Saint Georges Patrimoine

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Le Cercle de l’Union

Le Cercle de l'Union

le cercle de l union au début du XXIe

Les locaux du cercle de l’union, début des années 2000

concours du cercle de l'union en 1957

Concours de 1957 au Cercle de l’Union

Le Cercle de l’Union est créé le 24 Mars 1823, sous la Restauration, par une quinzaine de St Georgeois : notables, commerçants, artisans etc… à l’initiative de Monsieur Androuin. Leur but est de procurer à ses membres un lieu de lecture, de conversation et de jeux « honnêtes ». Ainsi, le règlement intérieur stipule que les jeux de hasard sont interdits. La société siège dans un local de deux pièces situé rue de Chalonnes et appartenant à Monsieur Colin : l’une des pièces est réservée à la conversation et la lecture notamment des journaux, source d’information de l’époque. La seconde est mise à la disposition des joueurs de cartes et de palets. Un jeu de boule de sable est construit aux abords du local.

Monsieur Androuin acquiert le local en 1880 et fait construire deux pièces attenantes en 1890 pour accueillir un concierge dans les anciennes pièces. Madame Daviau sera la première à tenir cette charge.

Ce n’est qu’en 1906 que fut décidée la construction d’un jeu de boule de fort couvert. On peut supposer qu’il existait déjà un jeu en plein air. Le fait de le couvrir le mettait à l’abri des intempéries, des conditions climatiques pas toujours agréables. Ce jeu construit en prolongement des locaux du Cercle a été inauguré le 7 juillet 1907 lors d’une grande fête. Cette même année, le cercle fait l’acquisition d’un billard.

Le nombre de sociétaires augmente d’année en année : ils sont 31 en décembre 1907 et une quarantaine en 1920.

Le 28 mai 1908, le Cercle de l’Union adhère à la Fédération de boule de fort et décide de participer à son Championnat.

En 1910, Monsieur HUAU est élu membre. C’est le premier agriculteur à faire partie de l’union jusqu’ici composée exclusivement de gens du bourg. C’est pour cette raison qu’elle sera longtemps nommée la « Société des Chapeaux » par opposition à la Fraternité qu’on appelle la « Société des Casquettes » car elle accueille des Saint-Georgeois plus modestes.

Mais les sociétaires se plaignent de l’éclairage insuffisant à l’acétylène. Il y a des tensions.

Finalement, le 15 mars 1914, l’éclairage électrique est installé par Charles Pageot.

Durant la première Guerre mondiale, la société est en vieille : certains viennent pour y lire la presse et prendre des nouvelles du front.13 sociétaires sont mobilisés. L’un d’eux, Monsieur Raimbault mourra au front.

En 1921, le jeu de boules est refait. Un nouveau concierge est recruté, Monsieur Burgevin, qui veillera à tenir ouvert le Cercle à toute heure.

Alors que les concours entre Sociétés sont encore rares, Messieurs Chevallier, Dupuis, Pavie et Martineau remportent le 1er concours de La Possonnière, le 26 août 1923.

Le 27 avril 1924, le Cercle organise son premier grand concours. Dix sociétés extérieures y prennent part. Il sera gagné par la Courtille d’Ingrandes. Le cercle compte alors 44 inscrits.

Le 19 décembre 1927, suite au décès de Madame Ardouin, les bâtiments sont mis à vendre :  le cercle décide à 30 voix contre 6 et une abstention d’acheter l’immeuble abritant le Cercle pour 20 000 francs. Plusieurs sociétaires démissionnent, certainement ceux qui étaient opposés à l’achat.

Des travaux sont nécessaires car le jeu de boule se dégrade. Chacun participe, y compris les femmes qui décorent les locaux. Elles sont admises pour la première fois au printemps 1928 dans un concours interne.

Le début des années 30 sont les belles années du Cercle avec une activité grandissante et de nombreuses manifestations.

En 1935, 15 des 67 sociétaires démissionnent, sans doute à cause des rumeurs relatives à une prochaine guerre qui suscitaient des discussions politiques pourtant interdites par les statuts du Cercle.

En 1937, les mineurs à partir de 15 ans et accompagnés sont acceptés : c’est un vent de jeunesse qui souffle sur le Cercle. En 1939, la Guerre perturbe de nouveau la vie du Cercle. Toutes les familles sont touchées. Une solidarité se met en place avec notamment l’envoi de colis aux prisonniers et déportés qui travaillent en Allemagne. Mais à Saint Georges, sous l’occupation allemande, la vie se poursuit. En 1944, un nouveau jeu de boule de sable est installé et un concours organisé.

