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Saint Georges Patrimoine

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Chazé sur Argos

Le prieuré de Chazé sur Argos

Temporel de l'abbaye

prieuré de chazé sur argos en 2007

Prieuré de Chazé sur Argos en 2007

eglise saint julien de chazé sur argos

Eglise Saint Julien de Chazé sur Argos

Le prieuré de Chazé sur Argos est situé à 30 km au nord de Saint Georges sur Loire. Il aurait été créé à la fin du premier millénaire et offert à l’abbaye Saint Serge d’Angers en 1072 par le seigneur Bernier Grafin. Au XIIIème siècle, il est attribué à l’abbaye de Saint Georges sur Loire.

Ses revenus annuels sont estimés à 1200 livres. Le prieur devait tous les ans à la fête de Notre Dame l’Angevine, le 8 septembre, verser la dime, l’impôt sur les récoltes, en seigle et en froment. Le versement de cet impôt est source de conflit récurent entre le prieur de Chazé et l’abbé. Ce dernier doit régulièrement faire appel à la justice pour récupérer son dû : c’est le cas en 1542, en 1573 par exemple. Au XVIIème siècle, la dime s’élève à 1765 litres de céréales.

En 1747, une expertise décrit l’église de Chazé sur Argos : la nef fait 18,5 mètres de long sur près de 8 mètres de large. Au bout de celle-ci, se trouvent deux autels. Le choeur fait 5 mètres de large et est flanqué de deux chapelles latérales et surplombé d’un clocher soutenu par six arcs doubleaux. Des travaux sont à réaliser pour un montant de 175 livres.

Il existait également une chapelle dite « de la Grandeye-Landais »  qui appartenait au prieuré-cure. Elle était placée sous le patronage du seigneur de Raguin et ne rapportait qu’un modeste revenu de 20 livres. La chapelle a disparu aujourd’hui.

Le prieuré est construit au XVIIIème siècle. C’est une vaste maison à cinq fenêtres qui occupe l’est de la place de l’église. Son style classique est très proche de celui du prieuré de Saint Augustin qui dépendait également de l’abbaye de Saint Georges sur Loire. L’auteur des plans est vraisemblablement Jean-Nicolas Loya du Moussay, curé de Chazé décédé en 1776 dont on sait qu’il a signé en 1735 les plans des bâtiments de Saint-Symphorien d’Autun.

blason du prieuré cure de chazé sur argos

Prieuré-cure de Chazé sur Argos

signature de jean de la sausse

Signature de Jean de la Sausse (ADML)

Jean de la Sausse, prieur à partir de 1775, déclare les revenus du prieuré : celui-ci rapporte plus de 3000 livres , pour deux tiers les dimes et les rentes et le dernier tiers de locations de propriétés. Les charges s’élèvent à plus de 500 livres : la moitié est versée au vicaire et à la fabrique, un quart à l’abbaye de Saint Georges et le reste couvre les réparations. Il reste environ 3 000 livres de revenu pour le prieur.

En 1791, le prieuré est nationalisé comme tous les biens du clergé et vendu. Jean de la Sausse l’achète le 6 août 1795.

Jean ou Jean-Baptiste de la Sausse est né le 7 avril 1744 à Lyon. Comme ses deux frères François et Georges, il entre dans les ordres  en 1762 et devient curé de Chazé sur Argos en décembre 1776 après un court passage à l’abbaye de Saint Georges sur Loire en 1775. Son frère, François, rejoint l’abbaye de Saint Georges de 1779 à 1787. Alors que Jean est malade, il le remplace à la cure de chazé sur Argos du 17 mai au 15 juin 1779. En 1784, Jean est nommé prieur de Saint Antonin mais c’est son frère Georges qui va s’y rendre.  Jean prête serment à la Révolution le 27 janvier 1791 et devient officier public le 27 novembre 1792. Il renonce à ses vœux le 20 mars 1793. Il se marie à Renée Léridon, sa servante, le 21 décembre 1793 et est considéré comme « un bon républicain » par les autorités du district. Il devient chef du bureau d la marine à Angers tout en continuant à vivre à Chazé sur Argos au moins jusqu’en 1796.

