Louis-Charles de La Trémoïlle (1838-1911) et de son fils Louis-Marie, Prince de Tarente (1863-1911) (c)Archives du château de Serrant.

C’est Lucien Magne qui va coordonner les travaux. Cet architecte de renom va travailler à la restauration de monuments historiques et religieux : il oeuvra sur le château de Saumur, la tour Saint Aubin à Angers, de nombreuses église ou encore l’abbaye de Fontevrault.  Dans le château de Serrant, la distribution des pièces est complètement revue, les parterres sont redessinés. Tout est fait dans le respect du passé des lieux, avec goût et talent.

Le duc et la duchesse sont de très grands amateurs d’art : ils vont choisir la décoration de chaque pièce avec grand soin. Rassemblant les ouvrages de leurs familles, ils vont constituer l’impressionnante bibliothèque de plus de 12 000 ouvrages que l’on peut encore admirer aujourd’hui.

Quatre années de travaux seront nécessaires, avant que le duc et la duchesse ne puissent s’installer à Serrant. Ils y passeront régulièrement, principalement au printemps et à l’automne, attachés aux personnes qui travaillent sur le domaine.

En 1899, il est élu membre libre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Il meurt le 4 juillet 1911 à Paris. Marguerite Dûchatel décède le 19 septembre 1913 au château de Serrant.

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Valentine Walsh

Valentine Walsh

1810-1887

Valentine Walsh enfant dans le parc du château de serrant

Valentine Walsh pendant son enfance, à l’arrière la Malmaison à Rueil où sa mère Louise de Vaudreuil était dame du palais de Joséphine. Aquarelle sur papier de Auguste Garnerey de 1813. Collection du château de Serrant

lettre patente du roi Louis XVIII nommant Charles de la Trémoille à la chambre des Pairs

Lettre patente du roi Louis XVIII nommant Charles de la Trémoille à la chambre des Pairs

Joséphine Eugénie Valentine de Walsh-Serrant est née le 7 avril 1810 à Coutevroult en Ile de France. Elle est la dernière enfant d’Antoine Joseph Walsh, comte de Serrant et de Louise de Vaudreuil, dame du Palais de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon. 

En juin 1810, Valentine est baptisé par monseigneur Louis-Mathias de Barrai, premier aumônier, à Malmaison. Elle a pour parrain et marraine, le couple impérial. D’autres enfants sont baptisés par la même occasion dont un certain Marie-Jean-Joseph-Eugène Sue qui deviendra célèbre sous le nom d’Eugène Sue pour les Mystères de Paris, roman feuilleton à succès.

En 1830, Valentine épouse le duc de La Trémoille, Charles VI Bretagne Marie. Pour le duc, c’est son troisième mariage. 

Né en 1764, Charles Bretagne Marie de la Trémoille est le descendant d’une famille noble originaire du Poitou qui fut très impliquée dans l’histoire de France au moyen âge et à la Renaissance. Il fait une carrière militaire, entrant au service en 1778. Il devient sous-lieutenant du régiment d’Ile de France puis de la cavalerie royale de Normandie dans laquelle il occupera par la suite le grade de colonel.

Charles de la  Trémoille a d’abord épousé Louise-Emmanuelle de Chatillon en 1781, qui devient en 1785 dame de compagnie de Marie-Antoinette. En 1792, elle est faite prisonnière lors de la prise des Tuileries. Libérée, elle émigre d’abord en Angleterre puis en Russie où elle deviendra dame d’honneur de la tzarine. En 1791, Charles de la Trémoille a lui émigré avec le reste de sa famille fuyant la Révolution. Combattant pour le pays de Bade (région de l’Allemagne), il est promu lieutenant-général. Il passe ensuite au service de la cour de Naples où il protège la retraite de l’armée autrichienne. Après la prise de Naples par les armées françaises en 1798, il rejoint le comte de Frotté pour organiser un débarquement sur les côtes du Poitou afin de venir soutenir les armées vendéennes contre-révolutionnaires.

Il rentre en France en 1814. Durant la Restauration , il siège à la chambre des Pairs, parlement sous le règne de Louis XVIII, en 1814 et en 1815, après les Cent Jours. En 1830,  alors qu’il est installé dans son château de Rambouillet, il prête serment  à Louis-Philippe et rejoint de nouveau le gouvernement.

Le Charles de La Trémoille épouse en secondes noces Marie Virginie de Saint-Didier,16 ans, qui meurt en 1829 après lui avoir donné deux enfants. Un an après son décès, à 66 ans, Charles se remarie avec Valentine Walsh, une jeune femme de 20 ans.