Dans l’après-guerre, les activités du Cercle reprennent : concours de boule de fort, de boule de sables, de cartes et de billard. La paix revenue, le cercle de l’Union traverse cependant des moments difficiles : les lieux sont vétustes, la fréquentation en baisse. La situation financière se dégrade. Le jeu de boule de fort est rénové en 1949.

A partir de 1952, la pétanque fait son apparition. Un terrain dédié remplace bientôt le jardin du concierge. En 1963, une commission de pétanque est mise en place. En 1968, le Cercle adhère à la fédération ce qui permet l’obtention de licences et la participation aux compétitions officielles. Un des terrains de boule de sable est supprimé pour permettre aux amateurs de pétanque de jouer à l’ombre. C’est la naissance de l’Union Pétanquaise. Le Cercle de l’Union et l’Union Pétanquaise vont depuis lors coexister dans une grande fraternité.

Au début des années 70, Madame Davy, concierge, part en retraite. Il est alors décidé de ne pas la remplacer : le cercle doit faire des choix budgétaires car de lourds travaux sont envisagés. Le Cercle devient donc auto-gérer, ce qui est alors plutôt rare dans la région. La salle principale est agrandie, de nouvelles ouvertures sont réalisées pour gagner en luminosité, des sanitaires extérieurs sont installés. Des poêles sont aussi posés. Les travaux sont réalisés en partie par les sociétaires et le Cercle profite également de don. A la fin de la décennie, le bâtiment subit un ravalement de façade. Enfin, les deux pièces du logement du concierge sont réhabilitées et reliées aux pièces principales. En 1978, le dernier terrain de boule de sable est supprimé : l’activité n’était plus pratiquée, une page se tourne.

Si les locaux font peau neuve dans les années 70, un autre grand changement a lieu. En 1977, les épouses seront conviées pour la première fois à la galette. Pendant 150 ans, le Cercle de l’Union était resté un domaine presque exclusivement masculin (elles n’étaient admises que lors de concours internes depuis 1928). L’évolution des mœurs et des mentalités permet alors une certaine mixité.

Dans les années 1980, le nombre d’inscrits ne cesse de croître : 163 en 1980, 192 en 1984, 230 en 1987 et les bureaux successifs cherchent à proposer des divertissements variés. En 1986, le Cercle acquiert un nouveau billard qui vient remplacer l’ancien après près de 80 ans de service et deux rénovations. Une table de Ping pong sera même acheté mais le jeu ne trouvant pas d’amateurs, elle sera offerte au foyer des jeunes.

Malgré l’obligation du port de pantoufles depuis 1957 et le soin apporté, le jeu de boule de fort se dégrade. Le 13 mars 1988, le premier jeu en matière plastique est inauguré. S’en suivent de nombreux travaux de modernisation : peinture, mise en place d’un système de chauffage et du téléphone en 1991. En 1997, grâce aux dons de deux sociétaires, est lancée la construction d’un jeu de pétanque couvert.

En janvier 1998, l’assemblée générale décide d’accepter la candidature des dames. Si depuis de nombreuses années, elles étaient accueillies au Cercle et pouvaient participer aux jeux, elles n’étaient pas encore sociétaires.

En 2023, le Cercle de l’Union qui fête ses 200 ans d’existence et comprend près de 250 sociétaires, inaugure son nouveau jeu de boule de fort entièrement rénové avec une matière synthétique.

Dans la boule de fort comme dans la pétanque, le Cercle de l’Union et l’Union Pétanquaise sont deux acteurs associatifs majeurs dans la vie du village et ce depuis plus de 200 ans !

le jeu de boule de fort du cercle de l'union

Le jeu de boule de fort en 2007

Terrain de pétanque couvert de l'union pétanquaise

Terrain couvert de l’union pétanquaise

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Epidémie 1876

Epidémies à Saint Georges

1832-1890 De la Restauration à la Belle époque

arrêté du maire de st georges en 1832 pour lutter contre l'épidémie de choléra

L’arrêté d’Adolphe de Beaumanoir de 1832

1832. Adolphe Beaumanoir prend un arrêté pour tenter de stopper une épidémie de choléra. La cause : l’insalubrité dans Saint Georges qui compte déjà cette année-là une vingtaine de décès dus à la maladie.

Le Maire pointe du doigt « la malpropreté des rues (…), les fumiers, égouts, ruisseaux d’eaux ménagères, le sang des animaux tués dans les boucheries, les immondices jetés dans les rues et les miasmes ».

Il est donc décidé que « les fumiers, vidanges, plantes en décomposition » seront déposés à l’extérieur du bourg dans un lieu destiné à cet effet : c’est une déchèterie avant l’heure. On demande aux bouchers et aubergistes de récupérer sang et viscères pour les déposer dans un lieu assigné. Les canaux qui reçoivent les eaux ménagères doivent être nettoyés chaque jour,il est interdit de vider les pots de chambre dans la rue et le fumier provenant du balayage (on se déplace à cheval) devra être retiré chaque jour.