Le prieuré est recouvré par la commune en 1810, agrandi en 1852 et loué au curé comme presbytère.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

Les génovéfains, Yves Breton

Prosopographie génovéfaine, Nicolas Petit

Les prieurs de Chazé sur Argos

 

Date de nomination

Prieur

1307

Haligon

1363

Hugues qui devint ensuite abbé de Saint Georges

1423

Guillaume Raoul

1510

Jacques Dugué

1519

Jean de la Chesnaye

1520

Abel de la Jaille

1541

François d’Andigné

1542

Guy d’Andigné

1570

François Patrin

1586

Jean Thibault

1598

Michel Joubert

1607

Jacques Lebouc

1617

Jean Chardon, originaire de Segré, il meurt le 03/02/1642 à Angers.

1631

René Bellanger

1664

René Jannault

1669

G Lusson (?-24/03/1695)

1695

Pierre Sablon (?-24/05/1696)

1696

Eustache Levallet ( 1655-24/04/1714)

1714

Nicolas Coustard (1663-3/11/1736 à Saint Georges sur Loire)

1715

Anselme de la Roche Quentin ( – 27/08/1740)

1740

Jean Nicolas Loya du Moussay ( 9/12/1707 à Paris -31/12/1776), il fait profession le 15/4/1727 à Saint Catherine et s’installe à Chazé en 1740 où il meurt en 1776.

1775

Jean de la Sausse (voir plus haut sur cette page)

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

Histoire de la Baronnie de Candé, René de l’Espéronnière, 1894

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine & Loire, Célestin Port

Les génovéfains en haute Bretagne, en Anjou et dans le Maine, Yves Breton, 2006, p514

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Le Bouchet

Le Bouchet

Temporel de l'abbaye

métairie du bouchet à Jallais en 2006

La Bouchet en 2007

Cette métairie située à Jallais sur Argos, à 30 km au sud-ouest de Saint Georges sur Loire, apparait à partir de 1732. Elle faisait partie du temporel, ces propriétés qui rapportaient des revenus à l’abbaye en étant louée à des fermiers. L’origine de ce don est inconnue. Son nom est dérivé du mot « bosquet ». En 1732, le sieur Jacques du Bouchet doit une rente de 200 livres à l’abbé de Saint Georges sur Loire.

A l’origine, le lieu était sans doute un prieuré. Il était composé d’une métairie et d’une chapelle honorant Saint Jacques. En 1774, elle n’est plus utilisée depuis longtemps car la messe est dite dans l’église paroissiale de Jallais. La chapelle est alors à l’abandon et dans un mauvaise état si bien qu’on envisage de la détruire.

La métairie, elle, se compose d’un logis avec deux chambres basses avec une cheminée et un grenier et d’une autre chambre avec cheminée en appentis. On trouve dans la cour un four, une écurie, deux étables, l’une pour les boeufs, l’autre pour les vaches, une bergerie et deux granges couvertes de tuiles rouges. 17 hectares de terres labourables, 7 hectares de prés et près d’un hectare de jardins et de vignes entourent la ferme.

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

  • Jacques du Bouchet, 1732
  • Bail de 99 ans accordé par l’abbé Luc de Salles, à Jeanne Lethon, veuve de René Dubillot et à Jean Humeau, époux de Jeanne Dubillot

On ne sait pas ce que la métairie devient à la Révolution. Probablement est-elle nationalisée en 1791 comme les autres biens du clergé et vendue.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le Sollier

La Sollier

Temporel de l'abbaye

métairie du sollier à chazé sur argos

La Sollier en 2007

Cette métairie située à Chazé sur Argos, à 30 km au nord de Saint Georges sur Loire, apparait à partir de 1732. Elle faisait partie du temporel, ces propriétés qui rapportaient des revenus à l’abbaye en étant louée à des fermiers. Le « solier » est une maison avec grenier et veut dire étage ou plateforme. Le nom peut également faire référence à un lieu exposé au soleil.

