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La Bouvière

La Bouvière

Temporel de l'abbaye

La bouvière en 2006

La Bouvière en 2006

plan de la bouvière au XVIIème

situation de la Bouvière en 1746

Cette métairie située au nord de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Son nom provient du mot bœuf. Etait-ce un élevage de bœufs, le domicile d’un bouvier ? Toutes les hypothèses sont plausibles.

Une expertise daté de 1747 et l’acte de vente de 1791, donnent la description suivante de la métairie. Un premier bâtiment est constitué d’une étable et de deux chambres dont l’une possède une cheminée et un four et l’autre est séparée en deux par une cloison de colombage. Un second bâtiment comprend l’écurie, une grange et l’étable pour les vaches. Un enclos est installé dans la cour. 11 hectares de prés et 40 hectares de terres labourables sont rattachés à la ferme. La métairie est louée pour 400 livres par an.

La métairie est citée régulièrement dans les possessions de l’abbaye à partir de 1446. A partir du XVIIème siècle, la métairie semble faire l’objet de nombreux travaux successifs. Une expertise datée de 1684 indique que la porte du logement est dans un très mauvaise état, que l’étable est ruinée et que la soue à porc est détruite. L’état général ne semble guère s’améliorer dans les années suivantes : en 1720, il faut changer la porte d’entrée et en réparer une autre, installer des poteaux pour soutenir les poutres de la charpente, refaire la maçonnerie du puits ainsi que les portes de l’enclos à cochon.

En 1733, à la succession de l’abbé Jean-Louis Caton de Court, un nouvel audit est réalisé.  Sur le premier bâtiment, des travaux de maçonnerie sont à prévoir sur les murs, les pas de portes, la cheminée mais surtout sur le pignon de l’étable. Le deuxième bâtiment semble en bien piteux état : des travaux sur la charpente, la couverture, les enduits et les murs deviennent indispensables. L’enclos à cochon nécessite aussi de l’entretien. L’artisan estime les réparations pour un montant de 636 livres. Les travaux ne seront pas réalisés si bien en 1747, une nouvelle estimation fait monter la facture à 763 livres !

acte de vente de la bouvière et du petit soucy en 1791

Acte de vente de la Bouvière en 1791

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

            René Basantais 24 juillet 1688

            Pierre Roynard bail du 22 novembre 1734 qui loue également la closerie du Petit Soucy

            Marguerite Boisnault bail du 4 décembre 1741

            Jean Guittonneau bail du 9 décembre 1744, puis du 3 janvier 1756 et le 9 décembre 1758

            Thomas Verdun bail du 1er juin 1767

            Jean Legendre bail du 2 novembre 1770

            Anne Souchet bail du 19 février 1776

            Pierre Jarry bail du 1er Août 1784 puis  le 23 février 1791.

En mars 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères avec la closerie du Petit Soucy et le bois de Gobidé (ou Gobidet) d’une surface de 2 hectares, le 20 février 1791 au prix de départ de 24 600 livres. La métairie est d’abord adjugée provisoirement au sieur Brist pour 36 000 livres. Mais le lendemain, les demoiselles Heurtelou surenchérissent en proposant 37 000 livres. La métairie est vendue finalement à Magdeleine et Geneviève Heurtelou le 23 février. Leur sœur Marie Anne acquiert à la même période la métairie du Grand Faiteau. Elles achètent également le Petit Faiteau ainsi que la Palatrie, le Grand Soucy, le Petit Soucy ou encore les Petites touches et l’étang de Dauphin au sud du village. Ces  femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le petit Bâtonnet

Le petit Bâtonnet

Temporel de l'abbaye

métairie du petit batonnet en 2006

Le petit Batônnet en 2006

plan du petit batonnet en 1746

situation du petit Batônnet en 1746

Cette métairie située au nord-est de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Son nom provient du mot bâton, signe de commandement. On peut supposer que l’un de ses propriétaires ou locataires devait avoir une responsabilité importante dans la paroisse. On parle du Petit Batônnet car il existe aussi dans le village un Grand Batônnet, propriété de la Baronnie de Bécon.

La métairie est citée régulièrement dans les possessions de l’abbaye à partir de 1446. En 1671, sa rente est estimée à 140 livres par an. Elle semble avoir été bien entretenue car elle est considérée en bon état en 1684 comme en 1720. Mais en 1733 de lourds travaux sont à prévoir. Une expertise en donne une description détaillée.

« Le lieu est composé d’une chambre manable (c’est-à-dire d’habitation par opposition à une pièce à usage de grange ou d’écurie) à cheminée et four antichambre et étable au bout, grenier sur ladite chambre et antichambre »

Des travaux sont à prévoir :

 » Il faut refaire la voute du four de trois pieds de diamètre avec brique et mortier de terre ce faisant sera refait sur le manteau de la cheminée un pied carré de bricage avec chaux et sable.(…) Il faut refaire autour des murs, en dedans de ladite chambre deux toises d’enduit avec chaux et sable. (…)Au plancher, refaire deux toises de terrasse avec sa couette et pavée par dessous en place de celle qui est corrompue. (…) A la porte de ladite antichambre, sera mis un verouil avec ses anneaux et un crochet avec un piton en place de ceux qui manquent. »

Les jambages, c’est-à-dire les pierres qui soutiennent les murs ou les poutres, sont aussi à reprendre au niveau des portes et des murs de l’étable qui semble en piteux état tout comme la porcherie et les 1200 mètres de clôtures ! Le montant estimé des réparations est de 156 livres !

acte de vente du petit batonnet en 1791

Acte de vente du Petit Batonnet en 1791

Les travaux n’ont pas été réalisés si bien qu’en 1747, une seconde expertise estime cette fois-ci le montant des travaux à 271 livres.

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

            16 juin 1733                 Jean Rousseau            

            18 décembre 1741      Pierre Foucher           

            22 janvier 1756          Charles Dupont          

            10 novembre 1766     Charles Dupont          

            21 octobre 1771          Julien Raimbault        

            27 février 1783           Etienne Chauvat        

            10 février 1789           Jean Guyais              

             17 mai 1791                 René Gillot

En mars 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères par le notaire Jean Jacques Greneront Ternant qui deviendra maire quelques semaines plus tard. La mise à prix est de 8 000 livres. Pierre Gourdon, ancien aubergiste, devenu secrétaire greffier de la justice de paix qui achètera une partie de la maison conventuelle de l’abbaye, enchérit à 10 000 livres, suivi par Besnard à 12 000 et Bodineau à 13 000. C’est finalement Joseph Ravain, chirurgien de Bécon qui achète la propriété pour 14 000 livres, très au-dessus de son prix de départ. La propriété se compose alors de deux chambres basses avec grenier de deux étables (une pour les boeufs et l’autre pour les vaches), d’un toit à porc, de deux petits jardins, de près de 24 hectares de terres labourables et de 4 hectares de prés. Joseph-Pierre Ravain est devenu propriétaire des Foresteries, un domaine situé sur la commune du Louroux Béconnais, suite à son mariage. Il y est assassiné le 3 floréal de l’an II, soit le 22 avril 1794. Ce soir-là, trois meurtres sont commis dans les métairies voisines des Forestries et de la Confoirdière. Etienne-Philippe Casternault, officier municipal, Joseph Philippeaux, son domestique et Joseph Ravain, maître en chirurgie, ancien député de la paroisse de Bécon aux états généraux de 1789, sont exécutés brutalement. Durant la nuit, soixante combattants de l’armée vendéenne pénètrent dans la maison de Casternault par une fenêtre. Alors que sa fille tente de s’interposer en se jetant dans ses bras, l’officier est frappé d’un coup de baïonnette au visage. Tombant au sol dans les bras de sa fille, l’homme est abattu de deux coups de fusils. L’escadron se rend ensuite chez Ravain, lui ordonne de s’habiller avant de lui lier les mains et de le fusiller.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

Un canton de l’Anjou sous la terreur et durant la guerre de la chouannerie, Hippolyte Sauvage, 1873, p142

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine et Loire, Célestin Port

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Pierre et Jean Michel Baraudrie

Pierre Baraudrie ou Barauderie

1644-1729

signature de pierre baraudrie

Signature de Pierre Baraudrie

maitre autel de la chapelle Notre dame d'Abrissel

maitre autel de la chapelle Notre dame d’Abrissel réalisé par Pierre Baraudrie

Pierre Baraudrie naît le 1er septembre 1644 à Poitiers sur la paroisse de Sainte Radégonde. Ses parents sont Michel Baraudrie, maçon et Jeanne Escarlatte ou L’Escarlette qui s’étaient mariés le 2 novembre 1643. Ayant perdu sa femme, Michel se remarie le 17 février 1664 avec Marguerite Bonnet avec qui il a trois enfants : des jumeaux nés le 7 août 1665, Pierre qui aura pour parrain son frère aîné, et Renée, petite fille décédée le 8 octobre 1702, suivis de Radegonde-Françoise, baptisée le 30 août 1671. Michel décède le 16 avril 1693.

Pierre Baraudrie arrive à Angers en 1666 et emménage dans la paroisse de la Trinité où se trouvent à l’époque de nombreux ateliers d’artiste. Il travaille sous la direction du célèbre sculpteur Pierre Biardeau aux côtés duquel il apprend l’art de la décoration. Ce-dernier, né au Mans en 1608 d’un père, René, sculpteur, s’est formé à Laval alors célèbre école de retables. Contrairement à son frère René (II) également sculpteur qui a repris l’atelier paternel au Mans, Pierre Biardeau a installé son atelier à Angers dans les années 1630, réalisant les statues et les retables de nombreux bâtiments religieux : l’autel du prieuré de Breuil Bellay, le retable de la chapelle des Calvairiennes de Mayenne, la statue de la Vierge de la cathédrale de Poitiers, le gisant de Robert d’Abrissel à l’abbaye de Fontevraud… Ses travaux pour le couvent des Augustins d’Angers lui ont ouvert les portes de cet ordre : ses œuvres ornent les couvents de la Rochelle, Montmorillon et même de Paris. L’artiste bénéficie d’une célébrité grandissante et fait fortune mais l’homme, de nature charitable, a la réputation de partager ses bénéfices avec les plus pauvres. L’influence de Biardeau, qui réintroduit la mode des statues peintes, est telle que sa présence à Angers est à l’origine de l’émergence d’un véritable foyer artistique qui entre en concurrence avec les ateliers de modelage du Mans. Pierre Baraudrie effectue donc son apprentissage auprès d’un maître influent, poursuivant son œuvre. Mais si le sculpteur inscrit son art dans le style de Biardeau, il développe un goût pour une décoration encore plus foisonnante. Baraudrie prendra toutes les qualités de son maître mais proposera des compositions plus soignées et offrira à ses visages des traits moins figés.

En 1670, Pierre Baraudrie réalise le maître autel et les deux autels collatéraux de l’église Saint Samson d’Angers – aujourd’hui, une remise dans le jardin des plantes – commandés par le curé, Jean Hubert. A la mort de son maître en 1671, il achève le grand autel de la chapelle des Pères Augustins près de l’abbaye du Ronceray dans la Doutre. Si le travail manque encore de précision, l’élève est bien en train de suivre les pas de son maître. Pour preuve, en 1674, Pierre Baraudrie récupère la commande de la décoration du maître-autel de la collégiale Saint-Maimboeuf à Angers – détruite en 1721 lors de la création de la place du Ralliement – initialement passée à François Beauvarlet, sculpteur angevin déjà bien installé mais avec qui le chapitre n’a pu s’entendre. Aujourd’hui disparus, les deux bas-reliefs réalisés pour 86 livres représentent Jésus au jardin des oliviers et l’Ascension sur un support « blanc façon de marbre », auxquels s’ajoute une Vierge tenant le petit Jésus « sur ses bras ». Ces premières réalisations du sculpteur vont asseoir la renommée du sculpteur qui ne fera que grandir dans les années qui suivront.

