Saint Georges Patrimoine

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Louis Charles de la Tremoille

Louis Charles de la Trémoille

1838-1911

Photographie de Louis Charles de la Trémoille

Louis Charles de la Trémoille

Louis Charles de la Trémoille est le fils de Valentine Walsh, fille d’Antoine Walsh, comte de Serrant, et de Charles de la Trémoille (1764-1839). Il nait le 26 octobre 1838 à Paris (Xème).

En 1862, il épouse Marguerite Eglé Jeanne Caroline Duchâtel, fille du comte de Duchâtel, ministre de Louis Philippe. Ils vont avoir deux enfants : Louis Charles Marie de la Trémoille, le 15 décembre 1863 à Paris, et Charlotte Cécile Eglé Valentine de la Trémoille , née le 19 octobre 1864 à Chantilly.

Louis-Charles de la Trémoille se passionne pour l’Histoire et en particuliers pour celle de son illustre famille. Il va constituer un fonds d’archives très important en réunissant les chartriers de Serrant et des documents de sa belle-famille, le fonds Duchâtel). Il partage ces trésors avec des chercheurs et historiens.

En 1894, il hérite du château de Serrant conformément aux souhaits de son cousin Ludovic Walsh, qui décède sans héritier. Louis-Charles de la Trémouille et Marguerite Duchâtel vont alors entreprendre une véritable restauration complète du château. Tout en respectant le mobilier et les aménagements faits par leurs prédécesseurs, le couple va faire entrer dans les murs du château toute la modernité : chauffage central, électricité, monte-charge, eau courante, salles de bain et toilettes… Tout un confort moderne.

Photographie de MArguerite Duchâtel

Marguerite Eglé Duchâtel

photographie du duc louis charles de la trémoille et de son fils louis marie

Duc Louis-Charles de La Trémoïlle (1838-1911) et de son fils Louis-Marie, Prince de Tarente (1863-1911) (c)Archives du château de Serrant.

C’est Lucien Magne qui va coordonner les travaux. Cet architecte de renom va travailler à la restauration de monuments historiques et religieux : il oeuvra sur le château de Saumur, la tour Saint Aubin à Angers, de nombreuses église ou encore l’abbaye de Fontevrault.  Dans le château de Serrant, la distribution des pièces est complètement revue, les parterres sont redessinés. Tout est fait dans le respect du passé des lieux, avec goût et talent.

Le duc et la duchesse sont de très grands amateurs d’art : ils vont choisir la décoration de chaque pièce avec grand soin. Rassemblant les ouvrages de leurs familles, ils vont constituer l’impressionnante bibliothèque de plus de 12 000 ouvrages que l’on peut encore admirer aujourd’hui.

Quatre années de travaux seront nécessaires, avant que le duc et la duchesse ne puissent s’installer à Serrant. Ils y passeront régulièrement, principalement au printemps et à l’automne, attachés aux personnes qui travaillent sur le domaine.

En 1899, il est élu membre libre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Il meurt le 4 juillet 1911 à Paris. Marguerite Dûchatel décède le 19 septembre 1913 au château de Serrant.

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Valentine Walsh

Valentine Walsh

1810-1887

Valentine Walsh enfant dans le parc du château de serrant

Valentine Walsh pendant son enfance, à l’arrière la Malmaison à Rueil où sa mère Louise de Vaudreuil était dame du palais de Joséphine. Aquarelle sur papier de Auguste Garnerey de 1813. Collection du château de Serrant

lettre patente du roi Louis XVIII nommant Charles de la Trémoille à la chambre des Pairs

Lettre patente du roi Louis XVIII nommant Charles de la Trémoille à la chambre des Pairs

Joséphine Eugénie Valentine de Walsh-Serrant est née le 7 avril 1810 à Coutevroult en Ile de France. Elle est la dernière enfant d’Antoine Joseph Walsh, comte de Serrant et de Louise de Vaudreuil, dame du Palais de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon. 

En juin 1810, Valentine est baptisé par monseigneur Louis-Mathias de Barrai, premier aumônier, à Malmaison. Elle a pour parrain et marraine, le couple impérial. D’autres enfants sont baptisés par la même occasion dont un certain Marie-Jean-Joseph-Eugène Sue qui deviendra célèbre sous le nom d’Eugène Sue pour les Mystères de Paris, roman feuilleton à succès.

En 1830, Valentine épouse le duc de La Trémoille, Charles VI Bretagne Marie. Pour le duc, c’est son troisième mariage. 

Né en 1764, Charles Bretagne Marie de la Trémoille est le descendant d’une famille noble originaire du Poitou qui fut très impliquée dans l’histoire de France au moyen âge et à la Renaissance. Il fait une carrière militaire, entrant au service en 1778. Il devient sous-lieutenant du régiment d’Ile de France puis de la cavalerie royale de Normandie dans laquelle il occupera par la suite le grade de colonel.

Charles de la  Trémoille a d’abord épousé Louise-Emmanuelle de Chatillon en 1781, qui devient en 1785 dame de compagnie de Marie-Antoinette. En 1792, elle est faite prisonnière lors de la prise des Tuileries. Libérée, elle émigre d’abord en Angleterre puis en Russie où elle deviendra dame d’honneur de la tzarine. En 1791, Charles de la Trémoille a lui émigré avec le reste de sa famille fuyant la Révolution. Combattant pour le pays de Bade (région de l’Allemagne), il est promu lieutenant-général. Il passe ensuite au service de la cour de Naples où il protège la retraite de l’armée autrichienne. Après la prise de Naples par les armées françaises en 1798, il rejoint le comte de Frotté pour organiser un débarquement sur les côtes du Poitou afin de venir soutenir les armées vendéennes contre-révolutionnaires.