La métairie est constituée d’une chambre principale avec une cheminée et un four et de deux « chambrettes ». Deux étables, une grange, un pressoir et une porcherie forment les installations. Aujourd’hui, la maison d’habitation a été détruite et il ne reste que les étables.

La métairie fait l’objet d’une expertise comme les autres propriétés de la mense abbatiale, en 1733, lors de la succession de l’abbé Jean-Louis Caton de Cour. Les portes nécessitent des restauration ainsi que le four. La charpente et la couverture doivent être réparées. Sur la grange et l’étable, des travaux de maçonnerie sont nécessaires. Dans la cour, un puits a été creusé mais n’a pas été maçonné. Les réparations sont évaluées pour un montant de 597 livres. La métairie fait l’objet d’une nouvelle expertise en 1747 : la facture est revue à la baisse, à 208 livres. Des travaux ont-ils été réalisés ? Le puits n’a cependant pas été finalisé…

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

  • Jean Foucher, 1710
  • Cordier en 1732
  • Antoine Drouet en 1747

En 1791, suite à la Révolution, la closerie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue le 2 mars 1791 à Mathurin Guillot.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Les sociétés au XIXème

Les sociétés d’hommes au XIXème

1823-1886

Le XIXème siècle, qui a connu de grands bouleversements politiques, a vu naître aussi de nouvelles organisations de la société notamment dans les campagnes. Les lieux de rencontres anciens, tels que les confréries ou les corporations de métiers avaient disparu. Restaient, dans le monde rural, les veillées réunissant en groupe distincts les hommes, les femmes et les enfants. Dans le bourg de Saint Georges, on trouvait également de nombreuses auberges et cabarets fréquentés essentiellement par des hommes et des gens de passage. Les beuveries, les bagarres, les jeux d’argent et parfois « les femmes de mauvaises vie » en faisaient des lieux peu fréquentables.

Dans la première moitié du XIXème siècle, vont donc être créés de nouveaux lieux de rencontres strictement masculines : les sociétés. Saint Georges sur Loire en comptera quatre. Trois d’entre elles se proclameront laïques et indépendantes de toute idéologie quand la dernière se revendiquera catholique. Ce sont les sociétés de l’Union, de la Paix, du Port Girault et de la Fraternité.

Un règlement strict s’applique à tous leurs membres sous peine d’amende ou d’exclusion. « Toute décision de la majorité est obligatoire pour tous. (…) Le président a le droit d’imposer des amendes à ceux qui en sont passibles », précise le règlement de L’Union. Ces textes d’encadrement sont affichés dans chaque lieu de rencontre afin que nulle ne puisse les ignorer. Les responsables sont élus par l’ensemble des membres pour une durée définie. La comptabilité est précise, exercée par un seul homme sous contrôle. « Le caissier est chargé des écritures et de la comptabilité et chaque trimestre, il donnera l’état des recettes et dépenses », explique le règlement de la Paix.

Toutes ces sociétés ont été créées pour la détente, le divertissement de leurs membres et offrent des activités de loisirs parmi lesquelles le jeu de boule occupe une place centrale, notamment la boule de fort et la boule de sable. Ainsi à la Fraternité, « la société a pour but l’amusement », au Port Girault, « Le but exclusif est de procurer un délassement, une récréation utile à l’aide de jeux de boules et de cartes exclusivement », et à l’Union, « la société a pour but de procurer à ses membres un lieu de lecture et de conversation et des jeux honnêtes. Les jeux de hasards sont interdits ».

