Saint Georges Patrimoine

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Pierre-Louis Collet

Pierre-Louis Collet

1774-

soldat à la révolution

soldat à la Révolution

entrée des français à Chambéry en 1792

Entrée des français à Chambéry en 1792

Pierre-Louis Collet est né le 7 juin 1774. Son père, Mathurin, est laboureur à La Villette, un hameau important de la vallée de Saint-Georges, proche de la Loire. Laboureur : le terme était utilisé sous l’ancien régime pour désigner un paysan possédant en propre, instruments et animaux de labour.

Engagé dans l’armée révolutionnaire, il écrit, le 7 juin 1793, à ses parents, pour les rassurer sur son sort et leur raconter SA guerre, les exploits de sa demi-brigade, composée de l’ancien 28e régiment du Maine, et de volontaires recrutés à partir de 1791, puis de conscrits dès 1793. La troupe est commandée par François Gilles Guillot, officier angevin.

Pierre a 19 ans lorsqu’il écrit cette lettre. Il fait partie depuis 5 mois, c’est-à-dire depuis le début de l’année 93, d’un régiment de chasseurs, et il raconte fièrement l’avancée des troupes en Savoie, afin de repousser celles du royaume de Piémont-Sardaigne. S’est-il enrôlé volontairement en 1791, fuyant peut-être la misère des temps ? Est-il de ceux qui furent tirés au sort en février 1793, parmi les célibataires de plus de 18 ans de chaque commune, lors de la levée des 300 000 hommes ?

En janvier 1793, Louis XVI est guillotiné. Rien qui puisse rassurer ses voisins ! Le roi de Sardaigne, qui possédait aussi le Piémont au nord de la péninsule italienne, fait partie de la première coalition opposée à la France. En 1792, l’armée révolutionnaire est entrée dans Nice, ville italienne dont elle s’est emparée, et en Savoie, dont elle a fait le département du Mont-Blanc. Les Autrichiens ont envoyé une division pour soutenir les Piémontais-Sardes dans leur effort de reconquête, et c’est à l’affrontement avec eux que participe Pierre Collet. Il y a 4 mois, dit-il, que sa demi-brigade a quitté Nice pour s’enfoncer dans les Alpes. Après avoir connu la douceur méditerranéenne, il découvre une région montagneuse enneigée (plus de 6 pieds de neige, c’est-à-dire à peu près 1,80 m). On imagine la stupéfaction du jeune Angevin, peu habitué à ces extrêmes, et la difficulté de la progression.

Et puis, c’est le combat, de nuit, l’attaque surprise ! Il raconte la fusillade nourrie, un peu à l’aveuglette, et la découverte, au petit matin, des cadavres. Sur le champ de bataille, des bras, des jambes, des fusils, des chapeaux… Huit jours après, s’encourageant mutuellement pour affronter le danger et les tirs qu’ils subissent, c’est la poursuite jusque dans le campement ennemi, qu’on brûle, après avoir renversé la soupe cuisant sur le feu, et s’être emparé du pain. Pierre Collet évoque la peur de ses camarades et la sienne, leur courage pour repousser l’assaillant. L’endroit est mis « à feu et sang » écrit- il. Eternelle furie de la soldatesque.

Il faut imaginer les parents, attentifs, inquiets, qui reçoivent la missive, à qui sans doute il faut la lire. En effet, lors de l’acte de baptême de Pierre, son père Mathurin a déclaré « ne scavoir signer ». Où le jeune homme a-t-il appris à lire et écrire ? A l’école de son village ? A l’armée ? La lettre est riche de renseignements, dépourvue de ponctuation, écrite d’une plume alerte, mais d’une orthographe phonétique. Il signe d’ailleurs Collette, reproduisant ainsi le t final appuyé de la prononciation locale. Il évoque les villes traversées, Sospelo, Lantosque, et se moque des Austro-Sardes qui, affamés, désertent et crient « Vive la Nation » à l’image des Français, pour s’attirer l’impunité.

assignat de la période révolutionnaire

Assignat révolutionnaire

Mais Pierre Collet, en bon paysan, parle aussi des cultures qu’il voit « il y a beaucoup de froman, dit-il, et beaucoup de raisain, ainsi que des figues ». Il s’inquiète de ce que vivent ses parents. Il demande des nouvelles du pays : les assignats, récente monnaie de papier, se déprécient à vue d’œil entraînant une hausse des prix, rendant les denrées de base de plus en plus chères. D’ailleurs, dit-il, en Savoie, ils ont perdu la moitié de leur valeur. Il s’informe aussi de l’état d’esprit de la société de son village angevin et demande « si les aristocrates font toujours leur même train ». Ignore-t-il que le plus puissant d’entre eux, Antoine Walsh comte de Serrant a quitté la France dès la mi-juillet 1789, laissant le château de Serrant entre les mains d’un fils infirme et de serviteurs dévoués ? Sait-il que la comtesse est morte le 12 mars 1793 ? Elle avait dû, en octobre 1789, dans son beau château de Serrant, affronter les paysans menaçants de son comté, venus lui réclamer le remboursement d’amendes jugées abusives, et elle avait été contrainte de céder !

bapteme de pierre-louis collet dans le registre

1793, c’est aussi l’année des périls intérieurs, celle des succès de l’Armée Catholique et Royale, armée des Vendéens, qui pille les principales villes de l’Ouest, avant son échec, en septembre devant Cholet et la désastreuse virée de Galerne. La commune de Saint-Georges, qui, deviendra un peu plus tard Beau-Site, au moment de la déchristianisation des noms, vit cette période troublée dans une tranquillité très relative, marquée davantage par la misère de nombre de ses habitants, par les exactions des troupes qui la traversent, que par des engagements passionnés.