Le 18 septembre 1672, il épouse Louise Toublanc, fille du notaire du château de Serrant. Leur premier fils Jean-Michel naît le 27 avril 1674 à Angers. Le couple s’installe à Saint Georges sur Loire où ils ont six autres enfants : Jean en octobre 1676 et mort l’année suivante le 27 mai, Olivier-Pierre né le 14 avril 1680, Catherine le 1er mars 1682 et décédée à Saint Georges le 29 janvier 1683, Barbe-Louise née le 10 décembre 1683, Marie-Louise née en 1685 et décédée à trois mois, et Renée-Louise le 9 décembre 1686. Devenu veuf suite au décès de Louise vers 1690, Pierre se remarie le 3 juin 1694 à Angers avec Marie Deslandes, fille de Nicolas Deslandes, greffier au présidial d’Angers. Ils ont un fils, Pierre, né le 20 septembre 1695.

extrait de registre pour le mariage de Pierre Baraudrie et Louise Toublanc

Registre de l’église de la Trinité d’Angers, mariage de Pierre Baraudrie et Louise Toublanc, le 18 septembre 1672 (ADML)

maitre autel de l'église saint bomier de fontaine couverte

Maitre-autel de l’église saint Bomier de Fontaine Couverte réalisé par Pierre Baraudrie

autel de l'église Saint Bomier de Fontaine Couverte

Autel de l’église Saint Bomier de Fontaine Couverte, réalisé par Pierre Baraudrie

Le 22 octobre 1694, Pierre Baraudrie reçoit la commande du prieur Guy Doublard de l’église Saint Bomier de Fontaine-Couverte dépendant de l’abbaye de la Röe en Mayenne pour l’autel et le retable pour un montant de 1000 francs. L’ouvrage est en tuffeau enrichi de marbre rouge de Laval pour les colonnes et le tabernacle. Pour le bas-relief présentant l’adoration des bergers sculpté pendant l’hiver, Pierre Barauderie utilise les paysans locaux comme modèle. Le retable, encore visible aujourd’hui, fera l’objet de nombreux ajouts de dorures et de décoration au XIXème siècle. Les bas-reliefs mêlant tuffeau et terre cuite représentent la nativité, l’ensevelissement de la Vierge, sur l’autel méridional et la mise au tombeau et la crucifixion, sur le maître-autel. Les hauts-reliefs représentant Saint Jeanne de Chantal et Saint François de Sales. Enfin, quatre statues de tuffeau sculpté de la Vierge à l’enfant, de Saint Julien, d’un évêque et de Saint Sébastien viennent compléter le retable. En 1715, Henri Hanuche, marbrier de Sablé ayant travaillé sur la marbrerie du château de Versailles, réalise un retable sur le même modèle dans l’église de Saint Caradec dans les Côtes d’Armor, rattachée également à l’abbaye de la Röe.

Quelques années plus tard, Pierre Baraudrie réalise le maitre-autel de la chapelle des Ursulines d’Angers, située derrière l’actuel hôtel de ville ainsi que le cénotaphe de Guillaume Lanier, fondateur de l’église des Ursulines, commandé par sa femme Lucrèce Louet et orné du portrait de ce dernier par Charles Lagoux, aujourd’hui disparu. L’œuvre de Baraudrie sera vendue à la Daguenière où il se trouve encore, à la Révolution alors que la chapelle devient un magasin. Dans l’église Notre Dame de l’Assomption à Arbrissel en Ile-et-Vilaine, il réalise un retable à la forme originale, conçue pour lui donner un parti-pris vertical évident. Deux puissantes colonnes roses et noires bordent un cadre à moulure ornée de motifs végétaux, dans lequel figure une Assomption sculptée en ronde-bosse. Au sommet, repose un grand vase de fleurs d’où retombe guirlandes, draperies et palmes, renforçant la forte verticalité voulue par le sculpteur. Le sculpteur réalise également le maître-autel, le retable et deux statues dans l’église Saint Pierre de Bouchamps-lès-Craon en 1702 ou encore pour les églises de Faye et d’Alençon.

Au début du XVIIIème siècle, le sculpteur est au fait de sa gloire. Pierre Barauderie bénéficie de la reconnaissance des autres maîtres-maçons angevins qui lui demandent régulièrement, à lui ou à sa famille, de parrainer leurs enfants : Pierre est ainsi le parrain de Marie, la fille de Bénigne Mouillet, tailleur de pierre, sa femme, la marraine de Paul, le fils de Macé Gaultier, savant-maçon et son fils aîné Jean-Michel est parrain de François Lointier, fils de Noël Lointier, architecte.

 

statue d'un évêque dans l'église Saint Bomier de Fontaine Couverte

statue d’un évêque dans l’église Saint Bomier de Fontaine Couverte, réalisée par Pierre Baraudrie

cenotaphe de guillaume lanier dans la chapelle des ursulines à Angers

Cénotaphe de Guillaume Lanier dans la chapelle des Ursulines à Angers, réalisé par Pierre Baraudrie

En 1700, Guillaume III Bautru l’engage avec l’architecte angevin Noël Lointier pour « construite l’allongement de l’aile droite avec les mêmes architectures et ornements par dehors que ceux qui sont à l’autre aile et dans le dit allongement de faire une chapelle» dans son château de Serrant. Le monument est pris d’une fièvre de construction depuis son rachat en 1636 par son père Guillaume II Bautru. Sébastien Simmoneau, maître-maçon originaire du Poitou et installé comme Pierre Baraudrie à Saint Georges sur Loire, travaille également sur le chantier, chargé de donner un pendant au pavillon de gauche et d’élever « le mur de clôture de l’un à l’autre des dits pavillons et [d’ouvrir] un portail au milieu du dit mur ». Ce dernier réalise également la maison conventuelle et le nouveau logis abbatial de Saint Georges sur Loire dans la même période.

De 1705 à 1713, la mairie d’Angers l’emploie pour de nombreux travaux d’ornementation comme les armoiries de la ville et du maire François Jourdan en 1707.  Âgé de plus de 70 ans, Pierre Baraudrie sculpte toujours mais les commandes deviennent plus rares : l’engouement pour les statues peintes commence à passer. Quant son maître Biardeau finit sa vie fortuné, Pierre Baraudrie connaît des derniers jours difficiles financièrement.

Pierre meurt le 2 avril 1729 à Angers, âgé de 86 ans et est inhumé au cimetière de la Trinité. Marie Deslandes décède le 30 décembre 1732.

Maître-autel de l'église Saint Pierre de Bouchamps-lès-Craon, attribué à Pierre Baraudrie

Maître-autel de l’église Saint Pierre de Bouchamps-lès-Craon, attribué à Pierre Baraudrie

acte de mariage de Jean Michel Baraudrie

Acte de mariage de Jean-Michel Baraudrie et Renée Guignard le 3 septembre 1704 à l’église Saint Martin d’Angers (ADML)

Son fils, Jean-Michel, poursuit l’œuvre de son père en devenant lui-même sculpteur, se formant vraisemblablement auprès de son père, signant son premier contrat à l’âge de 14 ans. Il va très probablement travailler sur le chantier du château de Serrant et de l’abbaye. Il est difficile de différencier l’oeuvre du père et du fils, les deux travaillant conjointement. Jean-Michel Baraudrie a très certainement contribué aux oeuvres attribuées à son père à compter des années 1690.

Il se marie avec Renée-Louise Guignard le 3 septembre 1704 à l’église Saint Martin d’Angers. Le couple est installé à la Villette à Saint Georges sur Loire. Ils ont quatre enfants nés à Saint Georges : Marie née en 1705 et décédée en 1709, Charlotte née en 1706, Renée née en 1708, Pierre-Jean né en 1710 qui deviendra laboureur à la Villette puis meunier. Jean-Michel se remarie le 24 août 1711 à la Trinité à Angers avec Marie-Anne Suzanne. Le couple à trois enfants nés à Saint Georges sur Loire : René en 1725, Marie-Thérèse née en 1727 et morte en 1729 et René. Ce-dernier naît le 3 janvier 1729, quatre mois après le décès de son père sur un chantier de l’autel de l’église de Vern d’Anjou détruite en 1875. L’enfant décède en septembre.

Sources :

Bulletin historique et monumental de l’Anjou, Aimé de Soland, 1868-1869, p171-172

Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest et des musées de Poitiers, Volume 16

Dictionnaire des Sculpteurs sous Louis XIV, Lami

Revue des sociétés savantes, 1873, 1ere partie : Célestin Port, Artistes angevins

Mairie d’Angers registre du 30 janvier 1703 au 30 avril 1703

Congrès archéologique de France, Le château de Serrant par Jean-Marie Perouse de Montclos, p.332 à 351

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l’ancienne province d’Anjou, Célestin Port.

https://sculpturesdumaine.culture.gouv.fr/fr/latelier-des-biardeau

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Edouard Vannier

Edouard Vannier

1869-1943

portrait d'Edouard Vannier

Edouard Vannier

Edouard Vannier et ses fils, pierre et jean lors de la première guerre mondiale

Edouard Vannier et ses fils, Pierre et Jean, lors de la première guerre mondiale

Edouard VANNIER naît le 20 juillet 1869 à Marigné Peuton en Mayenne. Son père Jean Baptiste Vannier, né à Laval en 1848, est Inspecteur de l’Instruction publique et sa mère Agathe Jouin est née également à Marigné Peuton.

Le jeune Edouard vit avec sa famille à Angers, au 38 rue du Petit Thouars, avant de partir à Paris pour faire des études de médecine. Il effectue son service militaire à Angers du 11 novembre 1890 au 23 septembre 1891, recevant un certificat de bonne conduite. Il accomplit une période d’exercices dans le 135ème régiment d’infanterie du 27 août au 23 septembre 1894 avant d’être dispensé en tant qu’étudiant en médecine.

Il soutient sa thèse de médecine en 1895 avec pour sujet l’amyotrophie Charcot-Marie chez l’adulte. Il s’installe comme médecin à Saint Georges sur Loire et se marie, le 2 septembre 1895, avec Marie-Thérèse Leroy, née en 1872 à Montsoreau. Le couple reste pendant cinq ans à Saint Georges sur Loire où ils vont avoir trois enfants : Jean, né en 1896, Maurice né en 1897 et Edouard Léon, dit Pierre, né en en 1899. La famille quitte Saint Georges sur Loire en 1900 pour emménager à Rouen, au 9 rue Jeanne d’Arc. Ils ont là-bas, trois autres enfants : Marguerite, née en 1901, Suzanne, née en 1903 et Henri Joseph, né en 1905. Maurice décède en 1911 à l’âge de 14 ans.

L’été 1905, Edouard Vannier réalise un stage sans solde dans le 74ème régiment d’infanterie. Quand la première guerre mondiale éclate, il s’engage. Le 16 octobre 1916, il est affecté à sa demande à un groupe d’artillerie lourde comme médecin-major puis comme médecin-chef au dépôt du 24ème régiment d’infanterie puis du 74ème régiment. En 1917, Edouard Vannier est distingué de la croix de guerre avec étoile de vermeil et inscrit au tableau de la légion d’honneur. Le médecin, âgé de 48 ans, qui assure un important service de santé au sein de son groupe, a porté secours à un groupe voisin soumis à un violent bombardement, pour y donner des soins aux blessés, après que le médecin-major de ce groupe a été atteint mortellement.

A l’armistice, Edouard Vannier reprend ses activités à Rouen. Il exerce jusqu’en 1937 ; atteint du mal qui devait l’emporter, il se retire dans son manoir de Canteleu près de Rouen. En 1939, suite à la mobilisation, son village n’a plus de médecin : Edouard Vannier reprend son activité, jusqu’en 1942. Il décède le 23 novembre 1943.

Le docteur Vannier a laissé peu de traces à Saint Georges : quelques articles du Petit Courrier rapportent ses interventions. Le 16 janvier 1896, il prodigue des soins à une malheureuse que son mari, Etienne Vincent, journalier au château de Serrant, retrouve, après sa journée de travail, étendue sur le sol de sa cuisine, gravement brûlée. La femme succombe de ses blessures dans la nuit. Le 10 août de la même année, il est appelé au lieu-dit « La pierre de Boyau ». On y a trouvé un noyé. Le docteur Vannier constate le décès et fait remonter la mort à 48 heures. Le 23 mai 1897, il se rend chez Pierre Bretault, conseiller municipal, résidant au Port Girault. Ce dernier a fait transporter chez lui, le corps inanimé d’un inconnu retrouvé sur la chaussée. Le docteur Vannier constate la mort de l’étranger due à une congestion occasionnée par le froid. Le gendarme également présent fouille le cadavre : il s’agit d’un journalier, sans domicile fixe nommé Joseph Morice, âgé de 57 ans et né à Saint Vincent dans le Morbihan. L’homme est aussitôt inhumé. Ce type de décès ne semble pas rare. Le 28 mars 1898, Edouard Vannier constate le décès d’Auguste Verger, un maçon de 54 ans, mort également de froid. L’homme avait été vu ivre la veille au soir, déambulant dans les rues du village. Le 17 mai 1898, le docteur Vannier est appelé en urgence à Plaisance : il ne peut réanimer la petite Jeanne-Marie-Louis Bénion, 8 ans, qui s’est noyée dans la mare de la ferme de ses parents.

portrait d'Agathe Jouin, mère de Edouard Vannier

Agathe Jouin, mère d’Edouard Vannier

Paul Chiron

Léon Vannier

Dans le secteur du soin, le nom de Vannier est connu pour être associé aux premiers pas de l’homéopathie en France. Edouard Vannier et surtout son frère, Léon, ainsi que ses fils, Pierre et Henri, seront les pionniers et les diffuseurs de cette pratique. Depuis le début du XIXème, des écrits décrivent de nouvelles méthodes de soins, en rupture avec les saignements et autres lavements. Samuel Hahnemann, médecin de Saxe, affirme ainsi à partir de 1796 que la prescription d’une substance, faiblement dosée, peut soigner une maladie dont les symptômes sont identiques à ceux que produirait la dite substance à forte dose. C’est la naissance de « l’homœopathie », l’art de soigner par « le même ».