Il rentre en France en 1814. Durant la Restauration , il siège à la chambre des Pairs, parlement sous le règne de Louis XVIII, en 1814 et en 1815, après les Cent Jours. En 1830,  alors qu’il est installé dans son château de Rambouillet, il prête serment  à Louis-Philippe et rejoint de nouveau le gouvernement.

Le Charles de La Trémoille épouse en secondes noces Marie Virginie de Saint-Didier,16 ans, qui meurt en 1829 après lui avoir donné deux enfants. Un an après son décès, à 66 ans, Charles se remarie avec Valentine Walsh, une jeune femme de 20 ans.

Valentine et Charles de la Trémoille ont deux enfants : Marie-Henriette en 1833 et Louis-Charles en 1839. Ce dernier héritera du château de Serrant en 1894, au décès de son oncle Ludovic Walsh, sans héritier. Il va alors y conduire de grands travaux de modernisation et de restauration à la fin du XIXème siècle.

Charles de la Trémoille meurt en 1839. Valentine lui survit presque 50 ans : elle décède le 10 décembre 1887 à Paris, à l’âge de 77 ans.

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François Jacques Walsh

François Jacques Walsh

1704-1782

Portrait de François Jacques Walsh et ses deux enfants charles et Antoine

Portrait de François-Jacques Walsh avec deux de ses enfants, à gauche Charles Edouard (9 ans) et au centre Antoine Joseph (11 ans), tableau de Berthon (1848)

signature francois jacques walsh

Signature de François-Jacques Walsh (ADML)

Né le 31 mars 1704 à Saint Malo, François Jacques Walsh est le troisième fils de Anne White et Philippe Walsh. Ce-dernier est un immigré irlandais arrivé en France en 1688 suite à la Glorieuse Révolution anglaise. Il rejoint son père Jacques Walsh qui était déjà naturalisé français depuis 1670. En 1685, Jacques II Stuart accède au trône d’Angleterre. Catholique, il est fortement contesté dans une Angleterre anglicane. Profitant du désordre politique, Guillaume d’Orange débarque et prend la couronne en 1688. Jacques II fuit l’Angleterre, se réfugie en France où il est accueilli par Louis XIV. Jacques II gagne l’Irlande majoritairement catholique et jacobite, c’est-à-dire qui soutient Jacques II. Mais les armées de Guillaume d’Orange marchent sur Dublin et les jacobites irlandais sont contraints de fuir en France. C’est dans ce contexte, que la famille Walsh, soutien de Jacques II, s’installe en France. Philippe Walsh s’illustre comme corsaire la dernière décennie du XVIIème, sillonnant les mers. Il va avoir quatre fils : Patrice-Marc, Antoine-Vincent, François-Jacques et Philippe, dont les trois premiers sont nés à Saint Malo et qui vont s’installer respectivement à Morlaix, Nantes et pour François Jacques, Cadix où il s’installe à la fin des années 1720.

Il y développe une activité de négoce, s’associant à son frère Antoine, riche armateur nantais, impliqué dans un important commerce basé sur la traite d’esclaves au sein de la société d’Angola. Il est élu député de France en 1736 mais démissionne en 1738. En 1743, il épouse Mary Harper, également d’origine irlandaise avec qui il va avoir dix enfants. 

En 1749, François Jacques revient en France et s’installe à Nantes auprès de son frère. Il laisse à Cadix son frère, Philippe qui siègera à l’assemblée des nations.

En 1750, Antoine offre à son frère pour son anniversaire le château de Serrant et les terres d’Anjou qu’il vient d’acheter à la duchesse d’Estrées.  François-Jacques réalise des travaux, aménage et décore le château au goût du jour.

Antoine Walsh, qui a servi le roi Louis XV, fait reconnaître à ce dernier, l’ascendance noble de la famille. Dans un même temps, les terres de Serrant sont érigées en comté : François-Jacques devient le premier comte de Serrant, titre usurpé autrefois sans légitimité par Guillaume Bautru.

François-Jacques se révèle très strict sur l’application des lois féodales : il est intransigeant sur l’usage du bois par les villageois. Son fils, Antoine Joseph, aura la même attitude ce qui le conduira à devoir faire face à des émeutes lors de la Révolution.

Il meurt à Serrant en 1782, laissant le château à son fils aîné, Antoine Joseph Walsh.

portrait d'antoine vincent walsh

Antoine Vincent Walsh, frère de François-Jacques Walsh

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Hercule de Rohan

Hercule de Rohan

1568-1654

gravure du portrait d'hercule de rohan

Portrait d’Hercule de Rohan

Hercule de Rohan est le troisième fils de Louis VI de Rohan-Guémené et de Eléonore de Rohan-Gié : il fait partie de la maison de Rohan, grande famille noble d’origine bretonne. Il est d’abord comte de Rochefort dans les Yvelines avant d’être nommé duc de Montbazon à la mort de son frère Louis VII en 1595.

Hercule de Rohan servira fidèlement trois rois de France :  Henri III, Henri IV et Louis XIII. Il assista à la naissance de ce dernier, Henri IV mettant le nouveau-né dans ses bras, proclamant : « Voilà un pesant fardeau : il était besoin d’un Hercule pour le porter !  » Il participera a de grandes batailles comme la bataille d’Arques en 1598 dans laquelle il sera blessé. Il sera dans le carrosse royal aux côtés d’Henri IV en 1610, quand ce dernier est assassiné par Ravaillac. Le duc de Montbazon sera d’ailleurs blessé au couteau durant l’assassinat. Il va ensuite participer au rapprochement de Marie de Médicis et de son fils, le roi Louis XIII.

