Saint Georges Patrimoine

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Le Grand Soucy

Le Grand Soucy

Temporel de l'abbaye

le grand soucy en 2006

Le Grand Soucy en 2006

plan du grand et du petit soucy en 1746

Situation du Petit-Faîteau en 1746

Cette métairie située sur la paroisse de Saint Germain des Prés au nord ouest du bourg de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Il esxiste un grand Soucy et à proximité la closerie du Petit Soucy. Le nom de ces deux fermes a pour origine le latin sub cidium, conduit d’eau, ruisseau souterrain, cous d’eau encaissé. Ce n’est pas pour rien qu’une retenue collinaire a été construite à cet endroit. 

Certaines sources donnent une tout autre origine à cette métairie. Suite à un différend, Olivier Ruffier, seigneur de la Grande Chauvière à Saint Germain des Prés, assassine Jean Maulnay, curé sacriste de l’abbaye de Saint Georges, par  en 1410 au lieu-dit Le Cotton. Il est condamner à verser une amende et à abandonner sa métairie du Grand Soucy à l’abbé de Saint-Georges. Il doit également construire sur les lieux du drames une chapelle détruite vers 1802.

La ferme se compose d’un bâtiment avec deux chambres dont une est dotée d’une cheminée et d’un four au dessus desquelles se trouve un grenier, d’une étable à bœufs, d’une étable à vaches et à moutons, d’une grange et de deux soues à cochons. Elle possède1,6 hectares de prés et 29 hectares de terres labourables.

En1684, le logement est plutôt en bon état : seule la couverture doit être réparée. En 1720, le four doit être réparé et la seconde chambre est décrite comme un simple appentis en très mauvais état : l’expert qui doit évaluer les travaux à réaliser suggère que le métayer dorme dans l’étable des bœufs qui offre un meilleur confort !

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court.Sur le logement, la porte de la chambre doit être refaite, des travaux de maçonnerie sont nécessaires pour consolider les murs notamment le pignon, le four doit être rénové et la charpente consolidée. Il en va de même dans les deux étables où les portes en chêne doivent être restaurées et les murs consolidés. La grange est prête à s’écrouler à plusieurs endroits. Les portes des soues à cochons doivent aussi être remplacées. Il est également nécessaire de creuser les fossés qui sont comblés.

L’ensemble des travaux est évalué à 400 livres. En 1747, ce montant est revu à la hausse : les réparations sont estimées à 1322 livres.

acte de vente du grand soucy en 1791

Acte de vente du Grand Soucy en 1791 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période :

  • en 1732, elle est louée à Julien Brochois pour 195 livres par an.
  • Julien Brossais signait un bail le 4 novembre 1766
  • René Pineau est le fermier le 22 février 1791.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères  le 22 février 1791 au prix de départ de 12 000 livres. Le sieur Lechalas en offre 13 700 livres suivi par Joseph Pierre Péan , notaire et futur maire de Saint Georges sur Loire, qui achètera également le logis abbatial. Lechalas surenchérit à 16 000 livres, suivi par PArisot pour 16 100 livres. La métairie est vendue finalement à Magdeleine et Geneviève Heurtelou pour 16 200 livres. Leur sœur Marie Anne acquiert à la même période la métairie du Grand Faiteau. Elles achètent également le Petit Faiteau ainsi que la Palatrie, le Petit Soucy ou encore les Petites touches et l’étang de Dauphin au sud du village. Ces  femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

Notice historique sur l’abbaye de Saint Georges, Lemesles

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Le Petit Soucy

Le Petit-Soucy

Temporel de l'abbaye

le petit soucy en 2006

Le Petit Soucy en 2006

plan du grand et du petit soucy en 1746

Situation du Petit-Soucy en 1746

Cette closerie faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Le Grand Soucy et le Petit Soucy sont deux fermes situées au nord de Saint Georges sur Loire. Le Grand Soucy est situé sur la paroisse de Saint Germain des Prés. Le nom de ces métairies a pour origine le latin sub cidium, conduit d’eau, ruisseau souterrain, cous d’eau encaissé. Ce n’est pas pour rien qu’une retenue collinaire a été construite à cet endroit. Le Petit Soucy est citée régulièrement à partir de 1446.

La ferme se compose d’un bâtiment avec une chambre dotée d’une cheminée et d’un four au dessus de laquelle se trouve un grenier. Une écurie, une porcherie et une étable forment l’installation. La closerie jouxte un étang de 5 hectares et un moulin. En 1684, le moulin est en ruine et en 1791, l’étang est asséché et est devenu un pâturage.

En 1720, la closerie nécessite quelques réparation : la couverture de l’étable et la porte de la soue à cochon sont à refaire.

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court.La porte de la chambre présente des fragilités mais l’expert estime qu’elle peut encore subsister dix ans. Des travaux de maçonnerie sont envisagés pour consolider les murs. Certaines poutres sont à remplacer. La charpente et la couverture de la grange nécessitent des réparation. C’est surtout la soue à cochon qui semble être très dégradée : murs écroulés, portes manquantes et absence de toit. L’étang doit aussi être entretenu ainsi que le chemin qui permet d’y accéder.