le cercle de l union au début du XXIe

Le cercle de l’Union créé en 1923

règlement de la société de l'Union
la société de la Paix

La société de la Paix créée en 1847

règlement de la société de la Paix

L’admission dans ces groupes est soumise à une procédure précise : il faut être présenté par un des membres, écrire une lettre de candidature par laquelle on accepte la totalité du règlement et attendre qu’un vote accepte ou non le candidat. Des hommes extérieurs à la commune sont acceptés à condition d’être accompagnés par un membre sociétaire. Pour la société de la Paix, catholique, il est nécessaire de « jouir des droits civiques et de l’estime publique, d’assister régulièrement aux offices du dimanche et de remplir ses devoirs religieux dans le temps pascal. »

Ces sociétés rassemblent ainsi des personnes d’origines parfois diverses, de professions diverses, unies par l’acceptation d’un même règlement fait de respect de l’autre et de celui des biens communs. Elles contribuent de ce fait, à un apaisement de la société. « Toute altercation, toute dispute est formellement interdite », précise l’article 8 de la société du Port-Girault.

C’est la société de l’Union qui fut la première créée, le 24 mars 1823. Elle est située, dès l’origine, dans le bourg, et de ce fait, a un recrutement plutôt bourgeois avec de nombreux propriétaires et commerçants. C’est une société « au chapeau », signe distinctif des participants, qui deviendra beaucoup plus tard « à la casquette », lorsqu’elle s’ouvrira à une population ouvrière et paysanne.

La société de la Paix vient en 1847 augmenter l’offre de réunions masculines. C’est vraisemblablement curé Branchereau qui en est le fondateur puisque le mobilier (billard, chaises, tabourets, tables…) lui appartient. Peut-être a-t-il voulu en installant sa société à la Villette, c’est-à-dire en campagne, près de la Loire, procurer aux paysans les divertissements qu’avaient les habitants du bourg. Il a voulu aussi encadrer, sinon surveiller étroitement leurs pratiques religieuses : une amende est prévue pour avoir blasphémé le saint nom de Dieu ».

La société du Port Girault est créée en 1872 puis celle de la Fraternité en 1886. Elles se tiendront toutes deux soigneusement éloignées des engagements politiques ou religieux en affirmant « il est formellement interdit d’avoir des discussions à propos de politique ou de religion », comme c’était déjà le cas à l’Union. La création des ces société a lieu dans des moments de grandes tensions politiques et sociales : la chute du second Empire après la défaite face aux Prussiens, la naissance difficile de la troisième République, de longue grève qui divisent la société française… La vie économique est également marquée par de nombreuses crises : les mauvaises récoltes ont entrainé des hausses du prix des céréales et du pain. Les règlements de sociétés visent donc à maintenir le calme !

Les revenues des sociétés comprennent des mises d’entrée, des cotisations annuelles ou trimestrielles aux quelles s’ajoutent les amendes. Il est également possible d’acheter des consommations sans toutefois faire concurrence aux débits de boisson car les horaires d’ouverture sont identiques. On consomme essentiellement du vin et « les boissons seront de bonnes qualité et vendues au prix fixé par le bureau », précise le règlement de l’Union.

A Saint Georges sur Loire, comme dans les autres villages d’Anjou, se sont formés tout au long du XIXème des groupes structurés qui ont proposé à leurs membres, outre des lieux de rencontre, des activités et une culture semblable, facilitant la vie commune en imposant des relations respectueuses et courtoises. Certaines de ses sociétés perdureront au XXème et jusqu’à nos jours, s’ouvrant à un public plus large, notamment aux femmes. La société de la Fraternité a fermé ses portes, la société du Port Girault est devenue Les Amis réunis et la société de la Salle a été créée.

Sources : Françoise Capelle dans le bulletin d’HCLM n°66 de juin 2020 – pages 1 à 3

règlement de la société de la Fraternité
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Le Petit Serrant (métairie)

Le Petit Serrant

Temporel de l'abbaye

métairie du Petit Serrant à Savennières

Le Petit Serrant en 2007

Cette closerie est située à Savennières, non loin du bourg. Elle faisait partie du temporel de l’abbaye. Elle fut en effet offerte aux chanoines à la construction de l’abbaye par le seigneur de Lavau. Elle est surnommée la petite abbaye au XVIIIème siècle. C’est Jean de Vassé, abbé qui en 1577, qui en prend possession. Elle quitte la mense abbatiale en 1706 pour devenir une propriété des chanoines.