Enfin, le juvénile soldat de la Révolution demande des nouvelles de toute sa famille : mère, frère, sœur, parrain, marraine, à qui il adresse ses compliments. Il prie son père de lui répondre dès la réception de sa lettre, car la correspondance est difficilement acheminée depuis, ou jusqu’à la Savoie occupée par les troupes françaises : il a besoin, le jeune Collet de savoir ce qui se passe chez lui, chez les siens ! Il a besoin d’un peu d’air du pays. Et il donne, fièrement, son adresse : « Citoyen Collette, chasseur au vingt-huitième Regimant ci devant d’humaine Compagnie de Guilliot A Sospelle »

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Diane de Bautru

Madeleine Diane de Bautru, duchesse d'Estrées

1668-1753

Portrait du duc d'Estrées

Le duc d’Estrées

l'hotel de lionne du duc d'estrées

L’hôtel de Lionne à Paris où résidèrent le duc et la duchesse d’Estrées

Madeleine Diane de Bautru est la fille de Marguerite Bautru et de Nicolas Bautru, marquis de Vaubrun, lieutenant général des armées du Roi. A l’âge de 20 ans, le 23 août 1688 1688, elle épouse François Annibal III, duc d’Estrées, de vingt ans son aîné.

Le troisième duc d’Estrées est né en 1648. Il a épousé en première noce Madeleine de Lionne, fille d’Hugues de Lionne, ministre et secrétaire d’état avec qui il a eu 5 enfants. Madeleine de Lionne meurt en 1684.

Le couple réside à Paris, à l’hôtel de Lionne, propriété du duc d’Estrées depuis 1682. La duchesse d’Estrées laisse son frère Nicolas Guillaume de Bautru de Vaubrun, abbé, occuper le château de Serrant aux côtés de son grand-père, Guillaume III Bautru. C’est dans l’hôtel de Lionne qu’a lieu les débuts de l’affaire de l’enlèvement de mademoiselle de Vaubrun par le comte de Béthune, fait divers qui anima la vie parisienne en 1689.

Le couple a trois enfants : César François en 1694, Diane en 1690 et Marie Madeleine.

Le duc d’Estrées meurt le 11 septembre 1698. Les trois enfants meurent également précocement.

Tableau représentant Madeleine Diane de Bautru, duchesse d'Estrées

La duchesse d’Estrées

La duchesse d’Estrées fait construire à Paris un hôtel particulier. Le terrain situé rue de Grenelle est acheté le 1er octobre 1711. Les plans sont réalisé par Robert de Cotte, premier architecte du Roi.Robert de Cotte, beau-frère de l’architecte Jules Hardouin-Mansart à qui il succède en 1708, réalisa de nombreux bâtiments à Paris mais également à Versailles. Il était aussi reconnu pour ses talents de décorateurs Les travaux vont durer deux ans. Le Grand Hôtel d’Estrées est achevé en 1713.

A la mort de son frère, l’abbé de Vaubrun en 1646, la duchesse d’Estrées hérite du château de Serrant. Veuve et sans descendance, contrainte d’éponger les dettes de son frère, elle est contrainte de vendre le domaine de Serrant. C’est Antoine Walsh, armateur nantais d’origine irlandaise, qui achète le château pour l’offrir à son frère François Jacques.

La duchesse d’Estrées meurt en 1753. Sans héritier direct, elle lègue à son neveu, Louis-Antoine de Gontaut, le Grand hôtel d’Estrées. C’est aujourd’hui l’ambassade de Russie à Paris.

grand hotel

Le Grand Hôtel d’Estrées que fit construire la duchesse d’Estrées à Paris

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Grand chemin

La construction du Grand Chemin de Paris à Nantes

1762 Le siècle des Lumières

tableau de Vernet Joseph (1714-1789)de la construction d'un grand chemin, Le Louvre

La construction d’un grand chemin de Joseph Vernet (1714-1789), Le Louvre

Jusqu’en 1508, il n’y avait aucune administration nationale chargée de la voirie. Routes, rues et chemins étaient créés, entretenus par les seigneurs, les villes ou les paroisses. Les finances provenaient souvent des péages. Un péage existait ainsi à Saint Georges. En 1508, Louis XII nommait quatre « Trésoriers de France » chargés de surveiller les voies publiques. Ils étaient 17 en1551. En 1599, Sully créa « l’Office de Grand Voyer de France » et en 1600, dota les Ponts et Chaussées d’un budget. En 1669, Colbert fonda le « Corps des commissaires des Ponts et Chaussées ». Une grande administration de la voirie se mettait en place. En 1747 l’école des Ponts et Chaussées voyait le jour. Dans ce cadre, de 1730 à 1746, le Contrôleur Général Orry développa le service de la construction et de l’entretien des grands chemins. De 1748 à 1769, l’intendant des finances Trudaine avait la charge de la réalisation du détail des Ponts et Chaussées. Ce sont vraisemblablement ces deux hommes, l’instigateur et le réalisateur, qui sont à l’origine de la réalisation du Grand Chemin de Paris à Nantes. Notons que pour ces grands travaux, furent créées les « Corvées Royales », associées à la perception de la taille. Chaque corvéable devait fournir gratuitement des journées de travail. La taille désigne une imposition en argent répartie de manière annuelle sur les contribuables en proportion de leurs biens et moyens. Comme les ordres privilégiés (noblesse et clergé) étaient exemptés, elle pesait surtout sur les paysans. Selon toute vraisemblance, ce sont les paysans de Saint Georges qui ont construit ce grand chemin.