L’ensemble des travaux est évalué à 331 livres. En 1747, ce montant est revu à la hausse : les réparations sont estimées à 1318 livres.

acte de vente de la bouvière et du petit soucy en 1791

Acte de vente du Petit-Soucy en 1791 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

           1732 Pierre Roynard qui loue également la Bouvière

            3 mars 1742, bail à Martin Rousseau. ( 200 livres)

            5 janvier 1756, bail à la veuve Julien Brossais. ( 210 livres)

            1er juillet 1770, bail à François Beusnard.

            10 novembre 1773, bail à René Guais.

            Le fermier était Pierre Jarry le 23 février 1791.

En mars 1791, suite à la Révolution, la closerie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères avec la métairie de la Bouvière et le bois de Gobidé (ou Gobidet) d’une surface de 2 hectares, le 20 février 1791 au prix de départ de 24 600 livres. La métairie est d’abord adjugée provisoirement au sieur Brist pour 36 000 livres. Mais le lendemain, les demoiselles Heurtelou surenchérissent en proposant 37 000 livres. La métairie est vendue finalement à Magdeleine et Geneviève Heurtelou le 23 février. Leur sœur Marie Anne acquiert à la même période la métairie du Grand Faiteau. Elles achètent également le Petit Faiteau ainsi que la Palatrie, le Grand Soucy ou encore les Petites touches et l’étang de Dauphin au sud du village. Ces  femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le Petit-Faîteau

Le Petit-Faîteau

Temporel de l'abbaye

le petit faiteau en 2006

Le Petit-Faîteau en 2006

plan du petit faiteau en 1746

Situation du Petit-Faîteau en 1746

Cette métairie faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Le Grand-Faîteau et le Petit Faîteau sont deux métairies situées au nord de Saint Georges sur Loire. Le nom de cette métairie provient du mot faîte, hauteur, sommet. Elle est sur le point haut de la paroisse. La métairie est citée régulièrement dans les documents à partir de 1446.

La ferme se compose d’un bâtiment avec deux chambres basses avec grenier dont l’une comprend une cheminée qui sert également de four. Une étable est réservée aux bœufs et une autre aux vaches. On y trouve aussi une grange et une porcherie. La métairie possède 3,6 hectares de prés, 26 hectares de terres labourables. Elle rapporte à l’abbaye un loyer annuel d’environ 140 livres.

En 1720, la métairie se trouve dans un état désastreux : beaucoup de maçonneries sont à refaire, ainsi que la couverture, des portes sont à réparer tout comme la trappe du grenier. Il faut également refaire la maçonnerie du puits « qui est à fleur de terre, à la hauteur d’appuy pour et éviter le danger des personnes et des bestiaux qui peuvent tomber dedant et surtout les enfens ».

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court qui met en évidence de lourds travaux à prévoir. L’ouverture du logement menace de s’écrouler : les travaux pour consolider le bâtiment sont couteux même si l’expert souhaite réutiliser les matériaux disponibles sur place. Le four doit également être entièrement refait. Les murs de la chambres doivent être enduits et le plancher restauré. Et la liste continue : cloisons de la deuxième chambre, porte et charpente sont dans un tout aussi piteux état. « La couverture est aux trois quarts corrompus et usés de vétusté » estime l’expert. Dans les bâtiments destinés aux animaux le constat est tout aussi désastreux : « Le mur séparant ladite étable d’avec la grange, est de nulle valeur, prest à ébouler » et l’étable n’a plus de portes. Enfin, la porcherie construite trois ans auparavant est dépourvue de toit.

L’ensemble des travaux est évalué à 370 livres. En 1747, ce montant est revu à la hausse : les réparations sont estimées à 1218 livres.

Acte de vente du Petit faîteau en 1791

Acte de vente du Petit-Faîteau en 1791 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

24 juillet 1688, L. Abichy

16 juin 1733, bail à Germain Diet.

13 mars 1742, bail à François Robin. (210 livres)

21 décembre 1765, bail à moitié à Pierre Boisnault.( 165 livres)

5 novembre 1766, bail à Pierre Boisnault. ( 280 livres)

10 novembre 1770, bail à pierre Boisnault . ( 280 livres)

18 février 1776, Bail à la veuve rené Jarry. ( 300 livres)

5 septembre 1787, Bail à Pierre Gourdon.

11 février 1791, René Guillaud.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères le 11 février 1791 au prix de départ de 10 600 livres. Julien Heurtelou en propose 10 900 livres. Deux autres propositions sont faites à 12 000 et 12 200 livres. Julien Heurtelou surenchérit à 12 300 livres et achète la métairie. A la même période, ses tantes ,Marie, Magdeleine et Geneviève Heurtelou  achètent également la Bouvière, le Grand Faiteau ainsi que la Palatrie, le Grand Soucy et le Petit Soucy mais également les Petites Touches et l’étang de Dauphin au sud de la commune. Julien est le fils de Julien Heurtelou, seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le Grand-Faîteau

Le Grand-Faîteau

Temporel de l'abbaye

le grand faiteau en 2006

Le Grand-Faîteau en 2006

plan du grand faiteau en 1746

Situation du Grand-Faîteau en 1746

Cette métairie faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Le Grand et le Petit Faiteau sont situées au nord de Saint Georges sur Loire. Le nom de ces métairies provient du mot faîte, hauteur, sommet. De fait, les deux métairies sont implantées sur le point haut de la paroisse. La métairie est citée régulièrement dans les documents à partir de 1446.