En 1703, la closerie comprend deux maisons : la première dispose d’une grande chambre avec cheminée et four et grenier, construite sur un cellier et d’une seconde petite chambre. La deuxième  est composée d’une petite chambre avec cheminée, d’un cabinet et d’un grenier. On accède à la chambre par un escalier en ardoise. Sous cette chambre, on trouve un cellier et un pressoir. La cour dispose d’un puits et d’une porcherie. La propriété est entourée d’un pré de 26 ares, de 59 ares de terres labourables et de 79 ares de vigne.

acte de vente de la closerie de l'abbaye à SAvennières (le petit Serrant)

Acte de vente de la closerie de l’abbaye en 1791 (ADML)

En 1791, suite à la Révolution, la closerie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue le 3 févrrier 1791 aux enchères au prix de départ de 5 300 livres. Le sieur Roussel enchérit par procuration pour le sieur Genest à 5 600 livres. C’est la seule offre pour la closerie.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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La Thiellerie

La Thiellerie

Temporel de l'abbaye

métairie de la thiellerie en 2007

La Thiellerie en 2007

la thiellerie sur le cadastre napoléonien de 1835

La Thiellerie sur le cadastre napoléonien de 1835

Histoire

Cette closerie est située le long de la Loire, au sud du village, à proximité du Port Girault. Elle faisait partie du temporel de l’abbaye. Elle fut en effet offerte aux chanoines à la construction de l’abbaye par le seigneur de Candé. Son nom qualifie un lieu où l’on mettait le chanvre en tielle ou thiel, c’est à dire en poignées pour le rouissage (macération des fibres pour enlever l’écorce afin d’en faire des fibres textiles).

Le 15 novembre 1644, l’abbé de Saint-Georges Nicolas Tudert concède  en forme de récompense à ses fermiers du temporel Marin et Charles de la Lande, une surface de terre joignant les jardins et issues de la closerie. Ces fermiers, en retour, sont chargés d’y faire bâtir une maison, l’Ardoisière. Celle-ci doit permettre de parquer les bestiaux capturés en divagation et de loger le commis receveur de l’abbaye quand il vient recevoir les déclarations des usagers.  Les chanoines fournissent les matériaux nécessaires pour la construction. Souhaitant un retour sur leur investissement et soutenus par l’abbé Jacques Adhémar de Grignan, ils obtiennent du grand conseil, le 21 février 1664, le retour de l’Ardoisière dans les propriétés de l’Abbaye. Les frères de La Lande ont entre temps vendu la bâtisse à un dénommé Thomas qui se voit dépossédé. L’Abbé cède finalement l’Ardoisière et la Thiellerie au petit couvent, c’est-à-dire aux propriétés des chanoines de l’abbaye.

En 1703, la propriété est décrite comme une petite closerie située toute seule le long de la Loire, proche du port où l’on décharge les marchandises. La longère au toit d’ardoise est composée d’une longère avec deux chambres dont l’une dispose d’une cheminée, d’une étable, d’une écurie et d’une porcherie couverte également d’ardoises.  