Valentine et Charles de la Trémoille ont deux enfants : Marie-Henriette en 1833 et Louis-Charles en 1839. Ce dernier héritera du château de Serrant en 1894, au décès de son oncle Ludovic Walsh, sans héritier. Il va alors y conduire de grands travaux de modernisation et de restauration à la fin du XIXème siècle.

Charles de la Trémoille meurt en 1839. Valentine lui survit presque 50 ans : elle décède le 10 décembre 1887 à Paris, à l’âge de 77 ans.

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François Jacques Walsh

François Jacques Walsh

1704-1782

Portrait de François Jacques Walsh et ses deux enfants charles et Antoine

Portrait de François-Jacques Walsh avec deux de ses enfants, à gauche Charles Edouard (9 ans) et au centre Antoine Joseph (11 ans), tableau de Berthon (1848)

signature francois jacques walsh

Signature de François-Jacques Walsh (ADML)

Né le 31 mars 1704 à Saint Malo, François Jacques Walsh est le troisième fils de Anne White et Philippe Walsh. Ce-dernier est un immigré irlandais arrivé en France en 1688 suite à la Glorieuse Révolution anglaise. Il rejoint son père Jacques Walsh qui était déjà naturalisé français depuis 1670. En 1685, Jacques II Stuart accède au trône d’Angleterre. Catholique, il est fortement contesté dans une Angleterre anglicane. Profitant du désordre politique, Guillaume d’Orange débarque et prend la couronne en 1688. Jacques II fuit l’Angleterre, se réfugie en France où il est accueilli par Louis XIV. Jacques II gagne l’Irlande majoritairement catholique et jacobite, c’est-à-dire qui soutient Jacques II. Mais les armées de Guillaume d’Orange marchent sur Dublin et les jacobites irlandais sont contraints de fuir en France. C’est dans ce contexte, que la famille Walsh, soutien de Jacques II, s’installe en France. Philippe Walsh s’illustre comme corsaire la dernière décennie du XVIIème, sillonnant les mers. Il va avoir quatre fils : Patrice-Marc, Antoine-Vincent, François-Jacques et Philippe, dont les trois premiers sont nés à Saint Malo et qui vont s’installer respectivement à Morlaix, Nantes et pour François Jacques, Cadix où il s’installe à la fin des années 1720.

Il y développe une activité de négoce, s’associant à son frère Antoine, riche armateur nantais, impliqué dans un important commerce basé sur la traite d’esclaves au sein de la société d’Angola. Il est élu député de France en 1736 mais démissionne en 1738. En 1743, il épouse Mary Harper, également d’origine irlandaise avec qui il va avoir dix enfants. 

En 1749, François Jacques revient en France et s’installe à Nantes auprès de son frère. Il laisse à Cadix son frère, Philippe qui siègera à l’assemblée des nations.

En 1750, Antoine offre à son frère pour son anniversaire le château de Serrant et les terres d’Anjou qu’il vient d’acheter à la duchesse d’Estrées.  François-Jacques réalise des travaux, aménage et décore le château au goût du jour.

Antoine Walsh, qui a servi le roi Louis XV, fait reconnaître à ce dernier, l’ascendance noble de la famille. Dans un même temps, les terres de Serrant sont érigées en comté : François-Jacques devient le premier comte de Serrant, titre usurpé autrefois sans légitimité par Guillaume Bautru.

François-Jacques se révèle très strict sur l’application des lois féodales : il est intransigeant sur l’usage du bois par les villageois. Son fils, Antoine Joseph, aura la même attitude ce qui le conduira à devoir faire face à des émeutes lors de la Révolution.

Il meurt à Serrant en 1782, laissant le château à son fils aîné, Antoine Joseph Walsh.

portrait d'antoine vincent walsh

Antoine Vincent Walsh, frère de François-Jacques Walsh

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Hercule de Rohan

Hercule de Rohan

1568-1654

gravure du portrait d'hercule de rohan

Portrait d’Hercule de Rohan

Hercule de Rohan est le troisième fils de Louis VI de Rohan-Guémené et de Eléonore de Rohan-Gié : il fait partie de la maison de Rohan, grande famille noble d’origine bretonne. Il est d’abord comte de Rochefort dans les Yvelines avant d’être nommé duc de Montbazon à la mort de son frère Louis VII en 1595.