La ferme se compose d’un bâtiment avec deux chambres basses avec grenier. Une étable est réservée aux bœufs et une autre aux vaches. On y trouve aussi deux porcheries. La métairie possède 5,5 hectares de prés, 25 hectares de terres labourables ainsi que le bois des Roncinières qui couvre 2,6 hectares. Elle rapporte à l’abbaye un loyer annuel d’environ 140 livres.

En 1684, la métairie fait l’objet d’une première expertise : les étables semblent dans un très mauvais état. La grange aux bœufs est affaissée en sorte que les bœufs logent dans une des deux chambres du métayer. L’étable aux vaches est en ruine suite à un incendie survenu neuf ans auparavant.

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une deuxième expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court qui met en évidence de lourds travaux à prévoir. La porte du logement est entièrement à refaire, tout comme la cheminée et la fenêtre.Une des poutres soutenant le grenier est fendue : on y a placé un poteau pour la maintenir. L’expert estime qu’elle peut tenir en l’état six ans mais il conviendrait de la remplacer. De nombreux éléments de la charpente en bois semblent avoir souffert de l’incendie et sont fragilisés. S’ils peuvent encore tenir quelques années, leur remplacement fait considérablement monter les frais. Dans la deuxième grange, il est nécessaire de consolider la maçonnerie, réviser la couverture et la charpente et d’installer une nouvelle porte. Les ouvertures et les portes des porcheries doivent aussi être refaites. Il faut de plus creuser de nouveau fossés car les anciens ont été comblés. L’ensemble des travaux est évalué à 465 livres. En 1747, ce montant est revu à la hausse : les réparations sont estimées à 822 livres.

acte de vente du Grand Faiteau en 1791

Acte de vente du Grand-Faîteau en 1791 (ADML)

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

            L.Gourdon 24 juillet 1688

            René Renou en 1733.

            Georges Verdun en 1738 et 1765.

            Jean Legendre en 1766.

           Charles Dupont en 1771.

           Jacques Uzureau le 31 Août 1776.

           Jacques Rabineau le 28 septembre 1776.

En 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères le 11 février 1791 au prix de départ de 9 600 livres. Marie Anne Heurtelou en propose 9800 livres. Une autre offre est faite à 12100 livres. Marie Heurtelou surenchérit à 12 200 livres et achète la métairie. A la même période, ses sœurs, Magdeleine et Geneviève Heurtelou   achètent également le Petit Faiteau au nom de leur neveu ainsi que la Palatrie, la Bouvière, le Grand Soucy et le Petit Soucy mais également les Petites Touches et l’étang de Dauphin au nord du village. Ces femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Les Petites Touches

Les Petites Touches

Temporel de l'abbaye

les petites touches en 2006

Les Petites Touches en 2006

plan des petites touches en 1746

situation des Petites Touches en 1746

Cette métairie située au sud-ouest de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient

La ferme était constituée de deux chambres basses dont l’une possède une cheminée, au-dessus desquelles on trouve un grenier. Deux étables accueillent d’un côté les vaches de l’autre les bœufs. On y trouve également une grange, un appentis servant de cellier et un toit à cochon. Au XVIIIème siècle, on note également la présence de ruines d’anciens bâtiments dont une fuie « détruite depuis près de 100 ans et comme inutile ». La cour est aménagée avec abreuvoir, mulonnière (espace réservé au foin) et 5 petits enclos. La métairie dispose de 4,6 hectares de prés et de 24 hectares de terres labourables.

Comme pour les autres métairies appartenant à l’abbaye, une expertise est réalisée en 1733 lors de la succession de l’abbé Caton de Court qui met en évidence de lourds travaux à prévoir. La cheminée doit subir de grosses réparation notamment les tuffeaux  doivent être remplacés, le manteau et l’évacuation doivent aussi être réparés. Les murs des chambres et les huisseries demandent aussi des interventions. Des poutres et le cellier doivent être consolidés. Le pignon a été fragilisé par la prolifération du lierre qui doit être coupé. Il n’y a plus de porte pour séparer l’étable de l’une des chambres. Le mortier entre les pierres du pignon de l’étable est tombé, fragilisant grandement le mur. L’autre étable et la grange ne sont pas dans un meilleur état : la couverture, la maçonnerie, les portes sont à refaire. La porcherie n’a également plus de porte. Tous ces travaux sont évalués à 281 livres. Quand une nouvelle évaluation est réalisée en 1747, les réparations sont chiffrées à 1015 livres.

acte de vente des petites touches et de dauphin en 1791

Acte de vente des petites Touches et de Dauphin en 1791

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

           1732 Pierre Renou (160 livres)

           2 mars 1739, bail à Morinière-Bourcier-Bédouineau.

