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Saint Georges Patrimoine

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École et éducation

École et éducation

Saint Georges sur Loire eut une école dès le XVIIIème siècle. Au XIXème, l’instruction progresse et plusieurs écoles sont en activité pour les garçons comme pour les filles. Aujourd’hui deux écoles publiques et une école privée ainsi que le collège sont en activité. Découvrez l’histoire de l’instruction à Saint Georges.

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L’école durant la Révolution

L'école à la Révolution

1797

En 1791, Talleyrand présente devant l’Assemblée nationale un projet ambitieux d’instruction publique. Il faudra attendre 1793 pour que s’établisse une instruction nationale et que l’école soit proclamée gratuite et obligatoire… mais seulement pour les garçons. En 1794, les communes ont pour obligation de recruter des maîtres. Depuis le début du XVIIIème, Saint Georges possédait une école fondée par Marguerite de Bautru, châtelaine de Serrant, fille de Guillaume III Bautru et épouse de Nicolas Bautru de Vaubrun. Celle-ci est située dans une maison de charité qui fait également lieu d’hospice et est dirigée par des soeurs. Mais à la Révolution, ce bien va être nationalisé et vendu comme en fait état le citoyen Pierre Gourdon dans son rapport de l’an VI. La commune recrute le citoyen Louis Poisson, un jeune vicaire, âgé de 28 ans, qui a déjà enseigné à Angers, rue Tournemine, pour faire  la classe. Mais un courrier daté du 2 floréal de l’an V, c’est-à-dire le 21 avril 1797 dans le calendrier révolutionnaire, nous apprend que suite à des plaintes des parents, la commune doit rappeler à l’ordre le maître !

transcription du courrier adressé au citoyen poisson en 1796

Transcription du courrier adressé au citoyen Poisson

Provenant de l’administration municipale de Saint Georges, la lettre est adressée directement au citoyen Poisson. On n’utilise plus les termes de monsieur et madame, trop évocateurs de l’ancien régime, mais ceux de citoyen citoyenne, et en général on tutoie chacun, car, pour les mêmes raisons, le vouvoiement est banni. Ici, cependant, il résiste car il est difficile de se défaire d’habitudes tellement ancrées. « Nous avions toujours différé à vous faire part des plaintes… » : ainsi commence la lettre.
Ce document est un constat : celui du fonctionnement d’une école. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas flatteur ! Les plaintes des citoyens parents sont nombreuses et étayées. L’insouciance, pour ne pas dire l’incurie du maître est évoquée dès la troisième ligne : trop grande quantité de congés octroyés aux élèves, peu de temps consacré à l’enseignement, éducation sociale et morale inexistante, ignorance du contrat passé avec les responsables municipaux, etc.

transcription du courrier au citoyen poisson (suite)

« Quelquefois vous commencez l’école du matin à 8 heures, et souvent à 10. L’après-midi vous revenez à une heure, et souvent à trois » peut on lire. Evidemment, les élèves, des garçons en profitent pour jouer, se battre jusqu’à déchirer leurs vêtements, lancer des pierres, s’injurier grossièrement, sans que cela émeuve le moins du monde l’instituteur. D’autre part « chaque décade, vos élèves perdent deux ou trois jours, ce qui en fait douze par mois ».
Le maître réside à Angers, sans doute parce que la commune ne peut le loger, comme elle devrait le faire ; il se rend chez lui plusieurs fois par décade, et met plusieurs jours à faire ses déplacements. On imagine bien que les enfants apprennent peu de choses, s’empressent d’oublier ce qu’ils ont appris, et les parents sont mécontents. Pourtant, les édiles l’exhortent « secondez nos vues et tirons cette nombreuse population de l’état de nullité où elle se trouve ».

Le maître est leur employé, puisque il est recruté et payé par la commune. Les salaires sont très bas, et de ce fait les candidats à la charge, souvent peu instruits eux-mêmes, sont rares.
L’administration municipale manifeste un autre sujet de mécontentement : l’instituteur qui a prêté serment de fidélité à la Liberté et l’Egalité, n’est jamais présent à la célébration des fêtes nationales auxquelles il devrait assister à la tête de ses élèves, ainsi que l’exige la loi. Ces fêtes sont principalement celles du 1er vendémiaire ou 22 septembre, célébrant la création de la première république, et du 14 juillet. Les invitations verbales, écrites, ont été réitérées, sans résultat.
Le croirait-on ? Le nombre « des écoliers a considérablement baissé » alors que les révolutionnaires ont fait de l’éducation du peuple une priorité, sans bien toutefois parvenir à leurs fins. D’où l’inquiétude saint georgoise et l’injonction faite au citoyen Poisson de revenir à une attitude raisonnable et de faire part, rapidement de ses intentions.

Le citoyen Poisson sera remercié quelques mois plus tard par le conseil municipal qui lui préférera le citoyen Corbineau, « connu pour son civisme et son amour pour la patrie ».

Sources :
Archives municipales de Saint-Georges-sur-Loire

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Louis Monprofit

Louis Monprofit

1821-1893

Un homme aimé par les Saint-Georgeois

Louis Monprofit est né en 1821 à Beaufort en Vallée. Son père Jacques Monprofit est tisserand.