L’Ardoiserie est démolie au milieu du XVIIIème siècle pour construire une écurie et une grange. En 1767, la closerie a été entièrement reconstruite à neuf et déplacée. Le bâtiment compte désormais trois chambres, avec grenier, une écurie et une étable. L’ancienne closerie est désormais en ruine. La propriété compte 4,3 hectares de prés, 14,6 hectares de terres labourables et 1,2 hectare de plantation d’osier.

acte de vente de la thiellerie en 1791

Acte de vente de la Thiellerie en 1791 (ADML)

Les propriétaires de la Thiellerie

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

  • Veuve Juret : bail du 23 novembre 1741.
  • Charles Cady : bail du 4 décembre 1758, renouvelé en 1767 puis le 28 novembre 1773.
  •  Pierre Gourdon : le 13 avril 1791

En 1791, suite à la Révolution, la closerie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue le 13 avril 1791 aux enchères au prix de départ de 31 000 livres. Pierre Gourdon, aubergiste devenu greffier du juge de paix, en propose 34 000 livres. Le sieur Lechalat surenchérit à 37 000 livres suvi par le sieur Parisot qui en offre 40 000 livres. Pierre Gourdon augmente son offre à 42 800 livres. Mais le sieur Mabille en propose 45 000 livres, puis le sieur Richoux surenchérit à 46 100 livres. C’est finalement Pierre Gourdon qui achète la closerie pour 46 200 livres. La somme est importante et montre tout l’intérêt de la propriété qui a récemment été reconstruite et est dans un bon état contrairement aux autres métairies de l’abbaye qui souffrent d’un cruel manque d’entretien.

Sources :

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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La Palatrie

La Palatrie

Temporel de l'abbaye

la palatrie en 2007

La palatrie en 2007

Cette métairie est située aujourd’hui sur la paroisse de Saint Germain des Prés.. Elle fait partie d’un domaine ou existait plusieurs maisons. Elle faisait partie du temporel de l’abbaye. Elle fut en effet offerte aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des cinq métairies données par la famille de Brie, propriétaire du château de Serrant, à qui elles appartenaient. Son nom provient du latin palus, palissade naturelle ou artificielle.

La métairie est constituée d’une chambre basses avec cheminée et four et grenier au-dessus. Deux étables, l’une pour les vaches, l’autre pour les boeufs, une grange et une porcherie compose les équipements. La propriété est entourée de 3 hectares de prés et de 22 hectares de terres labourables.

Dès le XVIIème siècle la métairie est considérée dans un très mauvaise état. En 1733, elle fait l’objet d’une expertise comme les autres métairies, à l’occasion de la succession de l’abbé Jean-Louis Caton de Cour. Des travaux de rénovation sont nécessaires : le four et la cheminée doivent être complètement reconstruits. Des travaux de maçonnerie et sur la charpente sont à réaliser pour consolider l’édifice. Les portes de l’étable à vaches et de la porcherie doivent être remplacées. La couverture et certains murs de l’étable sont en ruine. Le montant des réparations s’élèvent à 141 livres. En 1747, ces travaux ne semblent pas avoir encore été réalisés et il faudra maintenant débourser 381 livres pour restaurer la ferme.

acte de vente de la palatrie en 1791

Acte de vente du Petit Vaurichard en 1795 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

            16 juin 1733, bail de François Valleuse.

            4 décembre 1741, bail de François Lhermite (130 livres)

            15 mars 1756, bail de Marguerite Brossais veuve Lhermite (136 livres)

            12 novembre 1766, bail de René Bellouin.

            19 février 1776, bail de François et René Reuillier ;

            2 août 1776, bail de René Reuillier

            22 février 1791, Joseph Legendre.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue le 22 février 1791 aux enchères au prix de départ de 8 000 livres. Le sieur Lechalat en propose 9 000 livres suivi par Julien Heuretlou, fils de Julien Heurtelou, qui surenchérit à 10 300 livres. Le sieur Parisot fait une proposition à 12 700 livres mais Heurtelou suit à 13 300 livres. Parisot augmente son offre à 13 500 livres mais c’est finalement Julien Heurtelou qui achète la métairie à 13 600 livres. A la même période, ses tantes  achètent également le Grand Faiteau et le Petit Faiteau ainsi que la  la Bouvière, le Grand Soucy et le Petit Soucy mais également les Petites Touches et l’étang de Dauphin au nord du village.  Avec l’achat de ces terres qui entourent le château de la Bénaudière, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le Petit Vaurichard