            23 février 1742, bail à Jean Bédouineau

            26 mai 1747, bail à Jean Bédouineau. ( 250 livres)

            22 janvier 1765, bail à Jean Bédouineau. ( 220 livres)

            5 novembre 1766, bail à Jean Bédouineau. ( 280 livres)

            15 novembre 1770, bail à Jean Bédouineau. ( 280 livres)

            21 octobre 1776, bail à Alexis Boivin. ( 360 livres)

            2 août 1784, bail à Onésime Souchet. ( 700 livres)

            3 mars 1791, Onésime Souchet.

En mars 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères avec l’étang de Dauphin le 3 mars 1791 au prix de départ de 14 000 livres. Jean-Jacques Greneron Ternant, notaire et futur maire de Saint Georges, en propose 15 000 livres.  Magdeleine et Geneviève Heurtelou surenchérissent à 22 000 livres suivies par le Bosé qui en propose 24 000. La métairie est finalement adjugée à Magdeleine et Geneviève Heurtelou pour 24 900 livres.  Leur sœur Maire Anne achète dans le même temps la métairie du Grand Faîteau. Elles achètent également la Bouvière, le Petit  Faiteau au nom de leur neveu ainsi que la Palatrie, le Grand Soucy et le Petit Soucy. Ces femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Dauphin

Dauphin

Temporel de l'abbaye

la métairie de Dauphin en 2006

La métairie de Dauphin en 2006

dauphin plan en 1746

situation de Dauphin en 1746

Cette métairie située au sud-ouest de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient

C’est une propriété plutôt modeste, qualifiée de « petit lieu » dans un document de 1684 avec une closerie, composée d’une chambre avec cheminée et un grenier, d’une étable et d’une porcherie. La métairie possède peu de terres : moins d’un hectare de prés et de terres labourables et un étang de 4 hectares. La propriété comporte initialement un moulin mais celui-ci est en ruine, abandonné depuis la seconde moitié du XVIIème siècle. La ferme est louée pour la modeste somme de 35 livres en 1732.

En 1733, à la succession de l’abbé Jean-Louis Caton de Court , l’état des lieux donne de la métairie une image peu reluisante. Le logement n’a plus de porte tout comme l’étable. Les murs ainsi que la cheminée doivent être consolidés. Les chemins et l’étang n’ont pas été entretenus. Il ne reste du moulin que les vestiges d’anciens murs. Le montant des réparations est alors estimés à 104 livres. En 1747, une nouvelle expertise considère que les travaux s’élèvent désormais à 567 livres.

acte de vente des petites touches et de dauphin en 1791

Acte de vente des petites Touches et de Dauphin en 1791

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

            19 septembre 1733, bail à Pierre Barrault.

            26 mars 1765, bail à Joseph Chamaillet.

            20 octobre 1770, bail à Louis Bessonneau.

            23 septembre 1772, bail à Jean Guillot.

            Le 3 mars 1791 : O Sochet

En mars 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères avec la métairie des Petites Touches le 3 mars 1791 au prix de départ de 14 000 livres. Jean-Jacques Greneron Ternant, notaire et futur maire de Saint Georges, en propose 15 000 livres.  Magdeleine et Geneviève Heurtelou surenchérissent à 22 000 livres suivies par le Bosé qui en propose 24 000. La métairie est finalement adjugée à Magdeleine et Geneviève Heurtelou pour 24 900 livres. Leur sœur Marie Anne acquiert à la même période la métairie du Grand Faiteau. Elles achètent également la Bouvière,  le Petit  Faiteau ainsi que la Palatrie, le Grand Soucy et le Petit Soucy. Ces femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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La Bouvière

La Bouvière

Temporel de l'abbaye

La bouvière en 2006

La Bouvière en 2006

plan de la bouvière au XVIIème

situation de la Bouvière en 1746

Cette métairie située au nord de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Son nom provient du mot bœuf. Etait-ce un élevage de bœufs, le domicile d’un bouvier ? Toutes les hypothèses sont plausibles.

Une expertise daté de 1747 et l’acte de vente de 1791, donnent la description suivante de la métairie. Un premier bâtiment est constitué d’une étable et de deux chambres dont l’une possède une cheminée et un four et l’autre est séparée en deux par une cloison de colombage. Un second bâtiment comprend l’écurie, une grange et l’étable pour les vaches. Un enclos est installé dans la cour. 11 hectares de prés et 40 hectares de terres labourables sont rattachés à la ferme. La métairie est louée pour 400 livres par an.

La métairie est citée régulièrement dans les possessions de l’abbaye à partir de 1446. A partir du XVIIème siècle, la métairie semble faire l’objet de nombreux travaux successifs. Une expertise datée de 1684 indique que la porte du logement est dans un très mauvaise état, que l’étable est ruinée et que la soue à porc est détruite. L’état général ne semble guère s’améliorer dans les années suivantes : en 1720, il faut changer la porte d’entrée et en réparer une autre, installer des poteaux pour soutenir les poutres de la charpente, refaire la maçonnerie du puits ainsi que les portes de l’enclos à cochon.