Il portera de nombreux titres : lieutenant général de Bretagne, gouverneur de Nantes, grand veneur de France, gouverneur de Paris…

Hercule de Rohan se marie en 1594 à la jeune Madeleine de Lenoncourt, veuve de son frère Louis VII, qui n’a que 18 ans. Ils auront deux enfants : Louis VIII en 1598, qui succèdera à son père comme gouverneur de Paris et Marie en 1600, qui deviendra la célèbre duchesse de Chevreuse. Madeleine de Lenoncourt meurt brutalement en 1602.

Après 26 ans, Hercule de Montbazon épouse Marie d’Avaugour, fille de Claude de Bretagne, à Champtocé, le 5 mars 1628. La jeune femme, très belle, n’a que 18 ans quant le duc fête ses 60 ans. Ils auront trois enfants : Marie-Eléonore, François et Anne.

Hercule de Montbazon possède de nombreux châteaux. Il fait notamment construire en 1600 le château de Coupvray. En 1620, il achète à la descendante de la famille de Brie, Madeleine de Maillard, le château de Serrant.

Hercule de Montbazon est décrit par ses contemporains comme rustre, faisant preuve de peu d’intelligence et de brutalité. Il est dépensier, à tel point que ses enfants lui intentent un procès pour négligence de son patrimoine.

En 1636, il revend le château de Serrant au poète satirique Guillaume Bautru, membre de l’académie française et diplomate de Richelieu. Bautru n’avait pourtant que peu d’estime pour le duc ; il écrit à son sujet un pamphlet mordant intitulé « Onosandre ou le grossier, satyre » disant de lui qu’il était le « prince des butors ».

Hercule de Rohan meurt au château de Couzière en Touraine le 16 octobre 1654. Tous ses biens sont saisis par ses créanciers.

portrait d'hercule de rohan

Hercule de Rohan

Marie d’Avaugour, la seconde femme du duc, était jeune et reconnue pour sa beauté. Hercule de Montbazon était allé la chercher dans un couvent où celle-ci envisageait de devenir religieuse. La différence d’âge est grande. Mais le vieux duc se révèle par dessus tout infidèle et avare ! Marie d’Avaugour va alors connaître un grand nombre d’amants à qui elle soutire des fortunes. Sa réputation à la cour en souffre. « On n’avait jamais vu personne qui eut montré dans le vice si peu de respect pour la vertu », expliqua le cardinal de Retz. A la mort du duc de Montbazon, elle se retire en Touraine où elle rencontre l’abbé de Rancé avec qui elle va partager un amour réciproque. Elle meurt en 1657 de la rougeole. La légende veut que le chirurgien lui coupa la tête pour faire entrer son corps dans le cercueil et que l’abbé de Rancé, fou de douleur, conserva le crâne.

La duchesse de Montbazon eut également une longue liaison avec le duc de Chevreuse, le mari de sa belle-fille, la duchesse de Chevreuse, de dix ans l’ainée.

Marie Aimée a d’abord épousé le duc de Luynes, favori du roi Louis XIII en 1617. Mais celui-ci meurt en 1621. Marie Aimée épouse alors Claude de Loraine, duc de Chevreuse. La duchesse de Chevreuse va alors consacrer son temps aux intrigues et aux conspirations contre Richelieu, pour les intérêts d’Anne d’Autriche. Aux côtés de sa belle-mère, elle participera à la cabbale des Importants, visant à écarter Mazarin, qui a succédé à Richelieu. Puis en 1648, elle sera une des actrices de la Fronde, révolte nobiliaire à la mort de Louis XIII.

signature de hercule de rohan et de marie de bretaigne

Signature de Hercule de Rohan et de Marie de Bretaigne à leur mariage en 1628 (ADML registre de Champtocé Baptêmes, mariages, 1617-1668, page 154-155/250)

Delpech_-_Madame_de_Montbazon

Portrait de Marie d’Avaugour pour Delpech

Portrait de la duchesse de Chevreuse

Portrait de la duchesse de Chevreuse

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Les De Brie

La famille de Brie

Portrait de Jean de Brie III

Jean de Brie III

Tombeau de Jean de Brie

Cénotaphe de Jean de Brie III

Jeanne de Dreux

Jeanne de Dreux

Portrait d'Anger de Brie

Anger de Brie

La famille de Brie est une longue lignée de chevaliers et de seigneurs d’origine bretonne. Ses membres s’illustrèrent auprès du Roi dans de nombreux épisodes de l’Histoire de France. Le château de Serrant fut la propriété d’une branche de cette famille, du XIVème au XVIème siècle. Avant de vendre ces terres, ils y entreprirent des travaux importants transformant la forteresse médiévale en château de la Renaissance que nous connaissons aujourd’hui.

Au début du XIVème siècle, Jean de Brie, deuxième du nom, fils de Jean de Brie et de Marguerite de Goulaine, prend possession du château, en épousant Françoise de Serrant, héritière des seigneurs de Serrant d’Anjou. Son fils Jean III de Brie épouse Jeanne de Dreux, fille de Robert de Dreux, grand maitre de France, issu de la famille royale. Il est tué le 30 septembre 1356 à la bataille de Poitiers sans descendance. Son tombeau se trouvait dans le cloître des jacobins à Poitiers.