Dans la première moitié du XIXème siècle, des médecins français se déclarent homéopathes. Edouard Vannier est ainsi le disciple de Pierre Jousset. Ce médecin originaire de Nantes a découvert l’homéopathie durant ses études à Paris aux côtés de Jean-Paul Tessier, médecin des hôpitaux parisiens. Dès 1830, ils vont tous les deux pratiquer une démarche thérapeutique mixte, alliant homéopathie et médecine conventionnelle, chaque fois que cela leur parait indispensable. Rejetée par les médecins conventionnels, cette démarche provoque également un schisme chez les premiers homéopathes, les disciples de Hahnemann critiquant cette manière de procéder.

Edouard initie à l’homéopathie, son frère Léon qui fait ses études de médecine à la faculté de Paris. Ils réunissent bientôt autour d’eux un cercle de jeunes médecins, sensibles à ces idées : Charles Mondain, originaire de Rochefort, Paul Chiron, venant de Chemillé, Henry Naveau d’Angers ou encore René Baudry, camarade de classe de Léon.

Avec les découvertes de Louis Pasteur notamment son vaccin contre la rage, la scission au sein des homéopathes va encore s’accentuer. Les frères Vannier et leurs amis vont œuvrer pour intégrer les nouvelles découvertes scientifiques à la pensée homéopathique et diffuser leurs idées dans toute la France. Alors qu’Edouard Vannier s’installe à Rouen, son frère et Paul Chiron ouvrent leurs cabinets à Paris. Henry Naveau s’installe au Mans. Charles Mondain devient secrétaire de Jousset tout en poursuivant une carrière hospitalière à Paris.

René Baudry

René Baudry, pharmacien et ami d’enfance de Léon Vannier, suit les conseils de ce dernier et ouvre en 1911 une officine homéopathique, la Pharmacie Générale Homéopathique Française, 68 boulevard Malesherbes à Paris. Après une période de tension avec Léon Vannier, Baudry quitte Paris en 1922. Léon Vannier crée les Laboratoires Homéopathiques de France à Paris, tandis que Baudry ouvre le Laboratoire Central Homéopathique Rhodanien à Lyon en 1930. Il y embauche les frères Boiron qui, rachetant les différentes officines, fondent les laboratoires Boiron en 1967, entreprise qui fournit encore aujourd’hui des préparations homéopathiques.

Ces pionniers de l’homéopathie vont également produire de nombreux écrits pour expliquer et promouvoir leur mode de penser le soin. Léon Vannier crée ainsi la revue « L’homéopathie Française » en 1912, puis, en 1927, il devient président fondateur de la société d’Homéothérapie de France. Il fonde plusieurs cliniques homéopathiques à Paris. Il compte alors parmi ses patients le compositeur Sergei Prokofiev ou encore la femme de Léon Blum, figure du socialisme du front populaire. Il ouvre également le Dispensaire Hahnemann, rue Vergniaud, en 1931 pour rendre l’homéopathie accessible même aux plus démunis et en faire un lieu de formation : les futurs homéopathes peuvent y suivre notamment les conférences de Paul Chiron, son ami d’enfance. Ce dernier fonde en 1932 le Syndicat national des médecins homœopathes français en 1932, ainsi que l’Ecole française d’Homéopathie.

Léon Vannier est fait chevalier de la légion d’honneur en 1928, Officier de l’Instruction Publique en 1956 et il est également titulaire de la Médaille des Epidémies. Il décède en 1963 à Quiberon. Ce sont les fils d’Edouard Vannier, Henri et Pierre qui poursuivent la carrière familiale, en s’installant respectivement à Rouen et à Paris.

Pierre Vannier

portrait d'henri Vannier

Henri Vannier

Pierre qui est né à Saint Georges sur Loire en 1899 a été mobilisé en 1918, rejoignant son père et son oncle sur le front, tout comme son frère ainé Jean, notaire. Après la guerre, il devient étudiant en médecine à Rouen puis interne des hôpitaux de Paris. Il est médecin au dispensaire Hahnemann, fondé par son oncle Léon. Il crée les Cahiers d’Homéopathie et de Thérapeutique comparée en 1945 et est l’auteur de nombreux ouvrages notamment de vulgarisation. Il est décédé en 1986.

Henri Vannier, dernier né de la famille, suivra les pas de son frère, étudiant à la faculté de Médecine de Rouen et devenant interne à Paris. Il est mobilisé durant la deuxième guerre mondiale. Après la guerre, il installe son cabinet d’homéopathie à Rouen. Il est également l’auteur de nombreux articles parus dans la Revue de l’Homéopathie Française. Il est décédé en 1990.

Si les études cliniques n’ont pu mettre en évidence une plus grande efficacité de l’homéopathie que l’effet placébo ou que l’évolution normale de la maladie, nul doute que le docteur Edouard Vannier tout comme ces confrères, cherchait, en explorant ces nouvelles démarches, tout autant à guérir qu’à prendre soin de leurs patients. 

couverture du livre de pierre vannier sur l'homéopathie aux éditions Que sais-je
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Antoine Vallée

Antoine Vallée

1759-1834

Signature d'Antoine Vallée

Signature d’Antoine Vallée dans le registre de Saint Georges sur Loire (ADML)

Antoine Vallée dit La Lande est né à Coutures dans le Maine et Loire le 17 Novembre 1759. Antoine est un enfant plutôt turbulent : en mars 1778, il est expulsé du Petit Séminaire si bien que son père, notaire à Angers, supplie son neveu François-Yves Besnard alors vicaire de l’église Saint Pierre d’Angers de lui trouver un hébergement. Faisant preuve de paresse et d’une insubordination taquine, le fils a déjà changé trois fois de collège. Pour Antoine Vallée, c’est une étape décisive : son cousin, lecteur des Lumières et visiteur assidu des salons progressistes d’Anjou, va avoir une influence considérable sur lui. Le jeune homme menacé d’être interné dans une Maison de force s’il ne change pas d’attitude, fait de belles promesses… qu’il ne tarde pas à oublier ! Antoine préfère lire des romans ou l’Encyclopédie, peindre à la gouache des animaux plutôt que d’étudier. Craignant les réprimandes paternelles, le jeune homme décide de rejoindre la communauté des chanoines de Sainte Geneviève malgré les tentatives de dissuasion de son cousin. Antoine Vallée rejoint donc Paris et entre à l’abbaye de Sainte Geneviève où il prononce ses vœux à la fin de son noviciat. Après des études à Chartres puis à Beauvais, il est en effet ordonné diacre puis prêtre en 1783.

C’est âgé de seulement 26 ans, en 1785, qu’Antoine Vallée arrive à l’abbaye de Saint Georges sur Loire. Les chanoines sont alors empêtrés dans une longue procédure juridique contre l’abbé Luc de Salles concernant la répartition des revenus du temporel de l’abbaye. Ces débats intéressent bien peu le jeune prêtre qui fait l’objet de commentaires peu flatteurs. Antoine Vallée est bel homme, aimant le luxe mais également spirituel et doté d’un esprit indépendant, un profil qui dénote dans la communauté. Et les mœurs du jeune prêtre n’arrangent pas son image : on le voit en effet partir en voyage à travers la France pendant six mois avec la femme du sénéchal de Saint Georges !

Les questions religieuses semblent aussi s’éloigner de ses centres d’intérêt. En juillet 1789, il est avec son cousin, François-Yves Bernard à Paris où il assiste aux séances de l’Assemblée Nationale. Ils sont accompagnés de trois amis angevins, Milscent, La Revellière-Lépeaux et Volney, tous hommes politiques.

De retour à Saint Georges, il s’engage comme les 5 autres chanoines, dans le clergé constitutionnel en 1790. Antoine Vallée est alors élu curé constitutionnel de Saint Florent Le Vieil. Acquis aux valeurs révolutionnaires, aspirant à une liberté de mœurs, Antoine Vallée ne supporte plus la vie sacerdotale. En 1793, il renonce à l’exercice du culte après « une réflexion mûre sur le vide d’une institution qui devient superflue sous l’empire des lois républicaines. » Le 20 novembre 1793, il brûle ses lettres de prêtrise devant la cathédrale d’Angers, tout comme l’évêque Pelletier, génovéfain comme lui.

Prenant fait et cause pour la Révolution, Antoine Vallée devient secrétaire du général Gauvilliers, chargé de commander la garde nationale en Anjou, en plein conflit entre les Républicains et les armées vendéennes. L’homme fait preuve d’une intégrité sans faille, relevant les exactions dont se rendent coupables les gardes républicains, comme à Martigné-Briand où « on a massacré de sang-froid trois prisonniers ». Antoine Vallée est alors envoyé par le Département à l’école normale en 1795. Le calme retrouvé dans la région, Antoine Vallée s’installe à la Rousselière en Vendée où il ouvre une épicerie.

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Portrait de François Yves Besnard, cousin d’Antoine Vallée

Portrait de LaRéveillère Lépeaux

La Réveillère l’appelle bientôt à le rejoindre à Paris. Après avoir représenté le tiers-état pour l’Anjou aux États généraux de 1789, ce dernier a siégé à l’assemblée constituante avant d’être élu député à la convention nationale en 1791. Opposé à Robespierre, il n’est sorti de la clandestinité qu’à la mort de celui-ci en 1795. Il est alors élu Directeur. C’est à cette période qu’il reprend contact avec Antoine Vallée qu’il voudrait à ses côtés comme secrétaire, cherchant « un ami fidèle et dévoué », dans cette période troublée. Après une période d’hésitation, Antoine Vallée rejoint Paris et accepte cette mission. Il retrouve son cousin François Yves Besnard qui a lui-même quitté l’Eglise pour servir la République, fréquente avec lui les cercles philosophiques et politiques de la capitale, l’accompagne dans ses balades à cheval dans le bois de Boulogne ou dans ses visites administratives.

En 1799, lors du coup d’état du 30 prairial de l’an VII, les Conseils s’attaquent au Directoire accusant directement La Reveillère de s’opposer aux décisions. Celui-ci est obligé de démissionner. Antoine Vallée quitte ses fonctions au sein de la République. N’ayant pas oublié l’Anjou, il participe à la création du musée de la ville d’Angers. Il entretient une correspondance importante avec Gabriel Merlet de la Boulaye, créateur de la société botanique de l’Anjou et enseignant à l’école centrale d’Angers. Probablement nourri de ces échanges, il publie un traité sur le sucre du raisin.

Terminant sa vie à Paris, dans la simplicité et l’austérité, il est retrouvé mort dans sa chambre le 23 février 1834.

Sources :

Les derniers chanoines de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier.

Souvenirs d’un nonagénaire, François-Yves Besnard, tome I et II

Entre Loire et Bocage, Robert Audouin, Edition HCLM, 2022, p202-203

Les génovéfains, Yves Breton, éditions Herault, 2006, p660 et 731

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine & Loire, Célestin Port.

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Le meurtre du seigneur de Serrant

Le meurtre du seigneur de Serrant

1564-1615

magdelon de brie

Tombeau de Magdelon de Brie dans l’ancienne église de St Georges (gravure de Gaignères)

Le 3 janvier 1564 est un jour de fête en Anjou. C’est la veille de l’Epiphanie, le jour des Rois, célébré par de grandes festivités. Magdelon de Brie, seigneur de Serrant, a organisé un grand bal, dans sa demeure d’Angers : le logis Barrault, l’actuel Musée des Beaux-Arts, construit entre 1486 et 1493 par Olivier Barrault, maire d’Angers par deux fois. Des personnages historiques comme César Borgia en 1486 ou encore Marie de Médicis en 1619 fréquenteront ces murs. La fête est splendide. Les cours, les escaliers, les somptueux appartements sont magnifiquement éclairés mettant en valeur les beautés de l’architecture et des décorations du lieu. Les invités sont nombreux et prestigieux à cette soirée. Mais l’heure est maintenant tardive, minuit a déjà sonné depuis bien longtemps ; il ne reste que les plus jeunes qui, malgré la froideur de la nuit, continuent de s’adonner à la causerie dans la gaîté. Un laquais remet un billet à Magdelon de Brie qui sort aussitôt. Le seigneur de Serrant se présente à la porte du logis et est abattu d’un coup d’arquebuse. Il s’écroule sur la dernière marche de l’escalier, rendant son dernier souffle sans avoir pu désigner son meurtrier. La musique et les danses joyeuses qui ont animé la soirée, cessent brusquement. Le bruit effroyable de la mort du seigneur de Serrant se répand dans la salle de bal qui se vide promptement. Dès le point du jour, la terreur se répand dans le quartier et dans toute la cité. Le demi-frère de la victime, Charles de Brie, réclame justice. On suspecte une main ennemie d’avoir agi. Les soupçons tombent rapidement sur Jean Lemaczon.

Le suspect entretenait de fortes inimitiés avec la victime ; pour autant, il n’a pas le profil d’un criminel. Il est procureur du Roi à la ville d’Angers et issu d’une famille renommée d’Anjou. Son père est Michel Lemaczon, seigneur de Launay. Lui-même a été procureur du Roi et devint maire d’Angers de 1534 à 1536. La famille Le Maczon était cependant déjà connue de la place publique pour différentes affaires. Un procès avait opposé Michel Lemaczon à son oncle et à son cousin durant plusieurs années pour la succession du château de Launay sur la commune de Sceaux d’Anjou. Plus récemment, son fils aîné, également prénommé Jean et surnommé La Rivière, était à l’origine d’un scandale en prenant fait et cause pour la Réforme protestante, devenant Pasteur après un séjour à Lausanne.  Le père connu pour son catholicisme ardent s’opposa à son fils qui partit pour Paris où il participa à la fondation de la première Église protestante. Refusant de lui pardonner « d’avoir voulu contaminer, perdre et gâter sa personne et ses frères et sœurs », Michel Lemaczon le déshérite en 1560, juste avant sa mort, au profit de son plus jeune frère, qui semble être bien plus recommandable. C’est pourtant ce dernier qui se voit accusé de l’assassinat de Magdelon de Brie.