En 1733, à la succession de l’abbé Jean-Louis Caton de Court, un nouvel audit est réalisé.  Sur le premier bâtiment, des travaux de maçonnerie sont à prévoir sur les murs, les pas de portes, la cheminée mais surtout sur le pignon de l’étable. Le deuxième bâtiment semble en bien piteux état : des travaux sur la charpente, la couverture, les enduits et les murs deviennent indispensables. L’enclos à cochon nécessite aussi de l’entretien. L’artisan estime les réparations pour un montant de 636 livres. Les travaux ne seront pas réalisés si bien en 1747, une nouvelle estimation fait monter la facture à 763 livres !

acte de vente de la bouvière et du petit soucy en 1791

Acte de vente de la Bouvière en 1791

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

            René Basantais 24 juillet 1688

            Pierre Roynard bail du 22 novembre 1734 qui loue également la closerie du Petit Soucy

            Marguerite Boisnault bail du 4 décembre 1741

            Jean Guittonneau bail du 9 décembre 1744, puis du 3 janvier 1756 et le 9 décembre 1758

            Thomas Verdun bail du 1er juin 1767

            Jean Legendre bail du 2 novembre 1770

            Anne Souchet bail du 19 février 1776

            Pierre Jarry bail du 1er Août 1784 puis  le 23 février 1791.

En mars 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères avec la closerie du Petit Soucy et le bois de Gobidé (ou Gobidet) d’une surface de 2 hectares, le 20 février 1791 au prix de départ de 24 600 livres. La métairie est d’abord adjugée provisoirement au sieur Brist pour 36 000 livres. Mais le lendemain, les demoiselles Heurtelou surenchérissent en proposant 37 000 livres. La métairie est vendue finalement à Magdeleine et Geneviève Heurtelou le 23 février. Leur sœur Marie Anne acquiert à la même période la métairie du Grand Faiteau. Elles achètent également le Petit Faiteau ainsi que la Palatrie, le Grand Soucy, le Petit Soucy ou encore les Petites touches et l’étang de Dauphin au sud du village. Ces  femmes sont des sœurs de Julien Heurtelou,seigneur du château de la Bénaudière. Avec l’achat de ces terres qui entourent le château, les Heurtelou créent un vaste domaine agricole au nord de Saint Georges sur Loire.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

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Le petit Bâtonnet

Le petit Bâtonnet

Temporel de l'abbaye

métairie du petit batonnet en 2006

Le petit Batônnet en 2006

plan du petit batonnet en 1746

situation du petit Batônnet en 1746

Cette métairie située au nord-est de Saint Georges sur Loire, faisait partie du temporel de l’abbaye : propriété de l’abbaye, elle était louée à des fermiers qui l’exploitaient. Ces terres furent en effet offertes aux chanoines à la construction de l’abbaye au XIIème siècle, faisant partie des douze métairies données par les seigneurs du Plessis-Macé à qui elles appartenaient. Son nom provient du mot bâton, signe de commandement. On peut supposer que l’un de ses propriétaires ou locataires devait avoir une responsabilité importante dans la paroisse. On parle du Petit Batônnet car il existe aussi dans le village un Grand Batônnet, propriété de la Baronnie de Bécon.

La métairie est citée régulièrement dans les possessions de l’abbaye à partir de 1446. En 1671, sa rente est estimée à 140 livres par an. Elle semble avoir été bien entretenue car elle est considérée en bon état en 1684 comme en 1720. Mais en 1733 de lourds travaux sont à prévoir. Une expertise en donne une description détaillée.

« Le lieu est composé d’une chambre manable (c’est-à-dire d’habitation par opposition à une pièce à usage de grange ou d’écurie) à cheminée et four antichambre et étable au bout, grenier sur ladite chambre et antichambre »

Des travaux sont à prévoir :

 » Il faut refaire la voute du four de trois pieds de diamètre avec brique et mortier de terre ce faisant sera refait sur le manteau de la cheminée un pied carré de bricage avec chaux et sable.(…) Il faut refaire autour des murs, en dedans de ladite chambre deux toises d’enduit avec chaux et sable. (…)Au plancher, refaire deux toises de terrasse avec sa couette et pavée par dessous en place de celle qui est corrompue. (…) A la porte de ladite antichambre, sera mis un verouil avec ses anneaux et un crochet avec un piton en place de ceux qui manquent. »

Les jambages, c’est-à-dire les pierres qui soutiennent les murs ou les poutres, sont aussi à reprendre au niveau des portes et des murs de l’étable qui semble en piteux état tout comme la porcherie et les 1200 mètres de clôtures ! Le montant estimé des réparations est de 156 livres !

acte de vente du petit batonnet en 1791

Acte de vente du Petit Batonnet en 1791

Les travaux n’ont pas été réalisés si bien qu’en 1747, une seconde expertise estime cette fois-ci le montant des travaux à 271 livres.

Les actes notariaux concernant les baux permettent de retrouver les occupants de la métairie durant cette période.