Il se destine d’abord à l’enseignement. Il fait ses études à l’école Normale d’Angers et devient instituteur d’abord à Gennes puis à Saint Georges sur Loire.

Il se marie le 3 octobre 1848 avec Françoise Elisabeth Soubre. Le couple emménage à Saint Georges sur Loire sur la place du champ de foire (l’actuelle place Monprofit). C’est dans cette maison que naît, en 1857, leur second fils, Jacques-Ambroise Monprofit, qui deviendra un chirurgien célèbre et maire d’Angers.

Louis Monprofit prend alors la charge d’huissier et devient conseiller municipal. Suite au décès de Jean de la Tourette, Louis Monprofit est élu maire de la commune, le 14 mai 1871, par le conseil, largement devant Marie-Hylas Suaudeau et Arthur de Cumont . Mais quelques semaines plus tard, Louis Monprofit démissionne. On procède à une nouvelle élection : c’est Marie-Hylas Suaudeau qui lui succède, le 18 juin 1871.

En 1873, la famille Monprofit déménage alors à Angers, dans le quartier de la Doutre. Louis Monprofit revient à la politique : il devient très vite conseiller municipal puis premier adjoint. A la démission de Jules Guitton, en 1883, il remplit les fonctions de maire d’Angers jusqu’aux élections de mai 1884. Réélu à son mandat de conseiller municipal en 1888, Louis Monprofit reste premier adjoint jusqu’en 1892. Son fils, Jacques-Ambroise, prendra son relais en étant élu conseiller municipal à la ville d’Angers en 1893, conseiller général en 1904 puis maire d’Angers en 1908.

Républicain convaincu, Louis Monprofit sera également reconnu comme administrateur des hospices et de l’asile de vieillards de Saint Nicolas, fonctions dans lesquelles il fait preuve de dévouement et d’esprit pratique. Il sera élevé au rang d’Officier de la Légion d’Honneur.

A sa mort en 1893, le conseil municipal de la ville d’Angers décide d’honorer sa mémoire en nommant une place de la Doutre, quartier pour lequel il aura beaucoup œuvré. La place Monprofit porte toujours son nom aujourd’hui.

signature de Louis Monprofit

signature de Louis Monprofit

Extrait du registre de délibérations du conseil municipal de Saint Georges : élection de louis monprofit comme maire en 1871

Election de Louis Monprofit le 14 mai 1871 (extrait du registre de délibérations du conseil municipal de Saint Georges)

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Beausite en l’an VI

Beausite en l'an VI

1798

Durant la Révolution, on cherche à faire disparaître toute référence à la religion. Saint- Georges prend le nom de Beausite le 18 avril 1794, et cela pour 4 années. Le calendrier a également changé. Le calendrier révolutionnaire est institué le 24 octobre 1793 par la Convention nationale. Le début de la nouvelle ère est fixé à l’équinoxe de l’automne précédent, le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République, qui devient ainsi le 1er vendémiaire an I. L’an VI, c’est donc l’année 1798. La Révolution va fêter sa première décennie.

signature de pierre gourdon

La signature de Pierre Gourdon (ADML)

signature du vicaire coudroy

La signature de Coudroy (ADML)

Au mois d’avril de l’an VI de la république, Pierre Gourdon, saint-georgeois fils de tonnelier devenu bourgeois influent avec la Révolution, est nommé comme commissaire du canton de Beausite. Il rédige un rapport sur la situation du canton à destination du commissaire central à Angers. Ce rapport nous éclaire sur le Saint Georges de la fin de la période révolutionnaire.

Gourdon note d’abord que les habitants de Beausite restent plutôt favorables à la Révolution. Les cinq chanoines qui occupaient l’abbaye et le curé ont tous prêté serment à la République. Le curé Gournay a ainsi renoncé à ses fonctions religieuses et est devenu agent municipal jusqu’en l’an IV avant de démissionner et de se retirer. Le vicaire Coudroy avait suivi le même chemin mais proche des armées vendéennes des chouans, il est condamné par l’Administration à six mois de prison et part dans la région du Plessis Macé où il poursuit « ses abominables projets », selon Gourdon.

A Beausite, on célèbre les fêtes nationales qui viennent ponctuer le nouveau calendrier et se substituer aux fêtes religieuses. Par exemple, lors de la fête des époux, célébrée le 29 avril ; on assiste dès 7h du matin à un défilé des troupes républicaines à pied et à cheval suivies par tous les fonctionnaires publics. Puis on se rend au pied de l’arbre de la liberté, entendre discours et hymnes. Puis on se rend à la maison commune pour de nouveau un moment institutionnel avant de rejoindre un bal ouvert de 2h à 9h du soir au son des violons. Gourdon note que 500 citoyens et citoyennes ont participé à la fête dans un esprit fraternel.