Le Maire demande aux gardes champêtres de veiller à l’exécution de l’arrêté : on imagine donc que ces pratiques étaient monnaie courante au XIXe siècle. On comprend alors les préoccupations du Maire.

Malgré tout, en 1834, l’épidémie frappe de nouveau avec 67 décès dans l’année. La crainte de l’épidémie et de contraventions n’a pas été suffisante pour changer les habitudes.

coupure de presse de 1878 sur l'épidémie d'angine à Saint Georges

Article du Journal du Maine et Loire du samedi 20 juillet 1878

1876. A Saint-Georges, l’épidémie fait rage, et tue et principalement les enfants ! Le constat est tellement alarmant que l’inspection académique décide de fermer les écoles. Il y en a trois : l’école publique de garçons (c’est aujourd’hui la salle Jeanne de Laval, rue de Cumont), l’école privée de filles (c’est celle du Sacré-Coeur, rue des Fontaines), et l’école privée de garçons (elle occupait l’emplacement du centre Saint-Joseph, aujourd’hui rue de l’Abbaye). Malgré les précautions, l’épidémie atteint 180 personnes et en tue 38 avant de disparaître durant l’été.

Mais à l’automne, on compte de nouveaux cas. Le Docteur Farge, médecin « des épidémies » de l’école de médecine d’Angers est dépêché à Saint Georges le 29 octobre 1877. Il arrive à 7 heures par le train : la gare de Saint Georges a été ouverte seulement quelques années auparavant en 1851.

Le diagnostic est rapidement établi. Il s’agit d’une épidémie «d’angine couenneuse », se caractérisant par de petites fausses membranes sur les amygdales, et particulièrement contagieuse. On l’appelle aussi croup, et elle est proche de la diphtérie. Les chances d’y survivre sont minces. Les écoles sont de nouveau fermées et désinfectées.

Le médecin enquêteur constate que c’est dans le bourg que l’épidémie est la plus violente. Il constate aussi qu’à Saint -Germain-des-Prés, village tellement proche, seule la population de la Janière dont les enfants fréquentent les écoles de Saint- Georges, est touchée : 13 cas recensés dont 3 mortels.

Du 30 mars 1876 au 29 novembre 1877, il relève 276 cas d’angines, entraînant 67 décès.

Lettre du préfet de 1877 sur l'insalubrité du village

Lettre du préfet de Maine et Loire au maire de Saint Georges datée du 6 novembre 1877

Le préfet s’en mêle, et le Conseil départemental d’hygiène, siégeant à la préfecture envoie une commission qui visite le bourg en compagnie du maire, Marie-Hylas Suaudeau. Le verdict tombe : Saint Georges est insalubre ! Des travaux d’assainissement sont à envisager d’urgence.

Il faut nettoyer les étangs, notamment celui d’Arrouët, mal entretenu mais aussi celui de la Salle. Il faudrait les assécher malgré le fait qu’ils soient la seule réserve d’eau pour un grand nombre de d’habitant malgré le puits de la place de la mairie qui a été creuser quelques années auparavant. Pour l’étang d’Arrouët, ce sera cependant fait en partie quelques années plus tard : c’est l’actuelle place Jumilly.

Les boucheries sont pointées du doigt. Il y en a trois dans le bourg. La première, la boucherie Réveillère est très bien tenue. La seconde, la boucherie Hermé située au carrefour central également mais la fosse dans laquelle sont jetés les déchets n’est pas assez profonde et les eaux ruissellent à l’intérieur. Enfin la charcuterie Denecheau située à la place de l’actuel bureau d’assurance Groupama est insalubre. « Le sang et les matières animales s’écoulent sur la voie publique. Lorsqu’on opère les lavages, les liquides sanguinolents coulent sur les marches de l’entrée, et de là, sur la voie publique, puis ils se rendent près d’une dépression de terrain formant une mare, qui appartient à la dame Massonneau, et sert au lavage du linge. Avant d’y arriver, ces liquides peuvent même séjourner sur le côté de la rue ».

D’autres problèmes sont mis en avant : face à l’église, la gendarmerie occupe le bâtiment qui est aujourd’hui la boucherie La Fine Bouche. Les gendarmes de l’époque se déplacent à cheval, et ne vident pas assez souvent leur fosse à fumier. Les caniveaux du bourg sont sales et trop de rues n’en possèdent pas encore.

Tout ce quartier en plein centre-bourg est particulièrement touché par les épidémies.