Le plan de cette construction est conservé aux Archives Départementales. Le commerce avec les Antilles est florissant et il est important de relier Paris avec les ports de l’Ouest de la France, tel Nantes.

La route traverse l’agglomération et  bouleverse  les entrées et sorties du bourg de Saint Georges. (Le plan, à l’inverse des habitudes, met le sud vers le haut et le nord vers le bas). Vers l’ouest, on voit le moulin de la Salle. La traversée au niveau de l’église est étroite. La route de Saint Augustin actuelle n’existe pas. On prend la direction de Saint Augustin par l’actuelle rue du Bœuf Couronné. Coté Angers, il y a 2 chemins : l’un au sud prend la direction du château de Serrant, la route du château Chevigné, l’autre au nord, prend la direction de la Douinière, par la rue du stade. Notons que le chemin de Chalonnes ne traverse pas l’étang d’Arrouët, mais emprunte l’actuelle rue de Savennières pour atteindre l’ancienne ferme du Grand Arouet.

A l’ouest, avant 1762, le « Grand Chemin de Paris à Nantes » était au sud de la Nationale. Il passait sur la levée de l’étang de la Salle, étang qui a été séparé en deux parties par la construction de la route. Il rejoignait le lieu dit Petit Boyau sur Saint Germain des Prés.

tracé du grand chemin royal

Tracé du Grand Chemin, le sud est en haut de la carte (ADML)

carte du XVIIème montrant les fermes au nord et à l'ouest

Les fermes au nord et à l’ouest de Saint Georges au XVIIème

Tracé du Grand Chemin à l'est du village

Tracé du Grand Chemin à l’est du village

Profitons-en pour regarder la présence des fermes à l’Ouest du bourg :

Au nord, nous avons Gravereuille, Petit Gravereuil, La Thibauderie, les Grands et Petit Faiteau, Nid de Pie, la Bouvière, le Grand Soucy, la Bénaudière,  la Salle et puis sur Saint Germain, la Goglès, la Palatrie etc… Passons au sud, les deux Comterie et Petit Boyau à Saint Germain. Notons que le château de la Comterie n’existe pas, pas plus que les Prouillais ou l’Ouvière et le Petit Lapin au nord.

A l’est, la construction de la route nationale a complètement modifié la voirie : on voit bien l’allée de Serrant en provenance du bourg, et après le passage devant le château, il est possible de rejoindre le chemin d’Angers. De la rue du stade actuelle, on arrive au nord de la route nationale, on passe devant le parc de Serrant, et on se dirige vers un carrefour important à la Douannière. Il y a trois directions à ce carrefour : au sud, vers l’étang de la Brelaudière, à l’est vers Saint Martin du Fouilloux, en passant au sud de la ferme de Hilbert et au nord est, vers le Petit Paris. Est-ce dans ces chemins que le carrosse de Louis XIV s’est embourbé alors que le roi allait arrêter Nicolas Fouquet à Nantes en septembre 1661 ?

extrait du registre du curé de St Martin du Fouilloux concernant le grand chemin royal

En 1762, le curé Guibert de Saint Germain des Prés consigne dans son répertoire l’avancée des travaux (ADML)

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Hôpital Saint Louis

L'hôpital Saint Louis

l'hopital saint-louis, maison de retraite

En juin 1914, quelques mois avant que ne débutte la Première Guerre Mondiale, Louis Cotte de Jumilly, maire de Saint Georges, fait une lecture émouvante au conseil municipal. Il s’agit du testament de Marie-Joséphine Meslier, sa femme, décédée quelques semaines auparavant. Celle-ci lègue au bureau de bienfaisance de la commune, sa maison natale et les terres qui l’entourent afin de créer un hôpital hospice dénommé «HOPITAL HOSPICE SAINT LOUIS ROI DE FRANCE» et destiné à « servir principalement aux vieillards des deux sexes, aux enfants délaissés et aux malades de la commune quand il y a lieu ».

L’ensemble est accepté avec reconnaissance, au cours d’une séance de conseil municipal du mois de juin.

Mais les temps sont troublés, le vœu de Marie-Jospéhine Meslier ne pourra être immédiatement exhaussé. Il faudra attendre 1921 pour qu’un décret présidentiel, signé par Alexandre Millerand, permette lancer les travaux.

Les aménagements sont lourds pour transformer la demeure en établissement de soin. Louis Cotte de Jumilly contribue financièrement par deux fois en 1923 pour  que le projet aboutisse comme d’autres généreux donnateurs dont la duchesse de la Trémoïlle de Serrant. De longues années après le décès de Marie-Joséphine Meslier, la première pensionnaire est enfin accueillie en 1928.

hopital saint louis aujourd'hui
pavillon rue tuboeuf voisin de l'ancien hôpital saint louis

Le pavillon situé rue Tuboeuf fut construit par la famille Grenon qui l’utilisait comme pavillon de chasse. Il fut acheter par la famille Meslier. Il fut loué puis intégré à la maison de retraite avant de servir de logement de fonction.

L’établissement va continuer d’accueillir des personnes âgées. En 1959, il est classé maison de retraite.

En 1969, une extension est construite qui permet d’accueillir 69 résidents. En 1976, il est doté d’un service de médecine. En 1989, une unité de long séjour voit le jour. Le bâtiment retrouve ainsi sa vocation de soin et d’accueil voulu par sa donatrice.