Gourdon fait un état des lieux de l’instruction. L’école publique pour les garçons est conduite par le citoyen Louis Poisson, ancien vicaire. Celui-ci faisant l’objet de nombreuses plaintes sera remercié durant l’année par le conseil municipal qui lui préférera le citoyen Corbineau, « connu pour son civisme et son amour pour la patrie ». Il y a également deux écoles de filles : celles-ci sont privées. Marguerite Letheule enseigne dans l’une d’elles. Gourdon considère qu’elle reste attachée aux valeurs de l’ancien régime, mais, pratiquant des tarifs bas, elle conserve un certain succès notamment chez les moins fortunés. En effet, si l’école est publique, elle n’est pas gratuite et l’instituteur a des demandes que seuls les plus aisés peuvent couvrir. Gourdon explique que le logement de l’instituteur a été vendu par le département ce qui lui occasionne des dépenses supplémentaires.

tableau montrant la garde nationale en 1791

Officier et soldats de la garde nationale en 1791

Gourdon affirme ensuite que Beausite est un village sûr et protégé. Ce n’a pas toujours été le cas : on se souvient certainement encore de la période où le village était frappé par les pillages des milices de chouans cachées dans les bois de Saint Augustin. Les rondes de polices sont régulières empêchant les rassemblements suspects, on patrouille sur les routes et dans la campagne et l’on contrôle les passeports strictement dans ce bourg fréquenté par de nombreux voyageurs s’arrêtant dans les auberges, malgré des routes et des chemins en très mauvais état. Cependant, le transfert de la brigade de gendarmerie à Ingrandes depuis peu inquiète : Gourdon juge son rétablissement à Beausite souhaitable. Il y a une prison à Beausite qui semble bien peu efficace à maintenir enfermé qui que ce soit : il n’y a ni gardien, ni concierge…

Depuis la loi du 29 septembre 1791, les communes se doivent d’organiser une garde nationale chargée de suppléer les forces de l’ordre dans la sécurité intérieure. Cette milice sert également d’outil répressif et de renseignement. Gourdon est commandant de la garde-nationale et chargé de donner les ordres pour sa mise en place. Mais en l’an V (1797), les compagnies peinent à se constituer à Beausite et Gourdon est rappelé à l’ordre. En l’an VI, Gourdon fait état d’une garnison de 25 hommes d’infanterie et de 8 cavaliers qui assurent un service lorsque la troupe est absente.

Beausite est entouré de bois, de forêts et de campagne : les gardes champêtres ont fort à faire et sont assez nombreux. Deux d’entre eux, Lapierre et Grandin, travaillent au château de Serrant et ont un passif dans la chouannerie. Gourdon les a à l’œil et envisage de les désarmer. Les forêts qui appartenaient à l’abbaye ont été nationalisées puis vendues par l’administration. Elles fournissent un bois de chauffage mais inutilisable pour la construction. Les gardes forestiers, négligents, ferment les yeux sur des coupes inappropriées qui dévastent les bois. Le garde des bois de la nation, un certain René Daunereau, que Gourdon juge « paresseux car il n’a dressé aucun procès-verbal », semble aussi faire preuve d’un certain laxisme.

On célèbre de nouveau des offices dans l’église. Mais Gourdon juge que « la religion qu’on y sert ne nuit pas aux intérêts de la République ». On est averti des cérémonies au son d’une petite cloche qu’on actionne à la main : le clocher a été détruit et les cloches descendues.

Au niveau de la santé, Beausite possédait une maison de charité, un hospice avec trois officiers de Santé : Constant Leroy, Jacques-Louis-Marie Granger et Jean Renou. Ce dernier, chirurgien ayant pris une part active dans l’administration suite à la Révolution, deviendra maire de Saint Georges deux ans plus tard. Mais, le département a vendu ce bâtiment qui servait également d’école et qui était tenue par des sœurs ayant refusé de prêter serment. Cette maison, située rue nationale, qui avait eu pour enseigne « Le chapeau rouge », a par la suite abrité la bibliothèque paroissiale avant d’être détruite dans les années 1990. En l’an VI, un bureau de bienfaisance vient donc de se constituer pour ouvrir un établissement du même type. Gourdon note aussi la présence d’une guérisseuse qui « tire les cartes et séduit les esprits faibles ». Cependant et par chance, aucune épidémie ne frappe la commune : la police a soin d’empêcher les dépôts d’ordure trop souvent vecteurs de maladies.

Il semble que la population de Beausite souffre d’une certaine pauvreté. Suite aux guerres, de nombreuses femmes, veuves, sont réduites à la mendicité. Gourdon donne pour exemple Anne Huteau dont le mari, Pierre Bernard est mort fusillé par des chouans dans bois de Jaulnay à Saint Augustin des Bois alors qu’il guidait les armées républicaines. Il avait auparavant fait trois campagnes comme canonnier. La voilà, seule, sans revenu, avec quatre enfants à nourrir, « infortunée dans la plus affreuse détresse ».

la signature de Jean Renou

La signature de Jean Renou (ADML)

Chateau de serrant au XVIIIème

Le château de Serrant au XVIIIème siècle

Qu’en est-il de l’administration ? Gourdon note que les contributions de l’an passé sont loin d’avoir toutes été acquittées. Le receveur, qui « tient un peu à l’ancien régime », manque de fermeté pour collecter les impôts. Le juge de paix, Jean-Baptiste-Maurice Sortant, dont l’oncle, René-Guy Sortant, avait tenu le relais postal, est un homme de cœur mais « il ne traite les affaires qu’à l’auberge, où souvent l’appât de la bouteille lui donne de la partialité ». Ce sont ses assesseurs qui assurent le traitement des affaires.

