Mois : juin 2024
Le chemin de fer
- Auteur de l’article Par admin1474
- Date de l’article 4 juin 2024
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L'arrivée du chemin de fer
1850 Des la Restauration à la Belle Epoque
Croquis du tracé de la ligne de chemin de fer sur la commune
En 1849, est inaugurée en grande pompe la gare ferroviaire d’Angers par le président Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon et futur Napoléon III qui déjeunera pour l’occasion au château de Serrant. En 1851, c’est celle de Nantes. Entre ces deux dates, la portion saint-georgeoise de la nouvelle voie est réalisée, sur le coteau, à 20 m d’altitude, parallèle à la Loire, et à l’abri des inondations. Pour la construire, il faut des terrains, et on procède donc à des expropriations. Bien entendu, les contestations vont bon train, chaque propriétaire estimant que sa parcelle de terre lui est indispensable, ou bien qu’elle n’est pas achetée à un prix suffisant. Mais la loi du 3 mai 1841 a prévu pour l’État la nécessité d’acquérir pour cause d’utilité publique.
C’est le hameau du Port Girault qui est le plus touché par ces travaux. D’abord parce que la ligne nouvellement créée n’est pas très éloignée, que les matériaux nécessaires à la construction et qui arrivent par la Loire y sont débarqués, que les agriculteurs qui le composent en majorité doivent céder des terres, et que certains louent des chambres aux différents employés de la compagnie. Il y a soudain un afflux d’hommes et le problème de leur logement dans le hameau qui compte, selon le recensement de 1861, 78 maisons pour 83 ménages et 286 personnes.
La Gare en 1905
Les ouvriers viennent des Ateliers Nationaux, créés par le ministre Louis Blanc en février 1848, pour essayer de réduire le chômage, trop important et générateur de troubles sociaux. Organisés quasi militairement, ils sont « prêtés » aux compagnies de chemin de fer. Leur vie de travail est rude, 12 heures par jour, leur salaire bas et le prix du pain élevé. On ne connait leur nom qu’en consultant les registres d’état-civil, car les décès des ouvriers du chemin de fer sont nombreux le temps du chantier : 1 en 1848, 10 en 1849, 6 en 1850. Exerçant la dure tâche de terrassier, ils sont presque tous morts à «l’hôpital de Saint-Georges», structure temporaire créée par la compagnie chargée des travaux. Ces malheureux, la plupart du temps célibataires, venaient de divers départements, souvent éloignés : le Vaucluse, le Cantal, le Puy de Dôme, la Seine, la Meuse…
La présence de ces gens venus d’ailleurs suscite des inquiétudes. On craint le comportement de ces célibataires , et les réactions politiques de ces ouvriers acquis à la République, parfois turbulents. La quiétude des lieux risque d’être mise à mal. Alors, on assigne la troupe dans le bourg. Le mécontentement de la population locale, ou d’une partie d’entre elle est aussi liée à l’état des chemins, défoncés par le charroi des matériaux, amenés dans des charrettes attelées de 2 ou 3 chevaux. Certaines maisons comme la ferme de Rogeard dont Jacques Jubin a été exproprié, ont été démolies pour le passage du chemin de fer.
Enfin, la gare est construite, avec un débarcadère pour les voyageurs et un quai d’embarquement pour les marchandises, notamment le charbon.
Elle va desservir deux localités : Saint-Georges sur le territoire de laquelle elle est construite, et Chalonnes.
La première liaison Angers-Nantes a lieu le 25 mai 1851. Le convoi se compose d’une locomotive et de deux wagons.
Il faut désormais mettre en place un service de voitures attelées pour que les voyageurs des deux villes puissent se rendre à la gare ou en revenir. Les entrepreneurs, comme Louis Audureau font circuler des omnibus couverts de 8 ou 14 ou 23 places. Le chemin de fer qui permet le transport des voyageurs, celui des marchandises, et l’acheminement des animaux vers des marchés éloignés, devient un élément de la vie quotidienne.
Le quartier de la gare s’agrandit. Une auberge s’y installe. Le curé Banchereau, curé de la paroisse et soucieux des âmes des voyageurs aussi bien que de celles de ses ouailles, fait édifier à la Croix Marie, près de la gare, une chapelle dont il ne reste aujourd’hui que des ruines envahies d’herbes.
Pendant plus d’un siècle, la gare sera le centre d’activités variées, et le cœur d’un hameau industrieux, vivant.
La gare en 1920
Oratoire du Moulin Bachelot
- Auteur de l’article Par admin1474
- Date de l’article 3 juin 2024
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L'oratoire du Moulin Bachelot
1914-1918 Première Guerre Mondiale
L’oratoire devant le moulin Bachelot
Il a été édifié au début de la guerre 14/18 par Louise-Jeanne Bourrigault née le 24 juillet 1857 à Saint-Georges-sur-Loire et veuve de Joseph-René Mauget né à Villemoisan le 26 avril 1839 et décédé le 22 septembre 1895 au moulin Bachelot. Les deux étaient meuniers
Ils ont une fille, Jeanne-Louise (1878-1952) qui a épousé Mathurin Baranger (1873-1958), boucher originaire de la Guimeslière, le 27 septembre 1897.
Ils ont perdu un fils René-Emile (1880-1881) en bas âge.