Hercule de Rohan servira fidèlement trois rois de France :  Henri III, Henri IV et Louis XIII. Il assista à la naissance de ce dernier, Henri IV mettant le nouveau-né dans ses bras, proclamant : « Voilà un pesant fardeau : il était besoin d’un Hercule pour le porter !  » Il participera a de grandes batailles comme la bataille d’Arques en 1598 dans laquelle il sera blessé. Il sera dans le carrosse royal aux côtés d’Henri IV en 1610, quand ce dernier est assassiné par Ravaillac. Le duc de Montbazon sera d’ailleurs blessé au couteau durant l’assassinat. Il va ensuite participer au rapprochement de Marie de Médicis et de son fils, le roi Louis XIII.

Il portera de nombreux titres : lieutenant général de Bretagne, gouverneur de Nantes, grand veneur de France, gouverneur de Paris…

Hercule de Rohan se marie en 1594 à la jeune Madeleine de Lenoncourt, veuve de son frère Louis VII, qui n’a que 18 ans. Ils auront deux enfants : Louis VIII en 1598, qui succèdera à son père comme gouverneur de Paris et Marie en 1600, qui deviendra la célèbre duchesse de Chevreuse. Madeleine de Lenoncourt meurt brutalement en 1602.

Après 26 ans, Hercule de Montbazon épouse Marie d’Avaugour, fille de Claude de Bretagne, à Champtocé, le 5 mars 1628. La jeune femme, très belle, n’a que 18 ans quant le duc fête ses 60 ans. Ils auront trois enfants : Marie-Eléonore, François et Anne.

Hercule de Montbazon possède de nombreux châteaux. Il fait notamment construire en 1600 le château de Coupvray. En 1620, il achète à la descendante de la famille de Brie, Madeleine de Maillard, le château de Serrant.

Hercule de Montbazon est décrit par ses contemporains comme rustre, faisant preuve de peu d’intelligence et de brutalité. Il est dépensier, à tel point que ses enfants lui intentent un procès pour négligence de son patrimoine.

En 1636, il revend le château de Serrant au poète satirique Guillaume Bautru, membre de l’académie française et diplomate de Richelieu. Bautru n’avait pourtant que peu d’estime pour le duc ; il écrit à son sujet un pamphlet mordant intitulé « Onosandre ou le grossier, satyre » disant de lui qu’il était le « prince des butors ».

Hercule de Rohan meurt au château de Couzière en Touraine le 16 octobre 1654. Tous ses biens sont saisis par ses créanciers.

portrait d'hercule de rohan

Hercule de Rohan

Marie d’Avaugour, la seconde femme du duc, était jeune et reconnue pour sa beauté. Hercule de Montbazon était allé la chercher dans un couvent où celle-ci envisageait de devenir religieuse. La différence d’âge est grande. Mais le vieux duc se révèle par dessus tout infidèle et avare ! Marie d’Avaugour va alors connaître un grand nombre d’amants à qui elle soutire des fortunes. Sa réputation à la cour en souffre. « On n’avait jamais vu personne qui eut montré dans le vice si peu de respect pour la vertu », expliqua le cardinal de Retz. A la mort du duc de Montbazon, elle se retire en Touraine où elle rencontre l’abbé de Rancé avec qui elle va partager un amour réciproque. Elle meurt en 1657 de la rougeole. La légende veut que le chirurgien lui coupa la tête pour faire entrer son corps dans le cercueil et que l’abbé de Rancé, fou de douleur, conserva le crâne.

La duchesse de Montbazon eut également une longue liaison avec le duc de Chevreuse, le mari de sa belle-fille, la duchesse de Chevreuse, de dix ans l’ainée.

Marie Aimée a d’abord épousé le duc de Luynes, favori du roi Louis XIII en 1617. Mais celui-ci meurt en 1621. Marie Aimée épouse alors Claude de Loraine, duc de Chevreuse. La duchesse de Chevreuse va alors consacrer son temps aux intrigues et aux conspirations contre Richelieu, pour les intérêts d’Anne d’Autriche. Aux côtés de sa belle-mère, elle participera à la cabbale des Importants, visant à écarter Mazarin, qui a succédé à Richelieu. Puis en 1648, elle sera une des actrices de la Fronde, révolte nobiliaire à la mort de Louis XIII.

signature de hercule de rohan et de marie de bretaigne

Signature de Hercule de Rohan et de Marie de Bretaigne à leur mariage en 1628 (ADML registre de Champtocé Baptêmes, mariages, 1617-1668, page 154-155/250)

Delpech_-_Madame_de_Montbazon

Portrait de Marie d’Avaugour pour Delpech

Portrait de la duchesse de Chevreuse

Portrait de la duchesse de Chevreuse