Le bâtiment a sans cesse été modifié, de nouvelles constructions se rajoutant aux anciennes réaménagées pour répondre aux besoins.

Le 28/06/1995, un arrêté préfectoral reconnait le statut de l’établissement comme hôpital local, comprenant un service de médecine de 15 lits, un service de long séjour de 10 lits et une maison de retraite de 91 lits dont 38 lits de section de cure médicale.
Au 01/01/2009, les lits de long séjour sont transformés en lits d’EHPAD.
L’arrêté du 29/03/2013 acte l’arrêt de l’activité de médecine et la transformation de l’établissement public de santé en établissement public médico-social. Il porte la capacité de l’établissement à 105 lits d’hébergement permanent et 6 places d’accueil de jour.

Les locaux devenant vétustes, un projet de reconstruction total sur un nouveau site est lancé en 2012, donnant naissance fin 2016 à la Résidence Art&Loire, située rue Adrien Meslier.

L’ancienne hôpital est alors vendu et transformé en logements privés.

décret présidentiel de 1922 autorisant la création de l'hôpital saint louis

Le décret présidentiel autorisant la création de l’hôpital Saint Louis en 1922

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Guillaume III Bautru

Guillaume III Bautru

1621-1711

portrait de guillaume III Bautru

Portrait de Guillaume III Bautru

Guillaume Bautru est le fils de Guillaume II Bautru, diplomate et poète, membre de l’Académie française, qui acquit le château de Serrant en 1636 et de Marthe Bigot, fille de Louis Bigot, ministre des comptes. Il est né à Angers le 5 mai 1621. Sans doute issu d’un adultère, Guillaume n’est reconnu que tardivement à 18 ans par son père qui n’avait pas d’autre héritier.

A 22 ans, il obtient l’intendance de Touraine puis l’office de chancelier de Philippe d’Orléans. En 1644, il épouse Marie Bertrand, fille de Macé Bertrand de la Bazinière, trésorier de l’Epargne, qui a alors 12 ans. Ce mariage est l’alliance de deux grandes fortunes. De cette union naîtront deux filles. Marguerite-Thérèse Bautru se mariera avec son cousin, Nicolas Bautru, marquis de Vaubrun, lieutenant général des armées du roi. Sa seconde fille, Marie Madeleine épousera, en 1666, Edouard-François de Colbert, frère du ministre de Louis XIV et également lieutenant général des armées. Colbert est propriétaire du château de Maulévrier depuis 1664. En 1677, comme cadeau de mariage, Guillaume III Bautru décide d’offrir à sa fille la construction du nouveau château de Maulévrier confié en 1679 aux architectes Jean Leconte et Michel Guemas, qui œuvre déjà à la reconstruction du château de Serrant. En retour, en 1680, à la demande de Guillaume III Bautru,  Colbert, ministre de Louis XIV, fait réaliser des travaux  sur la levée de Boyau à Saint Georges. 

Après le mariage de son fils, Marthe Le Bigot est autorisée à séjourner au château de Serrant. Elle s’y installe et gère les biens angevins, sous l’autorité d’abord de son mari, puis de son fils. Guillaume II Bautru a fait construire à Paris, sur des plans de Le Vau, un somptueux hôtel particulier, rue Neuve des Petits Champs, au cœur du nouveau quartier élégant qui s’édifie, près du Palais Cardinal (Palais Royal aujourd’hui). Il y réside avec son fils Guillaume III, et revient de temps en temps dans son château saint-georgeois.

La comtesse de Serrant, Marie Bertrand de la Bazinière participe activement à l’agrandissement du château de Serrant. Ses relations avec sa belle-mère sont difficiles. Marthe Le Bigot se retire sur ses terres de Montreuil. Mais la comtesse meurt brutalement en 1655. Guillaume III, dit Monsieur de Serrant a mené jusque-là, la vie d’un grand seigneur entre son hôtel de Paris et son château angevin. Devenu veuf, il quitte la chancellerie et se retire au château de Serrant qu’il continue d’aménager et d’agrandir.

Né en 1585, Guillaume II, vieilli, souffre de crises de goutte de plus en plus fréquentes. Il est presque impotent. Il meurt à Paris le 7 mars 1665. Et lorsqu’on voulut utiliser la chapelle de son hôtel particulier, on la trouva encombrée, en désordre, hors d’usage. Bautru le libertin qui avait si amoureusement commencé la prestigieuse bibliothèque de Serrant, avait négligé le lieu de culte de son hôtel. Peu étonné, Guillaume III, son fils, déclare : « Monsieur de Bautru se souciait aussi peu de sa chapelle qu’il avait soin de sa cuisine et de sa bibliothèque ». Guillaume II Bautru  est enterré à Paris, paroisse Saint Eustache.

Devenue aveugle, souffrant d’escarres, de gangrène à la jambe et au pied, Marthe Le Bigot, qui effectue de longs séjours à Serrant depuis la mort de sa belle-fille,  meurt en juin 1672, rongée sans doute par le diabète. Elle est inhumée dans son château de Mihervé, où elle a vécu ses dernières années, paroisse de Courchamps, près de Montreuil-Bellay.