Le soir du meurtre, Jean Lemaczon, dit le jeune, est resté dans sa maison de campagne, au-delà du pont d’Epinard où il a organisé une réception. Les invités témoignent de la présence de leur hôte durant toute la soirée et soulignent le calme et la courtoisie dont il a fait preuve le lendemain matin. Mais les doutes persistent : après un grand repas, Jean Lemaczon a conduit ses amis à leur chambre aux environs de onze heures. L’homme a donc pu se rendre par la suite jusqu’au bal situé à quelques lieues de là et commettre son méfait avant de revenir avant le lever de ses convives. La famille de Brie présente même un témoin qui affirme avoir vu passer et repasser un homme à cheval sur le pont d’Epinard à l’heure du crime. S’il n’a pu identifier le cavalier, il affirme que sa monture était blanche. Or, Jean Lemaczon possède justement un cheval de cette robe. Il n’en faut pas plus pour que le procureur soit emprisonné. Face à l’émoi suscité par l’affaire en Anjou, il est conduit à la prison de la Conciergerie à Paris. C’est le début d’une longue procédure judiciaire qui ruinera la famille de Brie et conduira à la vente du château de Serrant alors en pleins travaux.

L’accusé est un habile plaideur et se défend avec une énergie inépuisable s’appuyant sur les textes de lois et l’alibi que lui fournissent ses amis. La cour de justice parisienne doute. Le mobile du crime reste un mystère : est-ce la jalousie, la vengeance, une inimitié politique ou religieuse ? Mais les enfants et le frère de la victime poursuivent leur plainte avec vigueur. Les enquêtes et les contre-enquêtes se succèdent. Alors que les années passent, Jean Lemaczon ne cède pas : il dénonce des faux témoignages et fait même condamner certains témoins, obtenant leur exécution pour mensonges. A force de persuasion et grâce au bénéfice de soutiens puissants, il réussit petit à petit à retourner l’opinion publique en sa faveur, suscitant l’animosité contre ceux qui l’accusent.

Le temps passe et les preuves sont de plus en plus difficiles à recueillir : les principaux témoins ont disparu, de mort naturelle ou du fait des condamnations capitales. Les deux maisons de Brie et Lemaczon sont ruinées par le procès qui ne trouve pas d’issue.

Le 12 mai 1588, un soulèvement populaire mené par le duc de Guise ébranle Paris : c’est la journée des Barricades. Alors que la France traverse les guerres de religion opposant catholiques et protestants, le peuple catholique de Paris manifeste son opposition à la possibilité de voir un protestant, Henri de Navarre, futur Henri IV, succéder à Henri III, son cousin. Les insurgés fondent une Ligue « au nom de la Sainte Trinité pour restaurer et défendre la Sainte Église catholique apostolique et romaine ». Jean Lemaczon profite de ce désordre pour s’échapper après 24 années passées derrière les barreaux. Il trouve refuge auprès des frères Saint-Offange dans leur château de Rochefort sur Loire. (D’autres sources expliquent que Lemaczon avait été libéré dès 1584)

Les frères Saint-Offange, Artus de l’Eperonnière, François de Hurtault et Amaury de La Houssaye sont devenus, après avoir hésité à vendre leurs services aux plus offrants, de fervents partisans de la Ligue catholique qui s’oppose alors au Roi, Henri III. Ils mènent une véritable campagne de terreur dans la région. Ils ont affrété une galère qui remonte le cours de la Loire et dont l’équipage se livre à des crimes et des pillages, laissant sur leur passage ruines et traces ensanglantées. Les trois frères ont recruté quelques membres de la magistrature angevine pour défendre leurs méfaits, une équipe d’avocats à la tête de laquelle ils placent Jean Lemaczon qui œuvre avec toute son habilité pour les intérêts de la fratrie et justifie les tortures et les meurtres sous couvert de la religion.

le logis barrault à Angers

Le Logis Barrault à Angers

Le château des Saint offange à Rochefort sur Loire

ruines du chateau des saint offange à rochefort sur loire au début du XXème

Les exactions durent des années. En 1590, ils enlèvent Scipion Sardini, banquier florentin de la cour de Catherine de Médicis, sur la route d’Angers à Tours, le séquestrent dans le château de Rochefort avant de le libérer contre une forte rançon. Leurs hommes par centaines envahissent les quartiers protestants d’Angers pour y voler or, argent et pierres précieuses avant de regagner la campagne. Les protestants qui sont fait prisonniers sont torturés et exécutés sommairement. Les Saint-Offange acquièrent la réputation de bandits cruels et malfaisants, bien loin des justiciers au service de la religion catholique qu’ils défendent. Lors de violents affrontements, les soldats du Roi menés par Antoine de Silly, comte de la Rochepot, tentent par trois fois de prendre le château de Rochefort qui résiste au siège.

Le 1er mars 1598, le Roi Henri IV conclut le traité de Chenonceaux avec les derniers ligueurs. Les Saint-Offange font inscrire dans l’article 15 la fin des poursuites contre Jean Lemaczon. Ils obtiennent surtout de ces négociations l’oubli et le pardon pour « toutes exécutions de mort », pour les meurtres de « nombre de huguenots trouvés au prêche public (…) et même quelques femmes et enfants tués à la messe par inadvertance », obtenant l’absolution pour toutes les atrocités qu’ils ont soutenues et organisées. 

Charles de Brie, demi-frère de la victime, est mort assassiné, cinq ans auparavant, défiguré par la maladie. Sa veuve et ses enfants sont couverts de dettes : le procès de 34 ans et les travaux du château entamés depuis 1539 les ont ruinés. En 1598, alors que Jean Lemaczon est désormais libre et blanchi, le château de Serrant est vendu à Scipion Sardini, que les Saint-Offange avaient enlevé quelques années auparavant.

Jean Lemaczon meurt le 26 octobre 1615 à Sceaux dans son château de Launay.

Le frère aîné de Jean Lemaczon, La Rivière, fut quant à lui assassiné en 1572. A la suite d’un incident en marge du mariage du roi Henri IV, de nombreux protestants sont massacrés dans toute la France : ce sont les événements de la Saint Barthélémy. Le 29 août, les habitants d’Angers prennent les armes, marquent leurs chapeaux d’une croix blanche pour montrer leur soutien au catholicisme et tuent un grand nombre de protestants. Jean de Chambes, comte de Montsoreau, envoyé par le Roi à Angers, assassine deux pasteurs, Jean Lemaczon La Rivière et Dureil dont les corps sont jetés dans la Maine. Le meurtre de La Rivière a été commandité par sa seconde épouse, Antoinette de la Motte qui, reconnue coupable, est précipitée depuis le sommet de l’esplanade du château d’Angers. La veuve a survécu : remariée, quelques années plus tard, elle fera déshériter son beau-fils, Jean, né d’un premier mariage avec Charlotte de Piédefert.  Ce nouveau procès relevant d’une forme de tradition familiale finit de dilapider la fortune des Lemaczon.

Sources :

Anjou Historique, Assassinat de M. De Brie-Serrant (1564), tome 14, 1913

Revue de l’Anjou, Deux procès en Anjou XVIè et XVIIè siècles, tome 2, 1868

Revue de l’Anjou, tome 50, La chapelle Launay et les Lemaczon, Paul Brichet, p425-439, 1905

Mémoires de la société d’agriculture, sciences et arts d’Angers, Les Lemaczon, Paul Brichet, 1905, p137-142

Arrêts célèbres rendus pour la province d’Anjou, Claude Pocquet, 1725

La réforme et la ligue en Anjou, Ernest Mourin, 1856

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine & Loire, Célestin Port

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Les premiers matchs du Saint Georges Sportif

Les premiers matchs du Saint Georges Sportif

1933-1947

Créé en 1933, le Saint Georges Sportif fut le premier club de football de Saint Georges sur Loire. Nous vous proposons de revivre les matchs de ses premières années et la vie du club  à partir des articles parus dans la presse de l’époque. Bon voyage dans le temps !

22 octobre 1933

Saint Georges Sportif I / La Montfauconnaise I

SGS : Boisnault, Bouché, Blot, Bréheret, Cary, Delaunay, Devallois, Delouche, Eugène, Gautriau (cap.), Jaud, Le Prévost, Peltier, Royer, Tauban.

Le Saint Georges Sportif accueille l’équipe de Montfaucon qui part grande favorite. Le challenge est prestigieux car la Monfauconnaise est une équipe reconnue. Le public est curieux de voir comment la toute jeune équipe saint-georgeoise va résister face au leader. Le club saint-georgeois décide donc de faire payer l’entrée au stade 1 franc afin de récolter des fonds. Le dimanche matin, les joueurs se retrouvent à 11h à l’hôtel de la Tête Noire pour affiner leur stratégie.

29 octobre 1933

Saint Georges Sportif II / Saint Georges Sportif III

Cadoret, Devallois, Delouche, Plessis, Desnaux, Jousselin, Royer, Beau jard, Rabineau

Dalmis, Tauban II, Le Malto u, Courant, Bounigault, Gaudin

St Georges Sportif I / Club Athlétique de la Possonnière : (1-4)

SGS : Tauban, Guillernou, Cannan, Gaufriau (cap.), Blot, Rousseau, Cary, Peltier, Bouché, Boisnault, Pinier

CAP : Maffray, Vary, Masson, David P., Alligné, Rio, Simon (cap.), Blet, Baumard, David M.

Malgré un temps incertain, le public est venu en nombre au tout nouveau stade de la route d’Angers. Le secrétaire du club, E. Gouges a promis dans la presse « du sport, de l’exubérance, des émotions ». En ouverture de l’après-midi, les nouveaux joueurs saint-georgeois s’affrontent. L’enjeu est important : ceux qui brilleront intégreront l’équipe deux qui accompagnera l’équipe une en déplacement la semaine suivante à Saint-Clément-de-la-Place.  La foule ovationne l’équipe saint-georgeoise. Le Saint Georges Sportif qui joue en maillot bleu à parements blancs orné d’un écusson Sang et Or domine la partie mais manque de précision dans les tirs. Les joueurs débutants n’ont pas encore acquis les automatismes de placement ce qui est bien normal : voilà seulement quelques mois qu’ils jouent ensemble. M. Métivier l’arbitre doit intervenir pour calmer les joueurs qui mettent un peu trop d’engagement dans le jeu à son goût. Saint Georges s’incline encaissant 4 buts. Mais à l’issue du match, joueurs et dirigeants se retrouvent au Café Musset pour un joyeux vin d’honneur. Les « Sang et Or » le savent : seul l’entraînement leur permettra de progresser. Les trois équipes sont convoquées pour les séances d’entraînement qui ont lieu tous les jeudi après-midi au stade et le dimanche matin à 9h à l’école publique de garçons pour étudier la théorie du football avant le prochain match.

19 novembre 1933

Saint Georges sportif II / L’union sportive clémentaise II : (0-4)

Saint Georges sportif I / L’union sportive clémentaise I : (4-2)

Équipe I : Tauban, Guillermou, Eugène, Gaufriau (cap.), Blot, Cadoret, Mazan, Boisneau, Bouchet, Martin, Delaunay

Équipe II : Cadoret, Devallois, Jousselin, Plessis, Morille, Beaujard, Toublanc, Cary, Peltier (cap.), Royer, Carmet

Malgré une bonne volonté, les juniors subissent une lourde défaite face à une équipe aguerrie, pratiquant un football « plus scientifique » comme le relate la presse. Les aînés s’affirment dans cette rencontre après le nul du match aller, quinze jours plus tôt : ils remportent une nette victoire. La première attaque est clémentaise mais la défense saint-georgeoise se montre parfaite. Les attaquants s’organisent et mènent plusieurs actions très dangereuses. Bientôt les efforts finissent par payer et sont récompensés par trois jolis buts. Juste avant la pause, l’Union Sportive marque : le goal saint-georgeois a été aveuglé par le soleil. La deuxième mi-temps est plus calme, les équipes se reposant sur leurs défenseurs. Un but est marqué par chaque camp. Au coup de sifflet final c’est la première victoire des « Sang et Or » !

26 novembre 1933

Ingrandes I / Saint Georges Sportif I

Saint Georges sportif II / SCO ou équipe vétéran de Saint Georges

3 décembre 1933

Montfaucon I / St Georges Sportif I : (5-2)

Tauban, Bouchet, Guillernou, Gaufriau ((cap.)), Blot, Delaunay, Boisneau, Eugène, Camman, Martin, Desneux

Montfaucon II / St Georges sportif II : (2-0)

Desneux, Peltier (cap.), Devallois, Jousselin, Plessis, Morille, Beaujard, Toutblanc, Royer, Carmet, Robineau, Pinier.