Le Petit Vaurichard

Temporel de l'abbaye

ruines de la métairie du petit vaurichard

Ruines du Petit Vaurichard en 2006

plan du petit vaurichard en 1786

Situation du Petit Vaurichard en 1786

Cette métairie est située aujourd’hui sur la commune de La-Possonnière et donc auparavant sur la paroisse de Savennières. Elle fait partie d’un domaine ou existait plusieurs maisons. Elle faisait partie du temporel de l’abbaye. Elle fut en effet offerte aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des cinq métairies données par la famille de Brie, propriétaire du château de Serrant, à qui elles appartenaient. Son nom signifie sans doute petite vallée au sieur Richard.

Cette métairie était propriété de l’abbé et relevait de Serrant. En 1513 et 1514, l’abbé et les religieux enrichirent la métairie de terres et de prés. Le 10 février 1588, en vue de son aliénation, la métairie est estimée. Le retrait se fera officiellement en 1703 et passera définitivement en la propriété du petit couvent, c’est-à-dire dans le revenu des moines.

La métairie comporte un logement avec deux chambres basses dont l’une est équipée d’une cheminée et d’un four, avec un grenier au-dessus. Deux étables, l’une pour les vaches, l’autre pour les boeufs et une grange et une porcherie compose les équipements. La propriété est entourée de 3,3 hectares de prés, de 17,4 hectares de terres labourables et d’une vignes de 0,11 hectares sur le chemin de la Loge à la Leu.

Ces bâtiments n’existent plus.

acte de vente du petit vaurichard en 1795

Acte de vente du Petit Vaurichard en 1795 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

                        P.Lory             3 mars 1742

                        P.Lory             15 décembre 1759

                        P.Lory             30 may 1770

                        P.Lory             21 novembre 1776

                        J.Vaillant        6 février 1785.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue le 25 juin 1795 au prix de départ de 13 400 livres à Pierre Jacques Lizambert.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le Papegault

Le Papegault

Temporel de l'abbaye

la métairie de la papegault

Le Papegault en 2002

plan du papegault en 1786

Situation du Papegault en 1786

Cette curieuse bâtisse était située sur la paroisse de Savennières et aujourd’hui, sur la commune de la Possonnière. Son nom est tout un programme, puisque le Papegault était un tournoi de tir à l’arc sur un oiseau bariolé perché au haut d’un mat, et appelé le papegault. Ce nom provient du mot perroquet, papagayo en espagnol, papagallo en italien. Sur la façade nord du bâtiment, il y a encore des meurtrières pour le tir à l’arc  Elle faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des cinq métairies données par la famille de Brie, propriétaire du château de Serrant, à qui elles appartenaient.  Cette métairie était voisine de celle de la Richeraie dont le nom fait aussi référence au tir à l’arc.

En 1720, la propriété comporte la maison principale, une closerie, une chapelle et de nombreuses dépendances, pressoir, celliers, granges, plusieurs masures, un clos de vignes entouré de murs..Le logement aurait été occupé par des religieuses. L’ensemble est considéré dans un mauvais état nécessitant des réparations lourdes. L’acte de vente à la Révolution en 1791, nous offre une description plus détaillée : le corps principal est constitué de deux chambres dont l’une est équipée d’une cheminé et d’un four et d’une étable, avec un grenier sur l’ensemble du bâtiment. Derrière le logement, se trouvent le pressoir et un cellier. L’escalier extérieur mène à deux chambres au premier étage, situées au dessus du cellier, dont l’une est pourvue d’une cheminée. Dans la cour, on trouve une porcherie, des enclos murés. La propriété est entourée de 2 hectares de prés, 10 hectares de terres labourables et de 4 hectares de vignes.