Le maire écrit au préfet le 18 février 1878 que certaines mesures ont été prises et « que l’épidémie paraît toucher à sa fin et il me semble suffisant désormais que les foyers d’infection signalés par le conseil de salubrité dans l’intérieur du bourg aient disparus pour considérer l’avenir d’un oeil plus tranquille « .

Il fait erreur ! Les écoles fermeront encore en 1885 et 1890, les épidémies d’angine continuant de frapper une population affaiblie et dépourvue d’hygiène.

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Le chemin de croix

Le chemin de croix de Stani Nitkowski

Le chemin de croix exposé dans l’église du village, de conception moderne, est l’œuvre du peintre Stani Nitkowski qui a résidé sur la commune. L’artiste qui abandonnait tout juste l’abstraction pour le figuratif en a fait don à la paroisse en 1976. Il y développe déjà les thèmes qui lui sont chers : la souffrance, le désarroi, autant de résonance avec sa propre existence car il est atteint de myopathie qui le fixe à son fauteuil roulant depuis ses 23 ans. Jésus porte une robe rouge, couleur du condamné comme de l’amour.Autour de lui, les couleurs sont lumineuses, évoquant l’espérance. Les lignes des personnages sont souples et déliées, en contraste avec celles plus géométriques des arrières-plans, comme pour souligner l’opposition entre l’angoisse et la sérénité. Chaque tableau est en effet une confrontation entre l’indifférence et la compassion, entre la haine et la compassion.

« J’ai voulu retraduire la Passion avec le regard actuel de notre société », précisait Stani en 1976.

premier tableau du chemin de croix

Le Christ condamné

Cette condamnation ne vient pas tant du juge qui semble tourner le dos, que de la foule, consciente ou indifférente, avide seulement d’un spectacle… Foule d’hier et d’aujourd’hui.

chemin de croix : jésus charge sa croix
Jésus charge sa Croix
 
Autour du Christ semblent rassemblées toutes les misères et les fautes humaines : égoïsme, peur, solitude, vieillesse, prostitution, envie…
chemin de croix : la chute

La chute

Tout le monde se retire, on ne veut pas voir… Jésus est seul, c’est le lot de tous ceux qui connaissent l’échec, de ceux qui dérangent…

chemin de croix : simon de cyrène

Simon de Cyrène

Une immense fraternité se noue entre deux hommes : Simon et Jésus. Autour d’eux, des gens reprennent confiance, d’autres ne ressentent rien.

chemin de croix : Marie

Marie

La rencontre du condamné avec sa mère, deux personnes dignes dans la même souffrance. Les autres ne comprennent pas… Le temps de la tendresse est loin pour certains personnages, ils sont attentifs seulement à l’évènement.

chemin de croix : véronique

Véronique

Des gens masqués, des spectateurs… personne ne s’implique dans la souffance du Christ. On parle, on regarde, mais one ne fait rien ! Sauf une femme qui grandit jusqu’à venir visage contre visage, transfigurée…

chemin de croix : les femmes

Les femmes

Découragements, incompréhensions, sensibilité, souffrances… « Non, dit Jésus, regardez ailleurs, pleurez sur vous, vos enfant et le monde. »

chemin de croix : vêtements et partage

Vêtements partagés

Dépossédé de tout, humilié. Il est là, comme l’agneau que l’on a tondu. Les autres ne sont que le clowns, collectionneurs de souvenirs ! Et pourtant, leur salut est en route dans cet homme remis entre leurs mains.

chemin de croix : crucifié

Crucifié

On se détourne, on n’est pas responsable. Cela ne peut être vrai, ce n’est pas moi qui ai fait cela ! Je n’y suis pour rien, je passais… Jésus et Marie, seuls, au comble de la souffrance. « Père, que ta volonté soit faite ! »

chemin de croix : la mort

La mort

« Tout est accompl ». Mais la croix est plantée sur le monde, scandale pour les païens ! Elle devient trône ! Mais il faut un nouveau regard :  » Jésus, Roi des Jifs », laissez-moi rire ! Le soldat ne peut pas comprendre, il a fait son travail, le révolutionnaire est mort ! Les pharisiens ne peuvent rien comprendre, ils ont anéanti l’imposteur ! « Oui, je suis Roi ! « 

chemin de croix : descente de la croix

Descente de la croix

Tout semble terminé : « la mort a vaincu l’auteur de la vie ! Mais déjà la peur est vaincue : Joseph le pharisien ouvre son tombeau. La Vierge est là, elle reçoit ce corps à qui elle avait donné la vie. « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire ?  » Elle a cru la parole de Dieu, elle croit à son amour ! La foule, elle, peut partir, repue de spectacle, l’évènement est terminé…

chemin de croix : le tombeau

Le tombeau

Jésus « repose » mais dans la nuit de ce vendredi saint, la vie est en train de germer ! Dans quelques heures, ce sera l’éclatement, la lumière… L’Eglise, porteuse des promesses du Sauveur, va surgir ! La Vierge, Mère de l’Eglise, nous enfante à un monde nouveau en ce moment de souffrance, d’obscurité, de solitude…

A travers toutes ces silhouettes, ces ombres qui remplissent chaque tableau ne nous sommes-nous pas reconnus, spectateurs d’un monde où se joue chaque jour le combat du bien et du mal ? La mort et la résurrection du Christ ?