En 1675, Nicolas Bautru de Vaubrun, beau-fils de Guillaume III, meurt aux combats. Marguerite Bautru, fille de Guillaume III, fait ériger dans le château de Serrant une nouvelle chapelle sur les plans de Hardouin Mansart. Sébastien Simonneau, qui dirigera les travaux de l’abbaye de Saint Georges, réalise le bâtiment, tandis-que Coysevox sculpte le monument funéraire, sur un modèle de Charles Lebrun, deux artistes de renom.

marie de bautru

Marie Bertrand de la Bazinière, femme de Guillaume III Bautru

le chateau de serrant en 1690

Le château de Serrant en 1795

Guillaume III fait la connaissance de Louise Chalopin, veuve de René de Racapé, qui habite le château voisin de Chevigné. Les deux âmes esseulées se fréquentent. En 1680, le comte de Serrant est présent aux côtés de la jeune veuve pour la bénédiction de la chapelle consacrée à Saint Louis et Saint guillaume sur les terres de Chevigné. Les rumeurs circulent… Le roi Louis XIV, que madame de Maintenon a ramené à la vertu, s’inquiète du relâchement des mœurs dans son royaume. Sur son injonction, Lepelletier, évêque d’Angers vient s’informer au château de Serrant. Monsieur de Serrant lui montre alors l’acte de mariage qui l’unit à Louise Chalopin. Les Annales de la Cour et de Paris pour les années 1697 et 1698 rapporteront cette histoire qui sera, plus tard, largement reprise.

Retiré dans son beau château de la vallée de la Loire, Monsieur de Serrant gére avec un soin méticuleux et exigeant son très vaste domaine. Grand amateur de lettres antiques, il va faire partie de l’Académie royale d’Angers à sa fondation en 1685. Cette institution composée de trente membres issus du clergé, de la noblesse et des notables avait pour objet les sciences, les arts et les belles-lettres. Il en sera le directeur en 1689. Il y côtoiera Jean-Louis Caton de Court, abbé de l’abbaye.

En 1700, son petit-fils, Nicolas Guillaume de Bautru, fils du marquis de Vaubrun, dit l’abbé de Vaubrun, est renvoyé de la cour. Il est assigné au château de Serrant qu’il ne quittera pas durant neuf ans. En 1708, Louise Chalopin meurt. Affecté par tous ces malheurs et par la maladie qui le ronge depuis quatre ans, Guillaume III Bautru meurt à Serrant le 7 septembre 1711, à l’âge de 92 ans. Il est inhumé à l’église abbatial de Saint Georges sur Loire dans le caveau de la chapelle du Rosaire aujourd’hui disparu.

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Marie-Joséphine Meslier

Marie-Joséphine Meslier

1855-1914

portrait de marie-joséphine meslier

Portrait de Marie-Joséphine Meslier

Marie-Joséphine Mesilier est née en 1855. Elle est la fille d’un médecin exerçant à Saint-Georges, et la petite fille d’un autre médecin, Adrien Meslier, qui a été maire de la commune entre 1836 et 1848.

Elle se marie le 12 juin 1877 à Louis Cotte de Jumilly, jeune fonctionnaire qui vient d’être rendu à la vie civile après avoir combattu contre la Prusse. L’union est célébrée à la mairie de St Georges, par Marie-Hylas Suaudeau, alors premier magistrat. C’est un beau mariage, les deux époux occupant une position sociale privilégiée dans leurs villages respectifs.

Élie, le père de la mariée, a une sœur, Julie Magdeleine, mariée à un architecte angevin connu, Pierre-Jacques Tendron. Tendron a du succès et signe de nombreux ouvrages dans la région.  À Saint-Georges, en particulier, il réalise l’aménagement de la mairie-justice de paix, dans un ancien bâtiment de l’abbaye, perpendiculaire au bâtiment central – démoli dans les années 1970 lors de la réhabilitation de l’abbaye –, le creusement du puits sur la place de l’Hôtel de Ville, au centre du bourg, avant de disparaitre sans que personne ne sache ce qu’il est devenu.

Le nouveau ménage s’installe dans la demeure des Meslier, belle maison bourgeoise située dans un grand jardin boisé, au bout de la rue Tubœuf.  La jeune mariée se distingue par sa piété et la charité qu’elle prodigue aux plus démunis. Comme le couple reste sans enfants, Marie-Joséphine entoure d’affection la famille de son cousin Gustave Tendron, devenu architecte lui aussi. La vie s’écoule ainsi, entre bonnes œuvres et engagements politiques pour le mari, aussi dévot que sa femme et fermement conservateur.

En 1908, Louis Cotte de Jumilly est élu maire de Saint-Georges et, au cours des années qui suivent, doit résoudre les problèmes que crée l’inondation de 1910.

Mais en 1914, Marie-Joséphine Meslier meurt brutalement.

Dans son testament, elle lègue à la commune, un ensemble de biens et de terrains, dont sa maison natale qui devra, selon les termes du testament, devenir un hôpital.

Au mois de juin, devant un conseil municipal ému, le maire donne lecture du testament de son épouse.
« Je lègue à la commune de Saint-Georges-sur-Loire : 1° la maison que j’occupe à Saint-Georges-sur-Loire, ses jardins, dépendances, y compris le chalet ; 2° la partie de la ferme d’Arrouët, située entre la route de la Possonnière, le chemin de cette route à la magnanerie et le chemin de la fontaine Bénet à la Lande…..3° le champ dit de Bénet ou Miche Perdue, et le cloteau de Bénet, ainsi que la prairie du même nom se trouvant au sud de la douve du jardin….4° les immeubles que nous pourrions acquérir entre les trois routes et chemins ci-dessus….5° le pré dit de la Salle, les étangs du même nom et leurs accessoires…

Le legs fait à la commune de Saint-Georges-sur-Loire est consenti à la condition formelle que toutes les valeurs qu’il comporte soient destinées à la constitution d’un Hospice-Hôpital (qui) devra servir principalement aux vieillards des deux sexes, aux enfants délaissés et aux malades de la commune quand il y aura lieu »

La généreuse donatrice demande simplement que soient entretenues à perpétuité les tombes de sa famille où reposent son grand-père, ses parents et où elle reposera ainsi que son mari. Elle souhaite aussi que l’établissement hospitalier qu’elle crée, prenne le nom de Saint-Louis.