Le 21 frimaire an VI (11 décembre 1797), ce même Jean-Baptiste Maurice Sortant, avait exécuté l’ordre du  « commissaire de directoire exécutif près l’administration centrale du département de Maine et Loire » d’apposer les scellés « en la maison de Serrant », c’est à dire au château de Serrant. Serrant est alors vide de ses propriétaires.  Le comte, Antoine Walsh, est parti à l’étranger depuis juillet 1789.  La comtesse, Renée de Choiseul qui a fait face aux tourments de la Révolution seule, est morte. Le domaine, château et terres, n’a été ni vendu ni démantelé, mais gardé, surveillé à distance par les enfants Walsh : Edouard, qui habite Eculard, et Sophie-Mélanie, mariée à César-Xavier de Schomberg, neveu d’un célèbre général, qui, malgré des rivalités, préservent leurs biens. Le château avait déjà fait l’objet d’une mise sous scellés en 1794, suite à sa nationalisation. Mais au retour de Sophie-Mélanie d’exil en 1795, le Département avait jugé que le domaine lui revenait. Elle doit cependant verser à l’état, une rente de 833 louis d’or. En l’an VI, Sophie-Mélanie, partie vivre à Paris, ne tient pas cet engagement et l’administration ordonne la saisie.  Il faudra 5 jours à Jean-Baptiste Maurice Sortant pour mener à bien la visite des lieux et noter tout ce qu’ils renferment.

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Pierre Gourdon

Pierre Gourdon

1752-1814

Histoire

Pierre François Gourdon, fils de Pierre Gourdon tonnelier au Viciou, et de Renée Gaultier, naquit à Saint Georges sur Loire le 9 avril 1752. Il fut baptisé le lendemain : parrain François Gaultier demeurant au Fresne et marraine Jeanne Gourdon demeurant au Viciou. Il était l’ainé de 5 enfants.

Fils d’un humble artisan tonnelier, républicain convaincu, payant de sa personne pour défendre avec armes et paroles la république, il va devenir l’un des grands bourgeois de Saint Georges.

De son premier mariage avec Marthe Boisneau décédée le 27 février 1783, il eut sept enfants.

Il se remaria le 21 juin 1784 avec Jeanne Françoise Greneron Ternant, fille du notaire de la juridiction de Serrant et de Jeanne Chalain. Jeanne Françoise est la nièce de Jean-Jacques Greneron Ternant, notaire et maire de Saint Georges pendant la Révolution.

Il est intéressant de s’attarder sur les signataires de l’acte de mariage, on trouve la bourgeoisie locale : Louis et Jacques Greneron Ternant (notaires), dont le fils Jean-Jacques deviendra maire de Saint Georges durant la période révolutionnaire, Jean et Marie Granger (chirurgiens), Jeanne Perrine et Marie Hardouin, Jean Gourdon, Jeanne Boinaut, Jeanne et Françoise Chesnon, Louise Revelière et le chanoine Tourtois.

Cinq enfants naquirent de ce second mariage. Au fil des actes, il est répertorié comme marchand fermier, puis boucher. En 1790, il était secrétaire greffier de la justice de paix : « J’ai eu le bonheur, dit-il, de me faire aimer et de me faire craindre. En voici la raison : depuis vingt ans, j’ai occupé des emplois publics dans la commune ou je suis né. »

Il organisa le 1er mars 1793, de son propre mouvement, un bataillon de volontaires de Maine et Loire, composé d’hommes de bonne volonté, dont, du consentement unanime, il fut élu commandant. Il fit, à la tête de son bataillon, deux campagnes dans la Vendée et deux autres aux armées du Rhin et de la Moselle. Je pense que c’est le 4ème bataillon dit des pères de famille.  Les références et archives manquent pour développer cet aspect du personnage.

Il revint à Saint Georges au moment de l’occupation par les chouans ( fin 1797 ) et réorganisa une compagnie franche avec laquelle il réussit à les mettre en fuite jusqu’à leur reddition.

« Ce sont là, dit-il, les puissants motifs qui ont donné lieu à m’attirer l’estime des bons citoyens et la haine des malveillants. Et dans les uns comme dans les autres, je crois être à l’abri d’aucun moyen de reproche dans la conduite que j’ai tenue. »

acte de baptême de pierre gourdon

Acte de baptême de Pierre Gourdon (ADML)

Au mois d’avril de l’an VI de la république, comme commissaire du canton de Beausite, nom que porta Saint Georges sur Loire durant quatre années pendant la Révolution, nous lui devons un rapport sur la situation du canton à destination du commissaire central à Angers. Ce rapport nous éclaire sur le Saint Georges de la fin de la période révolutionnaire.

Bénéficiant de la nationalisation des biens de l’abbaye, Pierre Gourdon acquière des terres et des immeubles à Saint Georges.