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Louise de Vaudreuil

Louise de Vaudreuil

1770-1831

Portrait de Louise de Vaudreuil

Louise de Rigaud de Vaudreuil

Portrait du marquis de Valady

Le marquis de Valady, premier époux de Louise de Vaudreuil

Louise Elisabeth Charles Marie de Rigaud de Vaudreuil est née à Vaudreuille (Haute Garonne), le 23 novembre 1770 dans la famille la plus puissante du Lauragais. L’histoire de cette famille est fortement liée avec celle du Canada : son arrière-grand-père, Philippe de Rigaud fut gouverneur de Montréal puis de la Nouvelle France de 1703 à 1725.

Le père de Louise, Louis Philippe de Rigaud, comte de Vaudreuil était lieutenant général des armées navales et participa à toutes les guerres de Louis XV. Il s’empare en 1777 du Sénégal et devient gouverneur de Saint Domingue. Il est député de la noblesse de la Sénéchaussée de Castelnaudary en 1789. Il émigre en Angleterre avec sa famille à la Révolution. Quand il revient en France, sous le Consulat, il est ruiné, ses propriétés ayant été vendues comme biens nationaux.

Louise épouse le marquis Jacques Godefroy d’Izam de Frayssinet le 6 octobre 1783. Elle a 13 ans et lui 17. Le contrat est signé à versailles par le roi, la reine et les parents: les de Vaudreuil sont peu fortunés mais influents à la cour grâce à leur cousin, Joseph de Rigaud de Vaudreuil, favori de Marie Antoinette. Au contraire, les d’Izam de Freyssinet sont très riches mais cherchent à être introduits à la cour. Si le marquis fut bien admis aux Honneurs de la cour en 1785, la famille de Louise ne reçut ni le château de Corpières dans le Cantal, ni les richesses que prévoyaient le contrat de mariage.

Godefroy , lieutenant des Gardes Françaises, part combattre pour la cause américaine aux côtés de La Fayette de 1781 à 1788. Il s’éprend d’une toulousaine et se sépare de Louise en 1791 pour cause de mariage non-consommé. Romantique, influencé par les idées de Jean-Jacques Rousseau, il sera élu député de la convention pour l’Aveyron en 1792. Arrêté en juin 1793, à peine âgé de 27 ans, il sera guillotiné avec des Girondins pour n’avoir pas voté la mort du Roi Louis XVI le 6 décembre 1793.

En 1794, en exil, Louise décide de suivre les conseils de ses parents en épousant Antoine Walsh, Comte de Serrant, officier d’un régiment à son nom, de 26 ans son aîné. Le comte était assurément un bon parti car il possédait le château et le comté de Serrant comprenant les baronnies d’Ingrandes, Bécon et Segré, les châtellenies de Champtocé, Savennières et Louvaines, les seigneuries du Plessis Macé et de Coulaines.

La jeune Louise, 25 ans, se remarie donc à Londres le 17 janvier 1795 avec Antoine Joseph Philippe Walsh de Serrant. Il est né à Cadix le 17 janvier 1744 et il est veuf ; sa première épouse, Renée de Choiseul Beaupré est morte en 1793 en France alors que lui a fui la révolution dès 1789 en s’exilant en Autriche puis en Angleterre. De leur union, naîtront 3 enfants : Théobald (1796), Louis (1797) et Valentine (1810).

Le 29 décembre 1800, le consulat autorise les émigrés à rentrer en France. Le couple retrouve le château de Serrant le 2 avril 1802. Au retour d’Angleterre, le mariage civil à lieu à Paris, le 2 juin 1804 : le mariage religieux n’est pas reconnu par la loi française. Ils sont accueillis froidement par Edouard, le fils d’Antoine qui au décès de sa mère et de sa sœur, Mélanie, pense être propriétaire du château. S’en suivent de multiples procédures judiciaires. Le comte récupère son château tandis qu’Édouard s’installe au château d’Éculard à Saint Georges.