Ils ont également deux autres fils :
- Joseph-Aimé, né le 6 mars 1877 au moulin Bachelot était meunier et remplaçait son père décédé. Il a des cheveux bruns, des yeux marrons et mesure 1m67
- Auguste-Jean-Marie né le 18 janvier 1882 au moulin a les cheveux bruns et les yeux châtains ; il mesure 1m64.
Ces deux hommes sont mobilisés en août 1914.
Registre de matricule militaire de Joseph Aimé Mauget
L’aîné a été placé dans les services auxiliaires à la conscription en 1897 en raison d’une cicatrice au bas du ventre et maintenu dans cet état jusqu’au 18 octobre 1915 où il a été rattrapé par la mobilisation générale. Il a été affecté à la poudrerie de Bassens (33) puis il est passé dans le 18ième escadron du train le premier juillet 1917. Il a enfin été mis en congé définitif de mobilisation le 26 février 1919, à 42 ans. Son âge et son état de santé l’ont placé loin des zones de combat.
Le cadet, au moment du conseil de révision en 1902, a été jugé bon pour le service mais exempté en tant que soutien de famille. Il a toutefois été incorporé dans le 135ième régiment d’infanterie le 14 novembre 1903 et nommé soldat de 1ère classe le 23 juin 1904 avant de retourner dans ses foyers, doté d’un certificat de bonne conduite, le 18 septembre 1904. Rappelé le 4 août 1914, il a été fait prisonnier le 27 septembre 1914 à Prosnes (51) et interné à Darmstadt (Hesse) puis à Merseburg (Saxe-Anhalt). Le 1er mars 1919 il revient à St Georges où il est mis en congé définitif de mobilisation. Il décède à Saint Georges sur Loire le 17 janvier 1949.
Les vœux de Louise-Jeanne Bourrigault avaient été exaucés.
Le moulin Bachelot
Émeute à Serrant
- Auteur de l’article Par admin1474
- Date de l’article 3 juin 2024
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Emeute à Serrant
18 octobre 1789 Révolution
Le chateau de Serrant au XVIIIème siècle
Que se passe-t-il donc au château de Serrant, ce dimanche 18 octobre 1789 ? Les alentours du château bruissent de vociférations, de menaces, lancées par des gens de peu qui sont rassemblés en nombre dans les cours.
Pierre François Oger, le notaire «royal a Angers résidant à St Georges» a été appelé en hâte par la châtelaine «haute et puissante dame Renée Anne Honorée de Choiseul, épouse de très haut et puissant seigneur Messire Antoine Joseph Philippe Walsh, comte de Serrant».
La formule est respectueuse, pleine de déférence et traditionnelle. Nous sommes encore sous l’Ancien Régime. Pourtant, une fracture vient de s’opérer.
Le notaire arrive, avec précipitation ; il n’est pas encore midi. Il trouve «dans la cour d’entrée beaucoup de monde armé de bâtons» et, poursuivant son chemin «une quantité de monde bien plus considérable qui…..faisait foule au devant de la porte d’entrée de manière qu’ils bouchaient absolument le passage» .
Actes notariaux rédigés lors des émeutes du 18 octobre 1789 à Serrant
Réussissant à pénétrer «après différentes tentatives» dans le château de Serrant, Pierre-François Oger trouve «dans un petit sallon» madame de Serrant, avec plusieurs personnes parmi lesquelles Ô Sullivan «prestre demeurant ordinairement au château».
Tout ce petit monde a peur, car «le tumulte de la menace augmente».
Le comte Antoine Walsh est absent. Dès le mois de juillet il a quitté le pays, pour l’Autriche. Il fait partie des premiers émigrés. La comtesse est donc seule responsable à faire face aux émeutiers. Elle a près d’elle un abbé Ô Sullivan, qui atteste de la présence irlandaise à Saint-Georges.
Si elle a demandé au notaire, c’est qu’elle veut dresser acte «du trouble que faisaient les particuliers qui sont dans les cours et …dresser quittance des sommes qu’ils exigeaient».
Car nous voilà bien au cœur du problème ! Cette foule bruyante, injurieuse, réclame le remboursement immédiat d’amendes, payées parfois longtemps avant, et qui ont été ressenties comme autant d’injustices, profondes et humiliantes.
Alors «la dame de Serrant…effrayée…a dit au sieur assolivant de payer les particuliers pour éviter de plus grandes suites et malheurs»
A ce moment là, la comtesse s’éclipse et l’abbé Ô Sullivan reçoit chacun des plaignants pour le rembourser. Il verra ainsi défiler 28 personnes dans la journée.
Ce sont les mêmes raisons qui reviennent de manière constante : pacage dans les bois, coupe d’herbe, de lande, chasse avec parfois, circonstance aggravante, un fusil, pose de collets, abattage d’un chêne… Le braconnage était monnaie courante alors que la chasse n’était autorisée que pour les seigneurs. L’un d’eux se plaint qu’on lui ait tué un chien et demande le paiement du dommage.
En tout, l’abbé Ô Sullivan rembourse plus de neuf cent quarante huit livres, une somme rondelette si l’on songe au prix du blé, (20 sols le boisseau soit une livre les 17 litres à peu près) qui a doublé en un an.
Nous savons que le dimanche suivant, d’autres payements s’effectueront.
Nous savons aussi que madame de Choiseul Serrant mourra en 1793.
Le château ne souffrira pas de la Révolution et le comte de Serrant rentrera d’exil en 1802, après avoir épousé Louise Rigaud de Vaudreuil.
Renée Honorée de Choiseul Beaupré (1742-1793)