Sur un terrain gras et très difficile, l’équipe II privée de son goal encaisse une nouvelle défaite, les « juniors » laissant passer de belles occasions.

Face à une équipe prestigieuse, l’équipe une est logiquement battue malgré une défense engagée. Mais les Montfauconnais, avec une ligne d’avants très rapides, prennent de vitesse la défense saint-georgeoise et marquent 5 buts en vingt minutes. Les « Sang et Or » ne renoncent pas et partent à l’attaque. Ils s’organisent, s’adaptent au terrain et réussissent à marquer avant la mi-temps. Durant la deuxième période, les deux équipes font jeu égal. Les Montfauconnais souffrent de fatigue après une soirée festive la veille si bien que l’équipe saint-georgeoise marque par deux fois. Le Saint Georges Sportif s’incline. L’équipe manque encore d’expérience et il faudra encore s’entraîner pour être plus soudée et jouer des actions plus collectives qui lui permettront la victoire.

10 décembre 1933

St Georges sportif II/ ASPTT

Desneux, Pellier (cap.), Devallois, Jousselin, Plessis, Morille, Beaujard, Toutblanc, Royer, Carmet, Robineau I et II, Delouche, Cary, Rauban II, Pinier, Chevalier.

St Georges Sportif I/ US La Cornuaille

Tauban, Bouchet, Guillernou, Gaufriau ((cap.)), Blot, Rousseau, Mazan, Delaunay, Boisneau, Eugène, Cammau

31 décembre 1933

Varades / Saint Georges Sportif I : (9-2)

SGS : Tauban, Eugène, Peltier, Argote, Blot, Gaufriau (cap.), Mazan, Boisneau, Métivier, Jaud, Delaunay.

Les varadais pratiquent un football très dur et imposent un rythme effréné à la rencontre grâce à leurs qualités athlétiques. Les joueurs saint-georgeois souffrent, encaissant 9 buts et n’en marquant que 2.  La défaite est lourde et difficile à accepter par les joueurs qui se plaignent d’un arbitrage qu’ils jugent bien partial.

Saint Georges Sportif II / Vétérans de St Georges : (5-1)

Équipe II : Desneux, Jousselin, Tauban II, Courant, Plessis, Le Maltour Georges, Beaujard, La Maltour L., Morille, Carmet, Rabineau

Vétérans : Deisol, Le Moal, Delêtre, Badoux, Davy, Fesnard, Delouchis R., Le Maltour, Gaudin, Foucher, Vetaud, Toublanc.

Le même dimanche, l’équipe junior affronte les vétérans dans une bonne ambiance au stade de la route d’Angers. Les jeunes triomphent face à des « gros ventres » comme ils se surnomment qui n’ont rien pu faire face à la fougue.

Le dimanche suivant a lieu le tirage de la tombola de la société, une des nombreuses opérations qui permettent de financer le jeune club et ses déplacements.

11 février 1934

Union sportive de La Pouèze / Saint Georges sportif : (1-5)

Union sportive clémentaise II / Saint Georges Sportif II : (6-1)

Équipe I : Tauban, Gaufriau (cap.), Blot, Alligné, Mazan, Chevé, Germain, Delaunay, Ciré

Équipe II : Desneux, Peltier (cap.), Jousselin, Plessis, Morille, Royer, Rabineau, Carmet, Toublanc, Pinier, Beaujard.

Ce dimanche 11 février 1934, les deux équipes sont en déplacement. Si l’équipe première prend sa revanche sur La Pouëze après leur défaite 3-2 lors du match aller, les juniors subissent encore une lourde défaite. Après avoir résisté en première période, en témoigne le score de 2-1 à la mi-temps, ils se laissent ensuite déborder par les attaques et encaissent 4 buts.

18 février 1934

Union sportive de Brain II / Saint Georges sportif II

Union Sportive de Brain I / Saint Georges Sportif I

25 février 1934

Saint Georges Sportif I et II / École Normale d’Angers I et II

18 Mars 1934

Jeunesse Sportives d’Avrillé / Saint Georges Sportif

Équipe 1 : Tauban, Levron, Gaufriau (cap.), Alligné, Blot, Delaunay, Siré, Argote, Mazan

Équipe 2 : Desneux, Peltier (cap.), Morille, Jousselin, Plessis, Rabineau, Gandon, Malinge, Banjard, Devallois, Courant, Devallois.

8 avril 1934

Saint Georges Sportif II / SCO IV annulé

Saint Georges Sportif I / SCO III : (1-0)

Équipe : Tauban, Levron, Maurice, Peltier, Blot, Gaufriau (cap.), Delaunay, Alligné, Bouchet, Malinge.

Alors que le match d’ouverture des juniors est annulé après le forfait des visiteurs, les deux équipes s’alignent sur le terrain dans des configurations remaniées pour faire face aux absences. Ces remplacements de dernière minute se font grandement ressentir : le jeu est poussif et les défenses s’avèrent bien supérieures aux attaques. Les joueurs saint-georgeois campent dans les 50 mètres adverses mais ne trouvent le but qu’une seule et unique fois. Le match est terne mais la victoire est là.

15 avril 1934

Saint Georges sportif II / Union sportive de Brain II : (0-2)

Saint Georges sportif I / Union sportive de Brain I : (3-2)

Équipe 1 : Tauban, Peltier, Desneux, Le Moulac, Levron, Gaufriau (cap.), Blot, Liré, Maurice, Delaunay, Alligné, Bouchet

Équipe 2 : Desneux, Peltier (cap.), Jousselin, Plessis, Chevallier, Morille, Pinier, Rabineau, Carmet, Toublanc, Malinge, Courant.

Pour le dernier match de la saison à domicile, les « Sang et Or » ont à cœur d’offrir un beau match à leurs supporters. Mais les rencontres ne se déroulent pas dans la joie espérée. Les adversaires manquent « d’esprit sportif ». Les fautes s’enchaînent et un joueur de Brain est exclu, chose très inhabituelle dans les matchs amicaux. La défaite est amère et la presse juge « les résultats peu significatifs et le jeu ne méritant pas de commentaires flatteurs ».

22 avril 1934

Montreult-Belfroy / Saint Georges Sportif

1er Juillet 1934

Après une première saison palpitante, le club organise au mois de juillet sa première kermesse sur le stade de la route d’Angers. Les joueurs et leurs familles ont passé plusieurs jours à tout préparer. La journée débute à 13h30 : les visiteurs sont reçus en musique et par un vin d’honneur. De « nombreuses et sensationnelles attractions » sont ouvertes. A 14h30, la fanfare de la Possonnière offre un concert puis on assiste à une pièce de théâtre. A 16h30, une vente d’objets gracieusement offerts est ouverte. S’en suivent une seconde représentation théâtrale et un deuxième passage de la fanfare. La kermesse se conclut par un vin d’honneur et un bal. La fête est joyeuse, rien organisée et elle permet de récolter des fonds pour la saison prochaine dans laquelle l’équipe projette beaucoup d’espoir.

7 Octobre 1934

Union sportive clémentaise / Saint Georges Sportif

Pour l’ouverture de la saison 1934-1935, les deux équipes du Saint Georges Sportif se rendent à Saint Clément la Place. Les joueurs ont rendez-vous devant l’hôtel de la Tête Noire pour un départ à 12h30 tapante. Les entraînements ont déjà repris et c’est l’occasion de mettre à l’essai de nouvelles formations. L’équipe une qui évolue en troisième division du championnat de l’ouest espère renouer avec les victoires de la fin de la saison dernière.

29 octobre 1934

Saint Georges sportif I / vétérans du Sporting club de l’ouest

Saint Georges sportif II / juniors du Sporting club de l’ouest

Équipe I : Tauban, Maurice, Peltier, Gaupiau, Le Moulac, Blot, Delaunay, Huet, Alligné, Morisseau, Malinge, Leblanc

Équipe II : Pensec, Jousselin, Chevallier, Courant, Morille, Plessis, Carmet, Becu, Gandon, Royer, Beaugaid, Levron.

équipe de foot du saint georges sportif de 1934

Le Saint Georges Sportif de 1938 1939

18 novembre 1934

FC St Macaire II / Saint Georges Sportif II : (1-1)

FC St Macaire I / Saint Georges Sportif I : (3-2)

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Peltier, Morille, Le Moullac, Malinge, Jaud, Morisseau, Jean, Gandon, Delaunay

Équipe 2 : Pensec, Jousselin, Gautraeau (cap.), Courant, Bely, Plessis, Tauban, Neaujard, Carmet, Gréteau, Gaudin.

Le départ en car est prévu ce dimanche 18 novembre 1934, à 11h30 depuis l’Hôtel de la Tête Noire, siège de la société. Les juniors progressent et malgré une certaine désorganisation sur le terrain, ils offrent un match disputé. Dominés, ils ouvrent le score sur un coup franc magnifiquement repris. Mais St Macaire égalise dans la seconde mi-temps. L’équipe une entame le match avec un fort handicap : trois de ses meilleurs éléments manquent à l’appel et l’équipe a dû se réorganiser au dernier moment. Les « Sang et Or » ouvrent malgré tout le score au quart d’heure de jeu. Mais cinq minutes plus tard, le demi-centre saint-georgeois est contraint de quitter la pelouse. Lourdement affaiblie, l’équipe est dominée et contrainte de défendre. Les arrières sauvent à de multiples reprises des situations désespérées mais Saint Macaire finit par égaliser sur penalty juste avant la mi-temps. Durant la seconde période, la domination est encore plus forte. Malgré tout, les saint-georgeois réussissent à marquer sur une échappée rapide et décisive des avants. Une autre attaque bien menée fait penser que la victoire est à portée des saint-georgeois mais Saint Macaire égalise de nouveau et marque un troisième but peu quelques minutes avant le coup de sifflet final. Après ce match durement disputé, les joueurs se retrouvent autour d’un vin d’honneur et d’un copieux casse-croûte.

2 décembre 1934

Le club se retrouve pour un banquet à l’Hôtel de la Tête Noire. La soirée se poursuit dans un garage mis gracieusement à disposition par Monsieur Garestier.

11 novembre 1934

Devant le grand nombre de forfaits, le Saint Georges Sportif est contraint d’annuler le déplacement à Saint Pierre Montlimart. Deux matchs sont organisés sur le stade de la route d’Angers.

Saint Georges Sportif II / Saint Martin du Fouilloux

Saint Georges Sportif I / Union Sporticve Clémentaise

2 décembre 1934

Saint Georges Sportif II / Sporting club Tchécoslovaque II : (4-1)

Saint Georges Sportif I / Sporting club Tchécoslovaque I : (2-1)

Après des matchs aller plutôt réussis un mois auparavant où les juniors avaient fait match nul, les « Sang et Or » retrouvent les tchèques le dimanche 2 décembre. Les équipes saint-georgeoises sont largement dominées. Si le début de saison a été de bon augure, les résultats après deux mois de compétitions inquiètent : les remaniements incessants de l’effectif sont pour beaucoup dans la baisse de niveau.

Équipe I : Tauban, Maurice, Peltier, Malinge, Le Moullac, Blot, Jaud, Gandon, Jean, Alligné, Delaunay, Gaufuau.

Équipe II : Pensec, Levron, Jousselin, Plessis, Morille, Courant, Rabineau, Carmet, Beaujard, Mousseau, Leblanc, Royer, Gréteau

9 décembre 1934

Saint Georges sportif II / ASPTT II : (0-1)

Saint Georges sportif I / ASPTT I : (4-3)

De nombreux spectateurs sont venus ce dimanche au stade de la route d’Angers pour voir les deux matchs. Le public est fidèle et l’intérêt pour le football, croissant dans le village. Le premier match des juniors est très équilibré. Les « Sang et Or » ont un léger avantage mais finissent par laisser passer la victoire face à une équipe de l’ASPTT plus soudée et plus offensive. Chacun note cependant les progrès significatifs des joueurs de l’équipe deux mais qui doit encore gagner en cohésion. L’équipe une se fait surprendre dans les premières minutes par les postiers et concède trois buts dans la première période. Les sangs et or gâchent de nombreuses occasions. Au retour des vestiaires, les saint-georgeois montrent qu’ils sont fermement décidés à reprendre en main le match. Les actions offensives se multiplient et finalement, les « Sang et Or » réussissent à tromper la défense des postiers par trois fois ramenant les deux équipes à égalité. La tension monte d’un cran sur le terrain. Deux joueurs d’Angers sont avertis. Un quatrième but vient récompenser les efforts des « Sang et Or ». Le public saint-georgeois apprécie l’exploit dans « un enthousiasme parfois trop exubérant » remarque la presse.

16 Décembre

Sporting Club Tchécoslovaque de St Pierre Monlimart / Saint Georges Sportif

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Peltier, Le Moullac II, Le Moullac I, Mallinge, Jaud, Delaunay, Alligné, Gandon, Neveu

Équipe 2 : Pensec, Jousselin, Morille, Gauffriau (cap.), Rabineau, Bourget, Gréteau, Courant, Bely, Carmet, Grimault, Plessis.