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court.De lourds travaux sont à prévoir : les portes, les marches, les murs , le carrelage, les volets, les planchers, les cheminées, les latrines… la liste des éléments à rénover dans le logement est longue. Dans le pressoir, le fût est bon à remplacer, comme les fenêtres. La charpente et la couverture sont aussi à rénover. La grange et la chapelle tombent en ruine. La vigne est envahie par les ronces et il est nécessaire de replanter. Les murs qui protégeaient la vigne ont disparu sous les épines. Le montant des travaux est estimé à 2 716 livres ! En 1747, une nouvelle expertise a lieu : les travaux n’ont pas été réalisés, les réparations sont estimés pour un montant de 4 898 livres.

acte de vente du papegault

Acte de vente du Papegault en 1791 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

           1732, le sieur Bouche pour 15 livres

           4 décembre 1743, bail à René Bessonneau.

            27 mai 1747, bail à Joseph Bouin.

            16 février 1765, bail à Joseph Boivin.

            8 juillet 1767, bail à Joseph Boivin.

            2 janvier 1768, bail à J.Besson.

            3 mai 1784, bail à Pierre Boisnault.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères  le 3 novembre 1791 au prix de départ de 8 465  livres. La mpropriétée est achetée pour 8 800 livres par Moreau et Loisillon qui acquièrent également la métairie voisine de la Richeraie.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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La Richeraie

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La Richeraie en 2006

plan de la richeraie en 1786

Situation de la Richeraie en 1786

Cette métairie était située à l’origine sur la paroisse de Savennières. Elle est aujourd’hui à l’ouest de la commune de la Possonnière. Elle faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des cinq métairies données par la famille de Brie, propriétaire du château de Serrant, à qui elles appartenaient. La propriété était nominative, cela signifie que chaque nouvel abbé devait racheter les droits sur la propriété à Serrant. Cette métairie a eu plusieurs noms : Montigné, L’Archeraie, la Richeraie. Voisine du lieu du Papegault, dont le nom fait aussi référence au tir à l’arc, elle était sans doute un terrain d’entraînement ou de tournoi des archers.

La ferme se composait en 1791 d’un bâtiment avec une chambre  avec cheminée au dessus de laquelle se trouve un grenier, d’une étable à bestiaux, une grange et une soue à cochons. Elle possède un petit pré, 1,3 hectares de vignes et 7 hectares de terres labourables. La ferme était située non-loin de l’étang de Grouteau sur lequel se trouvait un moulin à eau rattaché à la métairie, cité dans les échanges entre Auger de Brie, abbé de Saint Georges et Gilles de Brie, seigneur de Serrant en 1459

En 1720, elle fait l’objet d’une visite alors qu’elle nécessite déjà de nombreuses réparations.

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court. Dans le logement, de lourds travaux de maçonnerie sont à réaliser notamment sur les pignons et le conduit de cheminée. La maison est envahit par le lierre et n’a plus de portes. Surtout la charpente et la couverture d’ardoise sont entièrement à refaire. La porcherie et le poulailler doivent être restaurés. La vigne est dans un pauvre état et doit être replantée. La facture est importante : 1221 livres.

En 1747, une nouvelle expertise a lieu : la charpente n’a pas été réparée mais le montant des réparations est revu à la baisse : 838 livres. Peut-être que quelques travaux ont été réalisés.

acte de vente de la richeraie en 1791

Acte de vente de la Richeraie en 1791 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

           1732 : Bonrallard pour 70 livres par an

             22 avril 1734, bail à René Bonnalet.

            18 décembre 1741, bail à René Bonnalet.

            4 janvier 1756, bail à Julien Lory.

            8 juillet 1767, bail à Julien Lory.

            10 janvier 1768, bail à J.Motte.

            3 mai 1784, bail à Pierre Boisnault.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères  le 3 novembre 1791 au prix de départ de 5 520 livres. La métairie est achetée pour 8 100 livres par Moreau et Loisillon qui acquièrent également le domaine voisin du Papegault.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

Notice historique sur l’abbaye de Saint Georges, Lemesles