            16 juin 1733                 Jean Rousseau            

            18 décembre 1741      Pierre Foucher           

            22 janvier 1756          Charles Dupont          

            10 novembre 1766     Charles Dupont          

            21 octobre 1771          Julien Raimbault        

            27 février 1783           Etienne Chauvat        

            10 février 1789           Jean Guyais              

             17 mai 1791                 René Gillot

En mars 1791, suite à la Révolution, la métairie est nationalisée comme tous les biens du clergé et vendue aux enchères par le notaire Jean Jacques Greneront Ternant qui deviendra maire quelques semaines plus tard. La mise à prix est de 8 000 livres. Pierre Gourdon, ancien aubergiste, devenu secrétaire greffier de la justice de paix qui achètera une partie de la maison conventuelle de l’abbaye, enchérit à 10 000 livres, suivi par Besnard à 12 000 et Bodineau à 13 000. C’est finalement Joseph Ravain, chirurgien de Bécon qui achète la propriété pour 14 000 livres, très au-dessus de son prix de départ. La propriété se compose alors de deux chambres basses avec grenier de deux étables (une pour les boeufs et l’autre pour les vaches), d’un toit à porc, de deux petits jardins, de près de 24 hectares de terres labourables et de 4 hectares de prés. Joseph-Pierre Ravain est devenu propriétaire des Foresteries, un domaine situé sur la commune du Louroux Béconnais, suite à son mariage. Il y est assassiné le 3 floréal de l’an II, soit le 22 avril 1794. Ce soir-là, trois meurtres sont commis dans les métairies voisines des Forestries et de la Confoirdière. Etienne-Philippe Casternault, officier municipal, Joseph Philippeaux, son domestique et Joseph Ravain, maître en chirurgie, ancien député de la paroisse de Bécon aux états généraux de 1789, sont exécutés brutalement. Durant la nuit, soixante combattants de l’armée vendéenne pénètrent dans la maison de Casternault par une fenêtre. Alors que sa fille tente de s’interposer en se jetant dans ses bras, l’officier est frappé d’un coup de baïonnette au visage. Tombant au sol dans les bras de sa fille, l’homme est abattu de deux coups de fusils. L’escadron se rend ensuite chez Ravain, lui ordonne de s’habiller avant de lui lier les mains et de le fusiller.

Sources

Le temporel de l’abbaye de Saint Georges sur Loire, Denis Mercier

Un canton de l’Anjou sous la terreur et durant la guerre de la chouannerie, Hippolyte Sauvage, 1873, p142

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine et Loire, Célestin Port

Catégories
portraits

Pierre et Jean Michel Baraudrie

Pierre Baraudrie ou Barauderie

1644-1729

signature de pierre baraudrie

Signature de Pierre Baraudrie

maitre autel de la chapelle Notre dame d'Abrissel

maitre autel de la chapelle Notre dame d’Abrissel réalisé par Pierre Baraudrie

Pierre Baraudrie naît le 1er septembre 1644 à Poitiers sur la paroisse de Sainte Radégonde. Ses parents sont Michel Baraudrie, maçon et Jeanne Escarlatte ou L’Escarlette qui s’étaient mariés le 2 novembre 1643. Ayant perdu sa femme, Michel se remarie le 17 février 1664 avec Marguerite Bonnet avec qui il a trois enfants : des jumeaux nés le 7 août 1665, Pierre qui aura pour parrain son frère aîné, et Renée, petite fille décédée le 8 octobre 1702, suivis de Radegonde-Françoise, baptisée le 30 août 1671. Michel décède le 16 avril 1693.

Pierre Baraudrie arrive à Angers en 1666 et emménage dans la paroisse de la Trinité où se trouvent à l’époque de nombreux ateliers d’artiste. Il travaille sous la direction du célèbre sculpteur Pierre Biardeau aux côtés duquel il apprend l’art de la décoration. Ce-dernier, né au Mans en 1608 d’un père, René, sculpteur, s’est formé à Laval alors célèbre école de retables. Contrairement à son frère René (II) également sculpteur qui a repris l’atelier paternel au Mans, Pierre Biardeau a installé son atelier à Angers dans les années 1630, réalisant les statues et les retables de nombreux bâtiments religieux : l’autel du prieuré de Breuil Bellay, le retable de la chapelle des Calvairiennes de Mayenne, la statue de la Vierge de la cathédrale de Poitiers, le gisant de Robert d’Abrissel à l’abbaye de Fontevraud… Ses travaux pour le couvent des Augustins d’Angers lui ont ouvert les portes de cet ordre : ses œuvres ornent les couvents de la Rochelle, Montmorillon et même de Paris. L’artiste bénéficie d’une célébrité grandissante et fait fortune mais l’homme, de nature charitable, a la réputation de partager ses bénéfices avec les plus pauvres. L’influence de Biardeau, qui réintroduit la mode des statues peintes, est telle que sa présence à Angers est à l’origine de l’émergence d’un véritable foyer artistique qui entre en concurrence avec les ateliers de modelage du Mans. Pierre Baraudrie effectue donc son apprentissage auprès d’un maître influent, poursuivant son œuvre. Mais si le sculpteur inscrit son art dans le style de Biardeau, il développe un goût pour une décoration encore plus foisonnante. Baraudrie prendra toutes les qualités de son maître mais proposera des compositions plus soignées et offrira à ses visages des traits moins figés.