Pour ce déplacement, les joueurs partent en car à 11h40 depuis l’Hôtel de la Tête Noire pour aller affronter les Tchèques dans un match qui compte pour le Championnat.

30 décembre 1934

Saint Georges Sportif II / Union Sportive de Montreuil Belfoy II : (2-1)

Saint Georges Sportif I / Union Sportive de Montreuil Belfoy I : (4-2)

Après trois semaines de pause, les équipes saint-georgeoises retrouvent leur terrain.

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Peltier, Mousseau, La Moullac, Malinge, Huet, Delaunay, Alligné, Gandon, Neveu, Jaud

Équipe 2 : Pensec, Morille, Jousselin, Gaufriau (cap.), Bely, Rabineau, Grimault, Carmet, Courant, Gréteau, Bourget.

L’équipe deux fait un bon match. Elle ouvre le score mais faute d’un placement régulier, elle encaisse un but égalisateur juste avant la pause. Les « Sang et Or » montrent moins d’entrain dans la seconde période et subissent la pression de l’Union Sportive qui finit par l’emporter. L’équipe une affirme une nette supériorité en première période. Les attaquants soutenus par les milieux de terrain réussissent de belles combinaisons et marquent par trois fois. La seconde période est émaillée d’incidents : le résultat joue sur l’humeur des visiteurs qui multiplient les fautes et les mauvais gestes. Les esprits s’échauffent et il faut l’intervention des capitaines des deux équipes pour éviter la bagarre. Finalement, le match est écourté se concluant sur la victoire du Saint Georges Sportif. 

6 janvier 1935

Saint Georges Sportif II / FC St Macaire II : (0-4)

Saint Georges Sportif I / FC St Macaire I : (4-4)

La journée s’ouvre avec le match des équipes 2. Les « Sang et Or » font preuve de bien peu de combativité et les fougueux adversaires prennent logiquement l’avantage à la mi-temps en marquant. La seconde période tourne à la déroute. Face à une équipe toujours plus offensive, à l’activité inlassable, les joueurs saint-georgeois encaissent trois autres buts. La défaite est rude en ce début d’année. Le match des équipes une est lui beaucoup plus équilibré et se révèle passionnant. Les joueurs de Saint Macaire pratiquant un jeu très mobile dominent d’abord le début du match et ouvrent le score sur penalty puis peu après, marquent une seconde fois. Les « Sang et Or », nullement découragés, reprennent le cours du match et trouvent le chemin des filets par quatre fois avant la pause. La deuxième période est très serrée mais les « Noir et Rouge » de Saint Macaire finissent par arracher le match nul.

13 janvier 1935

SCO / Saint Georges Sportif

Équipe I : Tauban, Peltier, Le Moullac, Malinge, Alligné, Morisseau, Jaud, Delaunay, Jean, Gandon, Neveu

Équipe II : Jensec, Jousselin, Morille, Gaufriau (cap.), Bely, Robineau, Cornet, Bourget, Grimault, Courant, Gréteau, Plessis, Gaudin.

2 février 1935

Montfauconnaise I / Saint Georges Sportif I : (0-0)

Montfauconnaise II / Saint Georges Sportif II : (3-0)

9 février 1935

Avant-Garde de Montrevault I / Saint Georges Sportif I

Avant-Garde de Montrevault II / Saint Georges Sportif II

Battus à l’aller, les joueurs de Saint Georges se rendent en car à Montrevault pour affronter une équipe redoutée.

Équipe 1 : Tauban, Boureeau, Maurice (cap.), Peltier, Le Moullac, Lérault, Gandon, Neveu, Delaunay, Jean, Jaud

Équipe 2 : Pensec, Jousselin, Morille, Gaufriau (cap.), REly, Rabineau, Courant, Carmet, Grimault, Plessis, Grétaut, Bourget, Baujard.

20 janvier 1935

ASPTT II / Saint Georges Sportif II

ASPTT I / Saint Georges Sportif I

Équipe I : Tauban, Peltier, Malinge, Morisseau, Alligné, Jaud, Neveu, Gandon, Jean, Delaunay, Fernand

Équipe 2 : Pensec, Jousselin, Morille, Rabineau, Boly, Gaufriau (cap.), Bourget, Courant, Grimault, Carmet, Greteau, Gaudin

18 février 1935

En raison de la grippe qui touche de nombreux joueurs, une seule équipe est formée pour jouer à domicile contre un club voisin. Les dirigeants s’inquiètent de la forme de leurs joueurs pour le déplacement à Montfaucon la semaine suivante.

25 février 1935

Montfaucon I et II/ Saint Georges Sportif I et II

Le match s’annonce rude pour l’équipe une qui s’attaque à un bon club de la seconde division. Le déplacement se fait en car et le club propose aux supporters intéressés d’être transportés : les joueurs auront grandement besoin de tous les encouragements ! Le départ a lieu le dimanche matin à 11h30 depuis l’Hôtel de la Tête Noire.

Équipe 1 : Tauban, Peltier, Le Moullac, Gandon, Jean, Jaud, Delaunay, Neveu, Maurice (cap.)

Équipe 2 : Pensec, Jousselin, Rabineau, Courant, Bily, Plessis, Gréteau, Carmet, Bourget, Grimault, Gaufriau (cap.)

7 avril 1935

Saint Georges Sportif I / Montffauconnaise I : (5-0)

Saint George sportif II / Vétéran de Saint Georges : (3-2)

Ce dimanche 7 avril 1935, les deux équipes premières se présentent incomplètes. Les joueurs décident de jouer tout de même le match. Un vent souffle violemment sur le stade. L’équipe saint-georgeoise joue face au vent durant la première période. Le contrôle de la balle est difficile mais les « Sang et Or » ouvrent le score grâce à une jolie action de ses avants. Après la pause, les joueurs saint-georgeois bénéficient d’un vent favorable et accentuent la pression : trois nouveaux buts sont marqués malgré de belles parades du goal montfauconnais. Six minutes avant la fin du match, un demi-centre de Montfaucon augmente encore le score en marquant contre son camp. L’arbitre jugeant le résultat acquis suspend alors le match. Par la suite, l’équipe des « gros ventres » se mesure à l’équipe seconde. Les vétérans mènent à la mi-temps de 2 buts mais peu entraînés et moins résistants, ils encaissent deux buts dans la deuxième période. Un penalty est accordé à l’équipe deux, non sans contestations des vétérans. Les vétérans s’inclinent mais sortent grandis de la lutte. Les matchs sont suivis de l’assemblée générale : l’organisation de la kermesse est le principal point à l’ordre du jour. Chacun peaufine l’organisation des animations et des différents concours. Le club souhaite que l’événement remporte le même succès que la première édition.

14 avril 1935

Union Sportive Tchécoslovaque de Saint Pierre Montlimart I et II / Saint Georges Sportif I et II

Équipe I : Tauban, Maurice (cap.), Peltier, Delaunay, Jaud, Neveu, Alligné, Gandon, Jean

Équipe II : Pensec, Jousselin, Bely II, Gaufriau (cap.), Bely I, Courant, Rabineau, Carmet, Grimault, Baujard, Grétaut, Morille, Bourget

28 juillet 1935

La deuxième édition de la kermesse du Saint George Sportif a lieu sur le stade de la route d’Angers. Un appel à bénévoles a été relayé dans la presse durant tout le mois de juillet. La fanfare de la Possonnière donne de nouveau un concert. Deux représentations de pièces comiques sont organisées. Un grand lâcher de pigeons est organisé à la mi-journée avec la société colombophile de Tiercé. De nombreuses attractions ponctuent l’après-midi : le lapinodrome, la roue de la fortune, la pêche à la ligne aux bouteilles et aux surprises, anneaux et bouteilles, jeu de massacre… De nombreux lots sont à gagner offerts par la Maison Cointreau, la société Grandin, le Petit Courrier, Dunlop, la Belle Jardinière, ou encore le soda Le Goff entre autres. Les buvettes proposent gâteaux, sandwichs et confiseries pour le plaisir de tous. La soirée se conclut par un bal public sur la place de l’Église. La fête se terminera bien tard : monsieur le maire a accordé la permission de la nuit aux débitants.

22 septembre 1935

Bécon les Granits / Saint Georges Sportif I

Pour débuter cette nouvelle saison, les « Sang et Or » se confrontent à une excellente formation. C’est un match de préparation en vue de la reprise du championnat le 13 octobre face à l’ACTS.

Équipe 1 : Pensec, Maurice (cap.), Charpentier, Peltier, Le Moullac, Bély I, Mazan, Huet, Alligné, Bély II, Delaunay, Tauban, Morille.

15 décembre 1935

Saint Georges Sportif I et II / Angers sportif  I et II en championnat

Alors que l’équipe une est en tête de son groupe dans le championnat de l’Ouest, troisième série, les joueurs saint-georgeois veulent aller chercher la victoire sur leur terrain de la route d’Angers pour confirmer leur place de leader.

A l’issue des matchs, les membres actifs et honoraires sont priés d’assister à l’assemblée générale qui se déroule au café Rabineau.

Équipe 1 : Pensec, Aurice (cap.), Charpentier, Bely, Le Moullac, Peltier, Mazan, Auffret, Bely, Huet, Delaunay

Équipe 2 : Gaufriau (cap.), Tauban, Rabineau, Retailleau, Tauban R., Pinier, Bourget, Gréteau, Oger, Martin.

équipe saint georges sportif 1936

Le Saint Georges Sportif de 1936

29 décembre 1935

SC Tschécoslovaque I et II de Saint Pierre Montlimart / Saint georges sportif I et II

Équipe 1 : Pensec, Maurice (cap.), Charpentier, Peltier, La Moullac, Delaunay, Mazan, Auffret, Retailleau, Huet

Équipe 2 : Tauban A., Gaufriau, Rabineau, Bourget, Tauban R., Carmet, Pinier, Martin, Plessis, Beaugeard, Gréteau.

5 janvier 1936

Saint Georges sportif I et II / Montfaucon I et II

Les deux matchs initialement prévus à Montfaucon ont lieu sur le stade de la route d’Angers à Saint Georges car les terrains montfauconnais sont inondés. Le Saint Georges Sportif reçoit donc les équipes au palmarès élogieux pour deux beaux matchs.

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Charpentier, Peltier, Le Moullac, Delaunay, Huet, Retailleau, Auffret, Dominique, Mazan.

Équipe 2 : Tauban, Gaufriau (cap.), Rabineau, Bourget, Tauban R., Pinier, Carmet, Beaugeard, Martin.

12 janvier 1936

Saint Georges sportif I / Etoile Sportive Quelainaise I

Les « Sang et Or » jouent leur dernier match de championnat à domicile. Ils doivent impérativement aller chercher la victoire pour rester second de leur groupe. Mais avant cet affrontement décisif, on procède au tirage de la tombola. 150 lots « d’une réelle valeur » sont mis en jeu, parmi ceux-là : un service de table 44 pièces, des services de verres et un bon pour une « indéfrisable ».

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Charpentier, Peltier, Le Moullac, Delaunay, Mazan, Dominique, Auffret, Retailleau, Huet. Remplaçants : Rabineau, Bourget

16 février 1936

Saint Georges sportif I  / Racing club Ancenis Ib

Après leur défaite au match aller, les saint-georgeois retrouvent les joueurs du Racing Club d’Ancenis. L’engagement des derniers matchs laisse présager que la victoire est possible.

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Charpetnier, Peltier, Le Moullac, Delaunay, Besnier, Retailleau, Huet, Dominique, Mazan, Rabineau, Carmet, Alligné, Pinier.

15 mars 1936

Bécon / Saint Georges Sportif

Les « Sang et Or » se qualifient pour la finale du challenge Roffay.

22 mars 1936

ACTS 1b d’Angers . Saint Georges sportif I

L’équipe saint-georgeoise accède à la finale du challenge Roffay.

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Charpentier, Delaunay, Le Moullac, Peltier, Mazan, Huet, Retailleau, Alligné, Pichot, Carmet, Dominique

5 avril 1936

Saint Georges Sportif I / Amical Football Club d’Angers

Pour leur dernier match de la saison, les « Sang et Or » reçoivent à domicile le Football Club d’Angers qui a renforcé son équipe suite à la défaite du match aller.

Équipe 1 : Tauban, Maurice (cap.), Peltier, Delaunay, Le Moullac, Pichot, Alligné, Retailleau, Huet, Dominique, Carmet

28 juin 1936

De nombreux visiteurs rejoignent le stade pour profiter des animations organisées par le Saint Georges Sportif en ce bel après-midi festif attirés par les attractions et les nombreux lots à gagner. Le club organise un tournoi de boule de sable à l’occasion de la nouvelle édition de sa kermesse. Après des éliminatoires très disputées 15 jours avant où une trentaine de parties furent jouées, cinq équipes sont qualifiées et s’affrontent lors de l’après-midi festif organisé sur le stade de la route d’Angers. C’est le duo Bouleau et Bondu qui s’impose. Le gymkhana à bicyclette attire les jeunes : il s’agit d’un parcours à bicyclette comportant des obstacles tels une barrière à franchir, un pont mobile à franchir sans descendre de vélo, un jeu de quille à traverser, un ballon suspendu dans lequel il faut mettre un coup de tête et autres épreuves amusantes. Les footballeurs semblent avoir été séduits par l’épreuve : c’est Peltier, habitué des terrains de l’équipe une, qui finit en tête devant Malinge et Tauban. Une autre animation a un joli succès : la course en sacs aux œufs pour les enfants !