Le maréchal Lefebvre qui avait servi dans les Gardes Françaises sous les ordres du marquis de Valady, introduit Louise de Vaudreuil à la cour de l’Impératrice Joséphine en 1803. Louise fera partie des neuf dames du palais accompagnant Joséphine lors du couronnement de Napoléon, le 2 décembre 1804. Nommée Comtesse d’Empire par Napoléon, elle sera dame du palais de l’Impératrice Joséphine de Beauharnais de 1804 à 1810.

Le 15 avril 1808, Antoine Joseph Walsh de Serrant est nommé Comte d’Empire car il s’était distingué par les services rendus à l’État, par son zèle et sa fidélité. Le ralliement du Comte de Serrant à l’Empire n’était pas dénué de tout intérêt. Louise de Vaudreuil profite de sa présence à la cour pour réclamer la liquidation de dettes que son époux avaient contractées avant la Révolution. Napoléon lui octroie les 100 000 francs nécessaires. Pour montrer sa reconnaissance, la comtesse de Serrant aménage de grands appartements au château de Serrant. Le couple impérial fait un arrêt le 11 août 1808 mais ne reste que deux heures avant de repartir sans avoir dormi dans la chambre qui leur a été préparée.

Suite au divorce, fin 1809, de Joséphine à qui elle reste fidèle, Louise de Vaudreuil n’est plus dame du palais. A la restauration en 1815, Louise se retire de la vie publique et reste principalement au château de Serrant.

Antoine Walsh décède le 3 février 1817 à Paris. La succession du Comte est la source d’un conflit entre ses enfants : Edouard, qui héritera des biens de sa mère Renée de Choiseul et les enfants de Louise de Vaudreuil, Théobald, Louis et Valentine.

Louise est nommée administratrice provisoire du domaine de Serrant. Son fils aîné, Théobald, 21 ans en 1817, hérita du château de Serrant. Le 19 juillet 1823, il épousa Sophie Legrand qui, grâce à sa fortune considérable, fit restaurer le château et aménager le parc qui lui doit ses principales beautés. Louis hérite des territoires du Béconnais. Valentine, enfin, hérite du Plessis-Macé.

Veuve à 47 ans, Louise de Vaudreuil va séjourner à Paris, chez son fils Théobald mais également au château de Brissac. Elle consacre sa vie à des activités littéraires et artistiques, correspondant avec l’historien saumurois Jean François Bodin. Elle lui soumet pour ses ouvrages des descriptions et des dessins du château de Serrant qu’elle a réalisés elle-même. Elle emploie Charles Thierry, artisan de Saint Georges, qui va réaliser pour elle des peintures sur porcelaine. Elle l’envoie ensuite se former à Paris aux techniques oubliées du verre peint. Charles Thierry réalisera les vitraux de l’église de Saint Georges et de la chapelle de Serrant.

Louise de Vaudreuil décède le 23 octobre 1831, à Angers où elle résidait avec son fils Théobald

portrait de louise de vaudreuil

Louise de Rigaud de Vaudreuil, portrait attribué à Guillaume Descamps (1779-1858)

Portrait d'Antoine Walsh

Antoine Joseph Walsh (1744 – 1817)

dessin du chateau de serrant au XIXème siècle par Louise de Vaudreuil
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Le cinéma Pageot

Le cinéma Pageot

1900-1933

Portrait de Joseph Pageot

Joseph Pageot

carte postale du cinéma ambulant

Le cinéma Pageot installé sur le champ de foire à Saint Georges (aujourd’hui la place Monprofit)

Joseph Pageot, mécanicien touche à tout de Saint Georges-sur-Loire, résidant sur le champ de foire (aujourd’hui place  Monprofit), était fasciné par les nouveautés et les progrès techniques du XXe siècle naissant.

C’est en visitant l’exposition universelle de Paris en 1900, qu’il eut l’idée de créer dans sa province un cinéma ambulant : décision tout à fait novatrice, car les premiers cinémas forains avaient vu le jour en 1896 seulement, à Nantes et à Lille. On ne parlait pas encore de salles sédentaires, et le cinéma faisait partie des activités rares de foire.
Donc, Joseph Pageot se lança dans la construction de roulottes et du matériel qui permettaient de transporter et projeter les films ; il y en avait 4, montées sur roues ferrées et tirées par deux tracteurs.

L’entreprise était une affaire de famille qui regroupait les époux Pageot, le couple formé par le frère de madame Pageot, François Auribault et son épouse.

Pour 6 à 15 sous, le public était accueilli sous une vaste structure mobile de  24 m de long sur 7 de large, garnie de gradins. À Saint-Georges, on la dressait sur le champ de foire, alors dépourvu d’arbres, proche de la demeure des Pageot. Et, pour être sûr d’assurer les séances prévues, Joseph Pageot emmenait, dans sa caravane, un groupe électrogène.