En 1670, Pierre Baraudrie réalise le maître autel et les deux autels collatéraux de l’église Saint Samson d’Angers – aujourd’hui, une remise dans le jardin des plantes – commandés par le curé, Jean Hubert. A la mort de son maître en 1671, il achève le grand autel de la chapelle des Pères Augustins près de l’abbaye du Ronceray dans la Doutre. Si le travail manque encore de précision, l’élève est bien en train de suivre les pas de son maître. Pour preuve, en 1674, Pierre Baraudrie récupère la commande de la décoration du maître-autel de la collégiale Saint-Maimboeuf à Angers – détruite en 1721 lors de la création de la place du Ralliement – initialement passée à François Beauvarlet, sculpteur angevin déjà bien installé mais avec qui le chapitre n’a pu s’entendre. Aujourd’hui disparus, les deux bas-reliefs réalisés pour 86 livres représentent Jésus au jardin des oliviers et l’Ascension sur un support « blanc façon de marbre », auxquels s’ajoute une Vierge tenant le petit Jésus « sur ses bras ». Ces premières réalisations du sculpteur vont asseoir la renommée du sculpteur qui ne fera que grandir dans les années qui suivront.

Le 18 septembre 1672, il épouse Louise Toublanc, fille du notaire du château de Serrant. Leur premier fils Jean-Michel naît le 27 avril 1674 à Angers. Le couple s’installe à Saint Georges sur Loire où ils ont six autres enfants : Jean en octobre 1676 et mort l’année suivante le 27 mai, Olivier-Pierre né le 14 avril 1680, Catherine le 1er mars 1682 et décédée à Saint Georges le 29 janvier 1683, Barbe-Louise née le 10 décembre 1683, Marie-Louise née en 1685 et décédée à trois mois, et Renée-Louise le 9 décembre 1686. Devenu veuf suite au décès de Louise vers 1690, Pierre se remarie le 3 juin 1694 à Angers avec Marie Deslandes, fille de Nicolas Deslandes, greffier au présidial d’Angers. Ils ont un fils, Pierre, né le 20 septembre 1695.

extrait de registre pour le mariage de Pierre Baraudrie et Louise Toublanc

Registre de l’église de la Trinité d’Angers, mariage de Pierre Baraudrie et Louise Toublanc, le 18 septembre 1672 (ADML)

maitre autel de l'église saint bomier de fontaine couverte

Maitre-autel de l’église saint Bomier de Fontaine Couverte réalisé par Pierre Baraudrie

autel de l'église Saint Bomier de Fontaine Couverte

Autel de l’église Saint Bomier de Fontaine Couverte, réalisé par Pierre Baraudrie

Le 22 octobre 1694, Pierre Baraudrie reçoit la commande du prieur Guy Doublard de l’église Saint Bomier de Fontaine-Couverte dépendant de l’abbaye de la Röe en Mayenne pour l’autel et le retable pour un montant de 1000 francs. L’ouvrage est en tuffeau enrichi de marbre rouge de Laval pour les colonnes et le tabernacle. Pour le bas-relief présentant l’adoration des bergers sculpté pendant l’hiver, Pierre Barauderie utilise les paysans locaux comme modèle. Le retable, encore visible aujourd’hui, fera l’objet de nombreux ajouts de dorures et de décoration au XIXème siècle. Les bas-reliefs mêlant tuffeau et terre cuite représentent la nativité, l’ensevelissement de la Vierge, sur l’autel méridional et la mise au tombeau et la crucifixion, sur le maître-autel. Les hauts-reliefs représentant Saint Jeanne de Chantal et Saint François de Sales. Enfin, quatre statues de tuffeau sculpté de la Vierge à l’enfant, de Saint Julien, d’un évêque et de Saint Sébastien viennent compléter le retable. En 1715, Henri Hanuche, marbrier de Sablé ayant travaillé sur la marbrerie du château de Versailles, réalise un retable sur le même modèle dans l’église de Saint Caradec dans les Côtes d’Armor, rattachée également à l’abbaye de la Röe.

Quelques années plus tard, Pierre Baraudrie réalise le maitre-autel de la chapelle des Ursulines d’Angers, située derrière l’actuel hôtel de ville ainsi que le cénotaphe de Guillaume Lanier, fondateur de l’église des Ursulines, commandé par sa femme Lucrèce Louet et orné du portrait de ce dernier par Charles Lagoux, aujourd’hui disparu. L’œuvre de Baraudrie sera vendue à la Daguenière où il se trouve encore, à la Révolution alors que la chapelle devient un magasin. Dans l’église Notre Dame de l’Assomption à Arbrissel en Ile-et-Vilaine, il réalise un retable à la forme originale, conçue pour lui donner un parti-pris vertical évident. Deux puissantes colonnes roses et noires bordent un cadre à moulure ornée de motifs végétaux, dans lequel figure une Assomption sculptée en ronde-bosse. Au sommet, repose un grand vase de fleurs d’où retombe guirlandes, draperies et palmes, renforçant la forte verticalité voulue par le sculpteur. Le sculpteur réalise également le maître-autel, le retable et deux statues dans l’église Saint Pierre de Bouchamps-lès-Craon en 1702 ou encore pour les églises de Faye et d’Alençon.