26 juillet 1936

Le club organise cet été 1936, un voyage à La Baule. Une cinquantaine de personnes sont inscrites. Tout a été méthodiquement préparé par le bureau du club qui s’est réuni le mercredi précédent au café Delestre. Le départ est matinal pour pouvoir profiter de la journée. Après un arrêt à Saint-Nazaire qui permet à chacun de visiter la ville et le port, direction la plage pour permettre aux baigneurs de profiter de la mer avant l’heure du déjeuner offert par le club.

4 octobre 1936

Églantine Sportive de Trélazé / Saint Georges Sportif I

Équipe : Rioux, Maurice (cap.), Charpentier, Peltier, Delaunay, Pichot, Babineau, Tissot, Huet, Besson, Martin.

Pour leur premier match de la saison, les « Sang et Or » rencontrent un adversaire de taille.

25 octobre 1936

Union sportive clémentaise / Saint Georges sportif I

Équipe : Rioux, Maurice (cap.), Peltier, Pichot, Delaunau, Rabineau, Besson, Le Maltou, Tissot, Biotteau, Martin, Charpentier.

8 novembre 1936

Suite au forfait de l’équipe adverse, les « Sang et Or » sont convoqués pour un entraînement. Mais les pourparlers aboutissent pour organiser à la dernière minute une rencontre avec le Club Sportif Jean Jaurès d’Angers. Les joueurs saint-georgeois sont finalement convoqués le jour même pour ce déplacement.

Équipe : Maurice (cap.), Peltier, Rabineau, Delaunay, Pichot, Besson, Le Maltou, Rioux, Tissot, Biotteau, Martin.

22 novembre 1936

L’équipe adverse ayant déclaré forfait, le match est de nouveau annulé. L’appel du club relayé par la presse durant la semaine précédente pour trouver une autre équipe prête à affronter les « Sang et Or » reste lettre morte et les joueurs participent à un entraînement.

3 janvier 1937

Églantine Sportive de Trélazé II / Saint Georges Sportif I

Équipe : Rioux, Peltier, Delaunay, Le Mouillac, Grenouilleau, Rabineau, Tauban, La Maltour, Martin, Besson, Biotteau

7 février 1937

Saint Georges Sportif I / Angers Sportif II

Les « Sang et Or » retrouvent le stade de la route d’Angers après un long mois d’absence. Battus au match aller par 4 buts à 1, les joueurs saint-georgeois attendent avec impatience les angevins. Le match est suivi d’une autre rencontre : Angers Sportif opposé au Racing Club Ancénien.

Équipe I : Rioux, Peltier, Pichot, Grenouilleau, Le Moullac, Martin, Rabineau, Tauban Biotteau, Le Maltou, Besson.

14 février 1937

Saint Georges Sportif / L’Églantine Sportive de Trélazé II : Match nul

Équipe : Rioux, Peltier, Pichot, Delaunay, La Mouillac, Grenouilleau, Le Maltour, Besson

Les « Sang et Or » font un retour en forme et décrochent le match nul. La rencontre est suivie d’un vin d’honneur au café Delestre suivi de l’assemblée générale. Tous les membres masculins y sont cordialement invités. A l’ordre du jour, on note le compte rendu financier du dernier trimestre 1936, l’organisation d’une tombola et d’un banquet ainsi que les aménagements à apporter au terrain.

21 février 1937

Saint Georges Sportif / vétérans de Jean Jaurès

Équipe : Rioux, Peltier, Pichot, Grenouilleau, Delaunay, Tauban, Rabineau, Biotteau, Le Maltour, Besson, Pinier, Auffret, Nouvelle

7 mars 1937

Les « Sang et Or » doivent se déplacer à Angers pour y rencontrer le Club Sportif Jean Jaurès mais le terrain de la Malmouche est absolument impraticable. Le match est donc reporté. Quelques joueurs se retrouvent pour un court entraînement au stade de la route d’Angers.

14 Mars 1937

Union Sportive de Saint Clément / Saint Georges Sportif Match éliminatoire pour la coupe de la société de Saint Clément

16 mai 1937

Saint Georges Sportif / Chalonnes sur Loire

Le match attendu entre les formations des deux communes voisines est enfin organisé. L’équipe chalonnaise comprend des joueurs plus aguerris mais la jeunesse et la rapidité des joueurs saint-georgeois promet un match équilibré. La presse prévoit une rencontre « d’une amabilité extraordinaire ».

3 octobre 1937

Le premier entraînement de la saison était prévu le 28 septembre mais en raison de la fête de la gare, il a été annulé. Les jeunes gens souhaitant intégrer l’équipe des « Sang et Or » pour cette saison sont donc conviés à rejoindre le vestiaire du stade de la route d’Angers à 14h avec leur matériel. Les dirigeants attendent particulièrement Rioux, Pichot, Peltier, Jousselin, Le Maltour, Tauban, Tissot, Besson, Biotteau, Pinier et Le Moullac qui se sont illustrés la saison passée. Mais l’équipe n’est pas encore formée et il faudra attendre la fin de l’entraînement pour voir si de nouvelles recrues intègrent le onze saint-georgeois.

La session est suivie d’une assemblée générale au café Del eu pour renouveler le bureau et présenter le rapport moral et financier.

17 octobre 1937

Saint Georges Sportif / Églantine Sportive de Trélazé

Pour le premier match de la saison, les « Sang et Or » retrouvent l’Églantine Sportive de Trélazé sur leur terrain de la route d’Angers.

Équipe : Rioux, Pichot, Jousselin, Pinier, Le Maltour, Rabineau, Vetelet, Tissot, Tauban, Besson, Biotteau, Verger, Rameau.

28 novembre 1937

US Varadaise / Saint Georges Sportif ; (4-2)

Jouant sans leur goal, les saint-georgeois expérimentent une nouvelle organisation offensive. L’équipe domine et se crée de nombreuses occasions. A la mi-temps, le score est de 1 but partout. Mais la seconde période est récompensée par trois réalisations et les « Sang et Or » s’imposent. Cette première victoire rassure après les matchs décevant de ce début de saison.

2 janvier 1938

Saint Georges Sportif / Club Sportif Jean Jaurès (vétérans) : (3-0)

Après trois victoires et un match nul, les « Sang et Or » abordent l’année 1938 confiants. Le début du match est marqué par un jeu très rapide. Les deux équipes font jeu égal et les deux goals sauvent à plusieurs reprises leur équipe. Finalement, les « Sang et Or » trouvent par deux fois le but avant la pause. Dans la seconde période, les joueurs saint-georgeois s’installent dans le camp adverse qui concède de nombreux corners et finalement le troisième but. Le club remporte sa quatrième victoire consécutive. Les joueurs des deux équipes se retrouvent chez monsieur Couteux pour un vin d’honneur amical. On offre des présents aux visiteurs dans une franche camaraderie où chanteurs et chanteuses se donnent la réplique.

5 février 1938

Un groupe de membres de la société sportive se rend à Ingrandes pour assister à la représentation théâtrale de l’Amicale Laïque. C’est une soirée agréable et conviviale.

20 février 1938

Saint Georges Sportif / Club Sportif Jean Bouin

Après la défaite au match aller 2 buts à 1 au stade Bessonneau, les « Sang et Or » espèrent au moins assurer un match nul.

Équipe : Rioux, Jousselin J., Beliard, Rabineau, Pinier, Jousselin L., Besson, Cesbron, Tissot, Tauban, Biotteau, Langlais.

24 mars 1938

Le club de la Possonnière entretient d’excellente relation avec celui de Saint Georges si bien que des projets communs voient le jour. Trois équipes mêlant des joueurs de la Possonnière et du Saint Georges Sportif affrontent les équipes I et II du football club Pontcéais et une formation de l’UAII. Y participent Gaufriau, Maltour, Langlais, Delaunay, Béliard, Jousselin L., Rabineau, Tauban, Cesbron, Jousselin J., Tissot et Besson notamment.

3 avril 1938

Union sportive de Candé I et II / Saint Georges sportif I et II

Handicapés par de nombreuses absences, les « Sang et Or » ont lourdement perdu leurs matchs aller. Sauront-ils se ressaisir lors de ce déplacement ?

Équipe I : Rioux,  Jousselin J., Belliard, Jousselin L., Rabineau, Besson, Cesbron, Tissot, Biotteau, Tauban

Équipe II : Rioux, Gaufriau, Delaunay, Cesbron, Langlais, Verger, Rabineau, Le Maltou, Lhermitte, Chevrotin, Morin, Vételet.

5 juin 1938

Le club organise un concours de pêche ouvert uniquement à leurs sociétaires. Monsieur Baranger a mis son étang à disposition gracieusement. C’est l’occasion pour les familles de se retrouver autour d’un dîner sur l’herbe où chacun partage les denrées qu’il a apportées ou gagnées pour terminer joyeusement la journée. Pour ceux que la pêche ne passionne pas, un concours de coinchée et de belote est également proposé. Les pêcheurs du club sont également inscrits au concours de pêche de la Pouëze qui a lieu le lendemain et celui de Tours la semaine suivante : les prix de 400 francs et 1500 francs, sont de belles récompenses qui font rêver les footballeurs qui voient dans cette activité une belle suite à donner à la saison !

19 et 26 juin 1938

Sur le stade de la route d’Angers, on continue de jouer malgré la fin de la saison : mais les cartes, les boules de sable et les palets ont remplacé le ballon rond. Les familles ont plaisir à se retrouver. Et pour lutter contre la canicule précoce qui frappe le village, la buvette bien approvisionnée offre à tous une grande variété de rafraîchissements !

28 août 1938

Le club organise une excursion sur la côte de Jade. Les familles se rassemblent à 4h45 du matin direction l’océan. Elles visitent Saint Brévin les Pins, Saint Brévin l’Océan et Mindin avant de déjeuner au restaurant du Débarcadère.

équipe de foot du Saint Georges Sportif de 1938 1939

Le Saint Georges Sportif de 1938

6 novembre 1938

La Jaille Yvon / Saint Georges Sportif pour le championnat de l’Ufolep

Équipe : Jousselin L., Jousselin J., Belliard, Rabineau, Lehée, Verger, Cesbron F., Besson, Le Maltour, Loriot, Fresnais, Cesbron J., Vetelet.

5 mars 1939

Saint Georges Sportif / Amicale laïque Condorcet d’Angers Ib

Équipe : Jousselin L., Jousselin J., Bellard, Rabineau, Loriot, Lehée, Cesbron, Besson, Le Maltour, Mazan, Bodin, Cesbron, Fresnais, Vételet.

26 Mars 1939

Saint Georges Sportif / Union Sportive de Candé

Privés de quelques-uns de leurs meilleurs éléments, les « Sang et Or » affrontent un adversaire de taille. En parallèle du match, des tickets sont vendus pour la tombola de fin avril.

Équipe : Jousselin L., Jousselin J., Béliard, Rabineau, Loriot, Lehée, Cesbron I, Cesbron II, Besson, Le Maltour, Fresnais, Vételet

saint georges sportif 1942

Le Saint Georges Sportif de 1942

saint georges sportif 1943

Le Saint Georges Sportif de 1942

10 novembre 1939

Saint Georges Sportif / AS du Bâtiment

Équipe : Thuleau, Rabineau, Frayaux, Eon, Lauriot, Perdreau, Fresnais, Cesbron, Le Haltour, Vettelé, Provallet, Petit, Freschaud, Chéné.

25 février 1940

Saint Georges Sportif / US de Varades

Équipe : Colron, Thuleau, Freschaux, Rabineau, Trayaux, Lauriot, Gale, Trouvallet, Perdreau, Le Maltour, Vetelé, Fresnaie, Albert, Petit

6 octobre 1940

Varades / Saint Georges Sportif

Alors que Saint Georges est occupé par l’armée allemande, les footballeurs sont invités à reprendre leur activité sportive. Les déplacements sont difficiles, par conséquent des matchs sont prévus seulement avec les clubs voisins. Il n’est plus possible de se déplacer en car donc les joueurs doivent se déplacer par leurs propres moyens.

Équipe : Cesbron, Rabineau, Bely, Pichot, Vételet, Trayaux, Tropvallet, Fresnais, Fréchaux, Le Maltour, Merviel, Leray, Jousselin

27 octobre 1940

Association Sportive du Bâtiment Ib / Saint Georges Sportif

Tous les joueurs disponibles sont invités à se rendre au Champ des Martyrs à Angers à 13h30 heure allemande pour jouer ce match. Un second match est programmé opposant l’Églantine de Trélazé à l’équipe une de l’ASB.