Madame Pageot tient la caisse. François Auribault est l’opérateur quand son épouse commente devant l’écran les films qui sont muets. Sa belle-soeur, Joséphine Wolfart joue le rôle d’ouvreuse.

Les films sont achetés une fois par an à Paris et présentent un programme complet pour être diffusés quotidiennement pendant une semaine ce qui représente la durée de séjour dans une commune. Le cinéma Pageot rencontre un succès dans toutes les communes du Maine et Loire et au-delà : Nièvre, Eure, Yonne, Indre et Loire, Sarthe, le cinéma Pageot sillonne les routes.

A compter de 1910, le cinéma Pageot utilise un phonographe synchronisé par téléphone et montre les premiers films sonores. Chaque semaine, le cinéma reçoit les actualités relatant les principaux événements.

En 1913, Joseph Pageot céda l’affaire à son beau frère, François Auribault qui continue l’exploitation du cinéma avec sa femme et ses enfants Paul et Marcelle ainsi que le mari de cette dernière, Claude Parthiot.  Joseph Pageot lui se consacre à une autre nouveauté : la petite installation électrique qu’il avait créée, toujours sur le champ de foire, et qui permit au bourg de Saint-Georges d’être électrifié dès 1912.

Après la première guerre mondiale, le cinéma Pageot reprend ses tournées. Le cinéma ambulant fit les beaux jours des campagnes jusqu’en 1933. Le 6 février de la même année, des suite des soucis de santé de François Auribault, le cinéma Pageot s’arrête définitivement, tué par le parlant et l’ouverture de salles sédentaires.

roulotte du cinéma ambulant joseph pageot

Les voitures du cinéma Pageot

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Vie quotidienne

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Plainte à Serrant

Plainte à Serrant

4 février 1796 Révolution

Chateau de serrant au XVIIIème

Le chateau de Serrant au XVIIIème siècle

1796. Au château de Serrant, en pleine tourmente révolutionnaire, une jeune femme porte plainte contre un jardinier. L’homme conteste.  Qui croire ?

Les temps étaient troublés, incertains. La Révolution de 1789 avait balayé les repères d’une société qui paraissait jusqu’alors immuable.
Le nom même du village était nouveau : il n’était plus question de Saint-Georges mais de Beausite, car toute référence religieuse avait disparu, et le mouvement de déchristianisation du territoire était lancé.

Le château de Serrant aussi avait connu des imprévus. Dès le mois de juillet 1789, le comte, Antoine Walsh, s’était joint aux premiers émigrés fuyant les troubles révolutionnaires. La comtesse, née Renée-Anne de Choiseul était morte en 1793, et, en cette année 1796, les troupes du 4e bataillon de Grenadiers de la Loire y logeaient. Le gouvernement avait en effet disposé des régiments le long du fleuve jusqu’à Nantes, pour prévenir d’éventuelles attaques de Vendéens. En l’absence des propriétaires, des domestiques y résidaient, entretenant l’édifice et ses alentours. Et c’est parmi eux que surgit le différend.

C’est Jean-Baptiste Maurice Sortant qui consigne soigneusement les événements. Il appartient à une famille de notables, installés depuis longtemps à Saint Georges. Son oncle était maître de la poste à chevaux alors située face à la rue des parements, de l’autre côté de la route d’Angers-Nantes. Il a fait faillite en 1774. Un de ses frères est prêtre. Jean-Baptiste, lui, sert le gouvernement révolutionnaire comme il servira, un peu plus tard, l’empire. Il consigne la plainte d’une femme.

manuscrit de la plainte de Jeannne

La plainte de Jeanne Monnier en 1796

signature de Jean Baptiste Sortant juge de paix en 1796

La signature de Jean Baptiste Maurice Sortant, juge de paixen 1796

En ce jour du 4 février 1796, ou plutôt du 15 pluviôse de l’an IV, il enregistre la plainte de Jeanne Monnier. Devant le juge de paix, Jeanne « demeurant à Serrant » où elle est sans doute domestique, dévoile sa grossesse, et accuse Jacques Esnault, un jardinier du château, de l’avoir séduite en lui promettant le mariage. Maintenant que l’enfant va naître, il ne veut plus rien assumer. Jeanne se pose en victime, naïve et amoureuse.
Faux, déclare avec véhémence le jardinier, entendu lui aussi par l’homme de loi. Cette fille est une dévergondée !
Bien sûr qu’il ne veut ni l’épouser ni reconnaître l’enfant ! D’ailleurs, il émet même des doutes sur la réalité de sa grossesse. En effet, dit-il « la conduite qu’elle a tenue depuis la Saint-Jean dernière, tant avec les grenadiers du 4e bataillon de la Loire inférieure qu’avec d’autres soldats qui ont logé à la maison de Serrant », laisse planer une sérieuse incertitude sur l’identité du géniteur.
Il continue à accuser, ce qui est la meilleure défense, « non contente de les faire coucher avec elle dans sa chambre, les allait même trouver dans leur caserne au vu et au su de tous les domestiques de Serrant ». Alors non, il ne paiera pas les 150 livres qu’elle réclame, faute de mariage, pour élever son enfant. Il la renvoie à sa condition de fille à soldats.
Le juge de paix est bien perplexe. Qui croire ? Que s’est-il réellement passé à Serrant ? Comment rendre justice ?
Il se décharge de la décision auprès « de juges compétents pour statuer ce qu’il appartiendra », et, dégagé de responsabilités, signe le document d’une belle écriture élégante et soignée.