L’ensemble est accepté avec reconnaissance, au cours d’une séance de conseil municipal du mois de juin. L’hôpital Saint Louis n’ouvrira qu’en 1928 après la mort de Louis Cotte de Jumilly qui aura contribué financièrement par deux fois en 1923 à sa création. Ancienne maison de retraite, il abrite aujourd’hui des logements privés.

portrait de Louis cotte de Jumilly

Portrait de Louis Cotte de Jumilly

acte de mariage de louis cotte de jumilly et marie joséphine meslier

Acte de mariage de Marie Joséphine Meslier et Louis Cotte de Jumilly

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Jean-Jacques Greneron Ternant

Jean-Jacques Greneron-Ternant

1746-1804

signature de greneron ternant, maire de saint georges à la Révolution

Signature de Jean-Jacques Greneron Ternant dans le cahier de doléances de Saint Martin du Fouilloux en 1789 (ADML)

acte de décès de Jean JAcques Greneron Ternant

Acte de décès de Jean-Jacques Greneron Ternant le 30 germinal de l’an XII  (ADML)

Jean-Jacques Greneron-Ternant est né le 7 août 1746 à Saint-Georges-sur-Loire. Il vient d’une famille originaire de Saint-Bénigne, dans l’Ain.

Le grand-père, Jean-Baptiste est fermier général de l’Abbaye de Saint-Georges ; lors de son premier mariage, en 1698, et lors de son décès, en 1733, il est désigné sous le nom de Ternant, un hameau de Sainte-Bénigne. En 3 mariages, il a 18 enfants. L’un d’eux, issu de son troisième mariage se prénomme Jacques.

Le père de Jean-Jacques, Jacques (1717-1777), devient notaire du Comté de Serrant ; lui aussi se marie 3 fois et de son premier mariage à Savennières en 1744 avec Jeanne Challain, il a 5 enfants tous nés à Saint-Georges.

Sa fille, sœur de Jean-Jacques épouse en 1784 à Saint-Georges, Pierre-François Gourdon. Ce dernier a été marchand-fermier puis boucher ; il a surtout été secrétaire greffier de la justice de paix. En l’An V il devient commissaire du Directoire puis percepteur. C’est au titre de commissaire qu’il a produit un rapport sur la situation du canton de Beau-Site, le nom révolutionnaire de Saint-Georges-sur-Loire.

Son aîné, Jean-Jacques devient maire pendant la période révolutionnaire ; il est notaire public. En 1780, il épouse à Angers Jeanne Corn(e)au, fille d’un juge à Angers. En 1789, il rédige et signe le cahier de doléances de Saint-Martin-du-Fouilloux et c’est son frère Louis, huissier, qui rédige et signe celui de Saint-Georges.

Jean-Jacques décède à Saint-Georges le 19 avril 1804.

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Evolution de la population

Evolution de la population de Saint Georges sur Loire

Sa population est l’élément moteur d’une commune. Elle bâtit, aménage, recompose l’espace et contribue à son rayonnement économique, social et artistique. Sa vie s’insère dans un continuum comme en témoignent, par exemple, les restes du bâti ancien et, de façon plus générale, de toutes les œuvres conservées ou non qui, de manière plus subtile, moins facile à cerner en forgent l’identité. La population de la cité, témoin de l’histoire, acteur de celle-ci, mérite l’intérêt qu’on lui porte au travers d’approches démographiques diverses.

L’évolution des effectifs de population au cours du temps peut s’expliquer par la croissance ou la décroissance démographique : natalité, mortalité, migration. Ces paramètres dépendent de facteurs que l’on peut essayer d’analyser : développement économique, épidémies, phénomènes sociaux, assainissement, scolarisation, …

Les effectifs nous sont connus par l’intermédiaire des recensements dont la mise en œuvre et les modalités ont évolué au fil du temps. Avant la révolution, le recensement portait sur le nombre de foyers fiscaux et ne considérait pas l’ensemble des individus ; c’est le cas du recensement effectué par Colbert en 1664. Après la Révolution, les recensements deviennent plus systématiques et tous les habitants des communes sont recensés. La loi de 2002, modifiée en 2017, précise le rôle des recensements et la manière de les effectuer. Pour les communes de moins de 10000 habitants telles que Saint-Georges-sur-Loire, le recensement exhaustif est effectué tous les 5 ans. Le recensement est obligatoire, il est effectué sous la responsabilité de l’État et c’est l’Institut National de la statistique et des études économiques (INSEE) qui en analyse les résultats.

Pour Saint Georges sur Loire, il existe des données datant de 1720, citées par C.Port ; elles ont été établies sur la base d’un dénombrement des ‘feux’ (foyers) existant dans la paroisse et sont donc assez peu précises. Ultérieurement, des données ont été proposées par l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), puis par L’INSEE. Les archives municipales de Saint-Georges-sur-Loire, conservent les données des recensements depuis 1851. Ce sont ces diverses données qui ont été utilisées pour produire le graphique ci-après où l’on identifie, à quelques fluctuations près, 3 périodes distinctes.