Le 13 avril 1791, il achète la métairie de la Thiellerie, ancienne propriété de l’abbaye, située à proximité du Port Girault.

La maison conventuelle et l’église abbatiale sont vendues le 18 messidor an IV à J.P.Puny et Pierre Gourdon. Ils se partagent le bâtiment conventuel, aujourd’hui mairie, le 7 thermidor an IV, c’est-à-dire le 7 juillet 1795.

En l’an V, il fut nommé commissaire du Directoire et mourut le 1er novembre 1814, âgé de 62 ans.

Nous n’avons trouvé aucune trace de l’activité de Pierre Gourdon de 1798 à sa mort. La partie de la maison conventuelle qui lui appartenait a été profondément modifiée.

Son épouse Jeanne Greneron-Ternant décède le 28 novembre 1818.

Les quatre enfants du deuxième mariage, Jean Julien, Auguste Frédéric, Jeanne Louise et Aimée Palmire vendent à Jacques Puizot propriétaire de la plus grosse auberge de la commune, le Lion d’or, l’ensemble de la partie est de la maison conventuelle. Acte du notaire Oger le 13 janvier 1819.

Références :

Revue de l’Anjou.

Archives municipales.

acte de décès de Pierre Gourdon

Acte de décès de Pierre Gourdon (ADML)

signature de pierre gourdon

Signature de Pierre Gourdon pour son mariage (ADML)

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Louis Delaunay

Louis Delaunay

1880-1915

photographie de Louis Delaunay

Photographie de Louis Delaunay

acte de naissance de Louis Delaunay

Acte de naissance de Louis Delaunay (ADML)

Dans le courant de l’année 1900, l’autorité militaire constate l’absence du matricule 1334 au bureau de recrutement d’Angers. Absent du 15 novembre 1901 au 1 janvier 1902 il est déclaré insoumis. Mais qui peut bien être ce Louis Delaunay qui manque ainsi à tous ses devoirs et quelles sont les raisons de son absence ?

Louis Delaunay est né à Saint-Georges-sur-Loire le 1 mai 1880 et plus précisément à Gravereuil à 1 heure du matin au domicile de ses parents, Jean Delaunay et Louise-Célestine Chevalier. Son père est domestique, originaire de Saint-Georges, sa mère est originaire de Savennières. On ne sait rien de sa jeunesse si ce n’est qu’il a reçu une formation de menuisier.

Par sa fiche matricule, on apprend qu’il mesure 1,75 mètre, ce qui est relativement grand pour l’époque ; il a le visage allongé, un menton rond, un front haut, des cheveux et sourcils bruns ainsi que des yeux clairs. Son degré d’instruction générale est noté 3 ce qui signifie qu’il sait lire et écrire mais qu’il n’a pas atteint le niveau du brevet de l’enseignement. Sur la même fiche, il est déclaré « résidant à Paris ».

Un jour de janvier 1902, le maire de Saint-Georges, le Général Faugeron, reçoit de la Préfecture un « Avis Essentiel » daté du 9 lui demandant de bien vouloir transcrire un acte de naissance reçu de l’étranger. L’acte, enregistré au Consulat de France à Barcelone, concerne la naissance de Mimosa-Espérance Delaunay !!!

La petite fille est née le 25 novembre 1901 à minuit et demi au 49 rue Consejo de Ciento à Barcelone (Espagne). Un certain Louis Delaunay, menuisier, demeurant auparavant à Saint-Georges-sur-Loire l’a déclarée comme étant son père. Sa mère est Anna-Léontine-Victoire Quesnel. Les deux témoins, Gaston Lance, mécanicien, et Pierre Vidal, marchand de vin résident tous deux à Barcelone. Louis Delaunay et Léontine Quesnel ne sont pas mariés car, un mois plus tard, la mère  doit signer un acte de reconnaissance de sa fille.

Mais, s’agit-il du même Louis Delaunay décrit dans la fiche matricule ? Plusieurs faits plaident en ce sens : menuisier, originaire de Saint-Georges, en âge d’avoir des enfants. L’examen de la base ‘poilus’ répertoriant les actes d’état-civil de la commune montre qu’un seul Louis Delaunay correspond à ces critères.

Après cet épisode, on perd la trace de Louis en Espagne pour la retrouver en Angleterre comme il est mentionné sur sa fiche matricule. Anna Quesnel l’a-t-elle suivi ?

Elle est originaire de Bolbec en Seine-Maritime, mais on la retrouve en septembre 1904 à Paris où elle épouse Edouard Groc, également menuisier, dont elle aura deux enfants et dont elle divorcera en 1911. Cet acte de mariage ne fait référence ni à Louis ni à Mimosa.

A Hitchin, une ville du comté de Hertfordshire, au nord de Londres, Louis rencontre une jeune française, Yvonne Vigneron, qui, en France, s’occupait des enfants d’une famille anglaise qu’elle a suivi en Angleterre. Il l’épouse le 26 juin 1905. Une fille naît en Angleterre et la famille rentre en France en septembre 1906 ; deux autres enfants vont naître à Saint-Georges. Louis est finalement amnistié et inscrit dans la réserve de l’armée. Il effectuera deux périodes d’exercice en 1907 et en 1911.