Anger de Brie revendique alors les terres de Serrant. Son fils, Raoul de Brie, né de son union avec Perronnelle Courtet, est chevalier à la cour du Roi René. Il épouse Jeanne de Couësme, issue de la noblesse bretonne, avec qui il a un fils, Jean IV de Brie. Celui-ci devient Maître d’hôtel et grand chambellan du roi Charles VII en 1433. Les terres de Serrant sont érigées en châtellerie par lettres patentes données par Gilles de Raie, seigneur de Champtocé (célèbre chevalier, compagnon d’arme de Jeanne d’Arc qui a contribué au mythe de barbe bleue) Jean de Brie IV épouse Isabeau de Maillé de Brézé et meurt en 1441.

gravure représentant jean de Brie

Jean de Brie IV (ADML)

Portrait d'Isabeau de Maillé de Brézé

Isabeau de Maillé de Brézé, épouse de Jean de Brie IV

Gilles de Brie, fils de Jean IV, soutient le siège de Chatillon en Bourgogne. Il est fait chevalier à la bataille de Fromigny en 1450 où il bat les armées anglaises commandées par le général Talbot. Il reçoit le surnom de fléau des Anglais. Il devient vassal du seigneur de Champtocé le 3 août 1456 et meurt peu de temps après. Anger de Brie, abbé de Saint Evroult en Normandie et évêque d’Angers sous Louis XI, son frère, atteste de la volonté de ce dernier de voir son second fils né de son union avec Anne Giffart lui succéder, François de Brie.

C’est pourtant le fils ainé, Ponthus de Brie, Chambellan du Roi Louis XI qui hérite des terres de Serrant. En décembre 1481, il obtient du Roi l’autorisation d’ériger une fortification autour du château. De grands travaux sont entrepris ; la chapelle seigneuriale, vouée à St-Michel, est consacrée en février 1497. Il reçoit également du Roi les terres de la Roche-de-Serrant (aujourd’hui la Roche aux moines à Savennières). Il épouse Anne de Mathefelon. Son fils Péan de Brie épousa sa cousine Jeanne de Mathefelon puis Renée de Surgères. De son premier mariage naquirent Madelon et Françoise, tous deux morts sans descendance. En 1539, Péan, dépêche l’architecte angevin Jean Delespine pour construire un corps de logis bâti autour d’un escalier à double volée contrariée. Les travaux sont poursuivis à la mort de Péan par son fils ainé, Madelon.

Charles, fils né du second mariage, devient seigneur de Serrant à la mort de son frère Madelon, assassiné en 1564. Il se marie par trois fois avec Marie Thierry qui meurt en 1568 sans enfant, avec Guillemette de Vassé et enfin avec Marguerite de Beauvau-Tigné. Il est assassiné le 17 avril 1593 à Saint Georges laissant sa femme et ses cinq enfants, nés de son deuxième mariage : Claude, Claudine, Marquise, Charles et Marie. Charles meurt ruiné par ces travaux commencés en 1546 et aussi par un long procès contre les assassins de son demi-frère aîné : Madelon de Brie a été tué le 6 janvier 1565 et Charles de Brie accuse de ce meurtre le procureur royal Jean Le Maçon, descendant de Jacques Le Maçon, frère cadet de Robert Le Maçon, chancelier du Roi Charles VII. Charles de Brie a donc laissé les travaux de construction des deux ailes du château de Serrant débutés par son père Péan et poursuivis par son frère, Madelon, inachevés.

Portrait de Perronnelle Courtet

Perronnelle Courtet, épouse d’Anger de Brie

Gilles de Brie

Gilles de Brie

Anne Giffard

Anne Giffart, épouse de Gille de Brie

Portrait de Charles de Brie

Charles de Brie

signature de Charles de Brie

A la mort de Charles de Brie, le seigneur de Chevigné, membre de la Ligue du Nord,  s’empare du château, il est chassé par le gouverneur d’Anjou Antoine de Silly comte de La Rochepot, resté fidèle au Roi. Marguerite de Beauvau-Tigné est contrainte de céder le château de Serrant au banquier italien de la cour de Catherine de Médicis, Scipion Sardini, en 1598.

Mais, en 1603, Madeleine de Maillard, fille de François de Maillard et Renée de Brie, fille tour à tour de Charles de Brie et de sa seconde épouse Guillemette Groignet de Vassé, exerce son droit de retrait lignager. En effet, le droit féodal permet à un membre d’un lignage de reprendre un bien héritable qui a fait l’objet d’une vente à un membre d’un autre lignage en remboursant l’acquéreur au prix d’achat de celui-ci. Elle récupère donc le château de Serrant qu’elle vendra de nouveau en 1620 à Hercule de Rohan, duc de Montbazon.

Sources :

Dictionnaire de la noblesse, Volume 3

De François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois

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Scipion Sardini

Scipion Sardini

1526-1609

portrait de scipion sardini par benjamin foulon

Portrait de Scipion Sardini par Benjamin Foulon (musée de l’Hermitage)

Né à Lucques en Italie en 1526, Scipion Sardini est un banquier de la cours de Catherine de Médicis.

Il va d’abord travailler pour le duc de Florence, Cosme de Médicis, auprès de Charles Quint. Il arrive en France en 1548, s’installant d’abord à Lyon puis à Paris. En 1560, en mission pour le duc de Florence, il est remarqué par la reine, Catherine de Médicis, qui décide d’en faire son conseiller. Ses activités de financeurs vont alors lui permettre d’accumuler une fortune considérable avec laquelle il va acquérir un somptueux hôtel à Paris.