 

graphique présentant l'évolution de la population au cours du temps

De 1720 à 1850, la population de St Georges augmente. L’estimation de 1720 donne 1470 habitants, le recensement de 1846, 2801 habitants, soit un quasi doublement des effectifs. Entre 1720 et 1793 le calcul des nombres de naissances (5499) et de décès (5210) montre un solde positif de 289 habitants alors que dans la même période l’augmentation des effectifs est de 879 habitants ; le renouvellement de la population est irrégulier, certaines années, le nombre des décès est plus important que le nombre des naissances, c’est le cas en 1748 (-83), en 1747 (-49) et plus tard, en 1781 et 1782 (respectivement -53 et -51). Ces décès plus importants peuvent être liés à des épidémies locales telles que le choléra.

La fin de cette période coïncide avec le début de la révolution industrielle qui voit, en particulier le développement du chemin de fer. La gare de St Georges est inaugurée en 1851, mais auparavant il a fallu créer l’ensemble du ballast et la pause des rails ; ceci a nécessité une main d’œuvre jeune et abondante dont une partie a pu venir des communes voisines ou même des départements voisins. Avant cela la construction du ‘grand chemin’ entre Angers et Nantes, terminée en 1762 avait mobilisé également une main d’œuvre abondante dont certains éléments ont pu faire souche. Cela pourra être vérifié par l’examen des mariages.

cadastre napoléonien du bourg

Le cadastre napoléonien du bourg en 1835 (ADML)

le bourg au début du XXème siècle

Le bourg au début du XXème siècle (ADML)

La seconde couvre pratiquement un siècle, de 1850 à 1950 ; elle est caractérisée par une diminution régulière et très constante de la population dont l’effectif, dans les années 50 va tomber bien en dessous de celui de 1793 (2349 habitants). Cette décroissance, déjà constatée par C.Port dans son dictionnaire en 1876 s’est poursuivie après les deux guerres mondiales. Le développement industriel des métropoles comme Angers, Cholet ou Nantes a probablement entraîné un départ des agriculteurs vers les grandes villes. C’est un mouvement qui a été constaté dans l’ensemble de la France ; entre 1906 et 1954, la France perd 13% de la population vivant de la production agricole. La fermeture des mines peut également être invoquée.

A partir du début des années 50 à nos jours, la population de Saint Georges augmente de façon notable. L’effectif est pratiquement doublé grâce à un accroissement moyen de près de 29 habitants par an sur 60 ans. Seule la période 1980-1990 a connu une pause relative. Les raisons de cet accroissement sont, l’élévation du niveau de vie et l’accès à la propriété recherchée ainsi que le baby-boom d’après-guerre qui ont conduit les habitants des grandes villes à chercher du terrain et des maisons plus facilement et à meilleur coût. A Saint Georges, plusieurs lotissements ont vu le jour au cours de cette période. La faiblesse du développement industriel a conduit la commune à devenir une ‘cité dortoir’ dont les habitants majoritairement, exercent leurs activités dans l’agglomération d’Angers, seulement distante d’une quinzaine de kilomètres.

vue satellite de saint georges en 1988

Saint Georges en 1988

Bibliographie

C.Port (1874-1876) Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire. 3 tomes.

A.Chatelain 1956 Révolution des densités de population en Anjou (1806-1936). Géocarrefour, Année 1956, 31-1, pp.43-60

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Louis Cotte de Jumilly

Louis Cotte de Jumilly

1849-1927

portrait de Louis cotte de Jumilly
signature de Louis Cotte de Jumilly

Signature de Louis Cotte de Jumilly (ADML)

Louis Cotte de Jumilly est né en 1849, à La Chapelle-Saint-Sauveur, village est proche d’Ingrandes. Son père, Jules-Joseph, travaillait comme ingénieur aux mines de charbon de Montrelais, alors prospères. Le grand père de Louis assurait l’importante charge de directeur des mines.

Élevé dans ce milieu aisé, le jeune homme fit des études de droit et devint fonctionnaire sous le second empire : inspecteur de l’enregistrement et des domaines.

Mais en 1870, c’est la malheureuse guerre contre la Prusse et le désastre français de Sedan. L’empire de Napoléon III s’écroule. La défaite est d’une telle importance que les Prussiens s’avancent jusque sous les murs de Paris, au cours d’un hiver marqué par un froid intense et la famine des vaincus. Le ministre de l’intérieur, Léon Gambetta, réfugié à Tours, organise alors la défense du Pays, et pour cela forme l’Armée de la Loire. C’est dans cette armée que combat le jeune Louis Cotte de Jumilly, dès le mois d’octobre 1870, et qu’il participe à la rude bataille du Mans. Les soldats sont obligés après plusieurs jours de combat, de battre en retraite.

La France, écrasée, politiquement bouleversée, voit naître un nouveau régime, celui de la troisième république.

Le jeune lieutenant Cotte de Jumilly, rendu à la vie civile, rentre chez lui, et épouse quelques années plus tard, une Saint-Georgeoise de son rang, Marie Joséphine Meslier. Elle est la fille d’un médecin exerçant à Saint-Georges, et la petite fille d’un autre médecin qui a été maire de la commune entre 1836 et 1848, Adrien Meslier. L’union est célébrée le 12 juin 1877, à la mairie de St Georges, par Marie-Hylas Suaudeau, alors premier magistrat.

Le nouveau ménage s’installe dans la demeure des Meslier, belle maison bourgeoise située dans un grand jardin boisé, au bout de la rue Tubœuf.  La jeune mariée se distingue par sa piété et la charité qu’elle prodigue aux plus démunis. La vie s’écoule ainsi, entre bonnes œuvres et engagements politiques pour le mari, aussi dévot que sa femme et fermement conservateur.