A la mobilisation générale, il est affecté à l’intérieur du 5 septembre au 30 novembre 1914 puis à l’armée du 1er décembre 1914 au 29 mai 1915. Blessé le 29 avril 1915, il décède à Neuville-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais le 30 mai 1915.

Yvonne Vigneron et ses enfants restent à Saint-Georges. Elle travaille au Château de Serrant  jusqu’en 1921. Elle quitte alors Saint-Georges pour retourner dans le Pas-de-Calais dont elle est originaire. Ses deux filles se marient à Noeux-les-Mines, son fils à Nieppe dans le Nord.

Remerciements à Madame S. de Coninck à Chavignon (Aisne) pour la fourniture d’informations et d’illustrations.

certificat de mariage de Louis Delaunay

Certificat du mariage de Louis Delaunay établi par la ville d’Hitchin en 2022

dossier militaire de Louis Delaunay
Dossier militaire de Louis Delaunay

Dossier militaire de Louis Delaunay (ADML)

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histoire

Premières traces

Premières traces d'occupation

6000-2200 av Jc. Néolithique

Photographie du polissoir

La découverte d'un polissoir

Découvert dans les années 1980, dans les jardins au pied de l’Abbaye, ce bloc de granit montre six excavations, résultant du polissage d’autres pierres. Il date vraisemblablement du néolithique (époque la plus récente de la préhistoire, appelé aussi âge de la pierre polie).

Cette période qui correspond aux premières sociétés de paysans, et comprise entre 6000 et 2200 avant JC. On venait y dégrossir et lisser longuement les outils de pierre, comme des haches, que l’on emmanchait ensuite sur un support de bois.

Le polissoir est, avec six bassins, la deuxième pièce la plus rare de la région des Pays de la Loire.

Nous n’avons que peu de traces des populations vivant au cours de la Préhistoire à ce qui allait devenir Saint-Georges-sur-Loire. A l’époque de la pierre polie, vers 3000 avant JC, la forêt couvre toute la région, mais la Loire a sans doute été une voie de passage et d’échanges. Des traces de vie sont relevées sur le territoire dans plusieurs lieux-dits : un site de taille de silex au nord-est de Mazé, des haches en pierres polies à La Varenne au sud-ouest. Trois haches en bronze, datées d’environ 2200 avant JC., ont été découvertes, près d’Éculard, au clos du Fresne sous une pierre enfouie à 80 cm de profondeur, peut-être dans un vase de céramique. Sur l’autre rive de la Loire, le site paléolithique de Roc-en-Paille à Chalonnes-sur-Loire a été découvert en 1868.

haches de bronze trouvées à Saint Georges
hache plate de l'age de fer trouvée à saint georges

Hache plate à surface rugueuse et section rectangulaire trouvée à Saint Georges sur Loire

À cette période

Le polissoir

Une découverte préhistorique

polissoir face à 4 bassins
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La gabelle en 1690

La collecte de la gabelle

1689-1690

gravure d'un radeur de sel

Le radeur de sel était chargé de mesurer la taille des grains de sel (Gravure tirée de l’Encyclopédie)

Durant l’année 1689, les paroissiens de Saint Georges sur Loire, assemblés sous l’auvent de la porte principale de l’église, ont désigné les « collecteurs » du sel à distribuer aux habitants. A partir du 4 octobre, Charles Lebec, Jean Paillaud, Pierre Frémy, Georges Bron et Mathurin Biettry vont constituer le « rôle » de 1690, c’est-à-dire la répartition par « feu », donc par famille.

De quoi s’agit-il ?

C’est la collecte de l’impôt le plus contesté d’avant la Révolution : la gabelle. Le pouvoir royal, impose aux habitants une quantité de sel qu’ils doivent obligatoirement acheter, et bien sûr au prix fort. La quantité pour la paroisse de Saint Georges est fixée par l’intendant de la banalité de Tours, le Marquis de Miromesnil et les officiers du « grenier à sel d’Ingrandes ».La paroisse de Saint Georges doit, chaque année, acheter obligatoirement 112 « minots » de sel pour le pôt. A cette époque, le sel, comme aujourd’hui, est une denrée nécessaire et vitale tant pour les hommes que pour le bétail. Il a une autre utilité : on conserve les aliments dans le sel. Qui n’a pas entendu parler du lard salé ? Mais les Saint Georgeois devront acheter le sel de salaison en plus de celui du pôt, sur le marché.


Que représente ce sel imposé ?

Un minot, a une contenance d’environ 52 litres, soit en poids de l’ordre de 64 kilos. Donc 112 minots font plus de 7 tonnes. C’est énorme. Le prix à payer est d’environ 39 livres le minot. Soit au total 4368 livres. On peut difficilement comparer cette somme à la monnaie d’aujourd’hui. Disons que 4000 livres, c’est tout le patrimoine d’un bourgeois à cette époque, un notaire par exemple, maison et terres.

photographie d'un boisseau

Un boisseau

Donc, nos cinq collecteurs vont se mettre au travail. Ils vont faire cinq listes de 89 boisseaux. Il y a 4 boisseaux par minot, soit 13 litres par boisseau. On voit de suite le risque de contestation, puisqu’il s’agit de volume : le sel est tassé ou non, il est arasé correctement ou pas, c’est-à-dire à ras bord avec un peu plus ou un peu moins. Le travail du « collecteur » ou du distributeur, ne sera pas toujours simple.