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Maison Mondain

La maison Mondain

1808 Premier Empire

la maison mondain, maison bourgeoise du premier empire

La Maison Mondain aujourd’hui

La maison Mondain du nom de son propriétaire au début du XXe siècle est l’une des plus belles maisons bourgeoises du village. Elle date du premier Empire.

Cette maison fut construite en 1806. Le portail d’entrée et la cour furent construits en 1822, la porte principale fut installée en 1859.

Au-dessus de la porte principale figure un cadre de pierre, où l’on devine un personnage sculpté debout à mi-corps, qui représente un apothicaire en costume du XVIIème montrant du doigt un verre sur une table avec une potion à prendre.

Cette demeure a pu accueillir un médecin ou un apothicaire à cette époque.

Gravure au dessus de la porte principale présentant un homme à une table

La sculpture au dessus de la porte principale

Les propriétaires de cette maison :

En 1835 Victoire Péan, fille du notaire Pierre Péan (maire de Saint-Georges de 1794 à 1800). Celle sans doute elle qui fit construire cette maison.

 En 1884 Beyer, facteur retraité.

 En 1923, Joseph Mondain de Saint Laurent de la Plaine.

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Joseph Pageot

Joseph Pageot

1870-1943

Portrait de Joseph Pageot
carte postale du cinéma ambulant

Le cinéma Pageot installé sur le champ de foire à Saint Georges

Joseph-Charles Pageot est né à Saint-Georges-sur-Loire le 4 mars 1870. Ses parents, Frédéric-Auguste et Joséphine-Françoise Pointeau, décédés à Saint-Georges, étaient originaires de Fontenay-sur-Vègre dans la Sarthe. Le père était charron.

On ne sait rien de sa jeunesse si ce n’est qu’au  moment de la conscription (classe 1890), il résidait à Mendoza en Argentine. Sa fiche matricule N°878 à Angers dit qu’il est absent, Cependant, il est présent du 1er décembre 1891 au 30 mai 1892 et son service est interrompu du 1er juin 1892 au 7 aout 1898. Placé dans la réserve de l’armée le 8 aout 1898, Il n’est pas réincorporé dans l’armée entre septembre 1914 et octobre 1916, mais détaché à la Société d’électricité de Saint-Georges-sur-Loire . Il est incorporé le 1er juillet 1917 au 6ième Génie à Angers, mais, à 47 ans, ne participe pas aux combats durant la Grande Guerre.

Il épouse Anne-Marie Woolfahrt, née  à Metz le 10 juin 1872 et décédée à Saint-Georges-sur-Loire le 27 mars 1956. On ignore la date et le lieu du mariage. Au moins deux enfants vont naître : Henri, né le 10 octobre 1894 à Belgrano en Argentine et Charles. Henri  se marie à Saint-Georges-sur-Loire le 27 septembre 1919 avec Anne-Marie Dupuis. Ils montent un commerce de transporteur et de messagerie jusqu’en 1926 où ils vendent. On retrouve ensuite leur trace dans le Var où ils décèdent tous les deux.

Charles prendra la suite de son père qui lui laisse son commerce de garagiste et de mécanique en avril 1928.

Joseph-Charles, après avoir rencontré le cinéma en 1900 à Paris décide de mettre en œuvre un cinéma ambulant. Charron de profession, il va construire les roulottes nécessaires à son commerce. Son atelier est situé au 5 place Monprofit. Il cède son affaire à son beau-frère en 1913 pour se lancer dans l’électrification du bourg.

Témoin au décès de son père en décembre 1906, il se déclare ‘photographe’.

Avis de décès de Joseph Pageot dans le Petit Courrier du 8 septembre 1943

Avis de décès de Joseph Pageot dans le Petit Courrier du 8 septembre 1943

article sur la donation de l'entreprise de Joseph Pageot à son fils Charles du Petit Courrier du 14 avril 1928

article sur la donation de l’entreprise de Joseph Pageot à son fils Charles du Petit Courrier du 14 avril 1928