En 1567, il épouse Isabeau de la Tour d’Auvergne, cousine et dame de la cour de Catherine de Médicis, avec qui il aura deux fils, Alexandre et Paul. Isabeau de Limeuil a connu de nombreux prétendants, le poète Pierre de Ronsard qui lui dédit de nombreux sonnets et le Prince de Condé parmi les plus célèbres. La liaison d’Isabeau avec ce dernier provoqua un scandale à la cours. Catherine de Médicis va en effet provoquer la rencontre comptant sur le charme de sa cousine pour séduire le Prince de Condé afin d’influencer ce dernier. Mais Isabeau tombe enceinte. Craignant d’être éclaboussée par le scandale, la Reine va alors accuser Isabeau de Limeuil de régicide pour justifier son enfermement dans un couvent. Mais apprenant un rapprochement du Prince avec la veuve du duc de Guise dont elle craint l’influence, la Reine va changer de stratégie et favoriser le projet d’évasion d’Isabeau. Celle-ci rejoint le père de son enfant durant plusieurs mois dans le château de Valéry dans l’Yonne.  Le Prince de Condé finit par céder aux pressions de son entourage qui se méfie de la suivante de la Reine : il quitte Isabeau de Limeuil pour se marier avec Françoise d’Orléans-Longueville, âgée de seulement 16 ans. Isabeau retrouve dès lors sa place à la cour de la Reine. C’est alors qu’elle rencontre Scipion Sardini.

Sardini est nommé vicomte de Buzancy et percepteur de taxes, ce qui lui permet d’accroître encore sa fortune : il devient banquier du roi, Henri III et de nombreux personnages importants. Sardini finance directement certains bataillons, en pleine guerre de religion et bénéficie ainsi régulièrement de la protection royale.

Mais la fortune qu’il a accumulée le rend impopulaire et lui attire des ennemis.

En 1575, son frère est assassiné. Des émeutes éclatent à Paris contre ces riches italiens : une tentative d’assassinat contre Scipion est déjouée par le pouvoir royal mais ses demeures sont pillées.

En 1590, Scipion Sardini est enlevé sur la route d’Angers à Tour par les frères Saint Offange qui l’enferment dans le château de Rochefort-sur-Loire. Sa libération n’a lieu qu’après le paiement d’une lourde rançon.

Scipion Sardini se retire des affaires sous Henri IV qui ne le soutient plus. Il achète le château de Chaumont-sur-Loire qui a appartenu un temps à Catherine de Médicis, en 1600. Il se consacre alors  au mécénat artistique.

Scipion Sardini va aussi acquérir un hôtel particulier à Blois ainsi que les seigneuries de Beaufort et de Rochefort.

En 1596, il devient propriétaire du château de Serrant. La veuve de Charles de Brie, Marguerite de Beauvau-Tigné doit en effet céder le domaine pour payer les dettes contractées pour réaliser les travaux d’agrandissement du château. Le banquier italien ne le conservera que sept années : en 1603, Madeleine de Maillard, issue de la famille De Brie fait valoir son droit de retrait lignager. Scipion Sardini est remboursé et le château revient dans le giron de la famille De Brie. Le château sera de nouveau vendu en 1620 à Hercule de Rohan, duc de Monbazon.

Scipion Sardini meurt en 1609 à Paris. Isabeau de Limeuil décède quelques mois plus tard.

Portrait d'isabeau de la Tour d'Auvergne

Portrait d’Isabeau de Limeuil, femme de Scipion Sardini

illustration d'isabeau de limeuil
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Antoine Vincent Walsh

Antoine Vincent Walsh

1703-1763

Tableau représentant Antoine Vincent Walsh recevant les ordres de Charles-Edouard Stuart

Antoine Vincent Walsh recevant les ordres du prince Charles-Edouard Stuart

signature antoine walsh

Signature d’Antoine Vincent Walsh

Né en 1703 à Saint Malo, Antoine Vincent Walsh est le fils de Philippe Walsh. Ce-dernier est un immigré irlandais arrivé en France en 1688 suite à la Glorieuse Révolution anglaise. Il rejoint son père Jacques Walsh qui était déjà naturalisé français depuis 1670. En 1685, Jacques II Stuart accède au trône d’Angleterre. Catholique, il est fortement contesté dans une Angleterre anglicane. Profitant du désordre politique, Guillaume d’Orange débarque et prend la couronne en 1688. Jacques II fuit l’Angleterre, se réfugie en France où il est accueilli par Louis XIV. Jacques II gagne l’Irlande majoritairement catholique et jacobite, c’est-à-dire qui soutient Jacques II. Mais les armées de Guillaume d’Orange marchent sur Dublin et les jacobites irlandais sont contraints de fuir en France. C’est dans ce contexte, que la famille Walsh, soutien de Jacques II, s’installe en France. Philippe Walsh s’illustre comme corsaire la dernière décennie du XVIIème, sillonnant les mers. Il va avoir quatre fils : Patrice-Marc, Antoine-Vincent, François-Jacques et Philippe, dont les trois premiers sont nés à Saint Malo et qui vont s’installer respectivement à Morlaix, Nantes et Cadix en Espagne.

Antoine Walsh s’installe à Nantes au début des années 1730. Le port est alors en pleine croissance économique grâce au commerce triangulaire (du commerce avec les îles d’Amérique sur lesquelles se sont installés des Français à partir de 1620 vers la traite d’esclaves sur les côtes africaines) et attire de nombreux négociants cherchant la fortune. Antoine Walsh est de ceux-là : en 1734, il arme deux navires : Le Fort de Morlaix en direction de Saint-Domingue et Le Dauphin vers l’Angola. Le 10 janvier 1741, Antoine-Vincent épouse Marie O’Shiell, dont le père réfugié irlandais est arrivé en France en 1689 et est devenu l’un des principaux armateurs de Nantes. La fortune qu’il amasse lui permet d’acheter en 1740 d’acheter une charge de secrétaire du Roi, titre de noblesse qu’il pourra transmettre à sa descendance. Issu de la noblesse irlandaise, il s’inscrit désormais dans l’élite de France.