Comment va s’effectuer la répartition. Les collecteurs vont devoir estimer la composition de chaque feu et y affecter une quantité de sel. On parle bien de feu, car le nombre de personnes varie d’une, à un nombre important. Par exemple, dans une métairie, il faut compter les tenanciers et leurs enfants, mais aussi les domestiques et leurs familles. Cela peut faire beaucoup de monde. Il y a de nombreux feux imposés à un demi-boisseau et le métayer de la Bouvière, lui, est imposé à 5 boisseaux, soit une variation de 1 à 10.

Il y a des exceptions. En cette année 1690, 311 feux seront imposés. Il y a deux sortes d’exemptés : d’abord 10 pauvres qui ne peuvent pas payer. Nous ne savons pas comment est apprécié le niveau de pauvreté. Et puis, les « gens d’église », à l’évidence les chanoines de l’abbaye de Saint Georges. La noblesse : Haut et puissant seigneur de Serrant, Guillaume III Bautru ; Madame Louise Chalopin veuve Racapé, seigneur de Chevigné ; Christophe d’Andigné seigneur de l’Epinay ; Françoise, seigneur de l’Aubinière ; Michel Grané, seigneur du Petit Serrant ; Marcel Jullien maitre des postes.

Devant l’importance de cet impôt, on se doute que beaucoup tentent d’y échapper. Il faut dire que le royaume de France n’est pas un modèle d’égalité. Ci-dessous la carte des gabelles. La Bretagne ne paye pas la gabelle : les bretons produisent du sel pour eux et exportent. Une partie importante du centre de la France est soumise à la grande gabelle. À Ingrandes, quand on franchit la rue de la « pierre de Bretagne », le prix du sel est divisé par plus de dix. La contrebande ne peut être que florissante.

Tous les moyens sont bons, d’un côté comme de l’autre, pour développer ou restreindre cette contrebande. Les contrebandiers, appelés les « faux sauniers » ont plein de ruses pour transporter ce sel : les enfants rapides et lestes, les femmes soi-disant enceintes, les chevaux sauvages et cependant dressés, les chiens harnachés, j’en passe et des meilleures.

À Ingrandes, il y a une caserne de « gabelous » chargés de poursuivre les « faux sauniers ». Ils ont le droit de perquisitionner les maisons pour chercher le sel de contrebande. Ils sont armés et tirent sans sourciller sur les fuyards. À Ingrandes, il y a en permanence un bateau, sur la Loire, armé d’un canon et prêt à tirer sur une barque suspecte. Les capturés sont emprisonnés dans la prison d’Ingrandes et les peines sont importantes. Elles varient d’une forte amende à des peines de prison. Les récidivistes sont marqués au fer rouge avec la lettre G, et envoyés aux galères.

carte des gabelles

Carte des Gabelles de France

Dessin du port d'Ingrandes au XVIIème par Gaignère

Le port d’Ingrandes au XVIIème par Gaignère

On ne se fait aucun cadeau. La caserne des gabelous est à Ingrandes, mais à la Guibrette à Saint Georges, il y a un poste de surveillance où plusieurs hommes montent la garde jour et nuit. La Guibrette est un port sur la Loire où les mariniers se mettent à l’abri quand la Loire est mauvaise et la navigation dangereuse. Le 7 janvier 1666, on enterre le capitaine des gabelous, tué d’un coup de fusil. On ne connaît pas l’auteur !

Le 25 septembre 1674, on enterre deux Saint Georgeois : chargés de sel de contrebande, poursuivis par les gabelous, ils se sont noyés. Le 9 octobre  1678, on enterre un enfant, mort à la prison d’Ingrandes : il était emprisonné avec sa mère, faux-saunière condamnée. 31 janvier 1774, une jeune fille de 17 ans, condamnée pour faux-saunage, meurt dans la prison d’Ingrandes.

On comprend pourquoi, la suppression de la gabelle, arrivait en tête de tous les cahiers de doléances en 1789.

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La maison des Chenambault

La maison des Chenambault

Histoire

Cette maison fait partie des maisons les plus anciennes de la commune ; elle existait déjà au XVème siècle. Située dans l’ancienne rue de La Fontaine aux Asnes, elle est devenue dès 1860 école du Sacré Cœur, établissement catholique, destiné à l’enseignement des filles.

On connaît les propriétaires successifs de cette maison :

  • En 1474 Jean Neveu
  •  En 1494 Mathurin Bruneau
  •  En 1502 Maurice Bouet.
  •  En 1762 Le sieur Lusson
  •  En 1727 et 1732, Claude Lusson sieur de la Villette (bourgeois de la ville d’Angers).

