La Société Hippique Rurale de Saint Georges s’entraînant dans le parc du château de la Bénaudière en juin 1939 (Petit Courrier / ADML)
Depuis la fin du XVIIIème, le cheval avait une place importante à Saint Georges. Deux écuries de chevaux de course étaient très actives, l’une appartenant au duc de la Trémoïlle au château de Serrant et l’autre au comte de Jousselin à la Bénaudière. Des courses hippiques réputées avaient lieu dans le parc du château de Serrant jusqu’au début de la deuxième guerre mondiale. C’est juste avant ce conflit que naquit l’éphémère société Hippique rurale de Saint Georges sur Loire.
En 1938, quelques agriculteurs ayant effectué leur service militaire dans la cavalerie, l’artillerie ou d’autres régiments à cheval se regroupent pour fonder une société Hippique rurale. Sous l’impulsion de M de Béru, propriétaire du château de la Bénaudière, une vingtaine de cavaliers de Saint Georges et des environs et leurs chevaux de trait se retrouvent régulièrement pour s’entraîner à effectuer des reprises de cavalerie et des jeux divers pour animer les fêtes et manifestations. L’association est officiellement créée le 16 juin 1939 avec pour but de développer la traction hippomobile, de faire renaître dans les milieux ruraux le goût de l’équitation et de former des cavaliers. Monsieur de Béru en devient le président. Les membres de la société hippique se retrouvent régulièrement dans le parc du château de la Bénaudière pour des séances d’entraînement.
Le 16 juillet 1939, une grande fête hippique est organisée par les sociétés rurales avec l’aide du comité des fêtes en l’honneur du cheval rural sous la présidence du directeur du Haras d’Angers. La Société Hippique Rurale de Saint Georges y est représentée par 40 cavaliers.
Les autres viennent de Champtocé, La Cornuaille, Ingrandes, Le Louroux, La Meignanne, Saint Clément, Savennières et Chalonnes. Les participants ont tous très à cœur de représenter leur village. Le concours a fait l’objet d’une sérieuse préparation : ainsi les sociétés du Louroux et de La Cornuaille se sont retrouvées deux semaines plus tôt pour travailler leurs reprises, voltiges et autres jeux devant un public conquis.
L’examen des équipes débute de bonne heure. A 9h, ce sont les cavaliers saint-georgeois qui sont en selle. Le jury, constitué de professionnels du milieu hippique, note ensuite pendant près de trois heures toutes les équipes les soumettant à des épreuves de réception, d’examen physique, d’aptitudes équestres, de harnachement et de ferrures.
A 13h30, les 180 cavaliers se réunissent à l’entrée ouest du bourg puis défilent au son de la fanfare Saint Stanislas, dans les rues de Saint Georges jusqu’au monument aux morts pour y déposer une gerbe avant de rejoindre le parc du château de Serrant pour s’affronter dans différentes épreuves.
La fête hippique au château de Serrant le 16 juillet 1939 (Petit courrier / ADML)
Le jeu de la chaise lors de la fête hippique du 16 juillet 1939 (Petit Courrier / ADML)
La société de Savennières, gagnante du challenge, a le privilège de présenter sa reprise en ouverture de l’après-midi. Les jeux et courses s’enchaînent ensuite, tout l’après-midi : course d’estafettes sur un parcours accidenté par équipe de trois, jeu des chaises, jeu des mannequins, de la brouette… La foule est conquise et félicite les concurrents qui font preuve de courage et d’habileté, malgré les chutes et les dérobades. L’événement est un véritable succès ! Malgré le temps incertain et les ondées intermittentes, les spectateurs sont venus en nombre et le trafic nécessite l’intervention des gendarmes pour être canalisée. Après un concours de saut, cette belle journée s’achève à 18h par le défilé des concurrents sous les applaudissements d’une foule conquise.
La Société Hippique Rurale de Saint Georges se classe deuxième, juste derrière celle de Savennières. C’est un joli résultat pour cette toute jeune société qui peut espérer grimper sur le haut du podium dans les années à venir. Mais le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne. A l’armistice, les cavaliers ne sont plus assez nombreux pour relancer la société. La mécanisation de l’agriculture fait disparaître progressivement les chevaux de trait qui étaient montés pour ces jeux. Après la seconde guerre mondiale, les courses hippiques cesseront également au château de Serrant.