Antoine Vincent Walsh est un investisseur : outre sa flotte qu’il développe, il est un riche propriétaire foncier. Il achète à Saint Domingue des plantations de sucre, de cacao ou d’indigo ainsi que des habitations.

Antoine Walsh est approché en 1744 par les soutiens de Charles-Édouard Stuart, petit fils de Jacques II, qui souhaitent rétablir une monarchie catholique en Angleterre. Il contribue, tout comme ses frères, à armer des navires en 1745 destinés à débarquer en Angleterre. Au cours de l’été 1745, Antoine Vincent embarque aux côtés du Prince. Ce dernier débarque en Ecosse tandis qu’Antoine rejoint la Hollande.

En octobre 1745, le royaume de France apporte son soutien aux jacobites débarqués en Ecosse. Louis XV convoque Antoine Vincent Walsh pour préparer une opération militaire de grande ampleur. Malgré l’avancée des préparatifs, l’aventure tourne court : en Ecosse, le prince Charles-Edouard est défait et ses troupes massacrées. Le projet de débarquement en Angleterre est abandonné. Après une ultime défaite en 1746, le prince Charles-Edouard fuira en France.

Malgré l’échec, reconnaissant, le Roi Louis XV anoblit Antoine Vincent Walsh.  La volonté de ce dernier est maintenant d’être reconnu comme une famille noble de France. C’est dans cet objectif qu’il achète en 1749 le château de Serrant et ses terres à la duchesse d’Estrées, veuve et sans héritier. Elle cède un vaste domaine allant d’Ingrandes au Plessis Macé en passant par Champtocé, Segré, Bécon et Savennières. Antoine Vincent Walsh cède dès 1751 toutes ses terres d’Anjou exceptées celles de Bécon à son frère François Jacques.

charles edouard suart

Portrait du prince Charles Edouard Stuart

carte de Saint Domingue en 1789

Carte de Saint Domingue en 1789

Antoine Walsh organisera 48 voyages de commerce triangulaire dont 7 rien que pour l’année 1751. Avec une mortalité de 25% parmi les esclaves, les derniers aller-retours sont semés de déconvenues. Les investisseurs se retirent. La société d’Angola fait faillite et disparaît en 1753 sans véritablement nuire à Antoine Vincent Walsh qui cesse alors toute activité commerciale.

En 1753, Antoine Vincent Walsh fait reconnaître par le Roi la noblesse de ses ancêtres irlandais : il passe ainsi du statut de négociant récemment anobli à celui de descendant d’une illustre famille irlandaise. Louis XV érige alors une partie des terres angevines acquises par les Walsh en comté de Serrant. François-Jacques devient le premier comte de Serrant (titre usurpé autrefois par Guillaume Bautru) et sa descendance portera le nom de Walsh de Serrant.

Antoine Walsh habite alors le Palais du Luxembourg à Paris. Il tente d’y construire un réseau jacobite, gardant l’espoir de voir un jour le prince Charles Edouard prendre la couronne d’Angleterre. En 1758, Antoine Walsh quitte la France pour Saint Domingue où il passe les dernières années de sa vie. Il meurt à Cap François en avril 1763.

Source :

D’un exil à l’autre, l’insertion d’une famille irlandaise dans la noblesse de France : les Walsh (1741-1798), Etienne Pouly

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Chasse aux loups

Les loups menacent Saint Georges

1682 : Le Grand siècle

La chasse au loup, toile d'Alexandre-François Desportes, 1725

La chasse au loup, toile d’Alexandre-François Desportes, 1725

1682, les loups sont là, tout près, menaçants pour le bétail et les hommes, et cela n’a rien d’exceptionnel. Comme tous les autres dangers naturels, ils constituent (qu’ils soient sains ou enragés) un fléau pour la province. Ils sont très nombreux dans nos forêts aux XVIIe et XVIIIe siècles, âges aux cours desquels retentit comme un tocsin dans les villages, le cri d’épouvante «au loup/ au loup ! ». Ils vivent en meute et sèment la terreur, s’attaquant aux animaux d’élevage, mais aussi aux hommes. Les bois touffus les abritent, les nourrissent.

Certaines années, lorsque la pitance leur fait défaut ils en sortent, affamés et dangereux. Les loups mangent gloutonnement écrit La Fontaine (Le loup et la cigogne). François Lebrun, dans « Les hommes et la mort en Anjou aux XVIIe et XVIIIe siècles », cite cet animal qui dans la région de Craon, a dévoré 10 personnes. Au cours de l’âge classique, ils ont alimenté toutes les terreurs, rôdeurs maléfiques des contes de Perrault, ou terrible Loup Garou qui s’incarna un peu plus tard dans la bête du Gévaudan. La toponymie même de notre région atteste de cette présence : nos communes ont souvent une «rote (sentier)  aux loups», nom qui garde le souvenir du passage de ces hordes.

Donc, en 1682, ils rôdent autour de Saint-Georges, et s’attaquent aux troupeaux, provoquant de « nombreuses pertes et préjudices ». Alors le comte de Serrant décide d’agir. C’est Guillaume Bautru III, le fils de Guillaume Bautru qui, en 1636, a acheté le château de Serrant  et son vaste domaine où les forêts du Petit et Grand-Fouilloux occupent une place importante, de St-Georges aux portes d’Angers. Il va donc réunir les habitants des paroisses concernées, St-Georges, Savennières, St-Martin,  Le Petit-Paris, le 22 septembre 1682, jour de la Saint-Maurice, à Bourdigal, près de Chevigné, au cœur du massif forestier d’alors. Si les loups sont nombreux, tous ces hommes ne seront pas de trop pour faire le «hut» c’est-à-dire débusquer et rabattre vers eux les prédateurs.