Au début du XVIIIème siècle, le sculpteur est au fait de sa gloire. Pierre Barauderie bénéficie de la reconnaissance des autres maîtres-maçons angevins qui lui demandent régulièrement, à lui ou à sa famille, de parrainer leurs enfants : Pierre est ainsi le parrain de Marie, la fille de Bénigne Mouillet, tailleur de pierre, sa femme, la marraine de Paul, le fils de Macé Gaultier, savant-maçon et son fils aîné Jean-Michel est parrain de François Lointier, fils de Noël Lointier, architecte.

 

statue d'un évêque dans l'église Saint Bomier de Fontaine Couverte

statue d’un évêque dans l’église Saint Bomier de Fontaine Couverte, réalisée par Pierre Baraudrie

cenotaphe de guillaume lanier dans la chapelle des ursulines à Angers

Cénotaphe de Guillaume Lanier dans la chapelle des Ursulines à Angers, réalisé par Pierre Baraudrie

En 1700, Guillaume III Bautru l’engage avec l’architecte angevin Noël Lointier pour « construite l’allongement de l’aile droite avec les mêmes architectures et ornements par dehors que ceux qui sont à l’autre aile et dans le dit allongement de faire une chapelle» dans son château de Serrant. Le monument est pris d’une fièvre de construction depuis son rachat en 1636 par son père Guillaume II Bautru. Sébastien Simmoneau, maître-maçon originaire du Poitou et installé comme Pierre Baraudrie à Saint Georges sur Loire, travaille également sur le chantier, chargé de donner un pendant au pavillon de gauche et d’élever « le mur de clôture de l’un à l’autre des dits pavillons et [d’ouvrir] un portail au milieu du dit mur ». Ce dernier réalise également la maison conventuelle et le nouveau logis abbatial de Saint Georges sur Loire dans la même période.

De 1705 à 1713, la mairie d’Angers l’emploie pour de nombreux travaux d’ornementation comme les armoiries de la ville et du maire François Jourdan en 1707.  Âgé de plus de 70 ans, Pierre Baraudrie sculpte toujours mais les commandes deviennent plus rares : l’engouement pour les statues peintes commence à passer. Quant son maître Biardeau finit sa vie fortuné, Pierre Baraudrie connaît des derniers jours difficiles financièrement.

Pierre meurt le 2 avril 1729 à Angers, âgé de 86 ans et est inhumé au cimetière de la Trinité. Marie Deslandes décède le 30 décembre 1732.

Maître-autel de l'église Saint Pierre de Bouchamps-lès-Craon, attribué à Pierre Baraudrie

Maître-autel de l’église Saint Pierre de Bouchamps-lès-Craon, attribué à Pierre Baraudrie

acte de mariage de Jean Michel Baraudrie

Acte de mariage de Jean-Michel Baraudrie et Renée Guignard le 3 septembre 1704 à l’église Saint Martin d’Angers (ADML)

Son fils, Jean-Michel, poursuit l’œuvre de son père en devenant lui-même sculpteur, se formant vraisemblablement auprès de son père, signant son premier contrat à l’âge de 14 ans. Il va très probablement travailler sur le chantier du château de Serrant et de l’abbaye. Il est difficile de différencier l’oeuvre du père et du fils, les deux travaillant conjointement. Jean-Michel Baraudrie a très certainement contribué aux oeuvres attribuées à son père à compter des années 1690.

Il se marie avec Renée-Louise Guignard le 3 septembre 1704 à l’église Saint Martin d’Angers. Le couple est installé à la Villette à Saint Georges sur Loire. Ils ont quatre enfants nés à Saint Georges : Marie née en 1705 et décédée en 1709, Charlotte née en 1706, Renée née en 1708, Pierre-Jean né en 1710 qui deviendra laboureur à la Villette puis meunier. Jean-Michel se remarie le 24 août 1711 à la Trinité à Angers avec Marie-Anne Suzanne. Le couple à trois enfants nés à Saint Georges sur Loire : René en 1725, Marie-Thérèse née en 1727 et morte en 1729 et René. Ce-dernier naît le 3 janvier 1729, quatre mois après le décès de son père sur un chantier de l’autel de l’église de Vern d’Anjou détruite en 1875. L’enfant décède en septembre.

Sources :

Bulletin historique et monumental de l’Anjou, Aimé de Soland, 1868-1869, p171-172

Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest et des musées de Poitiers, Volume 16

Dictionnaire des Sculpteurs sous Louis XIV, Lami

Revue des sociétés savantes, 1873, 1ere partie : Célestin Port, Artistes angevins

Mairie d’Angers registre du 30 janvier 1703 au 30 avril 1703

Congrès archéologique de France, Le château de Serrant par Jean-Marie Perouse de Montclos, p.332 à 351

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l’ancienne province d’Anjou, Célestin Port.

https://sculpturesdumaine.culture.gouv.fr/fr/latelier-des-biardeau