En 1839, Sophie Legrand, veuve de Théobald Walsh, propriétaire du château de Serrant, achète cette maison à Madame Lusson veuve Desbrosses. Ce Desbrosses était négociant à Saint Domingue. Il a fait partie de ces négociants qui ont massivement investi sur Saint Georges sur Loire tout comme Antoine Walsh, armateur nantais qui achèta le château de Serrant au XVIIIème siècle. La même année, l’abbé Banchereau, curé de Saint Georges, fait appel à des religieuses pour venir « instruire et soulager les pauvres de la paroisse ».

La maison fut ensuite cédée, le 13 octobre 1840, aux Sœurs de Chavagnes en Paillers en Vendée pour une somme symbolique. En 1859, les sœurs y établirent un pensionnat. Des cellules dans lesquelles logeaient les jeunes filles, existaient à l’étage. Le curé Banchereau, curé de la paroisse, fit édifier, à ses frais, la chapelle proche. Le 6 novembre 1860, les sœurs -enseignantes investissent le bâtiment et ouvrent les classes dès le 14 novembre dont une classe réservée aux externes, dite « école communale ».

La loi de 1901 interdisant d’enseigner aux congrégations religieuses, les sœurs quittèrent Saint Georges. L’école est laïcisée puis fermée entre 1907 et 1921. Elle ouvre de nouveau ses portes en 1921 avec des religieuses « sécularisées » et des enseignantes non-congréganistes.

En 1950, la Communauté des Ursulines de Chavagnes consent un bail donnant à l’Association d’Education et d’Enseignement de Saint Georges, la jouissance des biens destinés à l’éducation des enfants. La maison des Chenambault est occupée par la Fraternité des Sœurs de la Pommeraye.

L’école privée a occupé ces bâtiments jusqu’en 2009, date de son déménagement pour l’école de l’Abbaye située chemin Marion. La maison des Chenambault fut ensuite vendue en 2013 à l’Association diocésaine qui l’a revendue à un investisseur. C’est aujourd’hui une propriété privée.

photographie du pignon de la maison des chenambault
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Henri Renier

Henri Renier

1879-1914

henri renier

Acte de décès d’Henri Renier

Histoire

Il n’était pas Saint–Georgeois mais Angevin, presque par hasard ; sa mère Marie-Louise venait du Cher où elle était née en 1856 à Ivoy-le-Pré.

L’enfant, de père inconnu a vu le jour le 18 février 1879 à Angers. On ne sait rien de son enfance, de sa jeunesse. Quel métier exerçait sa mère ? Pourquoi est-elle venue en Maine et Loire ? La biographie d’Henri est remplie de blancs…

C’est à Orléans qu’il passe le conseil de révision, à 21 ans, c’est-à-dire plus tard que les garçons de sa classe. Son livret matricule indique qu’il a été « omis-excusé » en 1899, l’année de ses 20 ans. A ce moment là déjà, il n’a plus de famille, sa mère étant décédée, sans qu’on sache où et quand.

Il est ouvrier boulanger et change fréquemment de lieux de résidence : ainsi on le trouve à Angers en 1904, puis à Trélazé en 1906, puis à Saint-Mathurin-sur-Loire, puis à nouveau à Trélazé et, enfin, à partir du 29 septembre 1913 à Saint-Georges-sur-Loire.

Son passage dans la commune sera bref. Appelé aux armées le 2 août 1914, dès la mobilisation générale, il rejoint Orléans où il est incorporé au 76 RI avant d’être rattaché au 131ème régiment alors que les Saint-Georgeois sont pour la plupart au 135 RI. Isolé, une fois encore !

C’est dans la Meuse, au cœur de la forêt d’Argonne, sur un terrain accidenté et difficile, coupé de ravins, gorgé d’eau qu’il va combattre les troupes allemandes dont l’état major veut contenir l’avance. Les débuts de la grande guerre sont particulièrement meurtriers : la butte de Vauquois, au pied de laquelle se trouve le village de Boureilles est sans cesse perdue, puis reprise. Les charges se font à la baïonnette. Et dans cet enfer, le 1er octobre 1914, disparaît au sens propre du terme, le soldat Henri Renier. Il avait 35 ans. Il fait partie des 100 disparus, des 200 tués ou blessés du jour à la bataille de Boureilles.

Il faudra du temps avant qu’on parle à nouveau de lui.

Lorsque le monument aux morts de Saint-Georges est érigé et inauguré à la fin de l’année 1919, tout le monde l’a oublié : il n’a pas de famille, pas de femme, pas d’enfant, et son acte de décès ne parvient à la mairie que le 3 juillet 1921. Le souvenir de ce Saint-Georgeois de passage disparaît.

Cet oubli a été réparé en 2018. Suite au travail minutieux du groupe Beausite composé de passionnés d’histoire locale, on retrouve sa trace et la commune décide d’honorer sa mémoire. Une plaque est ajoutée le 11 novembre 2018 lors de la commémoration des cent ans de la fin de la première guerre mondiale. Saint Georges se souvient d’Henri Renier comme de ses camarades.

photographie de la commémoration du 11 novembre 2018

Le 11 novembre 2018, une plaque portant le nom d’Henri Renier est ajouté sur le monument aux morts