Tableau de chasse au loup du XVIIIème

Chasse au loup en forêt, toile de Jean-Baptiste Oudry, 1748

L’opération commence tôt, en ce mois de septembre aux matinées fraîches : 7 heures, et chacun doit amener ce qui peut servir d’arme : bâtons/ outils de toutes sortes, et armes à feu pour ceux qui en possèdent, qui en ont le droit. Le comte, ou son représentant, dirigera la battue, à laquelle tous doivent participer, sous peine d’une amende de 60 sols. C’est bien parce que le danger est manifeste que les paysans vont prendre part à la chasse : il y a là une dérogation importante à la Grande Ordonnance de 1669 sur les Eaux et Forêts, qui les excluait de toute poursuite de gibier et assimilait la moindre prise à du braconnage. On imagine qu’ils sont là, tous ceux dont les noms figurent sur les registres qu’apportent, afin de vérification, les « procureurs de fabrique », c’est à dire les représentants des paroisses, chargés de la gestion des biens de ces dernières. En cas d’absence, l’amende sera versée pour une moitié à la paroisse, pour l’autre servira à réparer l’«auditoire», autrement dit la nef de l’église. La règle, stricte, est rappelée : seuls, les loups pourront être tirés. Il ne faudrait pas profiter de l’occasion pour abattre n’importe lequel de ces animaux dont la forêt giboyeuse regorge…! « Défense  de tirer sur autres animaux que les dits loups». Et là encore, on menace d’amende et de confiscation de son arme, celui qui se risquerait à contrevenir. La convocation doit être lue au prône des messes, le dimanche précédant la battue, afin que personne n’en ignore l’existence et les modalités.

A-t-on pu ; après cette Saint-Maurice, chanter « Promenons-nous dans les bois tant que le loup n’y est pas » ? Une faim de loup ; se jeter dans la gueule du loup ; hurler avec les loups ; une peur de loup ; à pas de loup ; un froid de loup ; crier au loup ; enfermer le loup clans la bergerie ; faire sortir le loup du bois ; un jeune loup ; être connu comme un loup blanc ; jouer à loup caché ; quand on parle du loup…

Autant d’expressions du langage populaire qui portent l’empreinte de la présence et de la crainte ancestrale du loup.

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Le Grand Prix Automobile

Le grand Prix automobile de l'Anjou annulé

1909 : La Belle époque

Etienne van Zuylen van Nyevelt, Jules Albert  de Dion et le journaliste Paul Meyan fondent en 1895, l’Automobile Club de France, l’ACF. Ce club organise,  en 1899, le premier Tour de France Automobile. Il est plus connu pour les Grands Prix organisés chaque année. On citera 1905, le circuit des Ardennes ; 1906, le circuit de la Sarthe ; 1907, le circuit de la Seine Inférieure et 1908, le circuit de Dieppe. L’Anjou est retenu pour le Grand Prix de 1909.

Le Comité Central de L’Anjou était porté par M. Monprofit, maire d’Angers ; MM. Mitonneau et Labesses, adjoints ; M. Cointreau, secrétaire général ; M. Richau, trésorier ; M. Bessonneau, responsable de la commission sportive. Un de ses membres, M. Motais, était l’artisan du tracé.

 Ce comité avait le soutien politique de M. Dupeyrat préfet de Maine-et-Loire et MM. Gauvin, Gioux, Ferdinand et Laurent Bougère, tous quatre députés du même département.

Fin octobre 1908, le Comité Central de l’Anjou, muni de la précieuse promesse de subvention de 100 000 francs, se retrouva place de la Concorde pour déposer officiellement le projet du circuit d’Anjou. Le 29 octobre 1908, la Commission sportive de l’ACF se réunit à Candé.

Le circuit est défini : Saint-Georges-sur-Loire, tribunes et ligne de départ à Saint-Germain-des-Prés, Champtocé-sur-Loire, La Riottière, La Cornuaille, Candé, le Louroux-Béconnais, Bécon-les-Granits, La Croix de Lorraine et Saint-Georges. Au total 73,5 km.

réunion de la commission sportive à Paris

réunion de la commission sportive à Paris

carte du tracé du grand prix automobile de l'anjou de 1909

Tracé du grand prix automobile de l’Anjou de 1909

carte postale de 1908 : la commission de l'ACF en visite à Candé pour le grand prix automobile de l'Anjou

1908 : la commission de l’ACF en visite à Candé

On construisait désormais des machines spécifiquement dédiées à la course, qui n’avaient souvent qu’un lointain rapport avec la série, donc difficiles à identifier.

Entretenir un tel service de compétition, qui éloignait les ingénieurs des voitures de tourisme, coûtait fort cher. Au surplus, ces « autos spéciales » ne servaient qu’une fois dans l’année, chaque automobile-club national promulguant son propre règlement.

Dans le cas du grand-prix de l’ACF, il était même différent d’une année sur l’autre !

Ce fut certainement une bonne excuse pour 17 grandes maisons françaises (parmi lesquelles Renault, Darracq, Mors, Brasier, Panhard, de Dietrich …), autrefois engagées en compétition qui, fin 1908, s’associèrent dans un grand boycott de la course de vitesse.

Elles furent même rejointes par Benz et Mercedes, trop heureuses de rester sur leurs lauriers de Dieppe.