 

Source : Le Petit Courrier de 1933 à 1940 (ADML)

saint georges sportif 1946

Le Saint Georges Sportif de 1946

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Saint Stanislas Saint Georges

Saint Stanislas Saint Georges

1943-1966

équipe de football de la saint stanislas 1948

L’équipe de la Saint Stanislas de 1948

Après la seconde guerre mondiale, la pratique du football à Saint Georges prend de l’ampleur. Une jeunesse enthousiaste rejoint les clubs qui fêtent le retour des joueurs prisonniers de guerre ou déportés du travail. Le terrain de foot devient grâce à la compréhension du comte de Serrant, le Stade Municipal et la pelouse est rénovée par la Municipalité. Chaque dimanche, les deux équipes saint-georgeoises, le Saint Georges Sportif, premier club créé en 1933,  et celle du patronage de la Saint Stanislas s’affrontent pour le plaisir des habitants.

En 1947, le club historique est mis en sommeil suite au départ de son entraîneur historique, Germain Métivier. De nouvelles recrues comme Roger Dauce, joueur de Trignac, rejoignent le « Patro » ; il en devient le capitaine. Charles Gaigeard devient l’entraîneur de l’équipe. Mais l’effectif reste fragile et il n’est pas rare d’être obligé d’annuler un match sur les coups de midi, faute de pouvoir aligner onze joueurs. Les restrictions de carburant limitent encore les déplacements. On utilise un véhicule à gazogène c’est-à-dire fonctionnant au bois et au charbon, qu’il faut régulièrement pousser dans les côtes.

Si l’accès au stade se fait désormais par un portillon, les installations sont encore limitées : il n’y a pas l’eau courante et chaque dimanche, il faut aller à cheval chercher de l’eau à la fontaine Benet pour permettre à chacun de se déshydrater. Il n’y a pas de tribune : les spectateurs sont installés sur des bancs que l’on protège avec une bâche retenue par des arceaux quand la météo est capricieuse. Le terrain saint-georgeois a cependant très bonne réputation et il n’est pas rare que l’équipe de Chalonnes alors au faîte de sa gloire vienne disputer ses matchs à Saint Georges quand son propre stade est inondé.

Durant les matchs, les supporters de tous les âges encouragent les joueurs avec ferveur. La tension monte parfois et comme il n’y a pas de main-courante, il n’est pas rare de voir le terrain envahi ! Mais la rencontre finie, tous se retrouvent au bar tenu par les épouses et les mères des joueurs. Il en va de même quand l’équipe est en déplacement : s’en suivent des retours parfois difficiles durant lesquels le chauffeur « distrait » ratisse parfois le bas-côté.

La gestion reste très familiale : on se retrouve dans la semaine chez l’un des dirigeants pour constituer les équipes. En fin de saison, les parents et amis des joueurs se retrouvent pour un banquet ou un voyage en Brière ou sur la côte d’Émeraude. Les fêtes de fin d’année sont l’occasion de déguster des huîtres.

Dans les années 1950, l’équipe première s’appuie sur une défense réputée : le gardien « P’tit Louis », les deux Gilbert, deux solides défenseurs ou encore René Lemaire et son jeu de tête imbattable.

L’équipe connaît des hauts et des bas : le quart de finale de la coupe de Bodman à Saumur, le huitième de finale de la coupe de l’Anjou, la progression en Excellence de l’union d’Anjou et en Promotion d’honneur du district mais également des descentes à l’échelon inférieur et la disparition tragique d’un de ses meilleurs joueurs. L’équipe doit également faire face à de nombreux départs pour la guerre d’Algérie.

palmarès 1950 1951 de l'équipe de football de la SAint Stanislas

Le palamrès 1950 1951 (crédit Abellard)

équipe de football de l'union sportive 1967 1968

L’union sportive 1967 1968

Le début des années 60 est marqué par l’arrivée de jeunes joueurs qui insufflent une nouvelle énergie. Ils sont rejoints bientôt par des footballeurs plus expérimentés : c’est l’apogée de la Saint Stanislas.

La Saint Stanislas devient finalement L’Union Sportive en 1966. C’est le début, d’un joli palmarès. Durant la saison 1970-1971, l’US opère en première Division où les jeunes entraînés par M. Niobé obtiennent de brillants résultats, grâce notamment à de nouvelles recrues, Guy Popille et M. Boulic venant de l’AC Belle-Beille. Ce dernier passe bientôt sur le banc de l’entraîneur. L’équipe finit juste derrière celle de Segré. En 1976, après une saison exceptionnelle, l’US Saint Georges accède à la Promotion d’Honneur et s’y maintiendra une saison supplémentaire avant de redescendre en première division en 1979 après avoir raté le maintien de justesse. Cette déconvenue est contrebalancée par un exploit : les cadets de M. Abraham et M. Garraud remportent brillamment la coupe de l’Anjou. D. Raimbault succède l’année suivante à M. Boulic au poste d’entraîneur. L’équipe se maintiendra alors en bonne place en première division du championnat.

Sources : St Georges 50 de football, publié par l’USSG en 1983

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Saint Georges Sportif

Saint Georges Sportif

1933-1947

équipe de foot du saint georges sportif de 1934

Le Saint Georges Sportif de 1934

C’est en 1933 que le premier club de football saint-georgeois est créé. Le « Saint Georges Sportif » réunit alors une quinzaine de jeunes hommes de 18 à 25 ans. Peu d’entre eux ont déjà joué au football mais ils sont pleins d’enthousiasme pour un sport qui ne compte à l’époque que 200 000 licenciés en France (contre plus de 2 300 000 aujourd’hui). La pratique du sport est alors peu répandue, les hommes préfèrent se retrouver dans les sociétés comme celle de l’Union, alors en plein essor, pour discuter, se réunir ou jouer au jeu de boule de sable ou de boule de fort. Quant aux femmes, elles ne sont pas admises dans ces distractions. Les mœurs changent cependant et une équipe de basket évolue déjà sous les couleurs du patronage Saint Stanislas. Le foot devient une activité de la Saint Georges Nautique, société sportive de natation de la commune créée en 1931.

Les bonnes intentions et la motivation des footballeurs ne suffisent pas à lancer leur équipe : il faut d’abord trouver un terrain. Un fermier cultivant des terres du château de Serrant accepte de louer un champ le long de la route d’Angers, à la sortie Est du village, pour y installer un stade. Le projet rencontre un accueil sceptique chez les habitants et ils sont peu nombreux à participer à l’aménagement du terrain.

On accède au stade par un chemin de terre passant entre deux chênes majestueux. La prairie admet alternativement la présence de vaches et des joueurs qui évoluent sous le regard curieux d’une cinquantaine de spectateurs. C’est le hangar d’une maison voisine qui sert de vestiaires.

Les premiers matchs sont difficiles mais, entraînée par Germain Métivier, l’équipe progresse vite et s’engage rapidement en championnat de la Ligue de l’Ouest au niveau du District sous les couleurs « Sang et Or ». Une seconde équipe de réserve se crée. Le club organise des kermesses, des tournois et d’autres manifestations pour financer des vestiaires métalliques et y installer une buvette. Les familles des joueurs sont conviées à des banquets et des sorties à la mer sont organisées. Nous sommes en 1936, la naissance des congés payés et les loisirs trouvent leur place dans la société française. Des demi-journées en plein air font leur apparition dans les plannings des écoles et le terrain de foot accueille les enfants des écoles publiques.

équipe de foot du Saint Georges Sportif de 1938 1939

Le Saint Georges Sportif de 1938 1939

équipe de foot du saint georges sportif de 1943

Le Saint Georges Sportif de 1943

Durant l’occupation allemande, le club, où se sont nouées des relations fortes, a un rôle important dans la vie des joueurs et de leurs familles. Les déplacements sont plus compliqués, les restrictions sont importantes, des joueurs sont prisonniers et leur absence est pesante. Le club connaît cependant une augmentation du nombre de ses licenciés et continue d’organiser tournois et assemblées sportives pendant trois ans en faveur de la Caisse des Prisonniers de guerre. Le stade de Saint Georges connaît alors des affluences record avec jusqu’à 1 500 spectateurs. Dans cette période difficile, le club est un refuge, un lieu d’humanité et de solidarité face à la détresse et la misère du quotidien de beaucoup de familles saint-georgeoises.

En 1947, le club historique est mis en sommeil suite au départ de son entraîneur historique, Germain Métivier. Récupérant de bons joueurs, l’équipe de la Saint Stanislas prend alors son envol.

Sources : St Georges 50 ans de football, publié par l’USSG en 1983

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Napoléon III à Serrant

Louis Napoléon Bonaparte au château de Serrant

1849

inauguration du chemin de fer à Angers en juillet 1849

Inauguration du chemin de fer à Angers le 30 juillet 1849

Le 31 juillet 1849, le président Louis Napoléon Bonaparte, futur empereur Napoléon III, déjeune au château de Serrant, 41 ans après la venue de son oncle, Napoléon Ier. Elu après la chute de la monarchie de Juillet en 1848, Louis Napoléon profite d’une adhésion massive dans les campagnes mais a de nombreux opposants politiques notamment dans l’Assemblée. Profitant notamment du développement du chemin de fer, Louis Napoléon va durant tout l’été 1849 voyager en Province pour aller à la rencontre des Français et diffuser ses idées politiques. Gagnant ainsi en popularité, il parcourt la France, se faisant acclamer par la foule et les soldats. Ainsi, à la fin juillet 1849, le président Louis Napoléon inaugure la ligne de chemin de fer reliant Nantes à Tours passant par Saint Georges sur Loire. Il est reçu en chemin par Alfred Walsh et Sophie Legrand au château de Serrant.

La visite du Président en Anjou a débuté le 29 juillet. Louis Napoléon descend de son wagon peu après 16h15 à hauteur des estrades dressées pour l’occasion à Angers. La garde nationale et la foule sont là pour l’accueillir aux cris de « Vive Napoléon ! Vive la République ! ». Le Président est accompagné de plusieurs de ses ministres dont Alfred de Faloux qui se rendra célèbre en 1850 par la promulgation d’une loi sur l’enseignement mais également le général Alphonse Henri d’Hautpoul, ministre des armées. Monseigneur Angebault bénit les locomotives puis Louis Napoléon s’élance à cheval suivi de son état-major et de la garde nationale à travers les rues d’Angers où la foule se masse pour le saluer. Les Angevins assistent depuis des tribunes au défilé sur le Champ de Mars. Mais celles-ci, du fait d’une construction trop fragile, s’écroulent juste après le passage du Président. Ce dernier fait demi-tour, s’enquiert d’éventuels blessés avant de rejoindre la préfecture. Alors qu’à l’intérieur le banquet est accompagné par la musique de la garde nationale, la foule se masse à l’extérieur pour profiter des illuminations et du feu d’artifice.

Le lendemain matin, malgré la pluie, la foule est toujours là pour saluer le départ du Président pour Nantes. Le voyage se fait en bateau à moteur. Sur les berges de la Loire, les badauds cherchent à voir le convoi présidentiel mais les conditions météorologiques rendent bien triste cette descente de la Loire. Louis Napoléon réfugié dans la chambre aménagée et décorée pour lui dans le bateau, fait l’effort de sortir régulièrement saluer la population, interrogeant ses accompagnateurs sur l’histoire de l’armée vendéenne dans ces terres.

Le mardi 31 juillet, l’impatience est grande au château de Serrant. Louis Napoléon était attendu à 11h au château. Les gardes nationaux des communes environnantes mais également femmes et enfants, ouvriers et cultivateurs, sont nombreux dans la cour du château à l’attendre. On apprend bientôt qu’un cheval est tombé sur le côté d’une route et qu’il a dû être abattu, provoquant ainsi plus d’une heure de retard.

Cérémonie_de_l'inauguration_du_chemin_de_fer_de_Chartres_-_5_juillet_1849

Inauguration du chemin de fer à Tours en juillet 1849

portrait de Louis Napoléon Bonaparte en 1851

Portrait de Louis Napoléon Bonaparte en 1851

A midi passé, le Président apparaît sur la route. Les gardes forment une haie d’honneur et battent du tambour, la population pousse de joyeux vivats et la voiture du Président attelée de quatre chevaux fait au galop le tour de la cour d’honneur avant de s’arrêter devant le perron. La comte Alfred Walsh et la comtesse Sophie Legrand n’ont été prévenus de la visite présidentielle que la veille. Malgré la hâte, les tables ont été splendidement dressées pour accueillir le Président et ses ministres mais les convives préfèrent rester debout autour de la table du Président. A la fin du repas, Alfred Walsh porte un toast « Au Président ! », puis la comtesse conduit leur hôte prestigieux à la chapelle du château.

Dans ses mémoires, le comte de Faloux se souvient de ce court séjour et souligne la beauté du château. La réception fut « splendide.(…) Le Président fut traité en souverain, selon toutes les règles de l’ancienne étiquette. Le maître de maison lui céda sa place à table et ne réclama ses droits que pour porter debout, avec l’excellent vin de la coulée de Serrant, un toast au Président. »

A 13h15, Louis Napoléon remonte dans sa voiture, regagne Angers afin de monter dans un wagon le conduisant à Saumur où sa venue est célébrée par 60 000 personnes.

Source : Le Prince-Président en Maine et Loire (1849), dans L’Anjou Historique, douzième année, 1911

Mémoire d’un royaliste, Le Comte de Faloux