En 1908, il est élu maire de Saint-Georges et, au cours des années qui suivent, doit résoudre les problèmes que crée l’inondation de 1910. Certes, il n’y a pas de disparition humaine, mais les dégâts matériels sont énormes. Il faut d’abord porter assistance aux habitants de la vallée, loger les militaires du génie venus les secourir, régler de nombreuses difficultés avec le préfet, répartir les sommes allouées en dédommagement des pertes subies… Louis de Jumilly s’emploie avec énergie à ces multiples charges.

L’année 1914 détruit ce bel ordonnancement : c’est d’abord, en mars, la mort de madame de Jumilly.

Dans son testament, elle lègue à la commune, un ensemble de biens et de terrains, dont sa maison qui devra, selon les termes du testament, devenir un hôpital.

Au mois de juin, devant un conseil municipal ému, le maire donne lecture du testament de son épouse.

La généreuse donatrice demande simplement que soient entretenues à perpétuité les tombes de sa famille où reposent son grand-père, ses parents et où elle reposera ainsi que son mari. Elle souhaite aussi que l’établissement hospitalier qu’elle crée, prenne le nom de Saint-Louis.

L’ensemble est accepté avec reconnaissance.

L’hôpital Saint Louis n’ouvrira qu’en 1928 après la mort de Louis Cotte de Jumilly qui aura contribué financièrement par deux fois en 1923 à sa création. Ancienne maison de retraite, il abrite aujourd’hui des logements privés.

portrait de marie-joséphine meslier

Portrait de Marie Joséphine Meslier

acte de mariage de louis cotte de jumilly et marie joséphine meslier

Acte de mariage de Marie Joséphine Meslier et Louis Cotte de Jumilly

photographie de Louis Cotte de Jumilly

Louis Cotte de Jumilly

Quelques semaines après le décès de son épouse, éclate la Première Guerre Mondiale. Et c’est une autre épreuve que doit affronter le maire, de Jumilly. Dès la fin août, arrivent les annonces de « disparition » de jeunes hommes du village, victimes des combats. Les avis de décès sont envoyés à la mairie et il revient au premier magistrat d’avertir les familles. 78 fois, Louis de Jumilly doit effectuer ces démarches. Et s’y ajoutent les détresses causées par la guerre : pendant 4 ans, il faut essayer de secourir une population affaiblie, dépourvue de ressources, et gérer un afflux de réfugiés, parfois mal perçus.

La tâche est lourde, et, si l’on en croit Lory, le premier adjoint, monsieur de Jumilly l’accomplit avec courage et dévouement.

Depuis 1911, il siège au conseil général, représentant le canton de Saint Georges, et là aussi il fait preuve d’assiduité et de travail.

Mais la mort de sa femme l’a profondément affecté, et en 1919, quittant les responsabilités municipales, il se retire à Angers, dans sa maison de la rue Saint-Evroult, entre château et cathédrale. C’est là qu’il meurt, en août 1927. Il a 78 ans. La cérémonie religieuse de ses obsèques se déroule en deux temps : d’abord à la cathédrale Saint-Maurice, puis à Saint Georges où, après un office religieux célébré par l’abbé Marquis, il est inhumé près de son épouse.

La foule de personnalités venues rendre hommage « à cet homme de bien » est nombreuse. Le Petit Courrier relate longuement ces obsèques qui réunissent tout ce que l’Anjou compte de   notables, religieux et civils.

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Louise Chalopin

Louise Chalopin

1646-1708

signature de Louise Chalopin

Signature de Louise Chalopin dans les registres de 1701 (ADML)

Carte postale du château de Chevigné au début du XXème siècle
Signature de felix de racapé en 1707

Signature de Félix de Racapé, le fils de Louise Chalopin en 1707  (ADML)

Louise Chalopin nait à Saint-Georges-sur-loire le 13 juin 1646 au château de Chevigné. Elle est la fille d’Alexandre Chalopin, seigneur de Chevigné et de Judith Rebuffé. Âgée de 16 ans, elle épouse René de Racapé (1625-1668), descendant d’une des plus anciennes familles angevines, à Saint-Georges le 15 juillet 1662. Elle en a un fils, Félix de Racapé.

Devenue veuve à 22 ans, elle se retire au château de Chevigné où elle fait la rencontre de son voisin, Guillaume Bautru de Serrant, troisième du nom, également veuf. Leur relation évolue rapidement et il n’est pas rare de les voir ensemble comme, par exemple, le 25 aout 1680 lors de la bénédiction de la chapelle de Chevigné dédiée à Saint-Louis et à Saint-Guillaume (peut-on y voir un clin d’œil à Louise Chalopin et Guillaume Bautru ?).

Un beau jour, Louise s’installa au château de Serrant. Ce fait ne passa pas inaperçu du Roi et encore moins de l’évêque d’Angers qui, avec l’autorisation du Roi, vint faire quelques reproches au couple. Après le déjeuner, Guillaume Bautru et l’évêque se retrouvèrent dans le cabinet de travail pour exhiber un acte de mariage secret célébré par Thomas, curé de Bécon. Ce mariage dura près de 30 ans. Louise décéda en 1708 et Guillaume en 1711.

Félix de Racapé, son fils, meurt à Chevigné en 1731.On sait que, rapidement, le domaine change de propriétaire, puisque en 1761, c’est Etienne Fortier, armateur nantais ayant fait fortune grâce au commerce triangulaire notamment à Saint Domingue, qui y réside. Le château de Serrant passera lui aux mains d’Antoine et François Jacques Walsh, immigrés irlandais également armateurs.