L’ACF ne pouvait ignorer ce mouvement, alors même que certains de leurs administrateurs siégeaient précisément dans les commissions de la place de la Concorde ! Mais on trouva une astuce pour tenter de faire bonne figure: le règlement spécifia que le Grand Prix 1909 ne pourrait se tenir que si 40 engagements étaient parvenus avant le 31 décembre.

Sachant la défection de la plupart des constructeurs et que Dieppe avait accueilli 49 autos au départ pour une année jugée fastueuse, il était facile de deviner que le Grand-Prix ne se ferait pas.

Mais on laissa croire au comité angevin qu’il aurait bien lieu, jusqu’au communiqué officiel de janvier 1909.

En janvier, seuls quatre constructeurs étaient inscrits : Mors, Cottin-Desgouttes, Rolland-Pilain et Le Gui. Le Grand Prix de l’Anjou était reporté sine die.

Il nous reste ces cartes postales, témoins de la vie de nos communes en 1909.

carte postale pour le grand prix automobile de l'Anjou en 1909, arrivée au moulin de la salle
carte postale de 1909 du grand prix automobile d'Anjou

Les cartes postales étaient  pour la plupart des montages photographiques où les voitures ont été rajoutées.

carte postale illustrant le grand prix automobile de 1909, entrée ouest de la ville
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Nicolas Bautru de Vaubrun

Nicolas Bautru de Vaubrun

1632-1675

Blason de Nicolas Bautru de Vaubrun et MArguerite Bautru
carte de la bataille d'Altenheim en 1675

Carte de la bataille d’Altenheim publiée en 1782 

Nicolas Bautru de Vaubrun est le fils de Nicolas Bautru, frère de Guillaume II Bautru, comte de Serrant. Il épouse sa cousine, Marguerite-Thérèse Bautru, petite fille de son oncle. 

Marguerite Bautru est la fille de Guillaume III Bautru qui lui a légué le château de Serrant. Le couple va avoir quatre enfants : Nicolas Guillaume, abbé de Vaubrun, Madeleine-Diane, duchesse d’Estrées. Les deux autres filles deviendront religieuses. Marie-Gabrielle de Bautru de Vaubrun  prendra le voile en 1678 et deviendra prieur de la chapelle du Bois Garand à Sautron en Loire Atlantique en 1725. La dernière fille, connue comme Mademoiselle de Vaubrun, entrera également au couvent après une affaire de mariage secret et d’enlèvement impliquant le comte de Béthune en 1689.

Le marquis de Vaubrun fut lieutenant-général des armées du Roi. Il entre au service en 1653, dirige un régiment à compter de 1656. Il devient gouverneur de Philippeville et est envoyé en mission à Berlin, en Suède, à Mayence.

En 1672, les armées de Louis XIV envahissent la Hollande. Vaubrun combat sous les ordres du maréchal de Rochefort.  Entrainant des alliances, la guerre va s’étendre des Flandre jusqu’en Alsace. Turenne, général des armées de Louis XIV, passe ainsi le Rhin avec 7 000 hommes en 1674 pour repousser les armées impériales autrichiennes. Le 27 juillet 1675, Turenne est tué d’un coup de canon. Les impériaux crient à la victoire mais les soldats français veulent se venger. « Lâchez la pie (la jument de Turenne), elle saura nous mener à la victoire ! », s’exclament ils.

Tombeau de Nicolas Bautru de Vaubrun dans la chapelle du château de Serrant

Tombeau de Nicolas Bautru de Vaubrun dans la chapelle du château de Serrant

Dessin du tombeau de Nicolas Bautru de Vaubrun par Charles Le Brun

Deux hommes se disputent le commandement : il s’agit du comte de Lorges, neveu de Turenne, et du marquis de Vaubrun. Vaubrun se rend en chaise portée au conseil de guerre car il a été blessé quelques jours auparavant au pied par un tir de mousquet. Il veut conduire l’armée à la bataille. Son avis est écarté. De Lorges, plus âgé de deux années et par conséquent légitime à commander, choisit de repasser le Rhin et de retourner en Alsace.

Pendant deux jours, on organise la retraite, les deux armées se faisant face et échangeant quelques coups de canon sans en venir aux mains. Les troupes se replient finalement vers les ponts d’Altenheim.

Mais le 1er août 1675, au moment où elles passent la rivière, les troupes sont attaqués par l’armée de Montecuculli. De Lorge fait front. Mais le marquis Vaubrun aillant désobéi aux ordres a fait passer ses hommes sur la rive gauche. L’armée française est coupée en deux. Comprenant sa faute, le marquis tente de remener son régiment sur l’autre rive. La jambe blessée arnachée à la selle, il prend la tête de la charge. Il est tué d’une balle mais la bataille est gagnée. Trois milles soldats français et cinq milles impériaux périrent dans la bataille. Turenne est vengé, le marquis de Vaubrun efface par son héroïsme le désastre que son indiscipline a provoqué.

Marguerite Bautru, inconsolable, fait construire une chapelle dans le château de Serrant. En 1680, elle charge Sébastien Simoneau, architecte, qui conduira par la suite la fin des travaux de l’abbaye, de réaliser le bâtiment. Le tombeau est l’œuvre de Antoine Coysevox, sculpteur qui officie à la cour du Roi, sur des dessins de Charles Le Brun, peintre de renom. Le mausolée est en marbre noir entouré de deux colonnes en marbre également, surmontées de chapiteau en bronze. Sur les faces du sarcophage, des bas-reliefs en plomb doré montrent le récit de la bataille dans laquelle le marquis perdit la vie. La statue montre le marquis en train de mourir, le bâton de commandement toujours en main, avec la marquise à ses genoux. Au dessus, une victoire descend du ciel tenant un trophée et une couronne.